De la capture de Sinjar

 

 

Du retour de Salah ad-Din à Harran

 

Après avoir pris Sinjar et administré ses affaires, il alla à Nisibis où les habitants sortirent à sa rencontre pour se plaindre d’Abou al-Hayja’ as-Samin et pleurèrent sur sa tyrannie, regrettant le règne de ‘Izz ad-Din et sa justice vers eux. Quand cela fut porté à son attention Salah ad-Din, blâma le souverain tyrannique Abou al-Hayja’ qu’il démit de ses fonctions et l’emmena avec lui quand il alla à Harran ou il arriva dans la première partie du mois de Dzoul Qi’dah. Il dispersa aussi l’armée pour que ses soldats puissent prendre un peu de repos et resta avec une force limitée parmi son personnel et ses fidèles compagnons.

 

De la victoire sur les croisés dans la Mer Rouge

 

 

 

Au mois de Joumadah Awwal de cette année, ‘Izz ad-Din Farroukhshah, le neveu de Salah ad-Din décéda. Il était son lieutenant à Damas, un membre fiable de sa famille sur qui il dépendit plus que tous ses parents et émirs. Il était brave, généreux, érudit, instruit dans la littérature et d’autres affaires et l’auteur d’une excellente poésie parmi ce qui a été écrit par les princes. Sa maladie commença quand il quitta Damas pour attaquer les croisés. Son mal s’aggrava sur la route et il revint chez lui et mourut.

Les nouvelles de sa mort parvinrent à Salah ad-Din après qu’il eut traversé l’Euphrate pour les terres d’al-Jazirat et il envoya Shams ad-Din Muhammad Ibn al-Mouqaddam à Damas pour prendre le commandement des forces locales.

 

 

De la prise d’Amid et de sa remise au seigneur de Hisn Kayfa

 

De la prise de Tall Khalid et de ‘Ayntab en Syrie

 

Quand il eut finit avec Amid, Salah ad-Din partit pour la Syrie et particulièrement Tall Khalid qui faisait partie du district d’Alep qu’il assiégea et bombarda avec ses trébuchets[1]. Les défenseurs descendirent et demandèrent des conditions qu’il leur accorda avant de recevoir la capitulation toujours durant ce même mois de Mouharram.

De là, il procéda à ‘Ayntab qu’il assiégea aussi tandis que la forteresse était tenu par Nassih ad-Din Muhammad, le frère du Sheikh Isma’il, qui était le trésorier de Nour ad-Din Mahmoud Ibn Zanki et son ami. Nour ad-Din la lui avait confiée et elle était restée dans ses mains jusqu’à présent.

Quand Salah ad-Din l’investit, il demanda à ce que l’autorité de la forteresse lui soit confirmée en échange de sa soumission. Salah ad-Din accepta et lui en fit le serment. Nassih ad-Din descendit donc et se mit à son service et cela toujours au mois de Mouharram de cette année.

 

Récit de deux batailles avec les croisés, l’une en mer et l’autre en Syrie

 

Le 10 du mois de Mouharram, la flotte musulmane leva l’ancre d’Egypte et rencontra un vaisseau transportant environ 300 croisés complètement armés avec de l’argent et des armes à destination du Levant. Les Musulmans les engagèrent et les deux côtés luttèrent obstinément jusqu’à ce ces derniers soient victorieux. Ayant pris les croisés prisonniers, ils en tuèrent certains et gardèrent les autres en captivité puis ils saisirent tout qui était avec eux et est revinrent Egypte sains et saufs.

 

De même cette année, une grande compagnie de croisés quitta la région de Daroum pour attaquer et piller l’Egypte.

Les musulmans furent informés et sortirent à leur rencontre par la route de Sadr et d’Aylah. Les croisés se retirèrent devant eux et campèrent près d’un point d’eau appelé al-’Oussaylah après être arrivés avant les Musulmans qui arrivèrent assoiffés et sur le point de mourir pour voir que les croisés avait occupé la source d’eau mais Allah à Lui les Louanges et la Puissance dans Sa clémence forma un grand nuage qui déversa sa pluie sur eux et étancha leur soif. C’était en plein été et la chaleur était intense et mortelle. Lorsqu’ils virent cela leur moral se renforca et ils furent convaincu qu’Allah Exalté leur accorderaient la victoire. Ils engagèrent alors les croisés et Allah leur accorda effectivement la victoire. Ils les tuèrent et seuls quelques fugitifs isolés s’enfuirent. Les Musulmans saisirent leurs armes et leurs chevaux et retournèrent triomphants par la grâce d’Allah Exalté.

 

 

 

De la prise d’Alep par Salah ad-Din

 

 

De la conquête de Harim par Salah ad-Din

 

Après la prise d’Alep, il y avait dans la citadelle de Harim, une des dépendances d’Alep, un certain Mamelouk de Nour ad-Din nommé Sarkhak qu’al-Malik as-Salih avait nommé gouverneur là. Il refusa de la remettre à Salah ad-Din qui lui avait écrit pour la lui remettre et lui avait dit : « Demande n’importe quel fief que tu souhaites. » Il lui fit les promesses équitables mais Sarkhak fit des demandes excessives. Des envoyés furent échangés mais Sarkhak contacta les croisés pour demander leur protection.

Les troupes qui étaient avec lui furent informées qu’il était en communication avec les croisés et craignirent qu’il leur abandonne la citadelle. Ils tombèrent donc sur lui, l’arrêtèrent et l’emprisonnèrent puis écrivirent à Salah ad-Din demandant sécurité et récompense ce qu’il accepta. Après qu’ils lui aient remit la forteresse, il y plaça un de ses proches émirs comme châtelain.

 

Quant aux forteresses restantes d’Alep, Salah ad-Din laissa ‘Ayntab dans les mains de son seigneur, comme nous l’avons mentionné auparavant et il assigna Tall Khalid à un émir appelé Dildirim al-Yarouqi, qui était le seigneur de Tall Bashir. La citadelle d’A’zaz avait été déjà démolie par ‘Imad ad-Din Ghazi. Salah ad-Din l’a donna comme un fief à un émir appelé ‘Alam ad-Din Souleyman Ibn Jandar qui l’a reconstruit.

Salah ad-Din resta dans Alep jusqu’à ce qu’il ait établit son organisation, ses affaires et son administration, assigna ses différents districts et envoya des messages et rassembla ses forces de toutes ses terres.

 

Du raid sur Bayssan

 

 

Du raid sur Karak et de la nomination d’al-‘Adil comme souverain d’Alep

 

Lorsque Salah ad-Din et les Musulmans revinrent du raid sur Bayssan, il fit des préparatifs pour attaquer Karak et se mit en route avec ses troupes. Il écrivit à son frère al-‘Adil Abou Bakr Ibn Ayyoub, qui était son député en Egypte, en lui ordonnant de marcher avec toutes ses forces à Karak. Al-’Adil avait écrit à Salah ad-Din pour lui demander la ville et la citadelle d’Alep. Cela avait été accepté et il lui avait ordonné de se mettre en route avec sa famille et ses trésors.

Salah ad-Din arriva à Karak pendant le mois de Rajab où il fut rejoint par son frère al-’Adil avec l’armée égyptienne. Son armée combinée était nombreuse et il imposa un blocus serré. Les Musulmans entrèrent dans la banlieue et en prirent le contrôle, en appuyant sur le siège de la forteresse depuis la banlieue et en ayant la main supérieure dans la bataille. Sept trébuchets furent déployés qui pilonnèrent la forteresse nuit et jour avec des pierres.

Salah ad-Din croyait que les croisés ne lui permettrait pas d’assiéger Karak, qu’ils exerceraient tous leurs efforts le pousser à se retirer et c’est la raison pour laquelle, il n’emmena pas un nombre suffisant de machines de siège pour une si grande et imprenable forteresse. Il se retira donc au dans le milieu du mois de Sha’ban.

 

Il envoya son neveu Taqi ad-Din en Egypte pour y être son député et pour prendre la position que son frère al-’Adil avait tenue. Salah ad-Din prit avec lui son frère al-‘Adil à Damas et lui donna la ville ainsi que la citadelle d’Alep avec ses districts et la ville de Manbij avec ses dépendances ou il l’envoya durant le mois de Ramadan et appela son fils az-Zahir à Damas.

 

 

Du raid de Salah ad-Din sur Karak

 

 

 

Du siège de Mossoul par Salah ad-Din et de son départ à cause de la mort de Shah Arman

 

 

De la mort de Nour ad-Din, le seigneur de Hisn Kayfa

 

 

De la prise de Mayafariqin par Salah ad-Din

 

Du retour de Salah ad-Din à Mossoul et de la paix entre lui et l’Atabeg ‘Izz ad-Din

 



[1] Vous vous demandez certainement pourquoi tous les différents sultans cherchèrent à s’accaparer du territoire des autres. Premièrement c’est un trait commun à tous les sultans donc si l’un ne le fait pas, l’autre le fera et la logique veut qu’il vaille mieux attaquer que défendre. De la même manière pour protéger ses terres, l’Islam dut sans cesse repousser ses frontières et c’est une nécessité incontournable. D’autre part, Allah Exalté à Lui les Louanges et la Gloire puis le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions sur lui) ont insisté sur l’obligation de l’unité et l’interdiction de la division. C’est pourquoi, l’unification des terres islamiques était le principal objectif des sultans avant de pouvoir faire face à l’ennemi car comment peut-on combattre l’ennemi en ayant son dos exposé ! Cela a été prouvé dans de nombreux exemples et il convient de remarquer que Salah ad-Din a largement bénéficié des actions de ses prédécesseurs ‘Imad ad-Din Zanki et son fils Nour ad-Din, Puisse Allah Exalté leur faire miséricorde, qui furent les premiers à unifier les Musulmans pour faire face aux croisés.

[2] Le trébuchet ou mangonneau est un engin de siège utilisé soit pour détruire les murs ou pour lancer des projectiles par-dessus les fortifications.

[3] La catapulte est une machine de guerre beaucoup plus petite utilisée pour lancer des projectiles à grande distance.