Du siège d’Alep par Salah ad-Din, son retrait et sa prise de la citadelle de Homs et de Baalbek

 

 

Du siège de Sayf ad-Din contre son frère ‘Imad ad-Din à Sinjar

 

 

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De la défaite de l’armée de Sayf ad-Din devant Salah ad-Din et de son siège de la ville d’Alep

 

De la capture du fort de Ba’rin

 

Durant les dix premiers jours de Shawwal de cette année, Salah ad-Din prit le fort de Ba’rin en Syrie dont le souverain était Fakhr ad-Din Mas’oud Ibn az-Za’farani, un des plus grands émirs de Nour ad-Din. Quand il vit la force de Salah ad-Din, il quitta le château et rencontra Salah ad-Din convaincu qu’il le recevrait avec l’honneur, partagerait le pouvoir avec lui et ne prendrait aucune décision sans le consulter, comme cela avait été le cas avec Nour ad-Din mais il ne vit rien de tout cela et le quitta. Seul lui restait Ba’rin de tout le fief qu’il avait tenu durant le règne de Nour ad-Din qui avait fait de lui son député. Quand Salah ad-Din fit la paix avec al-Malik as-Salih dans Alep, il revint à Hama et alla ensuite à Ba’rin, qui était un de ses villages. Il assiégea le château et déploya des trébuchets pour l’attaquer. Il persista avec l’assaut jusqu’à ce que son gouverneur capitule sous des conditions[1].

Ayant pris le contrôle de la ville, Salah ad-Din revint à Hama qu’il assigna comme fief à son oncle maternel, Shihab ad-Din Mahmoud Ibn Takash al-Harimi. Il donna aussi Homs pour fief à Nassir ad-Din Muhammad, le fils de son oncle Shirkouh avant de partir pour Damas ou il entra durant les derniers jours de Shawwal.

 

De la défaite de Sayf ad-Din face à Salah ad-Din

 

 

Des terres d’as-Salih Ibn Nour ad-Din que Salah ad-Din conquit après cette défaite

 

 

Du siège d’Alep par Salah ad-Din et de la paix conclue

 

Lorsque Salah ad-Din prit le fort d’A’zaz, il disposa pour Alep où se trouvaient al-Malik as-Salih et ses troupes ou il arriva le 15 du mois de Dzoul Hijjah et qu’il assiégea. Les habitants jouèrent un rôle honorable dans la défense de la ville dans le fait qu’ils prévinrent Salah ad-Din d’approcher de la ville et à chaque fois qu’il avança pour lancer un assaut, il fut intercepté avec ses troupes par une foule ou beaucoup furent tués ou blessés. Les gens avaient l’habitude de faire des sorties et le retenir à l’extérieur de la ville si bien qu’il renonça aux assauts et préféra attendre l’opportunité.

 

L’année 571 de l’Hégire (1176) arriva à sa fin et l’année 572 (1176) entra et le trouva encore en train d’assiéger la ville. La 20 du mois de Mouharram des envoyés furent envoyés entre eux pour conclure la paix. Les deux côtés étaient disposés parce que les habitants craignaient un long siège et l’affaiblissement tandis que Salah ad-Din vit aussi qu’il était incapable de s’approcher de la ville et de retenir les défenseurs. Les conditions de paix furent ratifiées pour tous, pour al-Malik as-Salih, Sayf ad-Din le seigneur de Mossoul et les seigneurs de Hisn Kayfa et de Mardin. Une des conditions qui fut spécifiée est qu’ils devraient mutuellement coopérer contre quiconque romprait traîtreusement l’un de ces conditions.

Quand l’affaire fut décidée et la paix conclue, Salah ad-Din se retira d’Alep après avoir restitué le château d’A’zaz à al-Malik as-Salih. Ce dernier envoya à Salah ad-Din une de ses jeunes sœurs qui était encore une enfant. Salah ad-Din l’accueillit avec honneur et lui présenta beaucoup de cadeaux. Il lui demanda : « Que voudrais-tu ? » et elle lui répondit : « Le château d’A’zaz, » car ils l’avaient préparée à dire cela. Salah ad-Din le lui abandonna et partit pour les terres des hashashiyine, qu’Allah les maudisse.

 

Baliste

 

 

Des troubles à La Mecque, du renvoi de son émir et de la nomination d’un autre

 

 

 

Comment Salah ad-Din ravagea les terres des hashashiyine

 

De la rébellion du seigneur de Shahrazour contre Sayf ad-Din et son retour à l’obéissance

 

Cette année, Salah ad-Din ordonna la construction de la Madrassah qui est près du tombeau d’ash-Shafi’i (puisse Allah lui faire miséricorde) dans le Vieux Caire et fit aussi bâtir un hôpital au Caire sur lequel il établit de nombreuses et importantes dotations.

 

De même cette année, je vis à Mossoul deux agneaux avec un estomac, deux têtes, deux cous, deux dos et huit jambes. Ils étaient comme deux agneaux mais avec un seul estomac. Le visage de l’un était à l’opposé de l’autre. C’est vraiment un prodige.

 

Cette année aussi, un météore tomba à terre et l’illumina d’une intense lueur. On entendit un grand bruit. Sa trace resta dans le ciel pendant quelque temps et disparue ensuite.

 

 

Le compte de la défaite de Salah ad-Din à Ramlah

 

Du siège de la ville de Hama par les croisés

 

Au mois de Joumadah Awwal de cette année, les croisés assiégèrent aussi Hama.

Cela arriva parce qu’un grand comte des croisés, qu’Allah les maudisse, un de leurs monstrueux démons débarqua d’un navire sur le littoral syrien. Il vit que Salah ad-Din était en Egypte ou il était revenu après la défaite et il profita de l’état vide de toute protection du pays sachant que Shams ad-Dawlah Ibn Ayyoub qui était à Damas comme lieutenant de Salah ad-Din, n’avait pas beaucoup de troupes et qui plus est, était très consacré à ses plaisirs et incliné à prendre les choses faciles. Ce comte des croisés rassembla les croisés de Syrie, leur distribua de l’argent et marcha sur Hama qu’il mit sous siège. La souverain de la ville était Shihab ad-Din Mahmoud al-Harimi, l’oncle maternel de Salah ad-Din et il était à ce moment gravement malade. Un détachement de l’armée régulière de Salah ad-Din qui était proche entra dans la ville et aida les défenseurs.

Les croisés attaquèrent violemment et un jour ils donnèrent l’assaut sur une partie la ville qu’ils prirent presque par la force des armes. Les habitants et l’armée régulière se rassemblèrent de ce côté et la bataille fit rage violemment. Ce fut un moment crucial pour les deux côtés. Les Musulmans se montrèrent capables et luttèrent pour se protéger, leurs familles et leurs propriétés. Ils repoussèrent les croisés à l’extérieur de la ville où la bataille se poursuivit nuit et jour. Le moral des Musulmans monta quand ils les expulsèrent de la ville. Ils étaient convaincus qu’ils vaincraient et ils tuèrent beaucoup d’entre eux. Sur ce, les croisés partirent déçus et Allah Exalté sauva les Musulmans de leur mal. Ils allèrent à Harim et l’assiégèrent après être resté quatre jours à Hama. Après le départ des croisés de Hama, son souverain Shihab ad-Din al-Harimi mourut et il avait un fils, un très beau jeune, qui mourut trois jours avant lui.

 

 

 

 

De l’assassinat de Koumoushtakin et du siège de Harim par les croisés

 



[1] Capituler sur des conditions, sous des conditions, selon certaine condition, à des conditions etc…J’utilisais jusqu’à présent et avant de corriger : Capituler sur des conditions. Je Google donc cette phrase et toutes les autres phrases pour trouver et bien que pas l’une d’entre ne se dit excepté en très vieux français et que j’utiliserais donc : « capituler sous (des) conditions ». Ensuite j’ai compris pourquoi car ce qui est généralement employé après capituler est « sans » condition et capituler veux dire se rendre sans condition, ce qui est un illogisme ! 

[2] Si vous vous demandez pourquoi l’auteur mentionne souvent cette phrase c’est parce qu’entre l’évènement actuel et le précédant, il a mentionné une quantité d’autre évènements que je n’ai pas traduit puisqu’ils n’entrent pas dans le conteste des croisades tandis que dans cette traduction, les évènements relatifs aux croisades se succèdent les uns après les autres.

[3] Cette citadelle deviendra par la suite le nouveau siège du califat après la chute de Baghdad et des sultans d’Egypte comme nous le verront par la suite.

[4] Vers de poésie.