Mous’ab Ibn Zoubayr

 

 

 

La mort de ‘Abdillah Ibn Khazim as-Soulami

 

Après la mort de Mous’ab Ibn Zoubayr, ‘Abdel Malik Ibn Marwan envoya un messager à ‘Abdillah Ibn Khazim as-Soulami au Khorasan pour lui demander de lui porter allégeance en échange de sa reconduite au poste de gouverneur du Khorasan pour les sept prochaines années comme l’ont rapporté les historiens.

C’était la politique de ‘Abdel Malik. Que représentaient sept années en échange du sang des Musulmans, d’autant plus qu’Ibn Khazim faisait partie des nobles et des chefs de Qays et de Moudar ?    

‘Abdillah Ibn Khazim était à cette époque occupé à combattre Bahir Ibn Warqah at-Tamimi.

Le messager de ‘Abdel Malik était Sawrah Ibn Hisham an-Nouwayrih et ‘Abdillah Ibn Khazim lui dit :

- « N’était-ce la confrontation entre les Bani Soulaym et les Bani ‘Amir, je t’aurais tué ! Alors mange la  lettre », ce que fit Sawrah.

Il a aussi été dit que le messager envoyé par ‘Abdel Malik était Sinan Ibn Moukamil agh-Ghanawih et que ‘Abdillah Ibn Khazim lui dit :

- « Il t’a envoyé parce que tu es des Banou Ghani et il sait que je ne tuerais pas un homme des Qays alors mange la lettre avec laquelle tu es venu ! » Ce que fit agh-Ghanawih.

 

‘Abdel Malik écrivit à Boukayr Ibn Moushah at-Tamimi, le délégué de ‘Abdillah Ibn Khazim à Merv (mawr), pour lui proposer le Khorasan en échange de sa soumission au calife. Boukayr Ibn Shah accepta la proposition de renverser ‘Abdillah Ibn Khazim et il porta allégeance à ‘Abdel Malik Ibn Marwan de même que les gens de Merv. 

 

Lorsque ‘Abdillah Ibn Khazim eut appris la trahison de son délégué, il eut peur d’être attaqué sur deux fronts entre Boukayr et Bahir tous les deux des Bani Tamim.

Il pensa à aller à Tirmid Lahayth chez son fils Ibn Moussa Ibn ‘Abdillah Ibn Khazim et Moussa Ibn ‘Abdillah était aussi valeureux que son père et du même caractère. Mais pour aller à Tirmid, il était obligé de passer par Merv.

Lorsqu’il se mit en marche, il fut suivit par Bahir Ibn Warqah at-Tamimi et ‘Abdillah s’en rendit compte alors qu’il était à un jour de marche de Merv ou à quatre-vingt-huit kilomètres. Il s’ensuivit une lourde bataille entre les deux factions et Bahir Ibn Warqah at-Tamimi et certains de ses proches dont ‘Amar Ibn ‘Abdel ‘Aziz al-Joushani et Waqi’ Ibn ‘Oumayrah al-Qoray’i at-Tamimi réussirent à isoler et à encercler ‘Abdillah Ibn Khazim et à le transpercer de trois lances.

Lorsqu’il s’effondra, Waqi’ s’assit sur sa poitrine et Ibn Khazim chercha à se défaire de lui sans succès. Alors il lui cracha à la figure, le maudit et Waqi’ Ibn ‘Oumayrah le tua.

Après cela Waqi’ Ibn ‘Oumayrah dit :

- « Je n’ai jamais rencontré un homme mourant aussi fort à l’instant de sa mort ».

Il dit cela car dans un moment aussi difficile, les héros habitué à la dureté, ne rendait leur âme qu’en se battant farouchement même si le sabre était sur leur gorge. 

 

‘Abdillah Ibn Khazim as-Soulami mourut en l’an 72 de l’Hégire (691). Mais on a aussi rapporté, que sa mort eut lieu après l’assassinat de ‘AbdAllah Ibn Zoubayr (qu’Allah soit satisfait de lui).

‘Abdel Malik Ibn Marwan nomma Boukayr Ibn Moushah at-Tamimi gouverneur du Khorasan et il le resta jusqu’en l’an 74 de l’Hégire (693) avant qu’il ne soit désisté à cause des conflits tribaux qui eurent lieu entre les Bani Tamim. 

Boukayr Ibn Moushah avait libéré Bahir Ibn Warqah de sa prison après l’avoir emprisonné suite à l’assassinat de ‘Abdillah Ibn Khazim as-Soulami.

 

 

La rébellion et la mort de Boukayr Ibn Moushah at-Tamimi

 

 

 


La mort de Bahir Ibn Warqah

 

Dix-sept hommes des Bani ‘Awf Ibn Ka’b Ibn Sa’d jurèrent de venger Boukayr. L’un d’entre eux du nom de Shamardal alla au Khorasan et lorsqu’il vit Bahir Ibn Warqah, il l’attaqua et le poignarda. Il crut qu’il avait réussi à le tuer mais des gens l’attrapèrent et le tuèrent.

Un autre bédouin des Bani Joundoub, des Bani ‘Awf Ibn Sa’d, Sa’sa’ah Ibn Harb al- ‘Awfih appela à sa vengeance. Il vendit ses quelques moutons pour acheter un âne avec lequel il alla au Sijistan. Il réussit à entrer dans l’entourage de Bahir en se faisant passer pour un membre des Bani Bakr Ibn Wahil. Puis il attendit le moment opportun pour le tuer.

Il aurait pu facilement le tuer auparavant, mais il préféra attendre pour le faire devant le maximum de témoin possible.

Lors d’un conseil de Mouhallab Ibn Abi Soufrah ou il avait réussi à entrer et ou Bahir était présent, il l’attaqua en criant :

- Pour la mort de Boukayr ! Puis il le poignarda et Bahir mourut des suites de ce coup. Les gens saisirent Sa’sa’ah et le tuèrent à son tour. Ces évènements eurent lieu entre l’an 81 de l’Hégire (700).

 

 

Nous avons passé en revue ces guerres tribales et nous allons faire un petit saut en arrière pour revenir en l’an 71 de l’Hégire (690) et poursuivre notre chronologie sur les Omeyyades.

 

En l’an 71 de l’Hégire (690), sous le règne de ‘Abdel Malik Ibn Marwan, après avoir éteint les feux de la sédition en Syrie et en Iraq, les Musulmans conquirent Césarée (qayssariyah), qui était une ville romaine sous l’empereur byzantin Justinien II.

Ceci nous prouve clairement que si notre communauté est unie, et ne serait qu’une partie, il y aurait du bien et de la bénédiction qui découlerait de cette union comme cela a été maintes fois  prouvée au cours de l’Histoire des Musulmans, non seulement dans le passé mais aussi le présent.

‘Abdel Malik Ibn Marwan, le cinquième calife, réussit à se défaire de tous ses problèmes excepté la partie la plus délicate en la personne de respectable Compagnon ‘AbdAllah Ibn Zoubayr (qu’Allah soit satisfait de lui et de son père Zoubayr al-‘Awwam) au Hijaz.

 

 

En l’an 72 de l’Hégire (691), Muhammad Ibn Marwan attaqua les Byzantins lors de sa campagne d’été et leur infligea de lourdes pertes. D’autre part, dans la région d’Arménie, ‘Uthman Ibn al-Walid, à la tête d’une force de quatre-mille hommes attaqua et écrasa une armée byzantine de soixante-mille hommes dont il tua un grand nombre d’entre eux.

 

 

La rébellion des khawarije al-azariqah

 

 

 

La rébellion et la mort du khariji Abi Foudayk

 

En l’an 72 de l’Hégire (691), le khariji Abou Foudayk se rebella au Bahreïn.

Le Bahreïn à l’époque ne correspondait pas au Bahreïn actuel mais il s’étendait de Basra au nord jusqu’à l’Oman au sud.    

Abou Foudayk, ‘AbdAllah Ibn Thawr al-Bakri des Bani Qays Ibn Tha’labah Ibn Bakr Ibn Wahil, tua lors de sa révolte Najd Ibn ‘Amir al-Hanafi. Les khawarije se tuaient et se jetaient la mécréance entre eux.

Khalid Ibn ‘Abdillah envoya son frère Oumayyah Ibn ‘Abdillah de Basra à la tête d’une armée combattre Abi Foudayk mais le khariji le battit et Oumayyah s’enfuit et retourna à Basra.

 

Cette même année, ‘Abdel Malik Ibn Marwan envoya ‘Omar Ibn ‘Oubaydillah Ibn Ma’ma’ at-Taymi al-Qourayshi combattre Abi Foudayk qui fut rejoint par dix-mille combattants de Koufa et autant de combattant de Basra.

Il paracheva leurs préparatifs et leurs armements de la meilleure manière en dépensant de grande somme d’argent pour ces vingt-mille combattants. Il dota l’armée d’une avant et arrière garde, d’un centre et de deux ailes. Puis, il pourvut de biens leurs familles et les fit protéger afin que les combattants puissent se concentrer uniquement sur la bataille et c’est ce qui arriva.

Le centre de l’armée forma une barrière impénétrable de lances pour empêcher les cavaliers khawarije d’approcher tandis que les cavaliers de ‘Omar les encerclèrent. Il s’ensuivit une grande bataille et les cavaliers de ‘Omar entrèrent dans le camp des khawarije qu’ils incendièrent et tuèrent Abi Foudayk. Puis ils assiégèrent ceux qui s’étaient réfugiés dans le fort de Moushaqah dans l’Ahsah qui se trouvait dans l’ancien Bahreïn.

Les khawarije durent se rendre sans condition et se soumirent eu jugement de ‘Omar Ibn ‘Oubaydillah Ibn Ma’ma’ qui tua six-mille d’entre eux et fit huit-cent autres prisonniers. Puis l’armée victorieuse retourna à Basra.

 

 

Al-Hajjaj Ibn Youssouf ath-Thaqafi

 

Toujours en l’an 72 de l’Hégire (691), ‘Abdel Malik Ibn Marwan satisfait d’avoir battu Mous’ab Ibn Zoubayr et d’avoir récupéré l’Iraq, décida de quitter l’Iraq pour la Syrie. Al-Hajjaj Ibn Youssouf ath-Thaqafi rentra chez le calife, et lui dit :

- « O Emir des croyants, je me suis vu en rêve capturer ‘AbdAllah Ibn Zoubayr et l’écorcher. Envoie-moi à lui et charge moi de le combattre ». 

Lorsque ‘Abdel Malik entendit cela et vit l’enthousiasme de cet homme, il l’envoya à la tête de mille cavaliers et lui remit une lettre pour les gens de La Mecque ou il leur garantissait la sécurité s’il obéissait à son émissaire.

En effet, la sécurité devait toujours offerte aux gens avant de les combattre et il ne pouvait avoir de combat dans le cas contraire. Ensuite le choix revenait aux gens : accepter ou refuser.

Al-Hajjaj arriva à Taif au mois de Sha’ban de l’année 72 de l’Hégire (691). ‘Abdel Malik lui envoya une armée de soutien de sept-mille combattants commandée par Tarid Ibn ‘Amr al-Makki, le serviteur de ‘Uthman Ibn ‘Affan (qu’Allah soit satisfait de lui).

 

 

Le siège de La Mecque et le bombardement de la Ka’bah

 

 

Asma Bint Abou Bakr as-Siddiq, la mère de ‘AbdAllah Ibn Zoubayr

 

‘AbdAllah Ibn Zoubayr, alla voir sa mère, la respectable Compagnonne Asma Bint Abi Bakr as-Siddiq (qu’Allah soit satisfait d’elle et de son père), Asma Bint Abi Bakr (qu’Allah soit satisfait d’elle), Asma Dzat Nitaqayn (les deux ceintures) et il s’ensuivit entre eux une fantastique discussion.

Il convient de présenter ce débat qui nous dévoilera tout ce qu’a fait ce respectable compagnon ‘AbdAllah Ibn Zoubayr Ibn ‘Awwam Ibn Khouwayl Ibn Assad Ibn ‘Abdel ‘Ouzzah Ibn Qoussayl Ibn Kilab al-Qourayshi, des Banou ‘Abdel ‘Ouzzah (qu’Allah soit satisfait de lui).    

- « O mère (ya oumma), les gens m’ont abandonné, de même que ma famille et mes enfants et n’est resté avec moi qu’une poignée de gens qui n’ont à patienter que moins d’une heure. Et on m’a proposé de me donner ce que je veux de la vie ! Qu’est-ce tu en penses ? »

‘AbdAllah Ibn Zoubayr était alors âgé de 72 ans tandis que sa mère en avait 100 lui dit :

- « O mon fils, tu sais mieux que moi ce qui est en toi. Si tu penses que ce que tu fais est juste et que tu appelles au vrai, alors défends-toi car pour lui ont été tués tes amis et les garçons des Bani Oumayyah joueront avec ta tête. Mais si tu préfères la vie de ce monde, alors tu seras la pire des créatures car tu auras perdu ceux qui ont été tué en ta compagnie et toi-même.

Si tu dis que tu es dans le vrai, la mort de tes amis ne dois pas t’affaiblir et ce n’est pas l’œuvre des gens libres ni même des gens pieux. Combien de temps espères-tu vivre dans ce monde ? La mort est préférable ».

- « O mère, je crains que si les gens de Syrie me tuent, qu’ils paradent avec mon corps et qu’ils me mutilent ! »

- « O fils, le mouton mort ne se plaint pas de son dépeçage. Vas-y pour ce que tu crois et cherche protection auprès d’Allah ».

Lorsqu’Ibn Zoubayr entendit les propos de sa mère, il lui demanda la permission de se retirer puis l’embrassa sur la tête et dit :

- « Par Allah, tu m’as dit ce que je voulais entendre et c’est exactement mon avis. Je n’ai nullement cherché ni même aimé les attraits de cette vie et mes actes n’ont été conduits que par la colère d’Allah que notre impunité ai été violée. J’ai voulu connaitre ton avis et tu n’as fait que me convaincre de la justesse de mon point de vue. Regarde mère, en ce jour je serais tué. Ne sois pas affligée et place tes affaires en Allah. Ton fils n’a jamais fait de perfidie ou de mal, ni trahit la confiance d’Allah ou a été injuste dans l’application de Ses lois, il n’a jamais fait de mal à un Musulman ou à un non musulman. Je n’ai jamais agrée pour un mal commis par un de mes serviteurs mais bien au contraire, je l’ai toujours déploré. Jamais ne m’a peiné quelque chose venant d’Allah. O Grand Seigneur, je ne dis pas cela pour me faire valoir, et Toi tu sais mieux que moi, mais j’ai dit cela pour consoler ma mère ». Sa mère lui répondit :

- « Je prie Allah le Très Haut de n’avoir que les meilleures pensées à ton sujet. Sort que je vois ce qui va t’arriver ».

- « Qu’Allah te récompense des meilleures récompenses ô mère et prie pour moi avant et après ».

- « Je ne pleurerai pour toi que si tu étais tué pour une cause vaine et injuste ». Puis elle dit : « O Grand Seigneur fait lui miséricorde pour les longues heures et ses sanglots lors de ses prières dans les ténèbres de la nuit alors que les gens dormaient. O Grand Seigneur, fait lui miséricorde pour avoir enduré la faim et la soif lors de ses voyages entre Médine et la Mecque alors qu'il jeûnait. O Grand Seigneur, bénis sa droiture envers ses parents. O Grand Seigneur je Te le confie à Ton commandement et je suis satisfaite de ce que Tu m’as destiné et pourvois moi de la récompense des patients et des reconnaissants en ce qui arrivera à ‘AbdAllah ».

Cette discussion devrait être enseigné dans les écoles et figurer dans les livres d’éducations islamiques tant elle recèle de trésors. Mais y a-t-il encore quelqu’un qui désire l’Islam puisque nous avons abandonné sa défense ?

 

 

Le dernier combat de ‘AbdAllah Ibn Zoubayr

 

 

Al-Hajjaj est nommé gouverneur d’Iraq

 

En l’an 74 de l’Hégire (693), décéda Bishr Ibn Marwan et on a rapporté que sa mort eut lieu à la fin de cette année. Il a aussi été rapporté qu’il mourut en l’an 73 de l’Hégire (692) mais la première information semble meilleure.

Bishr Ibn Marwan envoya avant sa mort, al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi combattre les khawarije. ‘Abdel Malik Ibn Marwan envoya une lettre à al-Hajjaj Ibn Youssouf à Médine qui le nommait gouverneur de l’Iraq et ce dernier quitta Médine avec douze de ses compagnons sur des chameaux et rentra dans Koufa de jour au mois de Ramadan de l’année 75 de l’Hégire (694). Il a aussi été rapporté qu’il arriva à Koufa avant le mois de Ramadan.

Il alla directement à la mosquée et monta sur le minbar ou il fit un discours.

 

L’Imam at-Tabari a rapporté : « Lorsqu’al-Hajjaj, coiffé d’un turban rouge remonté sur sa figure et ne laissant apparaitre que les yeux, monta sur le minbar et resta silencieux. Les gens crurent qu’il était avec ses amis des khawarije. Muhammad Ibn ‘Oumayr Ibn Dabih at-Tamimi se leva pour lui jeter des cailloux mais al-Hajjaj se leva, retira le pan de son turban qui couvrait son visage et dit : « Par Allah je viens avec le mal, je me protège et je récompense avec lui. Je ne vois que des regards levés vers moi, des cous tendus, des têtes mûres et bonnes à couper. Il me semble déjà voir le sang couler et se répandre sur les turbans et les barbes. O gens d’Iraq, je ne suis pas un homme facile et je fais peur. Méfiez-vous et tenez-vous sur le droit chemin. Si vous marchez droit, tout ira bien mais si vous prenez des chemins détournés, vous me trouverez en observation à chaque embuscade ; et par Allah je n’épargnerai aucune erreur et n’écouterai aucune excuse. Quiconque d’entre vous sera pris en faute sera durement châtié. Tous ceux qui se trouvent ici alors qu’ils devraient être avec al-Mouhallab ont trois jours pour quitter la ville. Après cela, ils seront pourchassés et tués ou qu’ils se trouvent et leurs bien partagés ». Puis al-Hajjaj descendit du Minbar, sortit de la mosquée et rentra chez lui.

Muhammad Ibn ‘Oumayr Ibn Dabih at-Tamimi ne réalisa pas tout à fait ses menaces.

 

Trois jours après son arrivée al-Hajjaj entendit les gens pousser des Takbir dans le marché. Il alla dans la mosquée, monta sur le minbar et dit : « Ô gens d’Iraq (‘iraq), ô gens de la discorde (shiqaq), ô hypocrites (nifaq) et abjectes personnes (massawil akhlaq) ! J’ai entendu des Takbir et les Takbir ne sont pas pour ceux qui satisfont Allah après avoir été exhorté mais pour celui qui Le satisfait par crainte. Je jure par Allah, que j’ai peur de vous affliger une si cruelle punition qu’elle sera un exemple pour ceux qui vous ont précédé et une leçon pour ceux qui viendront après. Je ne suis pas faible. On m’a choisi pour ma sagacité et mon expérience. Mais vous, par Allah, je veux vous dépouiller comme le bois de son écorce, vous tailler comme les branches, vous frapper comme des chameaux qui s’écartent du troupeau et vous briser comme les pierres. O gens d’Iraq, depuis trop longtemps vous suivez le chemin de l’erreur et marchez dans les voies de la perdition ; vous êtes devenu des criminels et vous persévérez dans l’ignorance. Esclaves du bâton et fils d’esclaves, en vérité, si je promets, je tiens et si je rase, j’écorche la peau. Plus de rassemblements, ni de réunions, plus de bavardage inutile et cessez de demander : « Que se passe-t-il, qu’est-il arrivé ? » En quoi cela vous importe ? Que chacun d’entre vous s’occupe de ses affaires, et malheur à ceux qui deviendront ma proie ! O gens d’Iraq ! Demeurez unis et fidèles. Marchez droit devant vous, sans vous détourner de votre route et suivez vos chefs. Sachez que je n’aime ni me répéter, ni causer, pas plus que je n’aime en vous la fuite et les désertions. Une fois ce sabre hors du fourreau, il n’y rentrera plus, ni l’hiver, ni l’été, jusqu’à ce que le prince des croyants ait, avec l’aide d’Allah, redressé ceux d’entre vous qui marchent de travers, et humiliés ceux qui s’insurgent. J’ai vu et je sais que la sincérité est associée à la vertu, et que la vertu mène au ciel, de même que le mensonge accompagne le crime, et que le crime conduit au feu éternel ».

‘Oumayr Ibn Dabih Ibn al-Harith al-Bourjoumi at-Tamimi se leva pour lui répondre. Et si vous vous rappelez, cet infâme ‘Oumayr est celui qui piétina et cassa une côte à l’émir des croyants ‘Uthman Ibn ‘Affan (qu’Allah soit satisfait de lui) après qu’il fut tué et qu’il était allongé sur son lit de mort pour la prière funéraire. Et Allah le Très Haut le fit tomber entre les mains d’al-Hajjaj quarante années après.

‘Oumayr Ibn Dabih répondit à al-Hajjaj :

- « Qu’Allah protège l’émir! Je suis un vieil homme et j’ai plusieurs enfants. Prends celui qui me ressemble le plus pour me remplacer dans l’armée ».

Ambassah Ibn Sa’id Ibn ‘As dit à al-Hajjaj :

- « Sais-tu qui il est ? »

- « Non », répondit al-Hajjaj.

- « Il est un de celui qui tua l’émir des croyants ‘Uthman Ibn ‘Affan (qu’Allah soit satisfait de lui) » et al-Hajjaj dit à ‘Oumayr :

- « Ô ennemi d’Allah, ta mort sera l’expiation de celle de ‘Uthman » et il ordonna que son coup soit tranché.

Et un homme annonça au gens :

- « ‘Oumayr Ibn Dabih est resté après trois jours bien qu’il a entendu l’avertissement. Il a donc été tué». Après ce jour les soldats qui doivent être avec al-Mouhallab ne sont plus protégés ». Il est dit que cette nuit quatre-mille soldats effrayés quittèrent la ville.

Lorsqu’al-Mouhallab les vit arriver, il dit : « Aujourd’hui est arrivé en Iraq un homme terrifiant ».      

‘Oumayr Ibn Dabih était un des chefs des Bani Tamim de Koufa et al-Hajjaj ne reconnaissait ni les Bani Tamim ou autres qu’eux.

 

 

Un jour un envoyé vint leur délivrer et lire une lettre du calife, il dit : « Ceci dit (amma ba’d) : Que la paix soient sur vous. Je louange Allah pour vous » et al-Hajjaj de lui dire :

- « Arrête-toi ô serviteur du temps ! L’Emir des croyants vous salue et pas un seul d’entre vous ne lui rend son salut ? Ceci est la politesse d’Ibn Mouhayyah. Par Allah je vous vous apprendre une politesse autre que la sienne ! Recommence ta lecture dit-il au lecteur ! »

Lorsqu’il répéta : « amma ba’d, as-salamou ‘aleykoum » pas un seul de ceux qui étaient présent, terrifiés par la réplique d’al-Hajjaj, omit de répondre :

- « Et que la paix et la miséricorde soient sur l’émir des croyants ! »

 

 

En l’an 75 de l’Hégire (694), Muhammad Ibn Marwan s’opposa aux Romains qui sortirent de Mal’ich, une ville d’Arménie.

 

Cette même année, Yahya Ibn Hakam Ibn Marwan fut nommé gouverneur de Médine en remplacement d’al-Hajjaj et au mois de Joumadah Awwal de l’année 75 de l’Hégire (694), les Byzantins attaquèrent al-A’maq près de Mar’ash avant d’être rejoint par Muhammad Ibn Marwan qui leur infligea une lourde défaite.

 

 

‘Abdel Malik réforme la frappe de la monnaie

 

Cette même année, ‘Abdel Malik Ibn Marwan ordonna que les dinars et les dirhams soient gravés et il fut le premier à la faire. Les unités préislamiques de poids (mithqals) utilisées par ‘Abdel Malik pour ses pièces furent de vingt-deux Qirats.

 

Hilal Ibn Oussama demanda à Sa’id Ibn al-Moussayab de combien devrait être la Zakat sur les dinars, et il dit :

- « Pour chaque vingt mithqals[3] en poids syrien, un demi-mithqal ».

- « Pourquoi Syrien plutôt qu’Égyptien ? »

- « C’est par le Syrien que les dinars sont frappés, et cela était son poids avant que les dinars soient frappés : ils étaient vingt-deux qirats moins un Habbah dit Sa’id, je le sais que, parce que j’avais envoyé des dinars à Damas, et ils ont été frappés à ce poids ».

 

 

L’Imam Ibn Kathir a rapporté qu’al-Mawardi a dit dans son livre « al-Ahkam as-Soultaniyah » : « Il y a une divergence concernant le premier à avoir frappé la monnaie arabe en Islam. Sa’id Ibn al-Moussayab a dit : «‘Abdel Malik Ibn Marwan ordonna que le dirham soit gravé, quant aux dinars, ils étaient Romains ou à l’effigie de Chosroês ». »

 

Abou az-Zinab a dit : « Les inscriptions furent faites en l’an 74 de l’Hégire (693) ».

 

Al-Mada’ini, quant à lui, a dit : « En l’an 75 (694), et dans les différentes contrées en l’an 76 de l’Hégire (695). Puis il mentionna, que sur une face était gravé : « Allah Unique » (allahou ahad) et sur l’autre : « Allah l’Indispensable » (allahou as-samad) ».

 

Yahya Ibn Nou’man al-Ghifari a rapporté de son père : « Le premier à avoir frappé les dirhams fut Mous’ab Ibn az-Zoubayr, sur l’ordre de son frère AbdAllah Ibn az-Zoubayr (qu’Allah soit satisfait de lui), en l’an 70 de l’Hégire (689), avec d’un côté l’effigie du roi perse, et de l’autre gravé le mot « Allah ». Puis al-Hajjaj les modifia et mis son nom sur une des faces. Youssouf Ibn Houbayrah les épura du temps de Yazid Ibn ‘Abdel Malik. Sous le règne de Hisham, Khalid Ibn ‘AbdAllah al-Qasri les raffina encore plus. Les dirhams les plus beaux furent certainement ceux de Youssouf Ibn ‘Omar et c’est pour cette raison qu’al-Mansour acceptait uniquement les (dirhams) Houbayrah, Khalidiyah et Youssoufiyah.

 

Auparavant, les gens possédaient différentes monnaies, parmi elles, le dirham Baghliyah, qui avait une valeur de huit Dawaniq, ainsi que le dirham Tabariyah estimé à quatre Dawaniq, le dirham yéménite estimé à un Daniq. ‘Omar Ibn al-Khattab (qu’Allah soit satisfait de lui) additionna les Baghliyah et les Tabariyah, en ôta la moitié et fit du dirham légal, la moitié et le cinquième d’un Mithqal. Certains ont rapportés que cette mesure n’a pas subi de changement à l’époque antéislamique ni pendant l’Islam mais cet avis se discute, et Allah est Plus Savant.



[1] Le Khorasan représente l’actuel Pakistan,  l’Afghanistan et le Turkménistan.

[2] Merv ou Marv : L’actuelle Mary au Turkménistan.

[3] 4,4 grammes.