L’expédition de Salah ad-Din contre Karak et son retrait

 

 

Comment Shams ad-Dawlah conquit Zabid, Aden et d’autres endroits du Yémen

 

 

De l’exécution de plusieurs Egyptiens qui projetèrent d’assassiner Salah ad-Din

 

Le 2 du mois de Ramadan de cette année en Egypte, Salah ad-Din crucifia plusieurs des disciples du calife ‘oubaydi qui planifièrent son assassinat.

Cela arriva parce qu’un groupe de ‘oubaydi ismaélien shi’i dont le poète ‘Oumara Ibn Abi al-Hassan al-Yamani, ‘Abdes-Samad le secrétaire, le Qadi al-‘Ouwayris, des chefs de l’armée ismaélienne, leur infanterie de Noirs, les courtisans du palais avec l’accord de plusieurs des émirs Salah ad-Din et des soldats acceptèrent d’appeler à l’aide les croisés de Sicile et du littoral syrien en échange d’argent et de terres. S’ils attaquaient l’Egypte, Salah ad-Din irait en personne à leur rencontre et alors, ils se rebelleraient dans le Nouvel et Vieux Caire et restitueraient la dynastie ‘oubaydi et les membres de son armée qui étaient de connivence avec eux l’abandonnerait le laissant ainsi incapable de faire face aux croisés. Et dans le cas ou si Salah ad-Din restait en arrière et envoyait des troupes contre eux, ils se rebelleraient contre lui et le saisiraient parce qu’il manquerait d’aide et de soutien. ‘Oumara dit : « J’ai supprimé son frère en l’envoyant au Yémen craignant qu’il puisse combler le vide après lui et qu’il le choisisse comme successeur. »

Ils envoyèrent des messages aux croisés de Sicile et du Levant avec cette proposition et le plan déjà convenu, tout qu’il restait donc à faire pour les croisés étaient de se mettre en route.

 

Cependant, par la grâce d’Allah sur les Musulmans, les conspirateurs égyptiens impliquèrent l’émir Zayn ad-Din ‘Ali Ibn Najah le prêcheur surnommé Ibn Noujiyah dans leur complot. Ils s’arrangèrent pour nommer le calife, le vizir, le chambellan, le Qadi mais la famille Rouzzik dit : « Le vizir sera l’un d’entre nous » et la famille de Shawar dit : « Le vizir sera l’un d’entre nous. ». Quand Ibn Najah apprit ce qui se préparait, il vint trouver Salah ad-Din et lui raconta tout. Il lui ordonna de rester et de se mélanger avec eux et de marcher avec leur complot tout en le gardant informé de tous les développements. Il fit ce qui était demandé de lui et l’informa de toutes leurs intentions.

Un envoyé du roi des croisés du littoral syrien vint trouver Salah ad-Din avec un cadeau et un message. Officiellement il vint chez lui mais secrètement vint chez ces conspirateurs en leur envoyant un chrétien local pour recevoir leurs messagers.

Salah ad-Din fut informé de la véritable situation du territoire croisé et prit des dispositions pour qu’un chrétien local à qui il faisait confiance surveille l’envoyé. Il gagna sa confiance et l’envoyé lui dévoila l’affaire. Sur ce, Salah ad-Din arrêta les leaders du complot dont ‘Oumara, ‘Abdes-Samad, al-‘Ouwayris et d’autres et les fit crucifié.

 

Il fut dit dans le cadre de la découverte de leur complot que chaque fois ou ‘Abdes-Samad rencontra al-Qadi al-Fadil, le secrétaire de Salah ad-Din, il le salua respectueusement et fit son maximum pour bien se faire voir de lui cependant, il le rencontra un jour et ne lui porta aucune attention et al-Qadi al-Fadil se dit : « Il doit y avoir une raison pour cela » et il craignit qu’il ait put avoir une incompréhension personnelle avec Salah ad-Din. Il convoqua donc ‘Ali Ibn Najah le prêcheur, l’informa de la situation et dit : « Je veux que tu découvres pour moi ce qui est arrivé. » Par conséquence, il vérifia l’affaire et ne trouva rien en ce qui concerne Salah ad-Din qui aurait pu l’inquiété donc, il chercha de l’autre côté et découvrit le complot puis vint trouver al-Qadi al-Fadil et l’informa. « Va dès maintenant chez Salah ad-Din, » lui dit-il « et  signale-lui l’affaire. » Il alla retrouver Salah ad-Din qui était dans la mosquée et lui dit tout. Salah ad-Din sortit et arrêta les conspirateurs. Après leurs interrogatoires et leurs confessions, il ordonna de les crucifier.

 

Il existait entre ‘Oumara et al-Fadil une inimité qui datait des jours d’al-‘Adid et quand sa crucifixion fut suggérée, al-Qadi al-Fadil se leva et adressa une requête à Salah ad-Din pour sa libération. ‘Oumara pensa qu’il recommandait sa destruction et dit à Salah ad-Din : « Mon seigneur, ne l’écoutez pas en ce qui me concerne. » Al-Fadil devint furieux et abandonna. Salah ad-Din dit à ‘Oumara : « Il intercédait pour toi, » après quoi il regretta. ‘Oumara fut emmené pour être crucifié et il demanda qu’il soit emmené devant la maison d’al-Fadil ce qu’ils firent mais ce dernier ferma sa porte et ne le rencontra pas. ‘Oumara dit :

« ‘Abder-Rahim s’est caché ;

La délivrance serait vraiment une merveille ! »

 

Lui et les autres furent dûment crucifiés et une déclaration fut faite aux soldats ‘oubaydi ismaéliens qu’ils devraient quitter le Caire et partir dans les parties les plus éloignées de la Haute Egypte tandis que la progéniture d’al-‘Adid  qui étaient dans le palais furent mis sous surveillance ainsi que d’autres membres de sa famille.

Ceux de ses troupes qui agirent traîtreusement envers Salah ad-Din furent laissés mais il leur fit savoir qu’il savait tout d’eux. Quant au croisés, qu’Allah les maudisse, de Sicile, ils attaquèrent Alexandrie, ce que nous rapporterons si Allah Exalté le veut, parce qu’il ne leur avait pas été communiqué que le complot avait été révélé à Salah ad-Din tandis que les croisés du littoral syrien ne firent aucun mouvement parce qu’ils avaient été informé de l’échec du complot.

 

De la mort de Nour ad-Din Mahmoud Ibn Zanki (qu’Allah lui fasse miséricorde)

 

 

Tombeau de Nour ad-Din Mahmoud Ibn Zanki

De la succession de son fils al-Malik as-Salih

 

Après la mort de Nour ad-Din (qu’Allah lui fasse miséricorde), son fils al-Malik as-Salih Isma’il devint souverain alors qu’il était âgé de onze ans. Les émirs et les lieutenants lui portèrent allégeance à Damas où il prit résidence.

En Syrie les gens lui offrirent leur obéissance aussi bien que Salah ad-Din en Egypte en faisant la Khoutbah et les pièces frappées à son nom. Sa tutelle fut exercée par l’émir Shams ad-Din Muhammad Ibn ‘Abdel-Malik surnommé (ou connut sous le nom de) Ibn al-Mouqaddam qui devint l’administrateur de son état. Kamal ad-Din Ibn ash-Shahrazouri lui dit ainsi qu’aux émirs avec lui : « Tu sais que Salah ad-Din, le souverain de l’Egypte, est un des Mamalik de Nour ad-Din et ses lieutenants sont aussi des hommes de Nour ad-Din. La meilleure politique pour nous serait de le consulter sur ce que devrions faire et ne pas exclure sinon il cessera de nous obéir et  nous en fera sa justification. Il est plus fort que nous le sommes parce qu’aujourd’hui il a le contrôle unique de l’Egypte. » Ces paroles ne convinrent pas à leurs objectifs et ils craignirent que Salah ad-Din puisse entrer en Syrie et les expulser. Ce fut seulement quelques temps plus tard que les lettres de Salah ad-Din parvinrent à al-Malik as-Salih avec ses condoléances et ses félicitations pour sa succession. Il envoya des dinars égyptiens frappés à son nom et l’informa que la Khoutbah et l’allégeance lui avait été porté comme s’il avait été son père.

 

Quand Sayf ad-Din Ghazi, le seigneur de Mossoul, marcha et prit les villes d’al-Jazirah, ce que nous rapporterons, Salah ad-Din envoya un nouveau message à al-Malik as-Salih, en le réprimandant pour ne l’avoir informé de l’attaque Sayf ad-Din et de la saisie de son territoire, car il aurait pu venir pour être à son service et empêcher Sayf ad-Din. Il écrivit aussi à Kamal ad-Din et les émirs, en disant : « Si Nour ad-Din avait vu qu’il y avait quelqu’un parmi vous qui pourrait prendre ma place ou qu’il pourrait se fier comme il se fia à moi, il lui aurait donné l’Egypte, qui est le plus grand de son royaume et dominion. S’il n’était pas mort prématurément, il n’aurait pas assigné l’éducation de son fils et la régence à quelqu’un d’autre que moi. Je vois que vous avez monopolisé mon seigneur et le fils de mon seigneur et m’avez ignoré. Je viendrai sûrement pour le servir et je rendrais la bonté de son père avec un service dont l’effet sera clair et récompensera chacun d’entre vous pour ses mauvaises actions et d’avoir failli à protéger ses terres. »

 

Ibn al-Mouqaddam et le groupe d’émirs gardèrent al-Malik as-Salih et ne l’envoyèrent pas à Alep, de peur que Shams ad-Din ‘Ali Ibn ad-Dayah ne puisse le dominer et les exclure, du fait qu’ils étaient les plus grand des émirs de Nour ad-Din. Il fut simplement empêché de le rejoindre et prendre la régence par une maladie qui le toucha. Lui et ses frères étaient dans Alep et contrôlaient la ville. Comme Shams ad-Din était incapable de voyager, il envoya un messager à al-Malik as-Salih en le convoquant à Alep pour que par lui, il puisse sauver les terres d’al-Jazirah de Sayf ad-Din Ghazi, le fils de son oncle Qoutb ad-Din mais les émirs qui étaient avec lui ne permirent pas à al-Malik as-Salih de partir pour Alep pour les raisons que nous avons données.

 

Comment Sayf ad-Din prit les terres d’al-Jazirah

 

 

 

 

Comment les croisés assiégèrent Banyas et se retirèrent par la suite

 

 

 

L’arrivée de la flotte sicilienne à Alexandrie et à son départ vaincue

 

Au mois de Mouharram de l’année 570 de l’Hégire, les habitants d’Alexandrie et l’armée égyptienne furent victorieux sur la flotte croisée de Sicile.

Cela arriva parce que comme nous l’avons relaté, les ‘oubaydi ismaéliens envoyèrent des messagers au roi des croisés sur le littoral syrien et au souverain de Sicile pour les pousser à envahir l’Egypte pour qu’ils puissent eux-mêmes se révolter contre Salah ad-Din et le chasser d’Egypte. Le souverain de Sicile équipa une grande flotte de deux cents galères pour transporter des hommes, trente-six pour les chevaux, six grands navires pour le matériel de guerre et quarante vaisseaux de provisions. La flotte comprenait donc 50 000 fantassins, 1 500 cavaliers et 500 turcoples[1] commandée par le cousin du souverain de Sicile qui mit les voiles vers l’Egypte et particulièrement Alexandrie.

Ils arrivèrent le 26 du mois de Dzoul Hijjah de l’année 569 de l’Hégire (1174) alors que les habitants ne s’attendaient pas à eux et se croyaient à l’abri. Ils sortirent en avant avec leurs armes et équipement pour prévenir leur débarquement et s’éloignèrent de la ville mais leur commandant les arrêta et leur ordonna de rester près du mur. Les croisés débarquèrent près de la mer et du phare et avancèrent vers la ville où ils érigèrent des tours de siège et des trébuchets et lancèrent une féroce attaque. Les habitants tinrent ferme contre eux bien qu’ils aient seulement quelques troupes régulières avec eux. Les croisés furent stupéfiés de la bravoure des habitants et de leurs excellentes armes.

 

Des lettres rapportant la situation furent envoyées à Salah ad-Din pour le sommer de repousser l’ennemi

 

Le premier jour, le combat dura jusqu’à la fin de la lumière du jour et ensuite les croisés la reprirent le deuxième jour. Ils firent de grands efforts et continuèrent leurs assauts jusqu’à ce que les tours soient placées près du mur. Ce jour-là, toutes les troupes musulmanes qui étaient dans leurs fiefs près d’Alexandrie arrivèrent ce qui remonta le moral des gens qui luttèrent bien et vaillamment.

Le troisième jour, les Musulmans ouvrirent la porte municipale et sortirent pour attaquer les croisés de tous les côtés alors qu’ils n’étaient pas sur leur garde et grands furent les cris poussés. Les croisés s’inquiétèrent le combat devint intense. Les Musulmans atteignirent les tours de siège, mirent le feu et luttèrent courageusement jusqu’à ce qu’Allah Exalté leur envoya Son aide et Ses signes devinrent manifestes. Ils luttèrent jusqu’à la fin du jour et rentrèrent dans la ville réjouit des signes de la victoire et de leur domination comparé à l’effort militaire pusillanime et faible des croisés et du nombre de leurs morts et blessé parmi leur infanterie.

 

Quand ces nouvelles atteignirent Salah ad-Din, il se mit en route avec ses troupes et envoya un de ses Mamelouk avec trois chevaux de rechange pour aller à toute vitesse à Alexandrie pour apporter les nouvelles de son arrivée. Craignant aussi pour Damiette, il envoya aussi un détachement de troupes par précaution. Le Mamelouk arriva à Alexandrie ce même jour à la fin de l’heure de la prière de l’après-midi, quand les gens s’étaient retirés de la bataille et proclama dans la ville l’arrivée imminente de Salah ad-Din et de l’armée. Quand ils entendirent cette nouvelles, les habitants oublièrent leur fatigue et la douleur de leurs blessures et sortirent pour reprendre le combat s’imaginant que Salah ad-Din était avec eux quand ils luttaient toutefois regrettant qu’il ne soit pas là pour voir leur combat.

 

Les croisés furent informés que Salah ad-Din approchait avec son armée et leur moral s’effondra et leur fatigue et leur faiblesse augmenta. Alors que l’obscurité tombait, les Musulmans les chargèrent et gagnèrent leurs tentes qu’ils saisirent et qui contenaient de nombreuses armes et des bagages abondants. Les fantassins croisés furent largement massacrés et beaucoup d’entre eux s’enfuirent vers la mer et rapprochèrent leurs galères près du rivage pour qu’ils puissent s’embarquer. Certains survécurent et montèrent à bord et d’autres furent noyés. Un Musulman plongea dans l’eau et perça une des galères qui coula. Les croisés restant furent effrayés et s’enfuirent. Trois cents cavaliers croisés se refugièrent en haut d’une colline ou les Musulmans les engagèrent jusqu’au jour suivant et, après que le combat ait duré jusqu’à la mi-journée, les habitants de la ville les submergèrent et les tuèrent ou les prirent prisonniers. Ainsi Allah Exalté délivra les Musulmans de leur cruauté et les mécréants, malédiction d’Allah sur eux, tombèrent dans leur propre piège.

 

La révolte d’al-Kanz en Haute Egypte

 

Au début de cette année, al-Kanz se rebella en Haute et une grande foule de gens locaux, des Noirs, des Arabes et d’autres affluèrent. Un des émirs de Salah ad-Din à savoir le frère de l’émir Abou al-Hayja’ as-Samin se trouvait dans son fief et fut tué par al-Kanz. Son frère, un des émirs les plus grands et les plus braves fut outragé par son assassinat et sortit pour lutter contre al-Kanz. Salah ad-Din lui envoya plusieurs émirs et un grand nombre de soldats qui vinrent dans la ville de Tawd et qui luttèrent contre les habitants, les écrasèrent et tuèrent un grand nombre d’entre eux et le reste d’entre eux furent réduits à l’humiliation et la soumission après avoir brandit le pouvoir.

Lorsqu’ils eurent fini avec Tawd, l’armée marcha vers al-Kanz, qui fut perdu par sa tyrannie. Après l’avoir amené à combattre ainsi que les Arabes et les autres avec lui tous furent tués. Après lui la terre redevint sûre et ses gens vécurent dans la paix et la sécurité.

 

Comment Salah ad-Din conquit Damas

 

Le dernier jour du mois de Rabi’ Awwal de cette année, Salah ad-Din conquit la ville de Damas et cela arriva comme suit.

Lorsque Nour ad-Din décéda, son fils al-Malik as-Salih lui succéda et s’établit à Damas. Sa’d ad-Din Koumoushtakin s’était enfuit devant Sayf ad-Din Ghazi et s’était rendu à Alep comme nous l’avons déjà rapporté ou il resta avec Shams ad-Din  Ibn ad-Dayah. Quand Sayf ad-Din gagna le contrôle des terres d’al-Jazirah, Ibn ad-Dayah qui craignit qu’il attaque Alep et la prenne envoya Sa’d ad-Din à Damas pour appeler à l’aide al-Malik as-Salih et ses troupes. Quand il approcha de Damas, Shams ad-Din Muhammad Ibn al-Mouqaddam envoya un détachement contre lui qui le pilla et il revint donc vaincu à Alep où Ibn ad-Dayah le compensa en lui remplaçant tout ce qui lui avait été pris.

Par la suite, les émirs à Damas se consultèrent pour leurs meilleurs intérêts et se rendirent compte que son transfert à Alep serait mieux pour lui que de rester à Damas. Ils envoyèrent donc un messager à Ibn ad-Dayah pour lui demander d’envoyer Sa’d ad-Din pour chercher al-Malik as-Salih qui fut dûment équipé et mit sur sa voie. « (Ici un vers que je n’ai pas réussi à traduire) » Il partit donc pour Damas au mois de Mouharram et ramena al-Malik as-Salih à Alep et lorsqu’ils arrivèrent, Sa’d ad-Din arrêta Shams ad-Din Ibn ad-Dayah et ses frères ainsi que Ra'is Ibn al-Khashshab, le chef d’Alep et le chef de la milice et n’était-ce la maladie de Shams ad-Din Ibn ad-Dayah, il n’aurait pas été capable de le faire.

Sa’d ad-Din gagna ainsi le contrôle unique d’al-Malik as-Salih. Ibn al-Mouqaddam et d’autres émirs à Damas furent effrayés et dirent : « Quand la situation d’Alep sera stabilisée, il prendra al-Malik as-Salih et marchera avec lui contre nous et agira de la même façon qu’il agit dans Alep. » Donc ils écrivit à Sayf ad-Din Ghazi le seigneur de Mossoul et lui suggéra de traverser l’Euphrate afin qu’il lui remette Damas ce qu’il ne fit pas, croyant que cela puisse être un piège pour le forcer à traverser l’Euphrate, d’aller à Damas pour se voir refuser l’entrée et être attaqués sur ses arrières par son cousin et l’armée permanente d’Alep et être ainsi détruit et c’était le conseil que lui donna ‘Izz ad-Din Zoulfandar.

Un lâche mesure la distance du mal comme étant proche et prend sa lâcheté pour une prudence et comme il est dit :

« Les lâches croient que la lâcheté est la prudence.

Tel est la nature de l’homme lâche. »

 

Quand Zoulfandar lui conseilla ce point de vue, il l’accepta et refusa d’aller à Damas. Il écrivit à Sa’d ad-Din et à al-Malik as-Salih et fit la paix avec eux et leur demanda de reconnaitre le territoire qu’il avait pris. Après son refus d’aller à Damas, leur peur de Damas s’accentua et ils dirent : « Maintenant que Sayf ad-Din a fait des termes avec eux, il n’y a rien pour les arrêter de marcher contre nous. » Alors ils, et à leur tête des Shams ad-Din Ibn al-Mouqaddam, écrivirent à Salah ad-Din, seigneur de l’Egypte et l’invitèrent à venir pour le nommer souverain sur eux.

Shams ad-Din Ibn al-Mouqaddam se montra « tel père tel fils » et nous avons mentionné comment son père agit faussement quand il abandonna Sinjar en l’an 544 de l’Hégire (1149).

 

Quand les messagers apportèrent cette invitation à Salah ad-Din, il n’hésita pas et partit aussitôt sans s’encombrer de bagages mais avec 700 cavaliers bien que les croisés étaient en travers de sa route et à qui il n’accorda pas la moindre attention. Quand il foula le sol syrien, il se dirigea vers Bosra dont le seigneur qui était un du nombre de ceux qui lui avait écrit, sortit pour le rencontrer et en voyant le petit nombre de soldats avec lui, craignit pour lui et lorsqu’il rencontra al-Qadi al-Fadil lui dit : « Je ne vois pas d’armée avec vous. C’est une grande terre qui ne peut pas être envahit par une force telle que la vôtre. Si ceux d’ici s’opposaient ne serait-ce qu’une heure du jour, les campagnards vous prendront et si vous avez de l’argent avec vous, les affaires seront plus faciles. » « Nous avons beaucoup d’argent, » répondit-il, « cela pourraient être 50 000 dinars. » Le seigneur de Bosra applaudi en se frappant la main sur sa tête et dit : « Vous êtes faits pour et vous nous avez fait pour aussi. » Tout ce qu’ils avaient avec eux était 10 000dinars.

Salah ad-Din continua à Damas où toutes les troupes sortirent pour le rencontrer et pour lui payer leurs respects. Lorsqu’il fit son entrée, il se logea dans la maison de son père connue comme la maison d’al-‘Aqiqi. La citadelle était dans les mains d’un eunuque nommé Rayhan. Salah ad-Din convoqua Kamal ad-Din Ibn al-Shahrazouri, le Qadi et l’autorité dans toutes les affaires d’administration publique, les associations de bienfaisance et d’autres affaires et l’envoya à Rayhan pour l’amener à soumettre la citadelle. Salah ad-Din dit : « Je suis le Mamelouk d’al-Malik as-Salih. Je suis venu seulement pour l’aider, le servir et restituer les terres qui lui ont été prises. » Et à cette époque, les Khoutbah au nom d’as-Salih étaient lues dans toutes ses terres.

Kamal ad-Din monta pour rencontrer Rayhan et conversa avec lui jusqu’à ce qu’il renonce à la citadelle. Salah ad-Din y entra alors, saisit et emporta du tout argent qui s’y trouvait ce qui le rendit riche, établit sa position et renforca sa détermination. En dépit de cela, il montra son obéissance à al-Malik as-Salih, en se désignant dans la correspondance comme « son Mamelouk » en laissant la Khoutbah et la monnaie à son nom.

 

Quand la souveraineté de Salah ad-Din fut fermement établie à Damas et qu’il organisa ses affaires, il laissa son frère Sayf al-Islam Toughtakin Ibn Ayyoub député sur la ville et marcha sur Homs le 1 du mois de Joumadah Awwal puis Hama, le fort de Ba’rin, Salamiyah, Tall Khalid et Edesse dans al-Jazirah qui étaient dans le fief de l’émir Fakhr ad-Din Mas’oud az-Za’farani qui, après la mort Nour ad-Din, fut incapable de contrôler ces forteresses à cause de sa vile souveraineté sur leurs habitants.

Ces forts étaient tenus par les lieutenants de Nour ad-Din. Quand Salah ad-Din descendit sur Homs le 11 de ce même mois, il se mit en contact avec la garnison qui refusa de remettre le fort et il les attaqua donc le jour suivant. La ville tomba et la sécurité fut accordée aux gens mais la citadelle résista et le continua jusqu’au retour de Salah ad-Din d’Alep, ce que nous rapporterons si Allah Exalté le veut. Pendant ce temps, il laissa des hommes dans Homs pour garder la ville et empêcher la garnison de la citadelle de toute liberté d’action ainsi que de prévenir toute provisions de leur parvenir.

Et durant tout le temps et quoi qu’il fit, Salah ad-Din proclama sa loyauté à al-Malik as-Salih Ibn Nour ad-Din et qu’il avait pris ces dispositions seulement pour protéger les terres de ce dernier des croisés et récupérer le territoire d’al-Jazirah que Sayf ad-Din, le seigneur de Mossoul, avait saisi.

 

Salah ad-Din partit donc pour Hama et lorsqu’il arriva, il prit la ville le 1 du mois de Joumadah Thani alors que la citadelle était tenue par l’émir ‘Izz ad-Din Jourdik, un des Mamalik de Nour ad-Din, qui refusa de l’abandonner à Salah ad-Din. Salah ad-Din l’informa alors qu’il n’agissait que par loyauté pour al-Malik as-Salih et qu’il voulait seulement protéger ses terres pour lui. Jourdik le fit porter serment pour cela ce que Salah ad-Din fit et qui l’envoya par la suite à Alep pour obtenir une obéissance unie à al-Malik as-Salih et la libération de Shams ad-Din ‘Ali, Hassan et ‘Uthman des Banou ad-Dayah, de prison. Jourdik partit pour Alep et laissa son frère député pour tenir la citadelle de Hama. Quand il arriva à Alep, Koumoushtakin l’arrêta et l’emprisonna. Après avoir entendu cela, son frère abandonna la citadelle à Salah ad-Din qui en prit le contrôle. »

nnn



[1] Les Turcopoles ou turcoples étaient des archers montés de diverses origines, turque, bédouine, syrienne et d’Asie qui étaient soit des apostats christianisés ou des chrétiens de ces pays et Allah est Plus Savant.