Le conflit entre les tribus arabes et l’armée permanente de Baghdad

 

 

Comment le roi des Géorgiens conquit la ville d’Ani

 

Au mois de Sha’ban de cette année, les Géorgiens se rassemblèrent avec leur roi et marchèrent sur la ville d’Ani dans Arran, qu’ils conquirent en tuant une grande multitude. Shah Arman Ibn Ibrahim Ibn Souqman, le seigneur de Khilat décida de s’opposer à eux et rassembla ses troupes. Une grande foule de Moujahidine volontaires affluèrent et se joignirent à lui. Ils se mirent en route et après s’être affrontés dans la bataille, les Musulmans furent vaincus et la plupart d’entre eux furent tué et prit prisonniers. Shah Arman se retira vaincu et de son armée in initiale pas plus de quatre cents cavaliers revinrent avec lui.

 

Comment ‘Issa devint le souverain de La Mecque (puisse Allah Tout Puissant la protéger)

 

Cette année,  l’émir de La Mecque fut Qassim Ibn Foulaytah Ibn Qassim Ibn Abi Hashim al-‘Alawi al-Houssayni. Quand il entendu dire que les pèlerins étaient arrivés près de La Mecque, il extorqua de l’argent des personnes dévotes et aux notables locaux et prit une grande partie de leur richesse avant de s’enfuir de La Mecque par peur de l’émir du Pèlerinage Arghoush.

 

Cette année, le commandant de l’armée de Mossoul, Zayn ad-Din ‘Ali Ibn Baktakin partit en pèlerinage, accompagné par un détachement considérable de troupes. Quand l’émir du Pèlerinage arriva à La Mecque, il installa à la place de Qassim Ibn Foulaytah son oncle ‘Issa Ibn Qassim Ibn Abi Hashim qui resta dans sa fonction jusqu’au mois de Ramadan. Alors Qassim Ibn Foulaytah rassembla un grand contingent d’Arabes qu’il enjoliva avec un peu d’argent qu’il avait à La Mecque. Ils le suivirent et il se mit en route avec eux pour La Mecque. Quand son oncle ‘Issa fut informé, il abandonna la ville. Qassim rentra dans la ville où il resta comme émir pendant plusieurs jours mais il n’avait pas d’argent à remettre aux Arabes. Il tua alors un de ses officiers, un homme d’excellente conduite et l’attitude de ses hommes envers lui changèrent et ils se mirent en contact avec ‘Issa, qui les rejoignit. Qassim s’enfuit et gravit le Mont Abou Qoubays où il tomba de son cheval et fut saisi et tué par les hommes de ‘Issa. ‘Issa fut consterné par son meurtre, prit son corps, le lava et l’enterra dans al-Mou’allah par son père Foulaytah et le pouvoir de ‘Issa devint fermement établi. Et Allah est Plus Savant.

 

Durant le mois de Mouharram cette année, un large rassemblement de Turcomans de Fars arriva à Nishapour avec un grand nombre de moutons pour le commerce. Ils les vendirent, reçurent leur argent, quittèrent la ville et campèrent à deux étapes de de Tabas Kilaki. Quand ils s’endormirent, les ismaéliens fondirent sur eux dans une attaque surprise de nuit et les passèrent par l’épée. Ils tuèrent la plupart d’entre eux et seul un fugitif s’enfuit. Les ismaéliens, qu’Allah les maudisse, saisirent comme butin tout l’argent et les affaires qui étaient avec eux et se retirèrent dans leurs forts.

 

Il y eut cette année, Dans la plupart des terres, une chute abondante de pluie surtout dans Khorasan ou les pluies tombèrent sans interruption du 20 Mouharram jusqu’au milieu du mois de Safar et durant cette période les gens n’eurent pas de soleil.

 

De même cette année, une lutte opposa les Géorgiens et le prince Saltouq Ibn ‘Ali le seigneur d’Erzeroum au cours de laquelle ses troupes furent vaincues et où il fut fait prisonnier. Sa sœur Shah Banwar qui s’était marié avec Shah Arman Souqman Ibn Ibrahim Ibn Souqman, le seigneur de Khilat envoya un présent de grande valeur au roi des Géorgiens et lui demanda de le prendre comme une rançon pour son frère. Il le libéra et il reprit sa fonction de gouverneur.

 

Cette année aussi, le souverain croisé de Sidon rechercha Nour ad-Din Mahmoud le souverain de la Syrie pour demander sa protection. Il lui donna des garanties et envoya aussi une force avec lui pour le protéger des croisés. Cependant une embuscade de croisé les submergea sur leur voie et tuèrent un certain nombre de Musulmans tandis que les survivants s’enfuirent.

 

Pointe de lance

 

Du siège de Harim par Nour ad-Din

 

 

Du conflit entre les Musulmans et les Géorgiens

 

Au mois de Sha’ban de cette année, les Géorgiens se rassemblèrent au nombre de 30 000 guerriers et entrèrent dans le territoire islamique avec pour but la ville de Dvin en Azerbaïdjan qu’ils prirent et dévastèrent. Ils tuèrent environ 10 000 habitants y compris les paysans voisins. Ils prirent beaucoup de captifs et réduisirent les femmes en esclavages qu’ils dénudèrent et emmenèrent nues et nu pieds. Ils brulèrent la mosquée principale et les mosquées régionales.

Quand ils revinrent chez eux, les femmes géorgiennes condamnèrent ce qui avait été fait aux femmes musulmanes, en disant : « Vous avez obligé les Musulmans à nous traiter de la même façon que vous avez traité leurs femmes » et ils donnèrent des vêtements aux femmes.

 

Quand les nouvelles de cela atteignirent Shams ad-Din Ildikiz, le seigneur d’Azerbaïdjan, des Terres Hautes et d’Ispahan, il leva ses troupes et fut rejoint par Shah Arman Ibn Souqman al-Qoutbi, le seigneur de Khilat et Ibn Aqsounqour, le seigneur de Maraghah et d’autres endroits. Ils rassemblèrent une grande force de plus de 50 000 combattants et marchèrent sur le territoire géorgien au mois de Safar de l’année 558 de l’Hégire (1162) qu’ils pillèrent, asservirent les femmes et les enfants et firent des prisonniers.

Les Géorgiens les affrontèrent et le combat entre eux fut très féroce dans lequel les deux côtés tinrent fermes. Les hostilités entre eux durèrent plus d’un mois et finalement la victoire alla chez les Musulmans et les Géorgiens furent vaincus et beaucoup d’entre eux furent tués ou capturés.

 

La raison de leur défaite est due au fait qu’un des Géorgiens se rendit chez Ildikiz et accepta l’Islam de ses mains et lui dit : « Me donneras-tu une force que je mènerais par une route que je connais pour tomber sur l’arrière des Géorgiens sans qu’ils le sachent ? » Il lui fit confiance et envoya avec lui une force après s’être mis d’accord pour le jour de l’attaque. Quand ce jour-là arriva, les Musulmans engagèrent les Géorgiens et pendant qu’ils luttaient, le converti géorgien arriva avec sa force. Ils crièrent « Allahou Akbar » et chargèrent l’arrière des Géorgiens qui s’enfuirent après qu’un grand nombre des leurs furent tués ou capturés. Les Musulmans prirent comme butin leurs bagages qui étaient trop riche pour être compté. Ils avaient été convaincus que leur nombre leur donnerait la victoire mais Allah Exalté réduisit leur espoir à néant. Les Musulmans les poursuivirent durant trois jours consécutifs en tuant et en prenant des captifs avant de revenir victorieux et triomphants.

 

 

Cette année, les pèlerins arrivèrent à Mina mais la plupart des personnes furent incapables de réaliser leur pèlerinage parce que l’on les empêcha d’entrer dans La Mecque et procéder à la circumambulation et le Sa’i (parcours entre as-Safah et al-Marwah). Les gens qui entrèrent dans La Mecque le Jour de Sacrifice et exécutèrent la circumambulation et le Sa’i furent capables d’accomplir la totalité de leur pèlerinage mais ceux qui s’attardèrent au-delà de ce jour furent empêchés d’entrer dans La Mecque à cause d’une dispute qui survint entre l’émir du Pèlerinage et l’émir de La Mecque.

La raison est qu’un groupe de serviteurs de La Mecque causa des problèmes aux pèlerins à Mina. Un des émirs du Pèlerinage appela ses camarades à l’aide et ils tuèrent certains d’entre eux. Les survivants revinrent à La Mecque, se regroupèrent entre eux et attaquèrent les chameaux des pèlerins, en prenant presque mille d’entre eux. L’émir du Pèlerinage appela toutes ses troupes et ils enfourchèrent leurs montures complètement armés. Une bataille s’ensuivit dans laquelle plusieurs furent tués et un certain nombre de pèlerins et de gens de La Mecque furent volés. L’émir du Pèlerinage se retira sans entrer dans La Mecque et resta à az-Zahir pas plus d’une journée. Beaucoup de personnes revinrent à pied à cause du manque de chameaux et rencontrèrent des difficultés.

Parmi ceux qui firent le pèlerinage cette année se trouvait notre grand-mère, la mère de notre père. Elle manqua la circumambulation et le Sa’i. Il fut demandé au Sheikh Abou al-Qassim Ibn al-Bazri de lui donner une décision juridique (fatwa) et il dit : « Elle peut continuer dans l’état de sacralisation ou si elle veut, elle peut faire une expiation et se mettre hors sacralisation à plus tard jusqu’à l’année prochaine. En revenant à La Mecque, elle peut exécuter la circumambulation et le Sa’i et compléter son premier pèlerinage. Ensuite, elle pourra reprendre son sacralisation une deuxième fois, revenir à ‘Arafat pour y faire la station, Rami al-Jamarat, la circumambulation et le Sa’i et obtenir ainsi un second pèlerinage. » Elle poursuivit en état de sacralisation jusqu’à l’année suivante ou elle retourna au pèlerinage et fit comme il avait dit et accomplit ainsi son premier et deuxième pèlerinage.

 

Cette année, de gros grêlons tombèrent dans le Khorasan durant les derniers jours de Nisan et particulièrement à Jouwayn, Nishapour et les régions adjacentes. Ils détruisirent les récoltes et furent suivit une lourde pluie qui dura dix jours.

 

Au mois de Joumadah Thani de cette même année,  un incendie éclata à Baghdad qui brûla le marché des oiseaux, les maisons près de lui et à l’opposé, le nouveau marché de cuivre, le caravansérail, les magasins de grains et d’autres.

 

Cette année aussi mourut al-Kiyah as-Sabbahi, le seigneur d’Alamout et le chef des hashashiyine. Son fils lui succéda dans la place et se repentit publiquement. Lui et ses disciples restituèrent les prières et le jeune du mois de Ramadan. Ils envoyèrent un messager à Qazwin et lui demandèrent des gens qui pourraient les guider dans la prière et leur enseigner les prescriptions de l’Islam et il envoya dûment ceux-ci.

 

 

Récit de la défaite de Nour ad-Din Mahmoud face aux croisés

 

En l’an 558 de l’Hégire (1162), Nour ad-Din Mahmoud Ibn Zanki fut vaincu par les croisés sous le Hisn (fort) al-Akrad lors de la bataille d’ al-Bouqay’ah.

Cela arriva quand Nour ad-Din  rassembla ses troupes et entra dans le territoire des croisés et campa à al-Bouqay’ah au pied de Hisn al-Akrad pour l’assiéger avec l’intention d’attaquer et d’assiéger Tripoli. Un jour, à la mi-journée alors que les troupes étaient dans leurs tentes, ils furent surpris par l’apparition des croix des croisés derrière la colline sur laquelle était bâti Hisn al-Akrad. Les croisés s’étaient rassemblés et décidés d’une attaque surprise de jour sur les Musulmans qui se croyaient sûrs et à l’abri. Les croisés se déplacèrent immédiatement sans retard, rassemblèrent leurs troupes et entreprirent une marche forcée. Avant que les Musulmans ne soient conscients de leur mouvement, ils étaient déjà près d’eux. Ils essayèrent de les arrêter mais ils en furent incapables. Ils envoyèrent un messager à Nour ad-Din pour l’informer de la situation mais les croisés les submergèrent avec leur charge et les Musulmans ne purent tenir leur position. Ils se retirèrent donc en cherchant le camp musulman avec les croisés à leur trousse et arrivèrent ainsi ensemble dans le camp de Nour ad-Din. Les musulmans furent incapables de monter leurs chevaux et de prendre leurs armes avant que les croisés ne soient sur eux, en tuant et en capturant un grand nombre d’entre eux.

L’homme le plus féroce contre les Musulmans était le duc byzantin qui avait quitté son propre pays pour venir au Levant avec un grand corps de Grecs qui luttèrent pour le mérite religieux comme ils le prétendirent. Ils n’épargnèrent personne et se lancèrent sur la tente de Nour ad-Din mais il était déjà monté sur son cheval et s’était enfui cependant, à cause de sa hâte, il monta son cheval alors que sa patte était encore entravée. Un Kurde démonta et trancha la corde au prix de sa propre vie pour que Nour ad-Din puisse s’enfuir. Nour ad-Din fut généreux envers ses héritiers et leur assigna des fiefs.

Nour ad-Din s’arrêta au Lac de Qadas près de Homs à 22 kilomètres du site de bataille ou il fut rejoint par les soldats survivants dont l’un d’entre eux lui dit :

- « Il n’est pas prudent pour toi de rester ici. L’ardeur des croisés peut les encourager à venir contre nous et nous serons capturés dans cet état. » Nour ad-Din le réprimanda et lui demanda de garder le silence. - « Si j’avais mille chevaux avec moi, » dit-il, « Je leur ferais face sans m’inquiéter d’eux. Par Allah, je ne me mettrai à l’abri sous aucun toit jusqu’à ce que je me sois vengé et l’Islam. »

Il envoya alors des messagers à Alep et à Damas et demandant de l’argent, des vêtements, des tentes, des armes et des chevaux. Il remplaça tous ce que ses soldats avaient perdus sur la base de leur parole et l’armée fut restituée comme si elle n’avait pas subi de défaite et le fief de chaque homme tué fut donné à ses enfants.

 

Quant aux croisés, qu’Allah les maudisse, après cette défaite qu’ils infligèrent ils eurent l’intention d’attaquer Homs parce que c’était le territoire le plus proche d’eux. Cependant, quand ils entendu dire que Nour ad-Din s’était posté entre eux et leur projet, ils dirent : « Il ne l’aurait pas fait sans avoir la force pour s’opposer à nous. »

 

Quand les hommes de Nour ad-Din virent la grande quantité de sa dépense, l’un d’entre eux vint et lui dit :

- « Dans tes terres tu as beaucoup de pensions et des aumônes payées aux juristes, aux mendiants, aux dévots, aux soufis, aux lecteurs de Qur’an et d’autres de ce genre. Si tu avais utilisé ces fonds à ce moment particulier, cela serait plus utile. » Cela le rendit furieux et il répondit :

- « Par Allah, mon seul espoir pour la victoire est à travers ces hommes. « C’est seulement par vos faibles que vous êtes soutenus et obtenez la victoire[1]. » Comment puis-je je couper les subventions d’hommes qui luttent pour moi avec des flèches qui ne manquent pas leurs cibles quand je dors sur mon lit et les distribuer à ceux qui luttent pour moi seulement quand ils peuvent me voir, avec des flèches qui peuvent toucher ou manquer ! Ces gens ont une part dans le porte-monnaie publique ; comment puis-je donc juridiquement le donner à d’autres ? »

 

Les croisés communiquèrent alors avec Nour ad-Din et lui demandèrent une trêve qu’il refusa. Ils laissèrent une force pour protéger Hisn al-Akrad et revinrent sur leurs terres.

 

Cette année un feu éclata à Baghdad de l’entrée de la rue Farashah et se propagea des deux côtés et aussi loin que le Quai des Teinturiers.

 

 

Compte-rendu de l’expédition de Shirkouh et des troupes de Nour ad-Din en Egypte et de leur retour

 

 

 

La défaite des croisés et la chute de Harim

 

 

 

 

Comment Nour ad-Din prit aussi la citadelle de Banyas

 

 

De la mort de Jamal ad-Din le vizir et un petit résumé de sa carrière

 

Le vizir de Qoutb ad-Din le seigneur de Mossoul, Jamal ad-Din Abou Ja’far Muhammad Ibn ‘Ali Ibn Abi Mansour al-Isfahani, mourut cette année au mois de Sha’ban alors qu’il était en état d’arrestation. Il avait été arrêté en l’an 558 de l’Hégire (1162) et resta emprisonné durant environ une année.

 



[1] Célèbre Hadith du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui).