À propos des hommes qui occupent actuellement le poste de qadi ‘askar

 

Parce que sous ce Sultan des Moujahidin, les décisions judiciaires et la fréquentation des ordres de religion sont toujours confiées aux hommes de loi et de foi, ils essaient toujours de désigner comme gouverneurs de l’Islam et des Musulmans l’un des hommes instruits en religion, et aussi pour former les autres aux mêmes compétences et connaissances. Après une recherche approfondie dans les terres de Roum et parmi le groupe des éduqués, le Sultan les connus si bien qu’au moment de choisir, il choisit des hommes très loyaux et compétents. L’un d’eux était exceptionnel. Lorsque l’illustre ‘Abd ar-Rahman fut nommé au poste de qadi et de gouverneur à Edirne, le Sultan émit un ordre par lequel il le convoqua. Il le promut parce qu’il était grand et digne. Au début, il était le qadi ‘askar d’Anadolu et le poste de Roumélie, qui était de rang supérieur, fut donné à Hajjihasanoglu, qui avait préséance en raison de son âge et il avait été en fonction avant lui. Mais l’attention du Sultan augmenta en raison de son excellence, de sorte que le Sultan le soumit à des tests, dans lesquels il montra des signes d’excellence en matière de droit et de justice, et en réussissant tous les tests, il fut nommé à ce poste. Cependant, plus il obtenait de pouvoir, plus il changeait et développait une caractéristique que je souhaite qu’aucun être humain n’ait. Il devint oppressif et abusa de son pouvoir et il appela cela dignité. Il déshonora donc les gens qui méritaient d’être respectés et, jour après jour, il jouissait de son pouvoir abusif, et n’avait aucune pitié ou gentillesse pour personne. Il pensait que la bonté et le pardon étaient des défauts et une faiblesse de caractère ; selon sa propre déclaration, la bonté était une faiblesse des pouvoirs spirituels et une maladie du cœur.

Pour lui, c’était comme si, bien que son nom soit ‘Abd ar-Rahman, il n’était ni miséricordieux ni compatissant parce qu’aucune autre créature, morte ou vivante, n’a vu sa compassion. Des preuves à l’appui de cette plainte seront données dans l’épilogue de cet ouvrage et comme preuve que le témoignage de justes notables sera apporté. Nos paroles ne suffisent pas. Il se vit confier le poste de qadi ‘askar de Roumélie et du gouvernement de la capitale au mois de Rabi’ al-Awwal 911 (août 1505), selon son mérite, à la mort d’Hajjihasanoglu. Sa position antérieure, celle de qadi ‘askar d’Anadolu, selon les exigences de la loi ottomane, fut donnée au qadi de Bursa, l’éminent et respecté Mawlana, le qadi Badr ad-Din Mahmoud.

 

Rapport sur les surveillants des comptes du royaume et des finances du gouvernement, des exigences des lois et des affaires du Sultan

 

Le Sultan a besoin d’hommes sains d’esprit pour occuper les postes du gouvernement de l’état. Une partie des sages de l’état sont des représentants de l’armée et du gouvernement impériaux et une autre partie sont des savants qui sont ministres des secrétaires qui délivrent les documents. Ainsi, selon les lois et les canons de la dynastie ottomane, ce groupe de ministres du Sultan est appelé defterdar et des hommes bien informés y sont nommés.

 

Rapport sur les hommes de la chancellerie impériale

 

Dans toutes les dynasties du monde musulman, le responsable de la chancellerie était l’un des esclaves personnels des Sultans et son compagnon intime et contrôlait l’émission des ordres.

Par conséquent, dans cette dynastie, ce poste de designer du tugra (calligraphie personnelle du sultan qui servait de sceau) du Sultan, communément appelé nishancigari, est confié à l’un des nobles, nommé serviteur personnel et compagnon intime du Sultan. C’est un poste de haute dignité dans le Divan et une source de promotion aux postes de commandement et de gouvernement.

 

Rapport sur les serviteurs personnels du Sultan. 

 

Il y a deux rangs dans cette catégorie. Le premier se compose du groupe des serviteurs personnels qui résident dans le palais et servent à tout moment. Ce grade a deux divisions, l’un des commandants de l’armée et l’un des surveillants des quartiers personnels du Sultan.

Dans le second rang on trouve quelques vieux serviteurs qui avaient servi à la cour et qui, avec leur sagesse et leur robustesse, atteignirent des postes dans le gouvernement des provinces. Dans le livre sur le règne du Sultan Muhammad II, il y a une description des titres et des manières des rangs des troupes sous la dynastie ottomane. Nous allons maintenant décrire quelques personnalités exceptionnelles, qui en leur temps étaient des modèles d’autorité et qui furent nommées à de nombreux postes de service. L’histoire de la formation de ce groupe de la cour du Sultan sous la dynastie ottomane, des serviteurs du Divan est la suivante : Un groupe de serviteurs permanents est présent avec leurs commandants chaque fois qu’ils doivent accompagner le Sultan. Leurs dirigeants agissent dans leur position spéciale à droite et à gauche, selon les besoins. Ce groupe est divisé en deux catégories. La première est divisée en trois groupes. Le premier groupe comprend les janissaires, le second les sipahi-oglan et le troisième les ‘ouloufassiyan et les ghourabah. Chacun a son propre commandant et est organisé en fonction des lois en ce qui concerne leur nombre et leur taille.

 

Premier rang : Rapport sur un commandant des janissaires et ses dépendants

 

En 912 (1506-7), Younous Aga, un serviteur exceptionnel et ami intime du Sultan, qui dès sa jeunesse se distinguait et entretenait des relations étroites avec la cour, fut promu à une position digne. Après sa formation au début, il servit pendant un certain temps comme chef-chambellan. De ce poste, il attira plus d’attention et, à la date susmentionnée, il fut chargé du commandement de l’armée du Sultan, les janissaires. En effet, il servit avec de grandes vertus et conformément aux lois du Sultan dans l’administration et la gestion de ces troupes, qui comptaient jusqu’à 12000 hommes. Lorsque la personne susmentionnée était encore au service des serviteurs permanents du Sultan, le grand Mustafa Basha donna une fête pour l’achèvement de son ‘imara jami’ et madrasa, et invita le Sultan. Tous les grands hommes, les serviteurs personnels du Sultan et les officiers de l’étrier impérial qui accompagnaient le Sultan prêtaient attention à l’or et à l’argent éparpillés à leurs pieds, mais Younous Aga se tenait debout à la tête de la procession refusa de se plier pour la petite monnaie et avec fermeté et diligence ne se détourna pas de son devoir. Le Sultan remarqua sa nature indépendante et solide et son mépris pour les biens du monde. Il eut une discussion éprouvante avec lui au sujet des autres émirs et Vizirs qui s’en prenaient à l’argent et aux soies.

Ses réponses étaient correctes et bien ciblées et en conséquence l’émir susmentionné obtint des faveurs distinguées. Le Sultan le promut à des postes et le récompensa de 100000 dirhams d’argent pur et d’autres faveurs. Plus tard, il fut considéré pour d’autres postes.

 

Le deuxième groupe des commandants de l’aile droite de l’armée est constitué tout d’abord des sipahi-oglan. Les commandants de ce groupe respectable sont toujours choisis parmi les meilleurs serviteurs personnels du Sultan. Comme cette position est très élevée, elle mène aux grands postes et au gouvernement des provinces ; quiconque atteint ce rang, selon la coutume, atteindra de grands pouvoirs et majesté. Chaque serviteur qui possède ce bureau passe à d’autres postes et augmente la réputation et la fortune du gouvernement.

Le deuxième groupe est celui des ‘ouloufassiyan. C’est un groupe de soldats dont les provisions sont sous forme de salaires journaliers et mensuels et la plupart du temps, leurs commandants et généraux sont deux des serviteurs spéciaux estimés du Sultan.

Leur ligne de promotion est similaire à celle du sipahi-oglan. Le groupe des commandants et généraux de l’aile gauche de l’armée est divisé en trois groupes : les silahdar, les garib ayakdiyan et les chavouses. Tous les membres de ce grade sont des commandants et des généraux. Chacun de ces postes est un début de promotion pour leurs commandants.

 

La deuxième division des serviteurs personnels du Sultan dans la maison impériale sont des serviteurs d’un rang privilégié. Cette division est également divisée en deux groupes. Tous les hommes en charge des serviteurs de la cour du premier groupe, qui sont adjacents à la cour privée du Sultan, ont été formés pour être des dirigeants de chaque division établie du pouvoir à des postes distingués. Dans cette division, il y a six sous-groupes, chacun d’eux étant chargé d’un grand service. Le premier, et le premier commandant, est celui du porte-drapeau. Le second est le chambellan en chef et le gardien des portes du palais. Le troisième est le maître des écuries, des chevaux, des chameaux, des mulets, etc. Le quatrième est celui des dégustateurs des aliments du Sultan. Le cinquième est le maître de la chasse et des animaux et oiseaux qui y sont utilisés. Le sixième est le chef des armuriers.

 

Le porte-drapeau 

 

Le porte-drapeau du Sultan est toujours important pour les troupes, tant sur le champ de bataille que dans la paix. À l’imitation de l’armée du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) et de ses règles, qui a dit à ‘Ali (radhiyallahou ‘anhou) « Quiconque en qui tu as confiance, tu devrais le choisir comme porte-étendard, » le poste du porte-étendard est hautement estimé. Les membres de la bande (de musique martiale) impériale sont également sous sa responsabilité. Comme n’importe lequel des serviteurs personnels du Sultan peut être nommé à ce poste et passer au gouvernement des provinces, cette position est considérée comme une certaine étape pour la promotion.

 

Le chambellan en chef 

 

Il est le gardien des appartements privés du Sultan et le gardien permanent du Sultan et le défenseur des appartements dissimulés. Les Sultans de cette dynastie ont donc nommé quatre cents hommes pour garder les portes et faire des chefs de ce corps parmi leurs serviteurs les plus intimes et les plus sages. Comme ce poste comporte de nombreuses fonctions, deux chefs sont nommés, un à droite et un à gauche.

 

Le maître des écuries, les chevaux dressés et les animaux de transport et leurs auxiliaires

 

Une grande attention est porté à la bonne formation des cavaliers, car les Sultans utilisent des chevaux pour toutes les questions importantes et le transport de tous les appareils nécessaires au jihad, et tout ce qui compte est résolu à cheval et confié à des cavaliers.

Ce poste est un tremplin pour des positions plus élevées près du Sultan. Il y a deux mille hommes à son service pour nourrir les chevaux. Après les janissaires, c’est le plus grand corps. Comme le maître des écuries est du rang le plus élevé parmi tous les autres serviteurs de la maison, de même la personne qui gère les bénéfices et les revenus de ces combattants, l’intendant du fourrage pour les écuries est au-dessus de tous les autres commis dans la Trésorerie.

 

Les dégustateurs des mets du Sultan et les maîtres des victuailles

 

La table du Sultan exige d’excellents plats car c’est un signe de leur fortune. De plus, la nourriture doit être de bonne qualité et non extravagante. Le Sultan nomme des hommes de confiance à la tête de tous les ouvriers talentueux de la cuisine, et selon les lois, un de ce groupe particulièrement fiable est nommé maître des dégustateurs impériaux pour la table du Sultan. Chaque jour, le Sultan prend sa nourriture de la main de cet homme en qui il a une confiance absolue.

 

Le maître de la chasse

 

La chasse a été l’une des institutions les plus estimables pour les rois arabes et perses. Le maître de la chasse occupe un poste noble et a de nombreux commandants et chasseurs d’animaux à sa charge. Parmi tous les animaux de chasse estimés du Sultan, la division la plus distinguée est celle des oiseaux de chasse, qui sont les plus beaux faucons. Quiconque a été gardien des oiseaux peut gagner l’attention du Sultan et être ainsi promu à des postes de gouverneurs dans les provinces. Le corps chargé de la chasse emploie environ 3 à 4000 hommes. Leur maître est connu sous le nom de chakirci bashi et est au-dessus de tous les autres émirs de la chasse en grade. Après lui vient le maître de la chasse, connu sous le nom de shahanci hashi, et après lui vient l’émir shekar bashi. Ce groupe de chasseurs se trouve principalement à Roum. Il y a aussi de nombreux gardiens de bêtes sauvages du désert, comme les guépards et les chiens. Sous le feu du Sultan Bayazid Yildirim, 12000 chiens de ce type et leurs dépenses étaient très élevés, mais maintenant il n’y en a plus que 3000 et le coût quotidien pour chaque chien, y compris le salaire et la nourriture des gardiens, est d’environ 3000 akshe. Les commandants de ce groupe sont des hommes parmi les serviteurs du Sultan et peuvent être nommés à des postes dans le Divan et comme chefs de janissaire. Il y a environ 3-4000 hommes dans ce service qui sont choisis parmi les serviteurs du Sultan.

 

Les responsables de l’arsenal et des armuriers du Sultan, leurs commandants et auxiliaires

 

Les Sultans des Moujahidin s’appuient sur l’expérience de ce groupe pour l’exercice des lois impériales. Pendant les campagnes, environ 800 chameaux sont utilisés pour le transport de l’arsenal du Sultan, et cet arsenal est distinct de ceux des Vizirs, des émirs, des commandants de l’armée, des sipahis timariots et de certains rois impies et leurs troupes. Ainsi, comme le service et l’organisation de ce groupe s’élèvent à environ trois mille ouvriers et serviteurs, leur chef est l’un des serviteurs notables du Sultan.

 

Le deuxième groupe de serviteurs de la maison impériale et les grands esclaves personnels du Sultan

 

Dans le palais du Sultan, il y a trois sortes de serviteurs et pour chacun d’eux il y a un chef. Le premier est le gardien des appartements privés du Sultan et du palais Haramdu, connu sous le nom de qapi agasi, le second est le trésorier et surveillant du Trésor du Sultan, et le troisième est le maître des cuisines impériales.

 

Trésorier personnel du Sultan

 

Il est en charge de l’organisation de la richesse exceptionnelle de la trésorerie du Sultan. Bien que chaque année il y ait de nombreuses dépenses, en raison de la rectitude personnelle et de la justice, la richesse impériale est toujours florissante et l’estime des trésoriers est grande. Il a environ deux cents serviteurs du Sultan sous lui et il est connu sous le nom de hazinedar bashi. Tous les hommes d’état de l’empire et les savants de tous les domaines lui sont responsables.

 

Le chambellan des appartements privés du Sultan

 

Il est connu sous le nom de qapi agasi. Il est en charge d’une cinquantaine d’hommes qui gardent les portes entre le palais extérieur, le haram et les quartiers privés du Sultan. La majorité des hommes de ce groupe sont de puissants eunuques du palais et des serviteurs de confiance et tous les hommes de l’état, du Grand Vizir aux émirs et aux hauts ministres, s’il y a une affaire importante qui doit être prise en charge par tous ces dignitaires se réfèrent au qapi agasi.

 

Le surveillant des entrepôts impériaux des cuisines royales

 

Il est en charge de l’administration des revenus et dépenses du ménage, et du soin de la nourriture et des boissons et de tout ce qui y est lié. Le poste de maître de cuisine, connu sous le nom de kilerdari, est confié aux serviteurs les plus dignes de confiance et tous ceux qui sont sous son commandement prennent soin de tous les délices dont ils pourraient avoir besoin. Il est en charge d’environ deux cents domestiques dans la cuisine, ainsi que de divers ouvriers du palais, tels que des valets de pied, des ouvriers, des jardiniers, etc.

 

Second Rang : Rapport sur les grands serviteurs du Sultan qui gouvernent les provinces de l’état

 

Tous les membres de ce groupe sont actuellement éloignés de la capitale dans les provinces des frontières, étant en charge de leur gouvernement et du commandement de l’armée. Ce groupe est très puissant et nombreux, et chacun a droit à la description de ses qualités, mais comme il serait trop long de les présenter tous, seul l’un d’entre eux est présenté.

 

Rapport sur les gouverneurs de Bosnie. Lorsque l’exemplaire Firouz Beg fut nommé à des postes près du Sultan, ses excellentes qualités devinrent apparentes et attirèrent l’attention du Sultan. Tout serviteur du Sultan doit obéir à son souverain, et cela doit précéder toutes les autres qualités de tout homme d’état.

Certains gouverneurs chrétiens montrèrent le désir de suivre cette voie droite. Quand Firouz Beg servit près du Sultan, il obtint l’approbation et devint très intime avec la gloire de l’état parce que pendant longtemps il servit dans l’étrier impérial. Il était très beau en apparence et son visage exprimait toujours ses bonnes pensées. Il était très attentif dans le palais et avait un grand désir de promotion. Il était obéissant et droit, et révélait une pureté d’esprit particulière et de bons conseils en matière financière qui attirèrent l’attention du Sultan. Pendant un certain temps, il servit au Trésor, puis il fut promu à plusieurs reprises aux postes de gouverneur, et son pouvoir a augmenta.

Le noble Sultan Muhammad II al-Fatih subjugua l’Albanie. En 900 (1494-5), l’actuel Sultan souhaita que le gouvernement de cette province et de ses châteaux soit confié à l’un de ses adjoints qui s’est montré digne de la protection des frontières et de l’expansion des terres de l’Islam, facilitant la vie des Musulmans, dans l’application des lois, la perpétuation du jihad et l’application de la religion.

Le Sultan perspicace considérait Firouz Beg comme approprié au-dessus de tous les autres hommes d’état pour ce poste, certain que son excellent service au Trésor était une preuve de ses capacités au gouvernement et au commandement de l’armée. Le Sultan lui confia donc la responsabilité de cette province frontière à Iskandariye. Comme c’est l’un des plus grands forts des impies et que ses terres se trouvent à la limite des terres des mécréants, ses sujets sont des personnes rebelles et il y a toujours besoin de se battre. Tout le temps, la plupart des mécréants de la région doivent être gérés avec l’épée. En 912 (1506-1507), le gouverneur de la Bosnie Iskandar Basha mourut subitement et Firouz Beg le remplaça. On sait que la province de Bosnie est située entre les provinces de l’Islam et les grands royaumes des Francs.

La Hongrie et les Saqalibah sont à quatre ou cinq jours de voyage et, en raison de cette proximité, le gouverneur de Bosnie est constamment engagé dans une guerre avec les impies. Ils sont toujours à la recherche d’une occasion d’attaquer, mais cet émir apporta la paix dans l’esprit des commandants qui résident dans cette province effrayante.