Anas Ibn Malik Ibn Nadr al-Khazraji al-Ansari

 

Lorsqu’al-Hajjaj devint gouverneur d’Iraq, il nomma al-Hakam Ibn Ayyoub ath-Thaqafi émir de Basra qui aussitôt fit un discours aux gens et leur demanda de rejoindre al-Mouhallab pour combattre les khawarije mais ‘AbdAllah Ibn Jaroud al-‘Abdi des Bani ‘Abdel Qays se rebella contre lui et s’ensuivit une lourde bataille entre les deux partis à Roustoukbad.

‘AbdAllah Ibn Jaroud fut tué ainsi qu’un groupe de ses partisans et al-Hajjaj, avant de retourner à Basra, ordonna que dix-huit de leurs têtes soient ennoyées à al-Mouhallab à Ram Hourmouz. 

 

Lors de la rébellion d’Ibn Jaroud ‘AbdAllah Ibn Anas Ibn Malik fut aussi tué et al-Hajjaj s’en prit à son père le respectable Compagnon Anas Ibn Malik Ibn Nadr al-Khazraji al-Ansari (qu’Allah soit satisfait de lui), le serviteur du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et son Compagnon.

Lorsqu’al-Hajjaj arriva à Basra, il prit les biens d’Anas et quand il vint pour les récupérer al-Hajjaj lui dit :

- « Tu n’es ni désirable et ni bienvenue, o fils de la vile ! Forgeur de trouble une fois avec Abi Tourab[1] (‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui)), une autre fois avec Ibn Zoubayr (qu’Allah soit satisfait de lui) et une autre fois avec Ibn Jaroud ! » Anas Ibn Malik, lui répondit :

- « Pourquoi toutes ces qualifications à mon encontre ? »

- « Parce que c’est ainsi que je te vois ! »

Anas Ibn Malik (qu’Allah soit satisfait de lui) devant l’extrême agressivité et brutalité d’al-Hajjaj n’eut de recours que d’écrire au calife pour l’informer de ce qui arriva. Et ‘Abdel Malik Ibn Marwan, le cinquième calife omeyyade écrivit aussitôt à al-Hajjaj et lui dit : « Ceci dit : Ô fils de la mère d’al-Hajjaj (il ne dit pas ô fils de Youssouf mais ô fils de la mère ce qui est une insulte directe chez les Arabes) ! Tu es un serviteur (‘abdoun), les évènements te dépassent, tu t‘es conduit de manière excessive et tu as outrepassé tes prérogatives. Nous allons te frapper si violemment que allons te faire regretter le jour où tu es né[2]. Ne te rappelles-tu pas ton père qui transportait des pierres sur son dos et creusait le sol avec ses mains lorsqu’il était à Taif. As-tu oublié l’exemple de ton père et ses qualités ?

Il nous est parvenu que tu as fait du tort à Anas Ibn Malik dont tu n’es en rien comparable et que tu as voulu par cela causer du tort à l’émir des croyants. Sache que nous désavouons ce que tu as fait ! Si tu as fait ce qu’il nous a raconté alors que la malédiction d’Allah soit sur toi ! Et si je n’étais persuadé que l’écrivain a exagéré dans la lettre concernant le Sheikh, j’aurais ordonné que tu sois capturé et découpé de la tête à l’abdomen. Honore Anas Ibn Malik et sa famille, reconnais sa valeur et son service au Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et ne lui manque en rien de respect. Et sache que s’il nous parvenait autre chose de ce dont nous t’avons ordonné à son égard, nous t’enverrons quelqu’un qui te frappera dans le dos et te livrera à tes ennemis. Va chez lui et accueille le comme il se doit afin qu’il nous écrive de sa satisfaction à ton égard, si Dieu le veut. Et paix (wa salam) ». 

Lorsque la lettre de ‘AbdAllah Ibn Marwan parvint à Anas Ibn Malik par Isma’il Ibn ‘Abdillah le serviteur des Bani Makhzoum, et qu’il lui lut son contenu, Isma’il alla chez al-Hajjaj et lui remit la lettre.

Quand il eut finit de lire la lettre, son visage changea de couleur, et il se mit à transpirer abondamment. Puis il dit :

- Qu’Allah pardonne à l’émir des croyants !

Il se rendit aussitôt chez Anas Ibn Malik (qu’Allah soit satisfait de lui) à qui il fit de larges excuses pour son abject comportement et ses propos.

Anas Ibn Malik (qu’Allah soit satisfait de lui) lui dit :

- « Je me suis uniquement plaint lorsque je crus que les nobles, qu’Allah dans Son Livre a appelé les Ansars, étaient devenus des hypocrites et que nous n’étions plus les gens de la foi. Allah jugera entre nous et Il est celui qui soumet les tyrans. Le vrai et les faux ne sont pas semblables chez Lui. Ni même le véridique et le menteur. Par Allah, si les Chrétiens dans leur mécréance avaient vu un homme qui avait servi, ne serait-ce qu’un jour, ‘Issa Ibn Maryam (paix sur lui et sa mère) ils auraient reconnu ses droits. Que connais-tu de mes droits ? J’ai servi le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) durant dix années et après lui si nous avons vu un bien, nous avons louangé et glorifié le Seigneur pour lui et si nous avons vu autre chose, nous avons patienté et Allah est le Secoureur ».

 

Après cette cuisante lettre du calife, al-Hajjaj rendit tous ses biens à Anas Ibn Malik et comme nous l’avons déjà dit, malgré tous les tords qu’ils leur causa, les Compagnons ne lui accordait aucune importance.

 

 

Les khawarije complotent de nouveau

 

 


La rébellion des khawarije

 

 

 

Les défaites successives des armées d’Iraq devant les khawarije

 

 

 

L’armée des volontaires

 

Les gens d’Iraq furent grandement peinés par tous ces évènements auxquels ils décidèrent de faire face une nouvelle fois et cinquante-mille volontaires sortirent pour combattre les khawarije.

Al-Hajjaj nomma ‘Attab Ibn Warqah at-Tamimi à la tête de cette armée et envoya avec eux le respectable Compagnon Zour’ah Ibn Hawiyah at-Tamimi (qu’Allah soit satisfait de lui) des Bani Joushan Ibn Harith Ibn Ka’b Ibn Sa’d.      

Zour’ah Ibn Hawiyah (qu’Allah soit satisfait de lui) est celui qui tua Jalinous, le célèbre général perse lors de la bataille d’al-Qadissiyah qui eut lieu au mois de Sha’ban de l’année 15 de l’Hégire (636). Zour’ah était dans l’avant-garde de l’armée musulmane commandée par le respectable Compagnon Sa’d Ibn Abi Waqqas (qu’Allah soit satisfait de lui).

Al-Hajjaj envoya Zour’ah Ibn Hawiyah (qu’Allah soit satisfait de lui), qui était un très vieil homme, avec eux afin que les gens suivent ses conseils. Malgré son âge avancé, il était toujours prêt à combattre et al-Hajjaj envoya aussi avec eux Qabissah Ibn Waliq at-Taghlibi.

Puis il écrivit au cinquième calife omeyyade ‘Abdel Malik Ibn Marwan pour lui demander des renforts de l’armée de Syrie parce que d’après lui, il n’y avait aucun bien dans les soldats de Koufa.   

AbdelMalik Ibn Marwan lui envoya quatre-mille combattants commandés par Soufyan Ibn Abraj al-Kalbi et Habib Ibn ‘AbderRahmane al-Madhaji à la tête de deux autres milles guerriers.

 

 

En l’an 77 de l’Hégire (696), au lieu-dit Souk Hakamah, l’armée de Koufa rencontra les khawarije au nombre de six-cent commandés par Shabib. Au premier choc l’armée de Koufa s’enfuit et parmi eux ‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn Ash’at al-Kindi et Muhammad Ibn ‘AbderRahmane Ibn Sa’id Ibn Qaws al-Handani.

Au cours de cette bataille furent tués :

- ‘Attab Ibn Warqah at-Tamimi, le commandant général de l’armée,

- Zour’ah Ibn Hawiyah (qu’Allah soit satisfait de lui), le respectable Compagnon d’âge avancé à qui les khawarije ne firent pas miséricorde, pour ses services et son ancienneté dans l’Islam. Les khawarije l’écrasèrent et le piétinèrent avec leurs chevaux mais ils ne purent venir à bout de lui car il se défendait toujours avec son sabre malgré ses blessures. Al-Fadl Ibn ‘Amir ash-Shaybani descendit alors de son cheval et le tua.

Les khawarije tuèrent aussi Qabissah Ibn Waliq at-Taghlibi, qui était un brave vieil homme et lorsqu’ils le tuèrent, les Banou Taghlib furent très fâchés de son assassinat du fait qu’il était un de leurs nobles. Et Shabib dit aux khawarije :

- « O Musulmans, vous avez tué Qabissah Ibn Waliq et il leur lit : « Et raconte-leur l’histoire de celui à qui Nous avions donné Nos signes et qui s’en écarta. Le Diable, donc, l’entraîna dans sa suite et il devint ainsi du nombre des égarés[5] », ceci est l’exemple du fils de votre oncle Qabissah Ibn Waliq. Il est venu voir le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) puis est devenu musulman et maintenant, il est venu vous combattre avec les mécréants.

Puis, il se tourna vers la dépouille de Qabissah et lui dit :

- « Sois tu perdu ! Pourquoi n’es-tu pas resté ferme dans ton premier Islam ! »

Ceci est le discours de la doctrine déviante des khawarije. S’ils agissaient ainsi envers les Compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux) du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et les héros de l’Islam, qu’attendez-vous donc qu’ils fassent au commun des Musulmans ?

 

Lorsque l’armée de Syrie arriva à Koufa, al-Hajjaj Ibn Youssouf ath-Thaqafi monta sur la chair de la mosquée et harangua les gens : « Ceci dit : O gens de Koufa, pas de puissance pour vous si Allah ne l’a pas voulu pour vous et pas de victoire pour vous si Allah ne l’a pas voulu pour vous. Partez et ne sortez pas combattre avec nous nos ennemis. Allez chez les Juifs et les Chrétiens ! »

 

Pourquoi ces khawarije sont-ils victorieux alors qu’ils sont dans l’erreur ? Ceci est la question ! Et pourquoi les gens de Koufa sont-ils toujours battus quand leur nombre est bien supérieur ?

Je vais vous raconter cette histoire peut-être comprendrez-vous la différence entre eux et les gens d’Iraq. Il est dit que Shabib descendit dans une région du nom de Sourah et dit à ses partisans :

- « Qui d’entre vous me ramèneras la tête de l’émir de Sourah (qui pour eux était un mécréant) ? »

Cinq de ses partisans sortirent pour s’occuper de cette affaire. Ils allèrent chez le gouverneur, le tuèrent, tranchèrent sa tête et la ramenèrent à Shabib. Ils prirent aussi tout ce qu’ils trouvèrent d’argent et de bien chez lui qu’ils chargèrent dans des sacs sur un mulet.

Lorsqu’ils revinrent Shabib, leur demanda :

- « Que vous nous avez donc rapporté ? » Ils répondirent :

- « Nous t’avons rapporté la tête du pervers et ses biens ».

- « Vous avez rapporté la sédition pour les Musulmans » leur dit Shabib tout en transperçant les sacs contenant les biens. Puis il frappa le mulet qui partit semant l’argent par les trous fait dans les sacs.

Ceci nous montre que bien dans leur égarement évident, ces gens étaient des ascètes alors que les gens d’Iraq courraient pour les biens de ce monde et ces douceurs.

Les khawarije lorsqu’ils combattaient le faisaient pour atteindre le martyr ou la victoire tandis que l’armée d’Iraq, qui se vautraient dans leurs biens et leurs conforts, et qui contrairement aux Syriens étaient désobéissants à celui qui détenait le pouvoir.

Les gens d’Iraq lorsqu’ils combattaient, ils se sauvaient au premier choc et c’est pour cela que lorsque les gens de Syrie arrivèrent, qui étaient renommés pour leur obéissance aveugle au calife, réussirent là ou toutes les armées d’Iraq avaient failli, en battant les khawarije et à les expulser.

 

 

Les khawarije rentrent de nouveau dans Koufa

 

Shabib marcha sur Koufa avec sa troupe pour écraser l’armée d’Iraq une huitième fois. Il s’arrêta à Hamam A’yam en souvenir d’A’yam, le serviteur de Bishr Ibn Marwan tandis qu’al-Hajjaj se trouvait à Koufa.

Al-Hajjaj lui envoya une troupe de mille cavaliers commandée par Harith Ibn Mou’awiyah Abi Zour’ah ath-Thaqafi. Shabib Ibn Yazid le tua au premier affrontement et l’armée d’Iraq s’enfuit et retourna à Koufa.  

Puis Shabib traversa le pont et descendit à Sabakhah ou il établit son campement menaçant directement une nouvelle fois Koufa ce qui poussa les gens de la ville à s’organiser pour se défendre et à défendre leurs biens.

Al-Hajjaj envoya aussi ses partisans défendre la ville tandis qu’il envoya un de ses serviteurs Abou al-Ward avec une troupe combattre Shabib mais Shabib le tua et la troupe fut défaite.

Al-Hajjaj lui envoya une nouvelle troupe commandée par Touhman mais le résultat fut le même et Touhman fut tué et son armée mit en déroute. Shabib rentra une nouvelle fois à Koufa pour faire permettre à sa femme Ghazalah de tenir un pacte qu’elle avait jurée d’accomplir. Elle avait juré de prier deux unités de prières dans la mosquée de Koufa et de réciter la totalité de la Sourate al-Baqarah dans la première Rak’a et la Famille d’Imran dans la seconde. Puis lorsqu’elle eut finit les khawarije quittèrent la ville et c’est tout ce qui arriva.

Shabib prouvait par cela qu’il était un redoutable chef et combattant.

 

 

L’armée de Syrie et la défaite des khawarije

 

 

La bataille de Djis Dzoujahil

 

Al-Hajjaj envoya trois-mille soldats de Syrie sous le commandement de Habib Ibn ‘AbderRahmane al-Hakami al-Madhaji à la poursuite des khawarije en lui demandant d’observer la plus stricte prudence pour ne pas tomber dans un piège préparé par Shabib et ceux qui étaient avec lui.

Habib Ibn ‘AbderRahmane descendit à Anbar ou il fit annoncer aux khawarije que ceux d’entre eux qui se rendraient se verrait accorder la sécurité. Cette proposition divisa les khawarije entre eux et un grand nombre d’entre eux abandonnèrent Shabib et ne resta avec lui que les chiens des gens de l’enfer.

Shabib essaya de piéger l’armée de Syrie, mais ces derniers s’attendaient à toutes traitrises de leur part et une nouvelle bataille eut lieu ou trente d’entre eux trouvèrent la mort.

Shabib fut incapable de provoquer la moindre fissure dans l’armée de Syrie et les khawarije durement éprouvés durent s’enfuir une nouvelle fois à Kirmân pour n’avoir jamais connu auparavant des gens combattant si farouchement. 

 

Al-Hajjaj Ibn Youssouf honora à juste titre et grandement tous les chefs et les soldats qui avaient participés à la bataille contre les khawarije pour leurs volontés et leurs courages. Puis il prépara une nouvelle armée pour rattraper Shabib et le combattre à la tête de qui il nomma Soufyan Ibn al-Abraz al-Kalbi.

Ensuite, il écrivit à son émir à Basra, Hakam Ibn Ayyoub Ibn abi ‘Aqil ath-Thaqafi, et lui demanda d’envoyer un renfort de quatre-mille hommes de Basra à Soufyan Ibn al-Abraz al-Kalbi. Hakam Ibn Ayyoub lui envoya une armée commandée par Ziyad Ibn ‘Amr al- ‘Ataki al-Azdi. 

L’armée de Syrie commandée par Soufyan rencontra l’armée de Shabib à Djis Dzoujahil qui traversa le pont avec ceux qui étaient avec lui. Soufyan et ses hommes descendirent de leur cheval pour l’affrontement et Shabib donna l’assaut successivement plus de trente fois mais l’armée de Syrie resta inébranlable. 

Puis Soufyan et ses soldats repoussèrent les khawarije vers le pont. Le combat dura jusqu’à la nuit et dès la tombée de l’obscurité les khawarije en profitèrent pour se sauver sous le couvert du manteau de la nuit. Quant à Shabib, il glissa sur le pont, tomba dans l’eau et mourut noyé.

 

Il est aussi rapporté qu’un groupe des khawarije coupa le pont et Shabib tomba dans l’eau ou il se noya. Ils firent cela parce qu’il avait tué beaucoup de gens de leurs peuple et pour les venger. Lorsqu’il tomba dans l’eau, il était vêtu d’une lourde armure de combat et il ne put pas nager pour retourner sur la rive et il se noya.

Au matin les gens de l’armée de Syrie récupérèrent le corps de Shabib Ibn Yazid, l’infâme khariji qui mourut alors qu’il était âgé de 52 ans. Sa mère qui était une captive romaine devint musulmane après sa mort.  

Ainsi prit fin l’histoire de la révolte des khawarije menée par Shabib Ibn Yazid Ash-Shaybani.

 

 

En l’an 77 de l’Hégire (696), al-Hajjaj nomma Moutarif Ibn Moughirah Ibn Shou’bah émir de Mada'in mais il se rebella contre ‘Abdel Malik Ibn Marwan et al-Hajjaj Ibn Youssouf parce qu’ils étaient deux tyrans qui tuaient par colère et levaient des impôts de force.

Moutarif Ibn Moughirah Ibn Shou’bah n’était pas un khariji qui suivait la doctrine des khawarije mais tout simplement un rebelle contre l’état, qui a quitté le groupe de la communauté.

Al-Hajjaj envoya ‘Ali Ibn Wattad à la tête de six-mille hommes pour le combattre alors que Mouqaris et ses partisans descendirent au environ de Qom, de Qashan et d’Ispahan. Il eut lieu une grande bataille et Moutarif Ibn Moughirah Ibn Shou’bah fut tué par ‘Omar Ibn Houbayrah al-Fazari. 

‘Omar Ibn Houbayrah al-Fazari allait jouer un rôle important dans le règne des Omeyyades comme nous allons le voir par la suite.

 

 

 

La division des khawarije

 

Cette même année, les Musulmans combattirent les khawarije al-azariqah, les partisans de Qatari Ibn Fouja’a al-Madini at-Tamimi qui contrôlaient Kirmân et qui étaient assiégés et harcelés par al-Mouhallab qui les empêchaient de s’étendre.

Il eut lieu entre les deux groupe une écrasante bataille mais qui ne fut pas décisive. Al-Mouhallab les combattit aussi à Jiraft, la capitale de Kirmân pendant plus d’une année.

Al-Hajjaj lui envoya par la suite par Bara Ibn Qabissah pour le sermonner de n’avoir pas combattu comme il l’aurait voulu les khawarije et pour le presser d’en finir avec eux. Mais quand il assista lui-même au combat entre al-Mouhallab et les khawarije, il retourna chez al-Hajjaj et l’informa qu’il faisait de son mieux pour venir à bout d’eux.

 

Il arriva qu’un homme des Bani Dabbah du nom d’al-Mouqarta’ tua l’un des azariqah. Ils allèrent voir al-Qatari Ibn Fouja’a et lui demandèrent de leur remettre l’assassin mais il refusa et leur répondit qu’il avait juste fait une erreur. 

Les khawarije sont bien connus pour leur avis juridiques instantanés. Al-Qatari ne pouvait pas nier que l’assassin était parmi eux donc, il devait trouver une rapide solution pour éviter au khariji d’être tué.

Et à cause de cela les khawarije se divisèrent en deux groupes. Le deuxième groupe porta allégeance à un homme du nom de ‘Abdou Rabbih al-Kabir, des Banou Tamim Ibn ‘Awf Ibn Ka’b Ibn Sa’d. Et il ne resta avec al-Qatari qu’un quart des hommes.

Puis les deux groupes de khawarije s’entretuèrent entre eux durant pratiquement un mois et al-Qatari Ibn Fouja’a dut partir avec ses partisans au Tabaristan.    

Al-Mouhallab profita de cette opportunité pour attaquer et tuer ‘Abdou Rabbih al-Kabir et quatre-mille de ses partisans. Al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah ordonna que leurs femmes soient violées pour venger les femmes musulmanes qui avaient été violées par les khawarije.

Ceci est un des résultats de la sédition des khawarije qui jetaient l’anathème sur les Musulmans rendaient leur sang, leurs biens et leurs familles licites pour eux ! Il n’y a de force et de puissance qu’en Allah !

 

Après cela, al-Hajjaj envoya une autre armée sous le commandement de Soufyan Ibn Abrad al-Kalbi, un grand général, à la poursuite d’al-Qatari Ibn Fouja’a au Tabaristan. Il envoya avec lui Ishaq Ibn Muhammad Ibn Ash’at qui devint commandant général de l’armée lorsqu’ils arrivèrent au Tabaristan ou ils pourchassèrent al-Qatari Ibn Fouja’a et ceux qui étaient avec lui.

Une bataille s’ensuivit entre les khawarije et l’armée d’al-Hajjaj. Une partie des khawarije abandonnèrent leur chef et s’enfuirent. Il est dit qu’al-Qatari tomba de sa monture et qu’il fut rattrapé et tué. Il y a plusieurs versions sur sa mort mais nous nous contenterons de celle-ci.

Ils tranchèrent sa tête et l’envoyèrent à al-Hajjaj qui l’envoya à ‘Abdel Malik Ibn Marwan.

Soufyan Ibn Abrad continua sa route et rattrapa ‘Oubaydah Ibn Hilal qui s’était fortifié dans un fort de la ville de Homs. Puis il assiégea le fort tant et si bien qu’ils n’eurent d’autres solutions que de tenter une sortie. Soufyan les massacra et envoya leurs têtes à al-Hajjaj.

 

Après ces pénibles événements, qu’il fut aussi difficile de vous rapporter et que vous avez peut-être trouvé extrêmement dérageant comme moi, il est clair que les séditions des khawarije furent un fléau tant pour les Musulmans en général que pour l’état qui dû employer de grands moyens tant en hommes qu’en logistique pour en venir à bout.

Certes, on pourrait se poser certaines questions sur le pourquoi et le comment de certains hommes mais l’histoire est passée et s’il nous est facile d’être critique qu’en aurait-il été de nos réactions et de nos engagements si nous avions vécu à cette époque ?

Que chacun garde au fond de soi ce qu’il pense, bien que parfois, il fut difficile de rester impassible au regard de certains évènements. Quant aux khawarije, il ne fait aucun doute que l’on ne peut que les détester.

Ils causèrent de grands tords tant en vie qu’en bien mais aussi en sécurité et en mal au jeune état islamique. D’ailleurs leur mal allait s’étendre même en Afrique ou ils allaient fuir par la suite. 

 

Après être venu à bout de ces séditions la paix revint chez les Musulmans et tant que l’état omeyyade resta fort, les khawarije allaient rester silencieux. Hélas l’histoire des khawarije n’allait pas s’arrêter ici.

 

Et à la fin, le cinquième calife des Musulmans ‘Abdel Malik Ibn Marwan réussit à ramener la paix et la sécurité dans tout l’empire musulman.

                 



[1] ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui) fut surnommé ainsi par le Messager d’Allah (saluts et bénédictions d’Allah sur lui) car suite à une dispute conjugale avec Fatimah (qu’Allah soit satisfait d’elle), la fille du Messager d’Allah (saluts et bénédictions d’Allah sur lui), il alla à la mosquée ou il s’endormit. Et lorsque le Messager d’Allah (saluts et bénédictions d’Allah sur lui) le trouva dans la mosquée, il lui essuya la terre qui était collée sur son visage et lui dit : Assis-toi ô Abou Tourab (père de la terre) !

[2] Bien souvent dans le texte, il y a des tournures de phrases qui sont intraduisibles en langue française. Il faudrait être un Arabe pour comprendre l’exact sens. Il y a dans la lettre du calife, de graves insultes qui pourraient être incompréhensibles par des européens si elles étaient traduites. Nous essayons à chaque fois d’être le plus proche du sens mais dans le cas présent, nous ne pouvons pas reproduire totalement les insultes et les menaces sous-entendu dans cette lettre. Par exemple, il est sous-entendu : Nous « allons te frapper si violemment que tu vas retourner dans l’orifice duquel tu es sorti. 

[3] Jurisprudence.

[4] Appel pour la prière.

[5] Sourate al-A’raf (7), verset 175.