La révolte des gens de Syrie

 

 

 

La révolte des Palestiniens

 

 

 

Le retour des khawarije soufariyah

 

 

 

La rébellion de Souleyman Ibn Hisham Ibn ‘Abdel Malik

 

 

 

Mossoul ouvre ses portes aux khawarije

 

Au mois de Dzoul Qi’dah de l’année 127 de l’Hégire (744), Marwan Ibn Muhammad paracheva son contrôle sur la Syrie, et nomma pour l’Iraq Yazid Ibn ‘Omar Ibn Houbayrah tandis que pendant ce temps, les gens de Mossoul écrivirent à ad-Dahhaq Ibn Qays de les rejoindre afin qu’il le nomme leur chef.

Lorsqu’ad-Dahhaq Ibn Qays arriva à Mossoul, les gens lui ouvrirent la porte et il rentra dans la ville. Al-Qatirane Ibn Akmah ash-Shaybani, le gouverneur de Mossoul nommé par Marwan Ibn Muhammad, tenta de s’opposer à lui avec quelques hommes mais ad-Dahhaq les tua tous avant de prendre possession de la ville.

Lorsque Marwan Ibn Muhammad qui était à Homs (hims) fut informé de ces nouvelles, il ordonna à ‘Abdillah Ibn Marwan, son lieutenant d’al-Jazirah, de sortir le combattre. ‘Abdillah Ibn Marwan quitta al-Jazirah à la tête de plus de sept-mille cavaliers et marcha sur Mossoul ou ad-Dahhaq était à la tête d’une immense armée soit environ cent-vingt-mille combattants. Les deux armées se rencontrèrent dans la ville de Nassabayne ou ‘Abdillah Ibn Marwan et sa petite armée se réfugièrent.

 

 

La bataille de Kafr Toufah

 

 

 

Yazid Ibn ‘Omar Ibn Houbayrah, le fléau des khawarije

 

 

 

Les nouvelles révoltes d’al-Harith Ibn Sourayj et d’al-Kirmani

 

 

 

Ibn Mouslim al-Khorassani le propagandiste des Abbassides et leurs histoires

 

En l’an 129 de l’Hégire (746), Ibrahim Ibn Muhammad Ibn ‘Ali Ibn ‘Abdillah Ibn al-‘Abbas Ibn ‘Abdel Moutalib Ibn Hashim Ibn ‘Abdel Manaf ordonna à Ibn Mouslim al-Khorassani de propager l’appel pour le califat des Abbassides en s’habillant distinctement de noir et de lever des étendards noirs, le signe des Abbassides, tandis qu’Ibrahim Ibn Muhammad était connut sous le nom de l’Imam. Nous n’avons pas encore mentionné ce mouvement car nous avons voulu le laisser pour cet endroit précis et bien que nous reviendrons plus amplement sur le sujet dans un volume qui leur sera spécialement consacré et qui est le quatrième de la série.

 

Le mouvement pour les Abbassides apparut en premier sous le règne du neuvième calife Omeyyade ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz, en l’an 100 de l’Hégire (718). Muhammad Ibn ‘Ali Ibn ‘Abdillah Ibn al-‘Abbas se trouvait alors à al-Houmaymah, dans la région du Sharat[4] dans le Balkah en Syrie.  

Cette année, Muhammad Ibn ‘Ali Ibn ‘Abdillah Ibn al-‘Abbas envoya un de ses partisans nommé Mayssarah en Iraq, en compagnie de Muhammad Ibn Khounays, Abou Ikrimah as-Siraj et Hayyan ‘Atar qui est l’oncle d’Ibrahim Ibn Salamah et Abou Ikrimah as-Siraj est celui qui est connu sous le nom d’Abi Muhammad as-Siddiq, et au Khorasan, dont le gouverneur était al-Jarrah Ibn ‘Abdillah al-Hakami, en leur demandant d’appeler les gens pour lui et les gens de sa maison et ces hommes firent ce qu’on leur avaient demandés.

   

Certaines personnes les suivirent et ceux qui les suivirent écrivirent à Muhammad Ibn ‘Ali en confiant les lettres à Mayssarah en Iraq qui les lui envoya. Abou Ikrimah as-Siraj ou Abi Muhammad as-Siddiq choisit pour cet appel à Muhammad Ibn ‘Ali, douze hommes connut sous le nom de Nouqabah.

Les historiens ont rapporté que ces hommes étaient :

- Souleyman Ibn Kathir al-Khouza’i,

- Malik Ibn Haytham al-Khouzari,

- Talhah Ibn Zourayq al-Khouzari,

- Abou Hamzah ‘Amr Ibn A’yan, le Mawlah des Khouzarah,

- ‘Issa Ibn A’yan, le Mawlah des Khouzarah,

- Lahiz Ibn Qourayz at-Tamimi,

- Moussa Ibn Ka’b at-Tamimi,

- Al-Qassim Ibn Moujashi’ at-Tamimi,

- Abou Daoud Khalid Ibn Ibrahim des Banou ‘Amr Ibn Shayban Ibn Douhl,

- Abou ‘Ali Shibl Ibn Dahman al-Harawi, le Mawlah des Banou Hanifah,

- Abou Najm ‘Imran Ibn Isma’il, le domestique des Ahl Abi Mou’ayd,

- Qahtabah Ibn Shabib Ibn Khalid Ibn Ma’dan at-Ta'i, qui joua un grand rôle comme nous allons le voir.

Puis, il choisit soixante-dix autres hommes à qui Muhammad Ibn ‘Ali écrivit pour leur enseigner sa théologie afin qu’ils la suivent et l’enseignent.

 

 

En l’an 102 de l’Hégire (720), Mayssarah dépêcha son envoyé d’Iraq au Khorasan ou le mouvement commença à pendre de l’ampleur et ‘Amr Ibn Bahir Ibn Warqah as-Sa’di at-Tamimi alla chez Sa’id Ibn ‘Abdel ‘Aziz Ibn Harith Ibn Hakam Ibn Abi al-‘As, le gouverneur du Khorasan, pour l’informer de leurs activités. Sa’id Ibn ‘Abdel ‘Aziz envoya les chercher et lorsqu’il les questionna sur leur mouvement, ils lui répondirent :

- « Nous sommes des commerçants ! »

- « Qu’en est-il alors des propos qui circulent sur vous ? »

- « Nous n’en n’avons aucune connaissance ! »

- « Est-ce que vous êtes des prêcheurs, leur demanda-t-il ? »

- « Non » dirent-ils, « nous ne sommes préoccupés que de nous-même et de ce que notre commerce nous demande ».

Sa’id Ibn ‘Abdel ‘Aziz dit aux gens derrière eux :

- « Qui connait ses gens ? »

- Un groupe des Rabi’ah Ibn Nizar Ibn Qahtan qui étaient assis dirent :

- « Nous les connaissons et nous nous portons garant que ces gens n’ont rien de répréhensibles ». Comme ils témoignèrent, Sa’id Ibn ‘Abdel ‘Aziz, les relâcha. 

 

 

En l’an 105 de l’Hégire (723), Boukayr Ibn Mahan arriva du Sind ou il servait de traducteur pour al-Jounayd Ibn ‘AbderRahmane, le gouverneur de l’Inde (hind). Lorsque celui-ci fut désisté, Boukayr Ibn Mahan arriva à Koufa avec une quantité d’or et d’argent et rencontra Abou Ikrimah Ibn Siraj, Mayssarah, Muhammad Ibn Khounays, Salim A’yan, Abou Yahya qui l’informèrent de l’appel aux Bani Hashim et auquel, il répondit favorablement avant de leur donner l’or et l’argent qui était en sa possession et qui les aida à poursuivre leur mission. Puis, il alla chez Muhammad Ibn ‘Ali tandis qu’au même moment Mayssarah mourut. Muhammad Ibn ‘Ali envoya Boukayr Ibn Mahan en Iraq pour remplacer Mayssarah.

 

 

En l’an 107 de l’Hégire (725), Boukayr Ibn Mahan envoya Abou Ikrimah Ibn Siraj, Muhammad Ibn Khounays, ‘Amar al-‘Ibadi et un groupe de leur partisans dont Ziyad Ibn Khalid le fils d’al-Azraq, au Khorasan pour poursuivre leur prédication. Un Kindi fut informé de leur action et alla voir Assad Ibn ‘Abdillah al-Qasri pour l’informer de leurs intrigues. Abou Ikrimah Ibn Siraj et Muhammad Ibn Khounays furent capturés et amener devant lui tandis qu’Abou Ikrimah Ibn Siraj réussit à s’enfuir. Assad Ibn ‘Abdillah ordonna de leur trancher les mains et les pieds et de les crucifier, le châtiment de ceux qui sèment la corruption sur la terre.

 

‘Amar Al ‘Ibadi alla chez Boukayr Ibn Mahan et l’informa de ce qui était arrivé qui écrivit aussitôt à Muhammad Ibn ‘Ali pour l’informer. 

 

 

En l’an 108 de l’Hégire (726), Boukayr Ibn Mahan envoya un groupe de ses prêcheurs au Khorasan dont ‘Amar al-‘Ibadi. De nouveau un homme découvrit leur activité et alla en informer le gouverneur Assad Ibn ‘Abdillah. ‘Amar al-‘Ibadi fut capturé et subit le même châtiment que ses prédécesseurs tandis que ses partisans réussirent à s’enfuir chez Boukayr Ibn Mahan qui en informa aussitôt Muhammad Ibn ‘Ali qui leur envoya une lettre disant : « Louange à Allah qui rendit votre mission véridique, et qui donne la victoire à mes partisans ».

 

 

En l’an 110 de l’Hégire (728), Assad Ibn ‘Abdillah al-Qasri captura un groupe des partisans des Banou ‘Abbas dont Souleyman Ibn Kathir al-Khouza’i, Malik Ibn Haytham al-Khouza’i, Moussa Ibn Ka’b at-Tamimi, Lahiz Ibn Qouraybah at-Tamimi, Khalid Ibn Ibrahim ad-Douhri, Talha Ibn Rouzayk al-Khouza’i et voulut les tuer mais Souleyman Ibn Kathir al-Khouza’i le trompa et lui dit :

- « Nous sommes des gens de ton peuple », en effet les Khouza’a sont des Yéménites, « et les Moudar nous haïssait parce que nous étions les plus farouches adversaires de Qoutaybah Ibn Mouslim. Assad Ibn ‘Abdillah ordonna de les emprisonner avant de les relâcher ». Et ceci est la prédestination d’Allah Exalté et Loué soit-Il, car si Assad Ibn ‘Abdillah avaient tués ces prédicateurs, le mouvement pour les Abbassides aurait été anéantit. Et nul ne peut changer ce qu’Allah Exalté a décidé !

 

 

En l’an 118 de l’Hégire (735), Boukayr Ibn Mahan envoya ‘Amar Ibn Yazid pour être le chef des Banou ‘Abbas au Khorasan. Il descendit à Merv, prit le nom de Khidash et appela les gens à Muhammad Ibn ‘Ali et les gens répondirent à son appel. Alors il appela les gens à une nouvelle innovation « al-khouramiyah[5] » prétextant que Muhammad Ibn ‘Ali Ibn ‘Abdillah Ibn ‘Abbas l’avait chargé de la promulguer mais il tomba entre les mains de Assad Ibn ‘Abdillah al-Qasri qui ordonna de couper sa langue, de crever ses yeux et de trancher ses mains.

 

 

En l’an 120 de l’Hégire (737), les partisans (shi’a) des Banou ‘Abbas au Khorasan envoyèrent Souleyman Ibn Kathir al-Khouza’i à Muhammad Ibn ‘Ali pour l’informer de leur situation et de leur position car ce dernier les avaient réprimandés pour avoir suivi aveuglément les mensonges de Khidash à son égard.

 

 

En l’an 124 de l’Hégire (741), Souleyman Ibn Kathir al-Khouza’i, Malik Ibn Haytham al-Khouza’i, Lahiz Ibn Qourayz at-Tamimi et Qahtabah Ibn Shabib at-Ta'i quittèrent le Khorasan pour Koufa avec l’intention de partir pour La Mecque. Ils visitèrent ‘Assim Ibn Younous al-‘Ijli qui était emprisonné car il était soupçonné d’appeler les gens aux Bani ‘Abbas. Il était emprisonné en compagnie de ‘Issa et Idriss Ibn Ma’qil qui étaient des employés de Khalid Ibn ‘Abdillah al-Qasri et qui avaient été emprisonnés par Youssouf Ibn ‘Omar avec Abou Mouslim al-Khorassani qui s’occupait d’eux.

En prison, ‘As Ibn Younous invitèrent ‘Issa et Idriss au mouvement des Banou ‘Abbas et ils acceptèrent ainsi qu’Abou Mouslim al-Khorassani. Il a aussi été rapporté que Boukhayr Ibn Mahan fut emprisonné à Koufa et qu’il avait été en compagnie d’Abou ‘Assim Younous al-‘Ijli et ‘Issa Ibn Ma’qil al-‘Ijli dont s’occupait Abou Mouslim al-Khorassani. Il les invita aux Bani ‘Abbas et ils répondirent et lorsque Boukhayr Ibn Mahan questionna ‘Issa Ibn Ma’qil sur Abou Mouslim al-Khorassani, il lui répondit :

- « C’est un Mawlah ! »

- « Est-ce que tu veux me le vendre ? »

- « Il est à toi ! »

- « Non, je préfère t’en donner son prix ! » 

- « Il est à toi pour ce que tu veux ! » Alors Boukhayr Ibn Mahan lui donna quatre-cent dirhems et lorsqu’ils furent libérés Boukhayr envoya Abou Mouslim al-Khorassani à Ibrahim Ibn Muhammad l’Imam qui l’envoya à Abi Moussa Saraj qui lui enseigna leur doctrine.

 

 

En l’an 125 de l’Hégire (742), Souleyman Ibn Kathir al-Khouza’i, Malik Ibn Haytham al-Khouza’i, Lahiz Ibn Qourayz at-Tamimi et Qahtabah Ibn Shabib at-Ta'i allèrent à La Mecque ou ils rencontrèrent Muhammad Ibn ‘Ali Ibn ‘Abdillah Ibn al-‘Abbas Ibn ‘Abdel Moutalib et l’informèrent à propos d’Abou Mouslim. Il leur demanda :

- « Est-il un homme libre ou un esclave ? »

- « ‘Issa Ibn Ma’qil al-‘Ijli pense que c’est un esclave et Abou Mouslim prétend qu’il est un homme libre ! » Muhammad Ibn ‘Ali leur dit :

- « Achetez-le et libérez-le ! »

Ils donnèrent ensuite à Muhammad Ibn ‘Ali une somme de cent-mille dirhems, des vêtements d’une valeur de trois-mille dirhems et il leur dit :

-«  Je ne pense pas que l’on se reverra après cette année. S’il m’arrivait quoi que ce soit, voyez alors mon fils Ibrahim Ibn Muhammad qui a ma confiance et dont je vous recommande la bonté envers lui comme je l’ai recommandé sur vous.

 

 

Au mois de Dzoul Qi’dah de l’année 125 de l’Hégire (742), Muhammad Ibn ‘Ali décéda. Son père était ‘Ali Ibn ‘Abdillah Ibn al-‘Abbas qui mourut à Houmaymah en l’an 118 de l’Hégire (735) et son grand père était le respectable Compagnon ‘AbdAllah Ibn al-‘Abbas Ibn ‘Abdel Moutalib, le savant de la Oummah et l’interprétateur du Qur’an qui décéda en 68 de l’Hégire (687) et fut enterré à  Baqi’ al-Gharqad à Médine (qu’Allah Exalté soit satisfait de lui et de son père).

 

 

En l’an 126 de l’Hégire (743), Ibrahim Ibn Muhammad Ibn ‘Ali Ibn ‘Abdillah Ibn al-‘Abbas, connut sous le nom d’Ibrahim al-Imam, envoya Abi Hashim Boukayr Ibn Mahan au Khorasan avec des consignes. Boukayr Ibn Mahan alla à Merv ou il rejoignit les prédicateurs et les informa du décès de Muhammad Ibn ‘Ali et de la succession de son fils Ibrahim surnommé « al-Imam ». Il leur lit sa lettre et ils lui remirent une somme d’argent, qu’ils avaient collecté parmi leurs partisans, et que Boukayr ramena à Ibrahim.

 

 

En l’an 127 de l’Hégire (744), Souleyman Ibn Kathir al-Khouzay’i, Lahiz Ibn Qouraybah at-Tamimi, Qahtabah Ibn Shabib at-Ta'i et Abou Mouslim al-Khorassani allèrent à La Mecque pour rencontrer Ibrahim al-Imam, et ils l’informèrent qu’ils avaient en leur possession, onze-mille dinars, cent-mille dirhems ainsi que quelques autres valeurs qu’il leur ordonna de remettre à Ibn ‘Ourwah, le domestique de son père. Souleyman Ibn Kathir lui dit aussi qu’Abou Mouslim al-Khorassani était son serviteur.

 

Cette même année, lorsque Boukayr Ibn Mahan sentit sa fin venir, il écrivit à Ibrahim al-Imam pour l’informer de sa fin imminente et qu’il avait nommé Hafs Ibn Souleyman Ibn Moughirah, le domestique des Banou Assad, pour lui succéder du fait de ses compétences. Ibrahim al-Imam écrivit à Hafs Ibn Souleyman, connut sous le nom d’Abi Salamah al-Khalal, et lui ordonna de poursuivre la prédication pour les Banou ‘Abbas. Il écrivit aussi à ses partisans, au Khorasan, pour les informer de la nomination de leur nouveau chef Abi Salamah al-Khalal et lorsque ce dernier alla au Khorasan, ils lui obéirent et lui remirent ce qu’ils avaient collecté comme argent.

 

 

En l’an 128 de l’Hégire (745), Ibrahim al-Imam envoya Abou Mouslim al-Khorassani au Khorasan avec une lettre ordonna aux partisans des Banou ‘Abbas de l’écouter et de lui obéir mais lorsqu’il arriva personne ne lui répondit.

 

 

En l’an 129 de l’Hégire (746), ils allèrent à La Mecque pour rencontrer Ibrahim al-Imam et lorsqu’ils furent en sa présence, Abou Mouslim lui dit que les gens avaient refusés de l’écouter et de lui obéir. Ibrahim leur dit :

- « J’ai désigné Souleyman Ibn Kathir et Ibrahim Abou Salamah pour organiser la prédication mais ils ont refusé tous les deux alors j’ai désigné Abou Mouslim pour mener à bien cette entreprise vous devez donc l’écouter et lui obéir ». Ce qui était maintenant un ordre pour eux !

Le nom d’Abou Mouslim est AbderRahmane et Ibrahim lui dit :

- « O AbderRahmane, tu es l’un d’entre nous des gens de la maison (ahl al-bayt), retiens bien mes recommandations. Honore les gens du Yémen, descends chez eux car Allah Exalté ne parachèvera cette affaire que par eux. Ait un œil sur les gens de Rabi’ah et préoccupe toi de leur affaire. Ait un œil sur les gens de Moudar, car l’ennemi est proche de la maison (dar) (sous-entendu se sont les ennemis les plus proches de toi). Tue ceux d’entre eux en qui tu as des doutes, ceux dont tu es incertain et ceux dont ton âme à de l’aversion. Si tu dois ne pas laisser de langue arabe dans le Khorasan alors fait-le[6]. Tout enfant ayant atteint la hauteur d’un mètre en qui tu as des doutes, tue le ! Ne vas pas à l’encontre des conseils de Souleyman al-Khouza’i et ne lui désobéit pas et si une affaire te pose des difficultés, suit alors son avis plutôt que le mien ». Et Abou Mouslim allait toujours se rappeler de ses recommandations et les appliquer à la lettre.

Mais la prédication pour les Abbassides allait connaitre des moments difficiles particulièrement après la sédition de l’assassinat du calife al-Walid al-Fassiq Ibn Yazid. Alors que tous les regards étaient portés vers le calife et à son obéissance, personne n’appelait à se lever contre lui et si quelqu’un le faisait tous les Musulmans se tournaient alors vers ces rebelles pour les arrêter avant que les nouvelles ne parviennent au calife.

Or, maintenant les Omeyyades s’entretuaient entre eux pour la recherche du pouvoir dans leur fief comment pourraient-ils savoir ou faire face à ce qui se passait à plusieurs milliers de kilomètres de chez eux ?



[1] Le premier à avoir fabriqué une catapulte est un Kurde du nom de Hazn (« al-Bidayah wal Nihayah » de l’Imam Ibn Kathir).

[2] Jahm fut le premier grand propagateur de l’idée de la création du Qur’an, que le discours d’Allah Exalté est créé, puisque tous les Attributs qui Lui sont attribués et qui sont partagées par la création sont créés aussi. Il rejeta chaque Attribut mentionné dans la Révélation de peur d’anthropomorphisme. Les seuls Attributs qu’il accepta sont ceux de la création et la puissance. Il estima que la création et la puissance sont les seuls Attributs qui appartiennent en propre à Allah Exalté et que la puissance relative aux humains l’est métaphoriquement et non pas littéralement. Cette dernière croyance le conduira à la doctrine du fatalisme (al-jabr (contrainte)) dont les partisans seront nommés al-moujbirah. Il fonda sa théologie sur une pensée philosophique qu’il emprunta à des philosophes grecs. L’Imam Ahmad Ibn Hanbal, puisse Allah Exalté lui faire miséricorde, réfuta de manière éclatante cette philosophie corrompue.

Je vous rappelle que le Qur’an est la Parole incréée d’Allah Exalté et qu’Il nous préserve de l’égarement et de ces makhloufettes inventées et qui sont sincèrement n’importe-quoi.

[3] Le premier à avoir affirmé la création du Qur’an, à avoir refusé qu’Allah Exalté ait prit pour ami (khalil) Ibrahim et le fait qu’Il, Exalté soit-Il, ait parlé à Moussa. Jahm Ibn Safwan hérita de ses doctrines sectaires et allait devenir le fondateur de la jahmiyah.

[4] En Jordanie actuelle.

[5] Il rendit licite pour ses partisans les femmes des uns et des autres.

[6] Nous avons traduit mot à mot cette phrase sans extrapoler le sous-entendu qui serait « peut-être » : « Si tu dois tuer tous les arabes pour mener à bien ta mission fait-le ». Si cela était le sens correct, alors, il serait en contradiction avec sa recommandation précédente concernant les Yéméni, qui sont non seulement des Arabes  mais aussi la racine des Arabes. (NdT)