Le siège de Damiette par les croisés

 

 

Du siège de Karak

 

 

Récit d’un raid par un escadron de Nour ad-Din

 

Shihab ad-Din Ilyas Ibn Ilghazi Ibn Artouq, le seigneur du château de Bira, vint avec sa troupe de deux cents cavaliers trouver Nour ad-Din quand il était à ‘Ashtarah. Quand il arriva au village de Labwah dans le district de Baalbek, le 17 du mois de Shawwal de cette année, il partit chasser et tomba sur trois cents chevaliers croisés qui avaient commencé à attaquer le territoire musulman. Ils tombèrent les uns les autres et luttèrent très férocement. Les deux côtés restèrent fermes sur leur position et particulièrement les Musulmans car d’habitude mille cavaliers ne résistaient pas à la charge de trois cents chevaliers croisés. Beaucoup furent tués des deux côtés et ensuite les croisés s’enfuirent bien que la plupart d’entre eux furent tués ou prisonniers. Personne ne s’enfuit à part un nombre restreint.

Shihab ad-Din prit les têtes des morts et aussi les captifs à Nour ad-Din, qui avec ses troupes vinrent à sa rencontre. Parmi les têtes Nour ad-Din vit celle du maître des Hospitaliers, le seigneur de Hisn al-Akrad. Il était brave au plus haut degré et une épine dans la chair des Musulmans

 

 

 

 

Du tremblement de terre et de son effet sur la Syrie

 

 

Mention d’un genre de situation que les princes devraient se méfier

 

 

De la mort d’al-Moustanjid Billah

 

 

Comment Nour ad-Din acquit Mossoul et confirma Sayf ad-Din à son poste

 

Quand Nour ad-Din Mahmoud apprit la nouvelle de la mort de son frère Qoutb ad-Din Mawdoud le seigneur de Mossoul et la succession de son fils Sayf ad-Din Ghazi à Mossoul et aux terres de son père et que Fakhr ad-Din ‘Abdel-Massih avait pris le contrôle des affaires à ses côtés et exerçait l’autorité sur lui, il fut outragé et le trouva trop lourd à supporter car il détestait Fakhr ad-Din à cause des rapports qu’il entendit de sa sévère administration.  Il dit : « Je suis plus qualifié pour guider mes neveux et leur dominion. »

Après la fin du deuil, il se mit en route, légèrement équipé avec un petit corps de troupes, traversa l’Euphrate à Qal’at Ja’bar le 1 du mois de Mouharram de cette année et se dirigea vers Raqqa qu’il assiégea et prit avant d’aller à Khabour qu’il prit de même avec Nisibis, où il s’arrêta pour rassembler des troupes. Nour ad-Din Muhammad Ibn Qara Arsalan Ibn Daoud, le seigneur de Hisn Kayfa, vint le retrouver ce qui augmenta son nombre parce qu’il avait laissé la plupart de ses troupes en Syrie pour garder les frontières. Quand sa force fut réunie, il marcha sur Sinjar qu’il mit sous siège et érigea des trébuchets pour l’attaquer. Il prit aussi la ville et l’a donna à Imad ad-Din, le fils de son frère Qoutb ad-Din.

 

Il avait reçu secrètement des lettres des émirs à Mossoul qui lui offrait leurs allégeances et lui conseillait de venir chez eux. Il se mit alors en route pour Mossoul, arriva dans la ville de Balad, traversa le Tigre pour la rive orientale par un gué à proximité et repartit pour camper à l’Est de Mossoul au château de Ninive avec le Tigre entre lui et Mossoul. Il est étonnant que le jour où il établit son camp, une grande partie de la muraille de la ville de Mossoul s’effondra.

 

Sayf ad-Din Ghazi et Fakhr ad-Din avait envoyé ‘Izz ad-Din Mas’oud Ibn Qoutb ad-Din à l’Atabeg Shams ad-Din Ildikiz, le seigneur de Hamadan et des Terres Hautes, d’Azerbaïdjan, d’Ispahan, de Rayy et ses districts, pour chercher de l’aide contre son oncle Nour ad-Din. Ildikiz envoya un messager à Nour ad-Din pour lui interdire d’interférer dans les affaires de Mossoul et dit : « Ces terres sont celles du sultan. Ne les attaque pas. » Mais, il ne fit pas attention à lui et dit à l’envoyé : « Dis à ton maître : « Je suis meilleur pour mes neveux que tu ne l’es, pourquoi t’insères-tu entre nous ? Quand j’aurais fini d’installer leurs terres, ma conversation avec toi se poursuivras jusqu’aux portes de Hamadan. Tu as conquis ces  vastes terres mais tu as négligé les frontières avec pour résultat que les Géorgiens les ont submergés. J’ai été testé par les croisés, les plus braves des gens, possédant l’équivalent d’un quart de ton territoire mais j’ai pris la plupart de leur terre et capturé leurs princes. Il n’est pas juste pour moi de retenir ma langue plus longtemps à ton sujet et nous sommes obligé de s’engager à protéger ce que tu as négligé et libérer les Musulmans de l’oppression. » »

 

Nour ad-Din resta à Mossoul et les émirs de la ville furent résolus de se rebeller ouvertement contre Fakhr ad-Din ‘Abdel-Massih et de livrer la ville à Nour ad-Din. Fakhr ad-Din apprit cela et se mit en contact avec Nour ad-Din pour livrer la cité à condition qu’elle reste dans les mains de Sayf ad-Din et des garanties sur sa vie et ses biens. Cela fut accordé mais Nour ad-Din stipula qu’il prendrait Fakhr ad-Din avec lui en Syrie ou il lui donnerait un fief acceptable. Il prit la ville le 13 du mois de Joumadah Awwal et entra dans la citadelle par la porte secrète car quand il fut informé de la rébellion de Fakhr ad-Din contre lui, il jura qu’il n’y entrerait seulement par l’endroit le plus sûr. Lorsqu’il prit la charge de Mossoul il abolit les taxes non-canoniques et d’autres catégories d’abus puis fit de même à Nisibis, Sinjar et Khabour et il en fut ainsi dans toutes ses terres, la Syrie et l’Egypte.

 

Alors qu’il assiégeait Mossoul, il reçut du calife al-Moustadi Bi-Amrillah une robe d’honneur qu’il ne mit qu’après sa prise de Mossoul. Il confia la ville à son neveu Sayf ad-Din et lui ordonna pendant qu’il était encore à Mossoul de construire la mosquée de Nour ad-Din ou il se rendit en personne pour voir l’état des travaux. Il grimpa le minaret de la mosquée d’Abou Hadir qui dominait le site de sa mosquée et ordonna que les maisons voisines et les magasins soient ajoutés à la terre qu’il avait vue mais que rien ne devrait être pris sans l’accord des propriétaires. Il désigna le Sheikh ‘Omar al-Mallah, un homme dévot et bon, responsable du projet. Les propriétés furent achetées de leurs propriétaires pour des sommes substantielles et la construction débuta sur laquelle, de grandes sommes furent dépensées. Le bâtiment fut achevé en l’an 568 de l’Hégire (1172),

 

Nour ad-Din revint en Syrie et laissa comme député dans la citadelle de Mossoul un eunuque nommé Koumoushtakin et surnommé honorifiquement Sa’d ad-Din. Il ordonna à Sayf ad-Din de ne pas agir indépendamment de lui pour n’importe quelle affaire, grande ou petite et lui donna pleine autorité partout dans la terre. Il assigna Sinjar comme un fief à ‘Imad ad-Din, le fils de son frère Qoutb ad-Din.

Lorsqu’il accomplit ses actions, Kamal ad-Din Ibn al-Shahrazouri dit : « C’est un chemin qui conduira à des problèmes pour la maison de l’Atabeg parce que ‘Imad ad-Din est plus âgé et qu’il n’admettra d’être soumis à Sayf ad-Din tandis que ce dernier tient la plus puissante principauté et n’admettra pas de complaisance à l’égard de ‘Imad ad-Din. La dissension en résultera et les ennemis seront encouragés. » Et c’était effectivement ce qui arriva comme nous le rapporterons sous l’année 570 de l’Hégire (1174).

Nour ad-Din resta à Mossoul vingt-quatre jours et emmena avec lui Fakhr ad-Din ‘Abdel-Massih dont il changea le et l’appela ‘AbdAllah avant de lui assigner un grand fief.

 

 

 

Récit du raid de Salah ad-Din sur le territoire croisé et la conquête d’Aylah

 

Cette année, Salah ad-Din entra aussi dans le territoire croisé de l’Egypte et attaqua les districts d’Ascalon et de Ramlah puis les banlieues de Gaza qu’il ravagea. Le roi des croisés vint rapidement avec une petit groupe de ses troupes pour le repousser de ses terres mais Salah ad-Din lutta contre eux et les vainquit si bien que le roi croisé s’enfui après avoir été sur le point d’être pris prisonnier.

Salah ad-Din revint en Egypte et construisit quelques navires détachables qu’il transporta par route en pièces sur des chameaux et arriva à Aylah ou il assembla les bateaux et les lanca à la mer. Il assiégea Aylah par terre et mer et conquit la ville pendant les dix premiers jours de Rabi’ Thani. Il permit aux habitants et tout ce qu’elle contenait d’être pillé avant de retourner en Egypte

 

De ce que Salah ad-Din planifia en Egypte cette année

 

 

 

De l’établissement de la Khoutbah pour les Abbassides et de la fin du règne des ismaéliens ‘oubaydi en Egypte

 

 

 

 

 

Du profond différent entre Nour ad-Din et Salah ad-Din

 

Cette année, des évènements se produisirent qui amenèrent Nour ad-Din à être déçu par Salah ad-Din mais qu’il ne révéla pas.

Cela arriva quand cette année au mois de Safar, Salah ad-Din marcha de l’Egypte pour attaquer le territoire croisé et descendit sur la forteresse de Shawbak, qui était environ à un jour de marche de Karak qu’il assiégea en mettant la pression sur la garnison croisée. Après la lutte, ils demandèrent des conditions et un délai de dix jours qui leur fut accordé.

Quand Nour ad-Din entendit ce que Salah ad-Din avait fait, il quitta Damas pour entrer dans le territoire occupé par les croisés mais en prenant une autre direction. Il fut dit à Salah ad-Din : « Si Nour ad-Din entre dans les terres du croisés alors qu’ils sont dans cette situation, toi d’ un côté et Nour ad-Din de l’autre, il les conquerra et quand les croisés seront éliminés de sa route et leur roi prit, il n’y aura aucun endroit pour Nour ad-Din à se diriger hormis en Egypte. Si Nour ad-Din vient chez vous, tu devras le rencontrer et ensuite il exercera son autorité sur toi comme il veut. S’il veut, il te laissera la paix et s’il veut, il t’écartera et tu seras incapable de résister. Ta meilleure politique est revenir en Egypte. »

Salah ad-Din se retira alors de Shawbak pour revenir en Egypte sans prendre la forteresse des croisés. Il écrivit à Nour ad-Din en s’excusant et l’informa de l’état incertain qui régnait en Egypte à cause des ‘oubaydi qui préparaient un coup et qu’il craignait du fait de sa distance éloignée de l’Egypte que l’ancien établissement ne se lève contre ses hommes laissés en arrière, les expulse et se fortife de nouveau. Il fit de longues excuses mais Nour ad-Din ne les accepta pas et son attitude envers lui changea et il se résolu à entrer en Egypte et l’expulser.

Cela  devint public et Salah ad-Din entendit le rapport. Il réunit sa famille dont son père Najm ad-Din Ayyoub, son oncle maternel Shihab ad-Din al-Harimi et d’autres émirs et les informa du plan de Nour ad-Din et du projet d’expédition qu’il avait entendu. Il demanda conseil mais pas l’un d’entre eux ne donna une réponse. Alors son neveu Taqi ad-Din ‘Omar se leva et dit : « S’il vient chez nous, nous lutterons contre lui et le retiendront hors du pays. » D’autres l’approuvèrent mais Najm ad-Din Ayyoub les réprimanda et exprima sa désapprobation et son horreur devant cette opinion. Il réprimanda Taqi ad-Din et le fit asseoir puis dit à Salah ad-Din : « Je suis ton père et c’est ton oncle Shihab ad-Din. Nous t’aimons plus que tous ceux que tu voies ici. Par Allah, si votre oncle et moi devrions prêter attention à Nour ad-Din nous ne pourrions faire rien que de baiser la terre devant lui. S’il nous ordonnait de trancher ta tête avec un sabre, nous ferions ainsi. Si c’est ainsi que nous sommes, que pensez-vous des autres ? Si tous les émirs que tu as sous les yeux maintenant voyaient Nour ad-Din en personne, ils n’oseraient pas rester sur leurs selles. Ce pays est sien. Nous sommes ses Mamalik et ses lieutenants. S’il veut te renvoyer, nous entendrons et obéirons. La meilleure chose que tu as à faire est d’envoyer un messager avec une lettre écrite disant : « J’ai entendu dire que tu avais l’intention d’une expédition pour protéger le pays, y a-t-il un besoin pour cela ? Que mon seigneur envoie un messager pour passer un nœud autour de mon cou et me ramener à toi. Il n’y a personne ici qui s’opposera à toi ».

Il licencia alors les émirs et les autres qui tous se dispersèrent. Quand Ayyoub fut seul avec lui, il lui dit : « Avec quelle sorte d’intelligence as-tu agis ? »

« Ne réalises-tu pas que si Nour ad-Din entendait parler de ton intention de s’opposer à lui et de le combattre, il fera de nous son objectif primordial et tu deviendras impuissant contre lui. Mais maintenant, quand il apprendra ce qui est arrivé et notre loyauté envers lui, il nous laissera en paix, s’occupera d’autre chose et le destin prendra son cours. Par Allah, si Nour ad-Din voulait prendre ne serait-ce qu’un morceau de canne à sucre, je lutterais moi-même contre lui pour l’arrêter ou être tué. »

 

Salah ad-Din fit donc ce qu’il conseilla et Nour ad-Din renonça à son but et s’occupa d’autres affaires. Il se détourna comme Ayyoub s’était attendu. Nour ad-Din mourut sans avoir fait un mouvement contre lui et Salah ad-Din gouverna la terre. Ce fut un exemple de conseil vraiment bon et excellent.

 

D’un raid contre les croisés en Syrie

 

En l’an 567 de l’Hégire (1171), deux navires chargés de marchandises et de commerçants furent expédiés d’Egypte pour la Syrie et s’ancrèrent dans le port de Lattaquié mais les croisés, qu’Allah les maudisse, les saisirent alors qu’il y avait une trêve entre eux et Nour ad-Din qu’ils rompirent traîtreusement.

 

Nour ad-Din leur envoya un messager à propos de l’affaire pour la restitution des négociants et de leurs biens qu’ils avaient pris. Ils essayèrent de le tromper et avancèrent quelques plates excuses dont l’une était que l’un des navires avait une brèche et avait pris l’eau et ils pouvaient effectivement pourraient saisir tous les bateaux endommagés qui risquaient de couler. Nour ad-Din n’accepta pas leurs mensonges et réunit ses troupes. Il envoya des escadrons sur leurs terres, certains vers Antioche et d’autres vers Tripoli tandis qu’il assiégea lui-même ‘Arqa et détruisit sa banlieue. Il envoya aussi un détachement de troupes vers les forts de Safithah et d’Ouraymah dont il prit les deux par l’assaut, les pilla et les ravagea si bien que les Musulmans ramassèrent un large butin avant de revenir à Arqa et de marcher avec toutes ses troupes jusqu’à ce qu’il se soit approché de Tripoli, tuant, pillant, anéantissement et incendiant sur son passage. Quant à ceux qui se rendirent à Antioche, ils firent exactement la même chose dans cette province. Les croisés le contactèrent alors et lui offrirent de restituer ce qu’ils avaient pris des deux navires et de renouveler la trêve. Cela fut accepté et ils rendirent donc humiliés ce qu’ils avaient saisi après que leurs terres furent ruinées et leurs propriétés prisent comme butin.

 

Cette année, Nour ad-Din commença à utiliser des pigeons voyageurs en Syrie. Ces derniers étaient ceux qui avaient l’habitude d’être appelés Manassib (de race) qui pouvaient retourner dans leur colombier des terres lointaines. Il les prépara à être utilisés dans toutes ses terres. La raison est que lorsque ses terres se sont étendues, son royaume augmenta et ses frontières s’élargirent si bien qu’une frontière devint vraiment éloignée de l’autre. Quand ils devinrent contigus avec les terres des croisés, souvent ces derniers descendaient sur une forteresse de frontière et avant qu’il puisse être informé et marcher contre eux ils auraient atteint leur but donc, il ordonna que des colombiers de pigeons voyageurs soient prêts pour l’envoi et la réception de message. Il fournit une paie régulière aux hommes qu’il nomma pour s’occuper d’eux et les soigner. Les pigeons fournirent un grand soulagement et un important avantage aux musulmans.

 

 

Du raid des croisés dans le district de Hawran et du raid musulman sur le territoire croisé

 

Au mois de Rabi’ Awwal de l’année 568 de l’Hégire (1172), les croisés, qu’Allah les maudisse, se rassemblèrent et marchèrent sur le district de Hawran dans la province de Damas pour l’attaquer.

Les nouvelles parvinrent alors que Nour ad-Din avait déjà bougé et campé avec son armée permanente à Kiswah. Il força aussitôt la marche à leur rencontre et en apprenant son approche, les croisés entrèrent dans le Sawad, aussi une province de Damas. Les Musulmans les rattrapèrent, saisirent des hommes de leur arrière-garde et leur infligèrent des pertes. Nour ad-Din changea sa position et se rendit à ‘Ashtarah d’où il envoya un escadron dans la région de Tibériade qui réalisèrent des raids, des pillages, saisirent des captifs, incendièrent et anéantirent quand ils entendu dire que les croisés se dirigeaient vers eux pour défendre leurs terres. Quand ils arrivèrent, les Musulmans avaient fini leurs raids et leur prise de butin et s’étaient retirés à travers le fleuve.

Les croisés les rattrapèrent et les braves héros des Musulmans s’arrêtèrent à l’opposé pour leur livrer bataille et couvrir ainsi le retrait du butin. Le combat fut féroce et les deux côtés restèrent fermes, les croisés espérant rattraper et récupérer le butin et les Musulmans voulant les retenir, pour que ceux qui voyageaient avec le butin puissent s’éloigner. Après que la bataille eut duré une longue période et le butin sur et au loin, les croisés se retirèrent sans avoir pu en récupérer la moindre partie.

 

De l’expédition de Shams ad-Dawlah en Nubie

 

Au mois de Joumadah Awwal de cette année, Shams ad-Dawlah Touranshah Ibn Ayyoub, le plus vieux frère de Salah ad-Din, quitta l’Egypte pour la Nubie pour conquérir et prendre le contrôle la région frontalière de leur terre.

La raison est que Salah ad-Din et sa famille savaient que Nour ad-Din avait l’intention d’envahir l’Egypte et de la leur retirer donc leur plan était de saisir le pouvoir en Nubie ou au Yémen, pour que, si Nour ad-Din venait les  affronter, ils s’opposeraient à lui et s’ils étaient assez forts pour le repousser ils resteraient en Egypte mais s’ils étaient incapables, ils pourraient prendre des navires pour se remettre et naviguer vers les terres qu’ils avaient conquises.

 

Shams ad-Din fit ses préparatifs et marcha vers Aswan (Assouan) pour rejoindre les troupes et avec eux marcha sur la Nubie. Il assiégea un château appelé Ibrim dont les habitants luttèrent contre lui mais ils n’avaient pas la force pour lutter contre une armée musulmane parce qu’ils n’avaient aucune protection pour les protéger des flèches et d’autres armes. Ils livrèrent Ibrim à Shams ad-Din qui en fit sa résidence. Cependant lorsqu’il vit qu’il n’y avait aucune source de revenu de la terre pour laquelle il aurait pu supporter les difficultés, que la nourriture des gens était le millet, le manque de profit et la rugosité de vie, en plus de la guerre constante, des difficultés et de la fatigue , il renonça au pays et revint en Egypte avec le butin qu’il avait pris. La plupart du butin était des mâles et des esclaves.

 

 

Récit de la victoire de Mleh, le fils de Leon, sur les Byzantins

 

Au mois de Joumadah Awwal, Mleh le fils de Léon l’Arménien, le seigneur des Passes dans la région d’Alep, vaincu une armée byzantine de Constantinople.

Cela arriva parce que Nour ad-Din avait pris Mleh à son service et lui avait assigné un superbe fief. Il était assidu à son service, présent dans ses batailles avec les croisés ou il prenait une part directe contre eux. C’était aussi un homme doué d’un solide et excellent jugement. Quand les gens s’étaient entretenus avec Nour ad-Din à l’idée de le prendre à son service et lui donner un fief des terres d’Islam, il dit : « Je l’utilise pour aider à lutter contre ses propres coreligionnaires et je peux libérer une partie de mon armée, qui lui fera alors face prête à le stopper et attaquer ses terres voisines. »

Mleh fut aussi renforcé par Nour ad-Din contre les Arméniens et Byzantins qui étaient ses voisins. Adana, Massissah et Tarse étaient aux mains du souverain byzantin, l’empereur de Constantinople. Mleh les prit parce qu’ils étaient près de ses terres et l’empereur envoya une grande armée contre lui dont le commandement fut donné à un important patricien, un de ses parents. Mleh, avec un détachement de l’armée de Nour ad-Din, les rencontra dans la bataille et lutta bien et obstinément. Les Grecs furent vaincus et beaucoup d’entre eux tués ou fait prisonniers. Mleh devint fort et puissant et les Grecs désespérèrent de récupérer ces terres.

Mleh envoya à Nour ad-Din une grande partie du butin et trente prisonniers parmi leurs hommes éminents et remarquables. Nour ad-Din en envoya une partie au calife al-Moustadi Bi-Amrillah et lui écrivit une lettre, revendiquant le crédit de cette victoire puisque ses troupes y avaient participé.

 

Comment les Turcs vinrent en Ifriqiyah et prirent Tripoli (de Libye) et d’autres endroits

 

Cette année, un corps de Turcs quitta l’Egypte avec Qaraqoush, le Mamelouk de Taqi ad-Din ‘Omar, le neveu de Salah ad-Din pour les montagnes de Nafoussah. Il fut rejoint par Ibn Zimam Mas’oud surnommé Mas’oud al-Ballat, un des principaux émirs bédouins de la région qui était en rébellion contre ‘Abdel-Mou'min et ses fils. Ils parvinrent à un accord et leurs partisans devinrent nombreux. Ils descendirent sur Tripoli de l’Ouest (Libye) et l’assiégèrent durement. Il la ville tomba, Qaraqoush en prit le contrôle et installa sa famille dans le palais. Par la suite, il prit une grande partie des terres d’Ifriqiyah[1] excepté al-Mahdiyyah, Sfax, Gafsa, Tunis ainsi que les villages et les habitations voisines.

Qaraqoush vint à avoir une grande armée et il régna sur ces terres avec l’assistance des bédouins et avec ses dispositions naturelles pour la destruction et le pillage et la rupture en abattant les arbres, les fruits et autres. Il recueillit des vastes quantités de miel et les garda dans la ville de Gabes. Puis son ambition grandit et il rêva de saisir toute l’Ifriqiyah parce que son souverain Abou Ya’qoub Ibn ‘Abdel-Mou'min était au loin. Nous rapporterons ce qui arriva si Allah Exalté le veut.



[1] Je vous rappelle que chez les historiens musulmans, l’Ifriqiyah est une partie de la Tunisie et de la Tripolitaine.