La mort de Yahya Ibn Zayd Ibn ‘Ali Ibn Houssayn Ibn ‘Ali Ibn Abi Talib

 

 

 

Yazid Ibn al-Walid complote pour le pouvoir

 

 

 

L’assassinat d’al-Walid Ibn Yazid par son cousin Yazid Ibn Walid

 

Yazid Ibn Walid entra à Damas tandis que la majorité des gens lui avaient porté allégeance en secret. Ses artisans réussirent à capturer les places stratégiques alors que le calife al-Walid Ibn Yazid était absent de la ville. Yazid Ibn Walid envoya une armée commandée par ‘Abdel ‘Aziz Ibn Hajjaj pour combattre le calife qui se trouvait dans son palais à al-Bakhra, proche de Damas, qu’ils assiégèrent. Lorsqu’al-Walid se réveilla il se trouva encerclé. Alors, il prit un Moushaf (Qur’an) leva et dit :

- « Ton jour comme celui de ‘Uthman ». Puis, il se mit à lire le Qur’an tandis que les soldats pénétraient à l’intérieur du palais. Le premier à le joindre fut Yazid Ibn ‘Ambassah as-Saksaki al-Kindi qui lui saisit la main pour l’arrêter et non pas le tuer. Mais dix autres personnes grimpèrent le mur et l’attaquèrent. Al-Walid dont Mansour Ibn Joumhour Ibn Hisn Ibn ‘Amr al-Kindi l’attrapa et ‘Abd as-Salam al-Lakhmi frappa de son sabre le calife sur la tête, Sirri Ibn Ziyad Ibn Abi Kabshah le frappa de son sabre au visage et Abou ‘Oulaqah al-Qoudari le tua.

 

Après l’assassinat du calife al-Walid Ibn Yazid le pervers, le dernier jeudi (soit deux jours avant la fin du mois, comme disent les historiens) du mois de Joumadah Thani de l’année 126 de l’Hégire (743), les gens portèrent allégeance à Yazid Ibn Walid.               

 

Le règne du onzième calife al-Walid Ibn Yazid dura une année, deux mois et vingt-deux jours. Sa mère était Zaynab Bint Muhammad Ibn Youssouf ath-Thaqafi et elle était connue sous le nom d’Oumm Hajjaj Bint Muhammad.

 

 

La succession de Yazid Ibn Walid

 

 

 

L’assassinat des enfants d’al-Walid Ibn Yazid

 

Quand en l’an 127 de l’Hégire (744), lors de la bataille de ‘Ayn al-Jarr, Marwan Ibn Muhammad mit en fuite Souleyman Ibn Hisham Ibn ‘Abdel Malik qui avait été envoyé par Ibrahim Ibn al-Walid, Souleyman Ibn Hisham s’enfuit à Damas ou il rejoint Ibrahim Ibn al-Walid. Alors, ils décidèrent de tuer ‘Uthman et al-Hakam, les enfants d’al-Walid Ibn Yazid, car si Marwan Ibn Muhammad venait à Damas, il ne manquerait pas de les libérer et alors ils se vengeraient certainement de tous ceux qui avaient conspiré dans l’assassinat de leur père al-Walid.

Yazid Ibn Khalid Ibn ‘Abdillah al-Qasri fut chargé de leur assassinat et il envoya un de ses Mawlah du nom d’Abou al-Assad se charger de cette affaire. Aboul Assad avec un groupe de gens se rendit dans la prison ou se trouvait les enfants et les frappèrent sur la tête avec des gourdins jusqu’à les tuer, puisse Allah Exalté leur faire miséricorde. Puis, ils sortirent Youssouf Ibn ‘Omar et lui tranchèrent le coup (darbou ‘ounouka bis-souyyouf) mais ils ne purent venir à bout d’Abou Muhammad as-Soufyani qui referma derrière eux la porte et qu’ils ne purent briser. Et lorsqu’ils entendirent que Marwan Ibn Muhammad venait d’entrer dans la ville, ils l’abandonnèrent et se sauvèrent.

 

La fin des gouverneurs tyrans (jabbabirah) d’Iraq est vraiment stupéfiante, elle fut marquée par ces mots : Violence (batsh), guerres (houroub), brutalité (jabbarout), massacre (qatl), assassinat (qital), rébellion (thawrah), traitrise (khiyanatah) !

 

 

A la fin du règne de Yazid an-Naqis ou Yazid Ibn Walid Ibn ‘Abdel Malik le douzième calife, lorsque Mansour Ibn Joumhour Ibn Hisn Ibn ‘Amr al-Kalbi arriva en Iraq, il chercha à remplacer tous les hommes de Youssouf Ibn ‘Omar. Il nomma son frère Moundour Ibn Joumhour à la place de Nasr Ibn Sayyar qui était gouverneur du Khorasan et commandant d’une grande armée, d’une région stable et qui n’était pas prête à se laisser désister.

 

Marwan Ibn Muhammad Ibn Marwan Ibn al-Hakam qui était gouverneur d’Arménie et d’al-Jazirah était un des revendicateurs les plus acharnés pour la vengeance de l’assassinat d’al-Walid. Il écrivit à Ghamr Ibn Yazid Ibn ‘Abdel Malik pour le motiver de chercher à venger la mort de son frère. Ghamr, si vous vous rappelez, nous avons dit que son frère al-Walid Ibn Yazid l’avait envoyé razzier le pays des Byzantins.

 

 

L’empire musulman au summum de son expansion

 

Comme nous l’avons maintes fois souligné du fait de son importance extrême dans la gestion de l’état pour sa stabilité et sa sécurité, la lutte dans la voie d’Allah Exalté ne s’arrêta peu ou prou sous le règne des Omeyyades et particulièrement sous le règne du dixième calife Omeyyade Hisham Ibn ‘Abdel Malik ou l’empire musulman atteignit une telle superficie que ni les Abbassides ou les Ottomans après eux n’allaient pouvoir rivaliser. L’empire musulman était alors divisé administrativement en sept départements (wilayah), classés par ordre d’importance :

- La Wilayah de Médine l’Illuminée, de La Mecque, de Taif et du Yémen,

- La Wilayah d’Iraq (qui inclut la Perse) dont dépendaient le Khorasan et les régions au-delà du fleuve de l’Oxus (waraha an-nahr – la Transoxiane) et le Sind.

- La Wilayah de Mossoul et d’al-Jazirah,

- La Wilayah d’Arménie et d’Azerbaïdjan,

- La Wilayah d’Egypte,

- La Wilayah du Maghreb et,

- La Wilayah d’Andalousie qui elle-même était divisée en six régions (aqalim pluriel d’iqlim).

Si l’immensité de la superficie de l’empire des Ottomans atteignit vingt-millions de kilomètres carré au plus grand de leur expansion que dire alors de la superficie de l’empire des Omeyyades ? L’empire des Omeyyades fut certainement le plus grand empire jamais réalisé par un conquérant ou une nation, tant en superficie qu’en chronologie. Sous les Omeyyades, le Jihad dans la voie d’Allah Exalté atteignit des proportions incommensurables et nous bénéficions aujourd’hui encore de leurs conquêtes, n’étaient-ce les frontières humaines temporaires qui séparent physiquement les pays, l’Islam qui n’a pas de frontière, s’étend du Maghreb jusqu’aux confins de la Chine et de la Bosnie jusqu’à l’Afrique centrale !

 

 

La sédition tribale au Khorasan entre les tribus Yamaniyah et Nizariyah

 

Mansour Ibn Joumhour al-Kalbi ne resta pas longtemps en Iraq car Yazid Ibn Walid le désista et le remplaça par ‘AbdAllah Ibn ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz Ibn Marwan qui était incapable de gérer un grand département puissant comme celui pour lequel il a été nommé. Il commença par confirmer Nasr Ibn Sayyar à son poste au Khorasan au moment où une sédition tribale éclata au Khorasan entre les tribus Yamaniyah et Nizariyah du fait que Nasr Ibn Sayyar diminua, en prévision d’évènements futurs et de ce qui était survenus à ses prédécesseurs, les allocations qu’il attribuait aux gens. Par son expérience personnelle, il voulut de nouveau remplir les caisses de l’état pour faire face à des évènements dont il avait déjà été témoin tandis que la majorité des gens ne pensaient qu’à leurs propres intérêts et ne comprenaient pas la politique.

 

Un chef de tribu Yéménite du nom de Jouday’ Ibn ‘Ali Ibn Shabib al-Ma’ni, de Ma’ni Ibn Malik Ibn Fahm Ibn Ghan Ibn Daous et Daous de la tribu des Azd, et Jouday’ Ibn ‘Ali, connut aussi sous le nom d’al-Kirmani du fait d’être né à Kirmân, voulut profiter du mécontentement des gens pour se rebeller contre Nasr mais celui-ci fut informé et il ordonna de l’arrêter et lorsqu’on le questionna, il nia toute conspiration mais ‘Outhmah Ibn ‘Abdillah al-Assadi qui était au courant de ses machinations, lui dit :

- « Tu as menti ! » Nasr ordonna alors de l’emprisonner. Les Azd réussirent à le faire échapper de sa prison et Nasr envoya à sa poursuite Salm Ibn Ahwaz al-Mazini at-Tamimi pour le tuer mais tous convinrent d’un arrangement et Jouday’ Ibn ‘Ali Ibn Shabib promit de ne pas se rebeller contre Nasr. Il fut soumis à résidence et interdit de sortie et Nasr accepta mais en fait, Jouday’ al-Kirmani ne cherchait qu’à gagner du temps en attendant le moment idéal pour passer à l’action. Et lorsque leur parvint la nouvelle du désistement de Mansour Ibn Jourhoum al-Kalbi et son remplacement par ‘Abdillah Ibn ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz, Nasr Ibn Sayyar sermonna les gens et critiqua Mansour al-Kirmani et les Yéménite, pour une obscure raison mais surtout pour trouver un prétexte à leurs complots, furent fâchés par ses propos.

Se rebeller pour d’aussi stupides raisons prouvait qu’ils y avaient dans leur cœur une maladie. 

Alors que les messagers de Nasr étaient venus le voir pour parachever leur accord commun, al-Kirmani chargea un messager de dire à Nasr Ibn Sayyar de quitter le Khorasan mais tout rentra dans l’ordre quand al-Kirmani partit pour Gorgan (jourjan au-delà du fleuve de l’Oxus).

 

Sous le règne court de Yazid Ibn Walid, al-Harith Ibn Sourayj at-Tamimi qui s’était réfugié chez les Turcs et les avaient aidés à combattre les Musulmans lui écrivit et lui demanda la sécurité. Le calife répondit positivement à sa demande et écrivit à ‘Abdallah Ibn ‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz pour lui demander de lui rendre ce qui lui avait été confisqué et ‘Abdallah écrivit à Nasr Ibn Sayyar et lui demanda d’appliquer les ordres du calife. Et auparavant Nasr lui avait déjà écrit pour lui accorder la sécurité pour éviter qu’il ne s’associe à al-Kirmani contre lui.

 

 

En l’an 126 de l’Hégire (743), Yazid Ibn Walid fit porter les gens allégeance à son fils Ibrahim Ibn Yazid Ibn Walid pour lui succéder à sa mort et si Ibrahim devait décéder alors ‘Abdel ‘Aziz Ibn al-Hajjaj Ibn ‘Abdel Malik deviendrait le nouveau calife.

 

Cette même année, Yazid Ibn Walid désista Youssouf Ibn Muhammad Ibn Youssouf de Médine et le remplaça par  ‘Abdel ‘Aziz Ibn ‘Abdillah Ibn ‘Amr Ibn ‘Uthman Ibn ‘Affan (qu’Allah soit satisfait de lui).

 

 

La mort de Yazid Ibn Walid

 

Toujours cette année, Marwan Ibn Muhammad fit savoir qu’il désirait se rendre à Damas avec son armée pour venger le sang de son père al-Walid Ibn Yazid et lorsqu’il arriva à Harran, il reçut une lettre de Yazid Ibn Walid qui lui proposait la gouvernance d’Azerbaïdjan, d’Arménie, d’al-Jazirah et de Mossoul s’il lui portait allégeance et Marwan accepta.

Ainsi l’on voit que le calife Yazid Ibn Walid réussit à venir pacifiquement et sans bataille à un grand nombre de séditions mais il est un fait certain est qu’Allah Exalté et Loué soit-Il poursuit Son propre but et Il est Celui qui décide, quand bien même les gens ne s’en rendent pas toujours compte. L’on voit aussi que malgré son court règne, le douzième calife Yazid Ibn Walid, fit face à un certains nombres d’évènements avant de décéder cette année 126 de l’Hégire (743) à Damas.

 

Il a été rapporté que Yazid Ibn Walid était un qadariyan et les qadariyah sont ces gens qui renient la prédestination, qui pensent que les êtres humains sont libres de toutes pensées et de tout acte et qu’Allah Exalté soit-Il, n’a aucun contrôle dans ce que fait l’individu. Le premier à avoir formulé cette innovation est Ma’bad Ibn ‘Abdillah Ibn ‘Oukaym al-Jouhri qui fut tué de sang-froid par al-Hajjaj Ibn Youssouf ath-Thaqafi en l’an 80 de l’Hégire (699). Et le fait qu’il soit un qadariyan peut paraitre contradictoire au sermon qu’il fit lorsqu’il devint calife.

 

 

La succession d’Ibrahim Ibn al-Walid

 

Après le décès de Yazid Ibn Walid, son fils Ibrahim lui succéda sans lui succéder. Les historiens ont rapporté que, le vendredi, les gens le saluaient par le titre de calife, ce qui confirme qu’il était le calife.

D’autres ont rapporté que, le vendredi suivant, les gens ne le saluaient par aucun des titres du calife jusqu’à l’arrivée de Marwan Ibn Muhammad qui le désista du califat, et se fit nommer calife, le quatorzième et dernier calife des Omeyyades.

Quant au successeur d’Ibrahim, ‘Abdel ‘Aziz Ibn al-Hajjaj Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan, il fut aussi tué.

La mère d’Ibrahim Ibn Yazid Ibn Walid, le treizième calife qui régna quatre-vingt-dix jours, était une mère d’enfant et il a été rapporté qu’il était le frère de Marwan Muhammad Ibn Marwan par sa mère et c’est peut-être pour cela que Marwan Ibn Muhammad ne le tua pas.

 

En fait, la sédition qui toucha les Omeyyades fut une conséquence directe de l’assassinat d’al-Walid al-Fassiq. Hisham Ibn ‘Abdel Malik n’aurait jamais dû le nommer successeur d’autant plus qu’il y avait des gens plus forts et plus compétant que lui dans la famille de ‘Abdel Malik et de Souleyman ‘Abdel Malik mais l’ordre d’Allah devait être exécuté…

 

 


L’entrée de Marwan Ibn Muhammad Ibn Marwan à Damas et les séditions en Syrie et en Iraq

 



[1] Puisque nous devons approuver le bien et désapprouver le mal, je me demande à quoi sert de telles violences sur les morts puisqu’ils sont morts ! Et le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui torture les gens s’est acquit le droit d’être torturé à son tour le jour du Qiyamah » et il (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit aussi : « Celui qui brise les os d’un mort, c’est comme si il lui avait brisé de son vivant ! ». Et il n’y a de force et de puissance qu’en Allah (NdT).

[2] ‘Anjar est une ville du Liban dans la plaine de la Bekaa, à peu près à mi-chemin sur la route de Beyrouth à Damas.

[3] La recherche de la généalogie « incertaine » de cet homme a été effectuée par le Docteur Ahmad Da’idj dans son « at-Tarikh as-Siyassiyah lil Dawla Amawiyyah » dont nous avons utilisé la chronologie pour ce livre ainsi que ses autres chronologie dans nos traductions. Puisse Allah Exalté le récompenser largement son pour excellente œuvre.