Du transfert d’al-‘Adil d’Alep et d’al-‘Aziz d’Egypte, de la substitution d’al-Afdal d’Egypte pour Damas et de son assignement pour ce fief

 

Récit d’une dispute parmi les croisés en Syrie et l’alliance du seigneur de Tripoli avec Salah ad-Din

 

Raymond le seigneur de Tripoli, fils de Raymond de St Gilles, s’était marié avec la comtesse de Tibériade ou il se rendit pour vivre avec elle quand le roi des croisés en Syrie, qui était un lépreux, mourut et légua le royaume à un de ses neveux qui étaient était encore un enfant. Le comte devint son tuteur et gardien et se chargea de la souveraineté et de l’administration du royaume, parce qu’à cette époque, les croisés n’avaient personne de plus influent, de plus brave et de plus excellent conseiller que lui et à cause de cet enfant, il devint ambitieux pour être roi. Il arriva alors que l’enfant mourut et la souveraineté passa à sa mère et ce que le comte avait espéré dans son cœur tomba à l’eau.

Cette dame royale tomba amoureuse d’un des croisés qui était venus de l’ouest en Syrie et qui s’appelait Guy. Elle se maria avec lui et ainsi la royauté fut transférée à lui et la couronne placée sur sa tête. Elle convoqua le patriarche, les prêtres et les moines, les Hospitaliers, les Templiers et les barons et les informa qu’elle lui avait donné le pouvoir royal et les prenaient pour ses témoins. Ils lui obéirent donc et se soumirent à lui ce que le comte trouva scandaleux et le déçut. Il fut alors appelé pour rendre des comptes sur l’argent qu’il avait collecté pendant sa régence pour cet enfant et il soutint alors qu’il avait tout dépensé pour lui (l’enfant) et cela le rendit encore plus aliéné si bien qu’il affirma clairement son opposition. Il se mit en contact avec Salah ad-Din, s’allia avec lui pour son soutien et lui demanda de l’aider dans la réalisation de ses projets envers les croisés.

Salah ad-Din et les Musulmans se réjouirent et lui promis de l’assister et de l’aider pour obtenir tout ce qu’il voulait. Il lui garantit qu’il le rendrait une souverain indépendant pour tous les croisés et libéra plusieurs chevaliers comtes qu’il retenait prisonniers. Cela fit une très grande impression sur le comte qui se soumit ouvertement à Salah ad-Din et plusieurs croisés le suivirent en cela. Ainsi leur unité fut brisée et leur cohésion ébranlée. Ce fut l’un des plus importants facteurs qui provoqua la conquête de leurs territoires et la libération de Jérusalem, comme nous le rapporterons si Allah Exalté le veut.

Salah ad-Din envoya des escadrons dans la région de Tibériade qui razzièrent les terres des croisés et revinrent saufs et chargés de butin. Cela sapa les croisés et les laissa faibles si bien que les Musulmans devinrent audacieux et empressés de les affronter.

 

De la traîtrise de Renaud

 

 

Du siège de Karak par Salah ad-Din

 

 

 

 

Du raid sur la région d’Acre

 

Salah ad-Din envoya un message à son fils al-Afdal lui ordonnant de lui d’envoyer un large détachement de son armée dans la région d’Acre pour piller et détruire. Il dépêcha donc Mouzaffar ad-Din Koukbouri Ibn Zayn ad-Din le seigneur de Harran et d’Edesse secondé par Qaymaz an-Najmi et Dildirim al-Yarouqi, tous les deux des émirs aînés ainsi que d’autres. Ils partirent la nuit et atteignirent Saffouriyah dans la matinée vers la fin du mois de Safar. Les croisés sortirent pour les affronter avec un corps de Templiers, d’Hospitaliers et d’autres et il s’ensuivit une bataille à faire tourner les cheveux noirs en gris.

Allah Tout Puissant descendit Son aide sur les Musulmans et les croisés furent mis en déroute, plusieurs d’entre eux furent tués et le reste prisonniers. Parmi les tués se trouvaient le maître du Hospitaliers qui était un des chevaliers célèbres des croisés et la cause de grands et nombreux tourments envers les Musulmans.

Ces derniers ravagèrent les terres voisines en pillant et prenant les captifs puis revinrent ensuite en toute tranquillité par Tibériade où se trouvait le comte qui n’objecta pas. Ce fut un grand triomphe car les Templiers et les Hospitaliers étaient les boutefeux des croisés, qu’Allah Exalté les maudisse tous. Des communiqués victorieux furent envoyés dans les pour annoncer ces nouvelles.

 

Du retour Salah ad-Din vers son armée et son incursion contre les croisés

 

 

De la conquête de Tibériade par Salah ad-Din

 

 

 

 

De la défaite mémorable des croisés à Hattin

 

Dans la matinée du samedi, cinq jours avant la fin de Rabi’ Thani, Salah ad-Din et les Musulmans enfourchèrent leurs montures et avancèrent contre les croisés qui montèrent aussi leurs chevaux et s’approchèrent les uns des autres. Cependant, les croisés intensément assoiffés avaient le moral bas. La bataille fut engagée, et devint féroce mais les deux côtés tinrent leurs positions.

L’avant-garde musulmane tira alors ses flèches semblable à un essaim de sauterelles et tuèrent beaucoup de croisés. Cet engagement survint après que les croisés se regroupèrent avec leur infanterie et que tout en luttant, ils se dirigeaient vers Tibériade dans l’espoir qu’ils pourraient atteindre l’eau.

Quand Salah ad-Din réalisa leur intention, il les en empêcha et se tint avec son armée face à avec eux et passa dans chaque rang musulman pour les encourager, en leur ordonnant ce qui serait le meilleur pour eux et interdisant ce qui leur serait préjudiciable. Les hommes obéirent à ses instructions et observèrent ses prohibitions.

Un de ses jeunes Mamelouk fit une charge extraordinaire contre la ligne croisé et lutta d’une manière qui sidéra nos hommes mais les croisés le submergèrent et le tuèrent. Quand il fut tué, les Musulmans firent une charge formidable. Ils affaiblirent les mécréants et tuèrent un grand nombre d’entre eux. En voyant le sérieux de la situation, le comte se rendit compte qu’ils n’étaient pas assez forts pour s’opposer aux Musulmans. Lui et ses partisans consentirent de charger les plus proches eux. Le commandant des musulmans dans ce secteur était Taqi ad-Din ‘Omar, le neveu de Salah ad-Din. Quand il vit les croisés charger d’une manière si désespérée, il sut qu’il ne pourrait pas tenir ferme pour leur faire face et ordonna donc à ses hommes de leur ouvrir un passage par lesquels ils pourraient quitter le champ de bataille ce qu’ils firent et le comte et ses hommes chevauchèrent au loin tandis que les rangs se refermèrent sur leur passage.

Certains des combattants volontaires musulmans mirent mis le feu là ou l’herbe sèche était riche et il se propagea tandis que le vent était contre les croisés et leur apporta la chaleur et la fumée du feu. La soif, la température élevée, la chaleur du feu, la fumée et la chaleur de la bataille se combinèrent contre eux. Quand le comte s’enfuit, leur moral s’effondra et ils furent alors que le point de capituler mais ils pensèrent qu’ils seraient seulement sauvés de la mort en y faisant face hardiment. Ils réalisèrent donc des charges successives qui reconduisirent presque les Musulmans de leurs positions en dépit de leurs nombres, n’était-ce la grâce d’Allah sur eux. Cependant, les croisés affaiblis stoppèrent leurs charges et se retirèrent. Les Musulmans les encerclèrent comme un cercle entoure son point central. Les croisés survivants grimpèrent sur une colline dans le district de Hattin dans l’intention d’ériger leurs tentes et de se protéger. Ils furent violemment attaqués de tous les côtés et empêché de faire ce qu’ils avaient planifiés excepté de monter la tente de leur roi. Les Musulmans capturèrent leur grande croix qu’ils appellent la « vraie croix, » prétendant qu’elle contient une partie de la structure de bois sur laquelle le Messie (paix sur lui) fut crucifié comme ils l’affirment. Sa saisie fut l’un de leur plus grand malheur après lequel ils furent convaincus qu’ils étaient condamnés à la mort et à la destruction. Pendant ce temps, la mort et la capture s’abattirent sur leurs cavaliers et leur infanterie. Le roi resta sur la colline avec environ 150 de ses cavaliers renommés et ses fameux guerriers.

 

Al-Afdal, le fils de Salah ad-Din m’a dit la chose suivante :

« J’étais au côté de mon père pendant cette bataille, la première dont je fus témoin. Alors que le roi des croisés était sur la colline avec ce groupe, ils firent une charge formidable contre les Musulmans qui leur faisaient face et les repoussèrent jusqu’à mon père. J’ai regardé vers lui et il était si chagriné que son teint était pâle. Il saisit sa barbe et avança en criant « faite mentir le diable. » Les Musulmans se rallièrent, revinrent à la lutte et grimpèrent la colline. Quand j’ai vu que les croisés s’étaient retirés poursuivis par les Musulmans, j’ai crié de la joie, « Nous les avons battus ! » Mais les croisés se rallièrent et chargèrent de nouveau comme la première fois et repoussèrent les Musulmans jusqu’à mon père. Il agit comme précédemment et les Musulmans retournèrent sur les croisés et les repoussés sure la colline. J’ai crié de nouveau « Nous les avons battus ! » mais mon père se tourna vers moi et me dit : « Soit tranquille ! Nous ne les avons pas battus tant que cette tente ne tombera pas. » Et pendant qu’il me parlait, la tente tomba. Le sultan démonta alors, se prosterna, rendit grâce à Allah Tout Puissant et pleura de joie.

La raison de sa chute est due au fait que les croisés lorsqu’ils firent ces charges, ils devinrent plus assoiffé car ils avaient espéré par l’une de ces charges s’échapper de la situation dans laquelle ils étaient mais quand ils ne trouvèrent aucune voie de fuite, ils démontèrent et s’assirent par terre. Les Musulmans grimpèrent jusqu’à eux et jetèrent à bas la tente du roi puis ils prirent tous les hommes prisonniers dont le roi, son frère, Renaud le seigneur de Karak, le plus hostile des croisés envers les Musulmans. Ils capturèrent aussi le seigneur de Joubayi, le fils d’Onfroy, le maître des Templiers qui était un des croisés les plus importants, un certain nombre de Templiers et un certain nombre d’Hospitaliers. Beaucoup de croisés furent tués ou prit prisonniers. En voyant le nombre de tués, nul n’aurait cru que quelqu’un ait été pris vivant et en voyant les captifs, nul n’aurait cru que quelqu’un ai été tué et depuis l’apparition des croisés sur la côte en l’an 491 de l’Hégire (1098), ils n’avaient pas subi un tel revers.

 

Quand les musulmans eurent finit avec eux, Salah ad-Din s’assit dans sa tente et fit venir le roi croisé et le seigneur de Karak. Il donna un siège à côté de lui au roi qui était presque mort de soif et lui offrit de l’eau glacée qu’il but et donna le reste au seigneur de Karak. Salah ad-Din dit : « Cet homme maudit a bu sans ma permission pour gagner un sauf-conduit. » Alors il s’adressa à lui et le réprimanda pour ses viles actions et ses trahisons répétées. Il se leva alors, lui fit face et trancha sa tête puis il dit : « Par deux fois j’ai fait le serment de le tuer s’il tombait en mon pouvoir ; une fois quand il voulut marcher sur La Mecque et Médine et de nouveau quand il saisit traîtreusement la caravane. » Lorsqu’il fut tué et trainé au loin, le roi trembla de peur mais Salah ad-Din calma ses terreurs et lui donna une garantie de sécurité.

 

Quant au seigneur de Tripoli, quand il s’enfuit de la bataille, comme nous l’avons rapporté, il se rendit à Tyr avant de repartir pour Tripoli ou il mourut seulement quelques jours après à cause du chagrin et de l’amère défaite qui était arrivé aux croisés en particulier et au Christianisme en général.

 

 

 

Du retour Salah ad-Din à Tibériade et de sa prise de la citadelle avec la ville

 

Lorsque les croisés furent défaits, Salah ad-Din resta où il était pour le reste du jour et le dimanche matin, il revint à Tibériade et campa près de la ville. La châtelaine demanda des conditions pour elle, ses enfants, ses partisans et ses possessions. Il lui accorda cela et elle partit avec tout. Il tint ses promesses et elle partit en sécurité. Alors il donna des ordres pour que le roi et toute la compagnie de prisonniers soient envoyés à Damas. Il ordonna aussi que les Templiers et les Hospitaliers qui avaient été pris soient rassemblés pour être exécuté. Il apprit que ceux qui détenaient un de ces prisonniers ne voulait pas le laisser partir en raison de la rançon qu’ils espéraient. Donc pour chaque prisonnier dans ces deux catégories, Salah ad-Din offrit cinquante dinars égyptiens et immédiatement 200 prisonniers lui furent apportés et il ordonna de leur trancher la tête. Il ordonna de les exécuter parce qu’ils étaient les plus féroces combattants de tous les croisés et voulut ainsi débarrasser les Musulmans de leurs cruautés. Puis, il écrivit à son lieutenant à Damas, en lui donnant l’ordre de tuer tous ceux d’entre eux qui étaient entrés dans la ville, qu’ils aient été les siens (les prisonniers qu’il avait envoyé) ou d’autres et cela fut exécuté.

 

Environ deux ans plus tard, je suis passé par le site de la bataille et vit la terre couverte de leurs os visibles de loin, certains entassé et d’autres dispersés çà et là sans parler de ceux qui avaient été emportés par le torrent ou par les bêtes sauvages dans les bosquets ou ceux qui s’étaient glissés dans les anfractuosités.

 

De la conquête de la ville d’Acre

 

De la conquête de Majdal Yabah

 

Quand Salah ad-Din eut vaincu les croisés, il envoya un messager à son frère al-’Adil en Egypte pour lui annoncer ces bonnes nouvelles mais aussi pour lui ordonner d’avancer sur le territoire croisé depuis l’Egypte avec les troupes qui étaient restées avec lui et assiéger les parties les plus proches. Il s’empressa d’obéir, marcha de l’Egypte et descendit à Majdal Yabah qu’il encercla et pilla puis sa lettre annonçant ces bonnes nouvelles parvint à Salah ad-Din.

 

La chute de plusieurs forteresses

 

Pendant la période de son séjour à Acre, Salah ad-Din envoya de différents détachements de ses troupes à Nazareth, Césarée, Hayfa, Saffouriyah, Ma’layah, Shaqif, Foulah et d’autres villes dans le voisinage d’Acre. Ces villes furent prises et pillées, les hommes fait prisonniers et leurs femmes et enfants prit en esclavages. Le nombre d’entre eux qu’ils apportèrent boucha les horizons.

Salah ad-Din dépêcha Taqi ad-Din pour camper devant Tibnin pour empêcher les provisions d’y parvenir ainsi qu’à Tyr. Il envoya aussi Houssam ad-Din ‘Omar Ibn Lajin avec une force vers Naplouse. Il se rendit à Sébastée où se trouvait le tombeau de Zakariyyah (paix sur lui) qu’il prit des mains des chrétiens locaux et rendit la ville aux Musulmans. Quand ils atteignirent Nablous (Naplouse), il entra dans la ville et assiégea la citadelle dont il convainquit les défenseurs de capituler sous des conditions. Il reprit la citadelle mais les habitants de la ville restèrent dans la place et furent assurés sur leurs propriétés et affaires.

 

La conquête de Jaffa

 

Lorsqu’al-‘Adil quitta l’Egypte et qu’il prit Majdal Yabah, comme nous l’avons rapporté, il procéda vers la ville côtière de Jaffa, l’assiégea et l’ayant prise par la force des armes, la ravagea, captura les hommes et asservit les femmes. Les habitants subirent ce que nuls habitants des autres villes de ces régions ne subirent.

 

Quand j’étais dans Alep, j’avais une fille esclave de ces gens de Jaffa qui avaient un enfant d’environ un an qui tomba de ses bras et s’érafla le visage. Elle pleura beaucoup pour lui. Je l’ai calmée et lui ai dit qu’il n’y avait rien de vraiment grave pour le garçon qui nécessitait une telle quantité de pleur. Elle répondit : « Ce n’est pas pour lui que je pleure mais pour ce qui nous est arrivé. J’avais six frères qui ont tous péri et un mari et deux sœurs dont j’ignore tout ce qui leur est arrivé. » Si cela fut le cas pour une simple femme que dire alors de ce qui est arrivé au reste

 

Dans Alep, je vis aussi une femme croisé qui était venue à une porte avec son maître. Il frappa à la porte et le propriétaire de la maison sortit et parla avec eux  puis, il fit sortir une autre femme croisé. Quand la première aperçu l’autre, elles ont toutes les deux poussé des cris et se sont embrassés en criant et en pleurant avant de s’assoir sur le sol et se mirent à parler entre elles. Il s’avéra que c’était deux sœurs - ils avaient un certain nombre de membres de famille sans rien connaitre à propos d’aucun d’entre eux.

 

La conquête de Tibnin, Sidon, Joubayl et Beyrouth

 

Quant à Tibnin, nous avons rapporté que Salah ad-Din y dépêcha son neveu Taqi ad-Din qui l’assiégea aussitôt qu’il arriva dans la place. Il vit que son siège réussirait seulement avec l’arrivée de son oncle, Salah ad-Din. Il lui envoya donc un messager pour l’informer de la situation et lui conseilla de venir.

Le 8 du mois de Joumadah Awwal, Salah ad-Din se mit en route et arriva le 11. Il mit la ville sous un siège étroit et donna des assauts répétés bien que le fort soit sur une colline. Quand la situation des défenseurs devint sérieuse et que le siège s’intensifia, ils libérèrent les captifs musulmans qu’ils retenaient et qui étaient plus d’une centaine. Quand ils arrivèrent dans le camp, Salah ad-Din les rassembla, leur fournit des vêtements et de l’argent et leur envoya à leurs familles. Les croisés restèrent ainsi durant cinq jours puis demandèrent des conditions. Salah ad-Din leur garantit leurs vies et ils lui abandonnèrent donc le château. Il tint sa parole et les envoya dans un endroit sûr.

 

Puis Sidon fut la nouvelle destination de Salah ad-Din après qu’il s’occupa de Tibnin. Sur sa route, il passa par Sarafand qu’il prit facilement sans lutte avant de continuer à Sidon, une ville célèbre sur la côte. Quand son souverain fut informé de son approche, il quitta la ville et la laissa vide de tout défenseur. Quand Salah ad-Din arriva, il la prit à son arrivée le 21 Joumadah Awwal de cette année.

 

La prise de Beyrouth

Beyrouth était l’une des plus puissantes, des plus plaisantes et salubre villes sur la côte.

Après sa prise de Sidon, Salah ad-Din disposa immédiatement vers Beyrouth et y arrivé le jour suivant. Il vit que les habitants avaient complété la muraille et donné un spectacle de force, de fermeté et de préparation. Ils luttèrent violemment sur les murs durant plusieurs jours, induits en erreur par la force de la ville et en imaginant qu’ils étaient capables de la tenir. Les Musulmans donnèrent maints assauts et pendant que les croisés résistaient sur le mur, ils entendirent subitement un grand tumulte et une puissante agitation. Des hommes vinrent les informer que les Musulmans avaient forcé une entrée d’une autre direction. Ils enquêtèrent sur le rapport et n’y trouvèrent aucune vérité. Ils voulurent alors résister mais ils furent incapables de le faire à cause de la grande multitude qui s’était rassemblée et quand ils craignirent pour leurs propres vies à cause de la désunion qui avait éclaté, ils demandèrent des conditions. Salah ad-Din leur garantit leurs vies et leur propriété et reprit la ville le 29 Joumadah Awwal après un siège de huit jours.

 

Quant à Joubayl, son seigneur était un des captifs qui avaient été envoyés à Damas avec leur roi. Il parla avec le député de Salah ad-Din à Damas et lui proposa d’abandonner Joubayl à condition qu’il soit libéré. Lorsque Salah ad-Din fut informé de cela, il le fit amener enchainé et sous une stricte surveillance. L’armée était alors à Beyrouth. Quand sa forteresse fut rendue et les prisonniers musulmans qui s’y trouvaient libérés, Salah ad-Din le libéra puisqu’il s’était engagé à le faire. Ce seigneur de Joubayl était un des chefs croisés, un homme de politique, rusé et vil, proverbialement connut ainsi parmi eux. Il était un ennemi diabolique des Musulmans et sa libération fut une cause de faiblesse pour les Musulmans, comme cela deviendra clair.

 

De la venue du Marquis à Tyr