Chapitre VII 
 
Les capitaines jusqu’à la campagne militaire de Crète

 

Après cela, les flottes ne furent pas envoyées pour la guerre jusqu’au début des campagnes militaires de Crète dans la Méditerranée et elles étaient la plupart du temps sur la défensive. ‘Ali Bacha fit quelques campagnes militaires vers la Mer Noire et construisit le château de Fash. Puis il alla en Algérie avec cinquante pièces de galères en 989 (1581). Il mourut en 995 (1587). Ibrahim Bacha devint le capitaine. Un an plus tard, en Shawwal 996 (août-septembre 1588), ‘Oulouj Hassan Bacha vint du Maghreb et devint capitaine.

 

La campagne militaire de Tripoli

 

Quand il fut notifié à la fin de Dzoul Hijjah de cette année (10-20 novembre 1588), qu’un haricî nommé Yahya, fils de Yahya, apparut à Tripoli avec l’affirmation qu’il était le calife du Mahdi et attaqua le château avec plusieurs milliers de soldats, puis tua Ahmed Bacha d’Istanköy qui était le gouverneur général de l’Algérie en Rabi’ al-Akhir (février-mars 1588), Cafer Bacha devint un commandant et le capitaine puis organisa un raid avec cinquante galères et assez de soldats en 998 (1590). Il le tua et sauva le pays de ses actes diaboliques et rapporta sa tête.

 

La campagne militaire de Cigalazade Sinan Bacha 

 

Il était le fils de Cigala qui était un capitaine européen et sa mère étaient devenus esclaves alors qu’elle était la fille de la garde du château de Nova et s’était convertie au christianisme. Il fut capturé pendant le règne du Sultan Souleyman Khan et Sinan Bacha étant au service du Haram du Sultan et fut jugé juste. Quand il fut un porte-épée, il fut nommé commandant en chef des janissaires en 980 (1573), puis nommé gouverneur des provinces d’Erzurum, de Bagdad et de Revan. Après cela, il fut nommé Vizir (ministre). Quand Uthman Bacha mourut dans la campagne militaire, il devint un chef de l’armée musulmane conformément à la volonté de ‘Uthman Bacha puis un capitaine de l’état après Hassan Bacha et partit pour la mer avec la flotte. Après avoir attaqué la zone autour du château de Messine et capturé plusieurs galions des mécréants, il arriva en conquérant et avec la victoire. Lors de sa conquête de Yanik Azmizade, Efendi écrivit un poème et le couplet suivant est tiré de ce poème :

Sinân-i-çan-sitânlar berr ü bahri aldilar gitti

Hudâ hem-râhi oldu devletinde iki paşanin

(Les baïonnettes qui s’emparent de l’âme s’emparent de la terre et des mers.

Allah devint le Compagnon de deux Bachas à l’époque)

 

À cette époque, il fut licencié de son travail le dix-huitième de Joumada al-Oula (29 janvier 1595) et il se rendit à la campagne militaire d’Egri en tant que Vizir et il fut nommé Grand Vizir après la guerre.

 

La campagne militaire de Khalil Bacha 

 

Il était de Bosnie. Il était un vizir et un gendre du Sultan, puis il devint capitaine à cette date et en 1005 (1596) il protégea la Méditerranée avec cent galères et revint après quoi Il fut mis à pied.

 

Les deuxième et troisième campagnes militaires de Cigalazade

 

Il fut donné au Bacha mentionné ci-dessus la province de Sham (Grande Syrie) après le poste de Grand Vizir en 1005 (1596). Le neuvième jour du mois de Shawwal (15 mai 1598), il devint capitaine pour la seconde fois. Riyazi lui écrivit ce qui suit :

Bâ-i bismi’llâh ile hâtif dedi târîhini

Kapudan oldu Sinan Paşa-yi deryâ- dil yine

(Hatif a raconté son histoire avec le « b » de basmala :

Sinan Bacha avec un cœur vaste comme la mer est devenu un capitaine)

 

Il prit la mer avec la flotte en 1007 (1598/1599) puis arriva à Lépante et la protégea. Il retourna à Messine en 1008 (1599) et amena sa mère. Il participa de nouveau à des campagnes militaires en 1009 (1600/1601) et 1010 (1601/1602 puis, il fut chargé d’apporter le trésor d’Égypte en 1012 (1603/1604). Il arriva donc à Alexandrie avec la flotte. ‘Ali Bacha l’envoya par la terre. Alors qu’il était capitaine, au mois de Mouharram 1013 (mai-juin 1604), il devint commandant et partit pour une campagne militaire en Iran. Puisqu’il fut vaincu, il fut remplacé par Dervish Bacha au mois de Sha’ban (décembre 1605 - janvier 1606) et mourut à Diyarbakir cette même année. Il fut deux fois en capitaine sur un total de dix ans. Il apporta beaucoup de changements et de choses à son époque. Il avait l’habitude de choisir les meilleurs des rameurs pour la bastarda et il avait l’habitude d’assigner trois galériens et trois Turcs pour chaque rame afin que les gens dans le bateau aient plus de confiance. Le Capitaine Khoja (Grand) Hajji, qui avait vu Turgut Bacha, était un pirate bien entraîné et un capitaine de bastarda. Il gérait habilement la flotte et le Bacha écoutait ce qu’il avait à dire. Il ne les laissa jamais tomber, pas même une seule fois.

 

La campagne militaire de Cafer Bacha

 

Après que Dervish Bacha devint capitaine, il devint le Grand Vizir et son grade de capitaine fut donné au Bacha mentionné plus haut. Ce Bacha était parmi les hommes de Kilij ‘Ali Bacha. Il se rendit deux fois en Méditerranée avec la flotte et mena des campagnes militaires. Les trésors égyptiens ne purent pas être apportés par voie terrestre en mille quinze (1606) en raison de la révolte des Celalis. La flotte attaqua Alexandrie sous la direction du Bacha mentionné ci-dessus et ils capturèrent les navires et les ramenèrent. Il fit une autre campagne en 1016 (1607), arriva à Avarin puis la défendit et perdit son emploi quand il revint au bureau de l’état.

 

La campagne militaire de Hafiz Ahmed Basha

 

Il fut la tête des faucon-gardiens dans le Haram (gynécée) du Sultan et ensuite il devint le capitaine. Il se rendit dans la Méditerranée avec la Flotte Royale en 1007 (1608). Il se rendit à Alexandrie pour apporter le trésor égyptien et retourna à Rhodes. Alors il trouva les navires de la flotte égyptienne vaincus. Il s’avéra que pendant que ces navires étaient ancrés dans cet endroit, des bateaux de pirates les avaient attaqués et vaincus. Trois-quatre galions et un karamürsel avaient été capturés et il y avait eu beaucoup de pertes. Cependant, lorsque le grand amiral de la marine ottomane voyagea dans les résidences au bord de mer jusqu’à ce que le temps pour les campagnes dans la mer soit passé et qu’ensuite il retourna au bureau de l’état, il fut licencié à cause de cela. Ce Bacha aimait plaisanter et il était connu pour la poésie. Il rencontra alors le juge d’Istanbul Ganizade Efendi et vit ce Mollah écrire une explication pour un commentaire du Coran en buvant du vin. Tout en parlant, il demanda au Mollah « Quelle partie écrivez-vous maintenant ? » Le Mollah gracieux voulut le critiquer d’une manière intelligente, alors il dit : « Nous écrivons le commentaire du verset « il y a eu des défaites dans la mer et la terre. » ». Le Bacha s’irrita et dit : « J’ai entendu que son excellence était occupée par le commentaire du vin et du jeu. » Ainsi il fit une blague avec un double sens.

Après le départ de Hafiz Bacha, Khalil Bacha, qui était le commandant en chef des janissaires, devint le capitaine et dirigea les affaires de la flotte. Hafiz Bacha servit dans les provinces de Van, de Damas, d’Anatolie, d’Erzurum et de Diyarbakir et fut martyrisé dans la révolte des janissaires en 1041 (1632) alors qu’il était le Grand vizir pour la deuxième fois. Il était un Vizir distingué parmi les autres en raison du fait qu’il était un chanteur et un poète.

 

La campagne militaire de Karacehennem (Enfer noir)

 

Le capitaine Khalil Bacha partit pour la Méditerranée avec la flotte en 1018 (1609) et atteignit Silivri. Puis le galliot de Ceneviz (Génois) Cafer qui était parmi les capitaines algériens arriva. Le chef de Cicelye, qui était parmi les parents du roi d’Espagne, avait mis cinq cents mécréants dans un galion avec divers cadeaux afin d’envoyer son fils au roi. Il tomba sur les navires algériens qui capturèrent les galions après une grande bataille, ils partagèrent le butin entre eux et le fils fut envoyé à Istanbul en cadeau. Le capitaine Bacha offrit une robe d’honneur à Cafer, mentionné plus haut et à ceux qui étaient avec lui, et il jugea que c’était un bon présage, aussi fut-il soulagé. Il envoya l’esclave mentionné ci-dessus au Sultan. Quand il atteignit Chios et découvrit que quatre énormes galions des mécréants, puissent-ils être détruits, avaient bloqué la route vers l’Egypte et qu’ils attendaient maintenant les navires autour de Chypre qui se dirigeaient vers l’Egypte, ils placèrent leur confiance en Allah et se dirigèrent dans cette direction. Sur leur chemin, ils trouvèrent deux frégates à Kalkan et les capturèrent. Ils mirent ceux qui s’y trouvaient aux avirons. Lorsqu’ils quittèrent Chypre et atteignirent la région en face de Paphos, ils entendirent que les galions mentionnés ci-dessus étaient partis en haute mer et avaient causés des dommages pendant un certain temps. Ils partirent au début de la nuit et quand ils les virent à une distance de trente milles, ils les rattrapèrent au milieu de l’après-midi en naviguant à pleine vitesse. Ils luttèrent avec des canons jusqu’au soir et quand le soir est arriva, les mécréants allumèrent leurs lanternes et partirent sans crainte. C’étaient quatre énormes galères de guerre dont une était devenue célèbre sous le nom de « Karacehennem » et c’était un grand vaisseau comme une énorme fournaise du mal et du chaos. Le Bacha voulait la capturer et les chasser. Quand le matin arriva les deux parties commencèrent à se battre. Le capitaine Bacha voulait se battre avec la flotte, mais le pirate capitaine Mourad, que Sultan Ahmed Khan avait apporté d’Alger et lui avait donné la province du Péloponnèse, se tenait à côté du vaisseau du capitaine et lui dit qu’il ne fallait pas attaquer, mais les bombarder avec les canons. Alors il fit en sorte que les hommes les bombardent. Après que leurs mâts fut brisé et qu’ils s’affaiblirent, il les laissa attaquer et ils les capturèrent à midi. Il y avait trois navires dans lesquels il y avait cinq cents combattants mécréants, cent soixante canons et deux mille fusils. Alors ils prirent les galions avec eux et arrivèrent au port de Famagouste en toute sécurité. Le capitaine Mourad mourut là-bas. C’était un vétéran de la guerre de plus de quatre-vingts ans et il était un ancien expert des mers. Qu’Allah soit miséricordieux envers lui.

Cette nouvelle fut transmise à Istanbul. Les quartiers de Sayda et Tripoli (au Liban) furent brisés mais les navires de guerre ne purent être trouvés. Ils revinrent et l’un des navires capturés à Kastelorizo ​​heurta des rochers et coula. Le reste atteignit le bureau de létat en toute sécurité et ils furent satisfaits du butin de guerre. Le jour où le cabinet se réunit, des cadeaux et des prisonniers furent présentés et acceptés. Il reçut le poste de Vizir puis partit pour la haute mer avec la flotte en 1019 (1610) et retourna au bureau de l’état avec sept-huit navires de guerre et cent soldats qui avaient été pris prisonniers. Il ramena plusieurs navires et cent prisonniers en 1020 (1611) et plus de cinquante navires de différentes tailles furent capturés au cours des trois années où il fut capitaine.

 

La campagne militaire de Mehmed Bacha

 

Puisque le Bacha mentionné ci-dessus venait d’Egypte et était devenu un beau-fils du Sultan, il lui fut attribué le rang de capitaine. Il partit pour la Méditerranée avec la flotte en 1000 (1611/1612) et atteignit les côtes de Sayda et de Beyrouth. Puis il prit la propriété qui lui était due par Manoğlu, l’a protégea et l’apporta aux autorités de l’état. Il partit pour les mers en 1022 (1613). Arrivés à Rhodes par Eubée, dix galères partirent pour accompagner les navires du convoi jusqu’à l’Egypte. Ils chargèrent de la poudre à canon, du sucre et des provisions et quelques outils d’Egypte et rencontrèrent la flotte alors qu’elle était dans l’île de Kastelorizo. Le Bacha envoya le capitaine Sinan, qui était le Beg de Rhodes, pour décharger ces navires sur l’île de Chios. Puisqu’il entendit qu’il y avait plusieurs navires de guerre dans la région, il partit lui-même à leur recherche pour les attaquer. Pendant ce temps, douze galères étaient venues de Messine et séjournaient au Cap Tekir. Ces navires naviguaient inconscients et ils les attaquèrent près de l’île de Samos. Puis les galériens dans le navire cessèrent de ramer. Comme le rivage était proche, ils débarquèrent les soldats sur terre et les galériens laissèrent ‘Ali Chalabi, qui était le fils de Memi Bacha, sur la rive. Comme trois navires étaient à l’arrière, ils se retirèrent et se sauvèrent. Après les mécréants espagnols capturèrent sept navires et le capitaine Bacha retourna à Istanbul avec une flotte, il fut démis de ses fonctions et le grade de commandant en chef de la marine fut donné une seconde fois à Khalil Bacha.

 

La morale de l’histoire est qu’il n’est pas juste de naviguer à l’extérieur et dans la mer avec un groupe de navires sans gardien. En outre, les rameurs dans les navires ne devraient pas être seulement des galériens, peut-être que les Turcs devraient être plus nombreux que les galériens. Ces galériens causèrent des dommages dans de nombreux endroits.

 

La campagne militaire du pillage de Malte

 

Le capitaine Khalil Bacha fut envoyé en Méditerranée avec quarante-cinq galères le vingt-troisième jour de Rabi’ al-Akhir (13 mai 1614). Puis Memi Beg, qui était le Beg de Rhodes, et d’autres Begs se rendirent dans l’île de Samos avec vingt galères. Ils espalmèrent leurs navires à Avarin et ensuite ils partirent pour la mer le vingt et unième de Joumada al-Oula (29 juin 1614). Ils atteignirent l’île de Malte le 28 au matin (6 juillet 1614). Un homme sortit de chaque escouade et ils commencèrent à piller les côtes. Ils avaient une tour tous les mille et les mécréants à l’intérieur communiquaient les uns avec les autres par des signaux de fumée. Alors ils s’informèrent des Musulmans et les fantassins et les cavaliers du château apparurent immédiatement. Ils luttèrent jusqu’à midi et beaucoup de prisonniers furent pris. Le Beg de Malte et beaucoup de fils de Begs furent tués. Comme c’était le temps de la moisson, les tas de cumin et d’anis furent incendiés puis les jardins et les vergers des mécréants furent détruits. Dans l’après-midi, ils se rapprochèrent du monastère qui était près du château et le capitaine Bacha écouta Memi Beg, et ne sortit pas dans ce raid. Les janissaires et les autres soldats marchèrent depuis différentes positions. Il s’avéra que le château avait des canons dont l’aire de répartition couvrait le monastère, donc quand ils le bombardèrent, il devint impossible d’y rester et les navires se retirèrent. Il ne fut pas possible à quelques hommes de rester et de capturer des mécréants pour les utiliser comme informateurs. Ils bombardèrent en utilisant les canons à l’avant du château et ils arrivèrent à Tripoli (en Afrique du Nord) le deuxième jour de Joumada al-Akhir (10 juillet 1614). Le Grand Amiral avait un bandit nommé Sefer Dayi qui dérangeait le souverain et provoquait le désordre. Il le fit amener enchaîné et ses hommes tentèrent de fermer les portes et de le défendre. Ils allaient être tués, mais certains savants religieux intervinrent et ainsi, leurs vies furent épargnées. Après la prise du château, le capitaine Bacha sortit et rassembla les autorités publiques. Avec le témoignage des gens de la province, une décision fut prise quant à la nécessité de sa mort et ainsi ils le tuèrent et le pendirent sur les murs du château. Quand ils se rendirent à Avarin le dixième jour du mois (le 18 juillet 1614), des personnes furent envoyées pour capturer des mécréants pour en faire des informateurs et ils revinrent après avoir capturé un galion de guerre. Ils l’apportèrent et il s’avéra qu’il contenait douze mille boisseaux de blé.

 

Les menaces des mécréants de Manya

 

Les gens de la région montagneuse appelée Manya près des rivages de Péloponnèse étaient des mécréants grecs, et coopéraient avec les Vénitiens et étant soumis de force, ils payaient leurs tributs à contrecœur. Les soldats les attaquèrent plusieurs fois. Une fois Arsalan Bacha, qui avait le fief de Tirhala, partit par voie terrestre et la flotte arriva de la mer et ils se rassemblèrent à Pasova. Ils débarquèrent leurs soldats et ils attaquèrent les rebelles de Manya. Ils capturèrent la plupart d’entre eux et ils furent punis par la mort ou l’exil. Ainsi, ils furent autorisés de rester à condition qu’ils ne s’engagent plus de nouveau dans un tel comportement audacieux. À la fin du mois de Rajab (5 septembre 1614) Memi Beg, qui était le Beg de Damiette, et le fils de St. Juan, qui était le Beg d’Alexandrie, apporta une épée et un caftan d’Istanbul pendant que les navires étaient espalmés à Avarin. Disponibles, ils furent envoyés à l’île de Bourak, qui était à quatre-cinq milles plus loin, en tant que sentinelles. Dans la matinée, les Begs mentionnés arrivèrent dans l’île et il y avait des navires des mécréants près de l’île. Les mécréants les virent mais eux ne les virent pas alors ces derniers les attaquèrent pendant que les Begs étaient pris au dépourvu. Memi Bacha fut martyrisé et le fils de Saint-Jean s’échappa d’une manière ou d’une autre. Ensuite, les mécréants remorquèrent les deux navires. D’un autre côté, la flotte ne pouvait rien faire d’autre que de surveiller puisque tous les autres navires étaient en train d’être espalmés. Puis ils revinrent quand novembre approcha. Ils entrèrent dans le chantier naval le vingt-cinq du mois de Shawwal (16 novembre 1614).

 

La morale de l’histoire est que quiconque s’en va en tant que guetteur ne doit pas être pris au dépourvu. L’insouciance causa beaucoup de tort à la terre et à la mer. L’insouciance n’est pas juste dans de tels endroits. Et il est nécessaire que les navires soient espalmés en deux groupes et que les navires des Begs soient disponibles afin de naviguer pour garder les ports et les îles si possible quand cela est nécessaire. Nous le mentionnerons dans le chapitre sur les conseils aux pirates.

 

La campagne militaire de ‘Ali Basha

 

Il servit dans la construction de Yeni Jami’ (la nouvelle mosquée) et il devint un Vizir et un capitaine. Quand il voulut aller en Méditerranée avec la flotte et atteindre les rivages des mécréants d’Avarin en 1026 (1617), il ne dérangea pas les navires usés et fit comme s’il voulait dire « Je suis né et élevé dans une galère. » Alors qu’il se dirigeait vers la mer au milieu du grand mois de Sha’ban (13-23 août 1617) une tempête apparut soudainement et le vent violent dispersa les navires. Quatre galères parmi les navires d’armuriers, deux navires de janissaires et cinq navires Beg sombrèrent dans ce grand péril et coulèrent dans la mer profonde. Personne ne survécu des sept d’entre eux et plusieurs hommes tombèrent sur une embarcation des deux navires. Il y avait beaucoup de gens dans une seule galéasse. Ils naviguèrent face au vent avec deux navires Beg et ils atteignirent Tripoli (en Afrique du Nord). Sur le chemin, la galéasse eut une fuite et un habile européen la répara en échange de sa liberté. Süveydanoğlu (fils de Suveydan), qui était le chef de Tripoli, donna les armes, l’armement et les provisions nécessaires, et le fit réparer en vingt-cinq jours. Ils partirent pour la Roumélie et rejoignirent Moton en trois jours. Quand le capitaine s’approcha des côtes de Kalavri, il voulut couler les navires faibles, mais certaines personnes expérimentées l’en empêchèrent. Ils suggérèrent de les remorquer, pensant que s’ils coulaient, ils couleraient en chemin alors, ils quittèrent cet endroit et atteignirent Avarin, puis Moton et Koron. Quand la galéasse arriva à destination, ils célébrèrent. Lorsque tous les autres navires furent également estimés, il s’avéra qu’au total, onze navires avaient coulés. Quand le temps de la mer passa, ils entrèrent dans l’Arsenal en Dzoul Qi’dah (octobre-novembre 1617). Le nouveau Sultan monta sur le trône. Quand Daoud Bacha devint le capitaine, il laissa ce Bacha à son poste.

 

La morale de l’histoire est qu’il est incorrect de partir en haute mer avec des navires faibles et usés et d’agir avec vantardise. Il est nécessaire d’aller en mer avec des navires robustes, car si une tempête se produit, alors les navires faibles et usés couleront probablement.

 

La deuxième campagne militaire de ‘Ali Bacha

 

Il repartit avec la flotte en 1027 (1618 AD) et toucha les côtes arabes. Après avoir pris deux navires et atteint Athènes depuis Chios, quarante-six galliots de mécréants se trouvaient sur l’île de Kargacik, mais ils apprirent que la Flotte Royale ottomane arrivait alors ils s’enfuirent et allèrent vers Kafallinia. La flotte atteignit Corfou et ne vit aucune trace des navires ni ne savait où ils se trouvaient, alors ils revinrent. Ils se rendirent de nouveau en Méditerranée en l’an 1028 (1619) et capturèrent six navires. Ils vinrent au Divan avec beaucoup de cadeaux et les donnèrent en disant qu’ils étaient du butin de guerre. Cependant, avec l’incitation de Mehmed Bacha, qui était le gendre du Grand Vizir, l’ambassadeur vénitien déclara que « la moitié des biens qui nous ont été confisqués n’ont pas été donnée au Sultan et les navires ne sont pas des navires de guerre, ils appartiennent à quelqu’un d’autre. » Cela ne fonctionna pas et le capitaine Bacha prévalut. Il devint Grand Vizir peu de temps après et il fut ensuite envoyé à Alep. Mehmed Bacha mourut en 1029 (1620) et ‘Ali Bacha mourut en 1030 (1621). Qu’Allah leur fasse miséricorde.

 

La première apparition des Kazakhs dans la Mer Noire 

 

Les Kazakhs et les Ozi (Ochakov) Kazakhs avaient l’habitude d’attaquer le Danube et les rivages dans le passé et ils commençaient à venir maintenant sur les rives d’Anatolie sous la direction des apostats qui s’étaient échappés des pays musulmans. Ils vinrent au château de Sinop en l’an 1023 (1614) et y entrèrent soudainement en causant de grands dégâts. Lorsque Shakshaki Ibrahim Bacha, qui avait été chargé de protéger les rives de la Mer Noire avec une soixantaine de saïques, s’en aperçut, il se dirigea vers la rivière qui servait de passage à ces chiens (ainsi dans le texte, je vous rappelle que je ne fais que traduire). Cependant, les Kazakhs entendirent parler de cela et ils chargèrent leurs saïques sur des traîneaux et voulurent passer par la terre à la partie supérieure de la rivière mais certains Tatars les attaquèrent et un grand combat s’ensuivit. La plupart des gens qu’ils prirent de Sinop furent tués sauf les femmes et les enfants. Le Bacha les rattrapa également, tua certains d’entre eux et prit certains comme prisonniers. Ses hommes apportèrent une vingtaine de Kazakhs au divan au début de Ramadan (5-14 octobre 1614).

 

La campagne militaire de Mahmoud Bacha

 

Le Vizir Cigalazade Mahmoud Bacha devint l’officier de la région de Mer Noire et il partit avec plusieurs navires. Ils rencontrèrent des Kazakhs autour de Varna et, comme les saïques étaient sur le rivage, ils tirèrent les navires vers la rive. Six navires s’échouèrent et il devint impossible de les sauver. À la fin, ils furent forcés vers la mer et les mécréants prirent le contrôle des navires.

 

La morale de l’histoire est qu’une galère ne devrait pas avoir l’intention de s’arrêter dans un endroit où il est douteux qu’elle le puisse. C’est particulièrement effrayant dans une zone de guerre.

 

La campagne militaire de Mafrodonia

 

Au printemps de l’an 1029 (1620), ils partirent pour la haute mer. Alors le navire fut espalmé à Avarin après quoi ils prirent deux navires de blé à Diray et le port de Firkate et ils attaquèrent le côté des mécréants sous la direction de leurs capitaines. Ils approchèrent le fond du précipice près du château de Mafrodonia au moment de la prière de l’aube et ils débarquèrent quelques soldats sur le rivage. Ils attaquèrent pendant que les gens du château étaient inattentifs et ils saisirent le château ce jour-là. La zone du château interne fut prise le troisième jour et les biens et les aliments qui s’y trouvaient furent pillés. Puis ils incendièrent leurs maisons et prirent de nombreux prisonniers, après quoi ils retournèrent aux bureaux de l’état en toute sécurité et satisfaits de leur butin. Dans ce château, deux mille barils de poudre raffinée furent trouvés et amenés à la campagne militaire de Khotyn et utilisés.