La lutte contre les Byzantins

  

 

 

La Campagne de ‘Oubaydallah Ibn Abi Bakra au Sijistan

 

 

 

Al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah attaque Kish

 

 

 

Les campagnes de ‘AbderRahmane Ibn al-Ash’ath au Sijistan

 

 

 

La deuxième raison pour laquelle al-Hajjaj envoya Ibn al-Ash’ath

 

 

 

 

La sédition de ‘AbderRahmane Ibn al-Ash’ath

 

 

 

Al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi met en garde Ibn al-Ash’ath

 

Al-Hajjaj Ibn Youssouf écrivit à ‘Abdel Malik Ibn Marwan pour l’informer de cette nouvelle dangereuse révolte et pour lui demander de l’aider en lui envoyant des soldats de Syrie. Puis, il quitta Koufa pour Basra et al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi écrivit à ‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn Ash’at Ibn Qays al-Kindi pour le mettre en garde contre la sédition, de ne pas se faire du tort à lui-même et de ne pas faire couler le sang des Musulmans, de ne pas quitter le groupe de la communauté et de ne pas résilier son allégeance.   

C’est là, une mise en garde très mesurée de la part du grand général des Musulmans al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi.

Certes on peut dire que les raisons de la révoltes de ‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn Ash’at sont stupides mais il ne faut pas non plus sous-estimer la tyrannie d’al-Hajjaj qui est aussi une des cause de sa révolte. Et ceux sont là les deux principales raisons de la rébellion d’Ibn Ash’at : son idiotie et la tyrannie d’al-Hajjaj.

 

Al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi, qui était un stratège militaire, écrivit à al-Hajjaj pour lui montrer comment combattre les gens de l’Iraq et il lui dit :

- « Les gens d’Iraq sont montés contre toi. Leur avancée est semblable à celle d’un torrent venant d’un lieu élevé qui emporte tout sur son passage et que rien ne peut retenir. Les gens de l’Iraq sont forts lorsqu’ils s’élancent, désirant leurs femmes et leurs enfants. Rien ne les empêchera de revenir à leur famille et de renifler leurs enfants. Alors Combats les à ce moment et Allah Le Très haut te donneras la victoire sur eux ». 

Lorsque ‘Abdel Malik reçut la lettre d’al-Hajjaj, il descendit de son siège et ordonna l’envoi immédiat d’une troupe. Il fut extrêmement contrarié par ces nouvelles du fait qu’elles arriveraient du Khorasan, le pays des Turcs qui était très éloigné de lui.

Ces nouvelles méritaient toute l’attention de l’état et c’est pourquoi, il envoya aussitôt une armée de soutien à al-Hajjaj. 

Al-Hajjaj ne suivit pas les conseils d’al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah et le jour d’al-Adhah de l’année 81 de l’Hégire (700), les armées d’al-Ash’ath et d’al-Hajjaj se rencontrèrent et cette dernière connut une de ses pires défaites.

Pendant ce temps al-Hajjaj avait quitté Basra pour Toustar mais lorsqu’il reçut les nouvelles de la défaite de son armée il retourna à Basra dont l’émir était al-Hakam Ibn Ayyoub Ibn Hakam Ibn Abi ‘Aqil ath-Thaqafi, le fils de l’oncle d’al-Hajjaj.

 

Al-Hajjaj relut la lettre d’al-Mouhallab et dit :

- « Quel compagnon d’arme est-il ! Il nous a bien conseillé mais nous l’avons ignoré ! »

 

 

La bataille de Basra

 

Après la victoire al-Ash’ath marcha sur Basra ou il entra à la fin du mois de Dzoul Hijjah de l’année 81 de l’Hégire (700). Puis pratiquement tous les gens de Basra, y compris al-Qourah[11], lui portèrent allégeance à combattre al-Hajjaj et à chasser Muhammad Ibn Marwan.

Al-Hajjaj était arrivé avant al-Ash’ath à Basra. Il s’était fortifié avec son armée dans une partie de la ville où il avait creusé de larges tranchés pour se protéger.

 

 

Au mois de Mouharram de l’année 82 de l’Hégire (701), la guerre éclata à Basra entre les deux armées. Il y eut plusieurs affrontements dont la plupart furent emportés par les gens de la ville.

A la fin du mois de Mouharram, les gens se rallièrent autours des Syriens et al-Hajjaj se mit à genoux et extirpa son sabre de son fourreau de quelques centimètres à peine. Lorsque ses soldats virent ce qu’il venait de faire, ils furent prit de la rage de combattre et le grand général Soufyan Ibn al-Abrad al-Kalbi enfourcha son monture, suivit par ses soldats, et enfoncèrent une aile de l’armée d’al-Ash’ath.

Alors l’armée d’Iraq fut prise de convulsion et la défaite fut sur elle. Un très grand nombre des meilleurs d’entre eux (d’al-Qourah) furent tués parmi eux :

- ‘Ouqbah Ibn ‘Abdel Ghafir al-Jahdami al-Azdi,

- ‘AbdAllah Ibn Rizam al-Harithi,

- Al-Moundir Ibn Jaroud al- ‘Abdi des Banou ‘Abdel Qays,

- ‘AbdAllah Ibn ‘Amir Ibn Misma’ et

- Toufayl Ibn ‘Amir Ibn Wathilah al-Kinani.

Tandis qu’al-Ash’ath et ceux qui étaient avec lui s’enfuirent à Koufa après avoir été durement écrasés.

 

Soufyan Ibn al-Abrad, le grand général, est Soufyan Ibn al-Abrad Ibn Abi Oumamah Ibn Qabous Ibn Soufyan Ibn Tha’labah Ibn Harithah Ibn Janan Ibn Houbal Ibn ‘Abdillah Ibn Kinana Ibn Bakr Ibn ‘Awf Ibn ‘Oudra Ibn Zaydillat Ibn Noufaydah Ibn Thawr Ibn Kalb Ibn Wadarah, entre lui et son grand père le grand Kalb Ibn Wadarah, il y a dix-sept grand pères.   

 

Le reste des gens de Basra portèrent allégeance à ‘AbderRahmane Ibn ‘Abbas Ibn Rabi’ah Ibn Harith Ibn Moutalib et ils combattirent l’armée d’al-Hajjaj durant cinq jours avant d’être battu et ceux qui purent s’enfuir rejoignirent al-Ash’ath. Lors des batailles périt Ziyad Ibn Mouqatil Ibn Misma’, des Bani Qays Ibn Tha’labah.

 

Al-Hajjaj Ibn Youssouf resta le reste du mois de Mouharram et le début du mois de Safar tandis que l’émir de Koufa était ‘AbderRahmane Ibn ‘AbderRahmane Ibn ‘Amir al-Hadrami.

Un groupe des Bani Tamim dont Handalah Ibn Warrad ar-Riyahi, des Banou Riyah Ibn Yarbou’ Ibn Handalah, Ibn ‘Attab Ibn Warqah Ibn Himyari Ibn Harith Ibn Hammam Ibn Riyah Ibn Yarbou’, Matar Ibn Najiyah Ibn Dzarwah Ibn Hitan Ibn Qays Ibn Awf Ibn Himyari Ibn Riyah Ibn Yarbou’ étaient à Mada'in.

Lorsqu’ils entendirent ce qui se passait à Basra, ils vinrent avec les leurs à Koufa ou ils assiégèrent al-Hadrami, qui était en compagnie de soldats de Syrie, dans son palais. Mais, il réussit à s’entendre avec eux et en échange de leur laisser le palais du gouverneur, il quitta Koufa avec tous ceux qui étaient avec lui pour Basra tandis que Matar Ibn Najiyah prenait possession du palais.

 

 

Les batailles de Dayr al-Jamajim et la mort d’un nombre importants de Qourah

 

 

L’Imam ash-Sha’bi, ‘Amir Ibn Sharahil ash-Sha’bi al-Hamdani

 

Voici ce qui arriva entre al-Hajjaj et le grand Imam de Koufa ‘Amir Ibn Sharahil ash-Sha’bi lors de la rébellion d’al-Ash’ath.

On a dit qu’al-Hajjaj Ibn Youssouf se rappela un jour de l’Imam ash-Sha’bi et combien il l’honorait et le respectait mais ash-Sha’bi prit part à la révolte contre lui et le combattit avec Ibn al-Ash’ath qui avait rejoint Qoutaybah Ibn Mouslim al-Bahili dans le Ray.

Al-Hajjaj écrivit à Qoutaybah et lui demanda de lui envoyer ash-Sha’bi ce qu’il fit.

Lorsque le grand Imam arriva chez al-Hajjaj, il lui dit :

- « Que la paix soit sur toi, ô émir ! Les gens m’ont conseillé de m’excuser auprès de toi et de dire ce qu’Allah sait ne pas être la vérité. Et par Allah, je ne dirais dans cet endroit que la vérité. Par Allah nous avons monté les gens contre toi et réunit tous nos efforts pour te combattre. Nous n’étions ni forts, ni pêcheurs, ni pieux et ni innocents. Allah Exalté t’a donné la victoire sur nous. Si tu nous punis, c’est à cause de nos pêchés et de ce que nos mains ont accompli et si tu nous pardonne, c’est par ton indulgence et par les preuves que tu possèdes contre nous ».

- « Par Allah », lui répondit al-Hajjaj, « tu nous es plus cher par ce que tu viens de nous dire qu’un autre que toi qui serait rentré et qui nous aurait dit, alors que son sabre ruisselle de notre sang, nous n’avons rien vu ni même rien fait. Va, la sécurité t’es garantie ô Sha’bi ! »

Alors que l’Imam ash-Sha’bi s’en allait al-Hajjaj lui dit :

- « Comment as-tu trouvé les gens après nous ? » Al-Hajjaj comme nous l’avons déjà mentionné, honorait grandement cet Imam.

- « Puisse Allah le Très Haut faire prospérer l’émir, notre habitation était quelconque et notre peur sans fin et nous n’avons pas trouvé meilleur remplacement pour l’émir ! »

 

 

Après, al-Hajjaj Ibn Youssouf revint à Koufa. A tous les gens qui vinrent lui porter allégeance,  il leur dit :

- « Est-ce que tu atteste que tu as apostasié ? »

Si l’homme acquiesçait alors il le laissait en vie mais qu’il affirmait le contraire, il ordonnait de le tuer.

Puis un homme d’âge avancé, de la tribu des Khath’am qui n’avait pas pris part à la révolte et dont avait été informé al-Hajjaj, vint lui porter allégeance. Et malgré cela al-Hajjaj le tyran lui demanda :

- « Est-ce que tu atteste que tu es un mécréant ? »

L’homme lui répondit :

- « Quel mauvais homme je serais si j’avais adoré Allah quatre-vingt années ans et que je témoignerais être un mécréant ».

Alors al-Hajjaj ordonna que la tête de ce Musulman innocent soit tranchée. Puisse Allah le très Haut lui faire miséricorde.

Lorsqu’ils vinrent avec Koumayl Ibn Ziyad an-Nakha’i, al-Hajjaj ordonna de le tuer.

L’Imam al-Hafiz Ibn Kathir a dit concernant Koumayl Ibn Ziyad : « C’était un homme redoutable, adorateur pieux et un ascète. Il était au côté de ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui) lors de la bataille de Siffin ».

 

Parmi les autre nouvelles rapportées sur cette révolte, il est dit que les soldats ramenèrent à al-Hajjaj un des rebelles et celui-ci dit :

- « Je vois ici un homme qui ne va pas témoigner contre lui-même qu’il est un mécréant ! » L’homme lui répondit :

- « Est-ce que tu veux me tromper ? Il n’y a pas de gens plus mécréant que moi sur cette terre et je suis encore plus mécréant que Pharaon l’homme aux épieux ! »

 

Al-Hajjaj se mit à rire et le relâcha ! Il était connu que si un homme dans une fâcheuse situation lui était amené, il lui pardonnait.

 

 

La bataille de Maskin et la fuite d’Ibn al-Ash’ath chez Routbil le roi des Turcs

 

Al-Hajjaj resta à Koufa pendant un mois avant de retourner combattre al-Ash’ath. Pendant ce temps ‘Oubaydillah Ibn ‘AbderRahmane Ibn Samourah Ibn Habib Ibn ‘Abd ash-Shams quitta Basra qui était aux mains de l’envoyé d’al-Hajjaj, Ayyoub Ibn Hakam ath-Thaqafi.

 

Al-Hajjaj Ibn Youssouf marcha sur Mada'in tandis qu’al-Ash’ath descendit au lieu-dit Maskin, sur les rives du Tigre ou eut lieu une terrible bataille entre les deux parties qui dura vingt-cinq nuits au mois de Sha’ban de l’année 83 de l’Hégire (702).

Puis l’armée de Syrie, une nouvelle fois, pulvérisa leur homogénéité, divisa leurs rangs pour finalement les battre. Lors de la bataille de Maskin fut tué  Abou al-Bakhtari at-Tayyi et ‘AbderRahmane Ibn Abi Layla qui combattit jusqu’à ce qu’il fut tué disant cette célèbre parole : «  Fuir à chaque fois nous est pénible ».

Lors de cette bataille fut tué aussi Bistan Ibn Masqalah ash-Shaybani qui était entouré de quatre-mille combattants qui brisèrent leurs sabres et combattirent férocement repoussant assaut après assaut. Alors al-Hajjaj ordonna aux archers de s’avancer et de les couvrir d’une pluie de flèches si bien qu’ils réussirent à briser leur fermeté et que la plupart d’entre eux furent tués.

 

Muhammad Ibn ‘AbderRahmane al-Ash’ath s’enfuit une nouvelle fois avec les rescapés au Sijistan. Al-Hajjaj envoya à leur poursuite l’armée de Syrie sous le commandement de ‘Oumarah Ibn Tamim al-Lakhmi et son fils Muhammad Ibn al-Hajjaj. Les deux armées se rencontrèrent au lieu-dit Sous ou l’armée d’Iraq fut vaincu et s’enfuit à Sabour.

‘Oumarah Ibn Tamim al-Lakhmi les poursuivit à nouveau mais cette fois, il fut battu à son tour tandis qu’al-Ash’ath partit pour Kirmân.

L’armée de Syrie poursuivit al-Ash’ath qui s’était enfoncé dans le désert de Kirmân qu’il quitta pour Boust. L‘émir de Boust était un partisan d’al-Ash’ath mais il le saisit et l’emprisonna.

Lorsque Routbil fut informé, il marcha avec son armée sur Boust qu’il assiégea. Puis, il libéra al-Ash’ath après que l’émir de Boust, ‘Iyad Ibn Amyan as-Sadoussi des Bani Bakr Ibn Wahil, et ceux qui étaient avec lui ai demandé la sécurité et qu’elle leur lui fut accordée.             

Puis Muhammad Ibn ‘AbderRahmane al-Ash’ath alla chez Routbil, le roi des turcs, qui l’honora. 



[1] Ancienne unité de distance correspondant à environ 5,6 km.

[2] Shourayh fait mention dans ces vers de sa vie parmi les polythéistes, de son âge avancé, puis de son Islam avec le Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui), Abou Bakr et ‘Omar (qu’Allah soit satisfait d’eux). Puis des événements douloureux de Siffin et de Narhawan, de la guerre avec les khawarije et enfin de la longue durée de sa vie.

[3] Ville approximativement à quatre-vingt kilomètres du sud de Samarkand.

[4] Une principauté de l’Oxus Supérieur du Turkménistan actuel.

[5] Rabinjan ou Arbinjan, entre Boukhara et Samarkand autrefois connu comme Faryab ou Qaryat qui fut brûlée par les forces de Qoutaybah Ibn Mouslim en l’an 91 de l’Hégire (709).

[6] Entre Kish et Samarkand.

[7] Soughdia dans la vallée de Zarafshan au nord de Kishand.

[8] Qur’an Sourate 3, verset 154.

[9] Qaliqalah en Asie centrale ou Erzurum de nos jours en Turquie.

[10] Il est interdit à un Musulman de tuer un autre Musulman (excepté pour des raisons juridiques qui sont l’apostat, l’adultère marié et le meurtrier d’un autre Musulman) et si un groupe de Musulman rend licite le sang et le bien d’un autre Musulman, il devient Mouhil, c'est-à-dire licite de tuer pour se préserver de son mal.

[12] Des adorateurs assidus, ascètes qui lisent beaucoup le Qur’an et qui réfléchissent sur le sens de ses versets.

[13] Les mois du calendrier islamique sont : 1- Mouharram. 2- Safar. 3- Rabi’ Awwal. 4- Rabi’ Thani (ou Akhir). 5- Joumadah Awwal. 6- Joumadah Thani (ou Akhir). 7- Rajab. 8- Sha’ban. 9- Ramadan. 10- Shawwal. 11- Dzoul Qi’dah. 12- Dzoul Hijjah.