L’inévitable route vers la confrontation majeure

 

 

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La bataille décisive de Hattin

 

L’armée de Salah ad-Din se mit alors en marche tandis qu’au même moment, les croisés informés de ses mouvements tinrent un conseil de crise que pas un seul d’entre eux ne manqua qu’il soit roi, commandant ou chef et tous se préparèrent avec leurs armées pour la décisive bataille contre Salah ad-Din qui avait fait ses préparatifs pour cette rencontre inévitable après avoir recherché le secours du Miséricordieux et Son aide.

Les croisés appelèrent alors à la guerre sainte et astiquèrent leurs croix et leurs armures tandis que l’intention de Salah ad-Din était le Jihad fis-Sabilillah, une guerre séparée par deux océans, le premier pour l’élévation du culte de la croix et du polythéisme et l’autre pour l’élévation du Verbe Suprême d’Allah l’Unique sans associé ni enfant et la défense des Musulmans et de leurs terres !

 

L’armée de Salah ad-Din s’élevait au total à 13 000 hommes avec les volontaires et celle des croisés à 63 000 combattants qui portaient avec eux Salib as-Salabout (une croix dans laquelle était (soit disant) enchâssé un morceau de bois de la croix sur laquelle Jésus, paix sur lui, (n’)aurait (pas) été crucifié, comme la fausse lance).

 

J’aimerai marquer une petite parenthèse pour vous donner certains chiffres qui ont été rapporté sur cette bataille. J’ai choisi wikipedia.org puisque la page a de bien, qu’elle est traduite en plusieurs langue, on va donc voir ce que la traduction en ces langues a donné et j’ai commencé par l’anglais :    

C= Croisés M= Musulmans

Battle of Hattin C= 20 000 M= 30 000

معركة حطين C= 65 000 M=25 000

Batalla de Hattin C= 20 000 à 30 000 M= 15 000 à 20 000

Bitva u Hattínu C= 20 000 M= 18 200

Schlacht bei Hattin C= 22 000 M= 45 000

Μάχη του Χαττίν C= 17.200 M= 30 000

Batalla de los Cuernos de Hattin C= 30 000 à 50 000 M= Total: 20 000 pour : 2 200 caballeros, 15 000 infantes et 500 turcoples. Vous n’aurez pas assez d’allumettes pour vérifier le total prenez donc une calculette et regardez si ça fait 20 000 !)

Batalo apud Hattin C= 12 000 à 20 000 M= 21 200

Bataille de Hattin C= 20 000 à 25 000 M= 30 000 à 60 000

하틴 전투 C= Approximativement (je cite) 30 000 Croisés M= Approximativement (je cite) 21 000. Page traduite avec Google Translation)

Battaglia di Hattin C= 19 600 M= 20 000

Битка кај Хатин C= 20.000 M= 20.000

Slag bij Hattin C= 12 000 à 20 000 M= 20 000

ヒッティーンの戦い C= 30 000 M= 21 200

Slaget ved Hattin C= 22 000 M= 30 000 à 35 000.

 

J’arrête ici parce que je me suis rendu compte que les gens ont traduit bêtement et parfois inversé les chiffres donc ce n’est pas sérieux de toute manière le nombre d’exemple est suffisant pour confirmer la malhonnêteté de certains et la cécité des autres. Et puis, il y aussi le fait que l’on mentionne que 17 000 musulmans ont trouvé la mort au cours de la bataille qu’ils ont pourtant gagné, c’est ce que j’appelle le syndrome de « la tapette à moucheron » ou de « la mouche tsé-tsé » oui, parce que comment auraient-ils pu gagner la bataille avec autant de morts !

Je n’ai pas cherché sur les sites spécialisés ou dans mes livres car le résultat aurait été de toute manière le même.

Revenons à notre présentation de la seconde croisade avant de laisser la place à la chronologie d’Ibn al-Athir.

 

Salah ad-Din sur sa route pour rencontrer les croisés passa par Tibériade (Tabariyah) qu’il conquit tandis que la force croisée s’enferma dans la même forteresse que Salah ad-Din refusa d’assiéger pour ne pas perdre de temps et poursuivit sa route. Arrivé au Lac de Tibériade, une place stratégique, il en ferma l’accès et les croisés souffrirent de la soif d’autant plus que c’était l’été et que la chaleur était élevée cependant, les croisés réussirent à lever le blocus.

Puis al-Malik an-Nassir Salah ad-Din se dirigea vers la région montagneuse à l’ouest de Tibériade près d’un village nommé Hattin, en Palestine, ou se trouverait le tombeau du Prophète Shou’ayb, paix sur lui.

 

Sous une intense chaleur d’été, le vendredi 24 du mois de Rabi’ Akhir, les deux armées se firent face et le samedi 25 du même mois de l’année 583 de l’Hégire (1187), Salah ad-Din ordonna à ses hommes de lancer du naphte sur les broussailles sèches et craquantes et d’y mettre le feu qui se propagea rapidement, à cause de la chaleur, sous les pattes des montures des croisés.

Lorsque la panique gagna les bêtes, il ordonna alors à son escadron d’archers de couvrir les ennemis d’Allah sous une pluie de flèches si bien qu’un très grand nombre de leurs chevaux périrent alors le sultan moujahid Kabbara (lanca le cri de guerre des Musulmans, Allahou Akbar) et ordonna de lancer un assaut sincère pour l’élévation de la parole suprême de l’Unicité Divine et les chevaux d’Allah s’élancèrent pour écraser les rangs des croisés et Allah le Très Haut donna la victoire à Ses soldats et l’armée musulmane pulvérisa l’armée des croisés et la vainquit avec la permission d’Allah le Contraignant (al-Qahhar). Trente mille croisés trouvèrent la mort au court de la bataille et trente mille autres furent fait prisonnier tandis que tous les rois et les commandants, excepté le roi de Tarablous Raymond III qui réussit à s’enfuit mais qui allait mourir de chagrin et de désespoir quelques jours après son retour dans son royaume, furent fait prisonnier et la « croix de la crucifiction » abandonnée dans la poussière de la bataille fut récupérée par Salah ad-Din.

 

Puis, le sultan al-Malik an-Nassir, le fléau des croisés, s’assit dans sa tente en compagnie des rois et des princes croisés et offrit de l’eau glacée à Guy de Lusignan, le roi de Bayt al-Maqdis, qui après avoir bu donna l’eau au maudit Arnat sans avoir demandé la permission à Salah ad-Din ce qui le mis en colère. Il se leva alors et s’approcha d’Arnat et lui rappela toutes ses perfidies et ses traitrises malgré les traités de paix et saisissant son sabre, il lui trancha la tête. Salah ad-Din ordonna alors de tuer tous les templiers et les hospitaliers bien connus pour leur implacable haine contre l’Islam et les Musulmans. Et quiconque de ses soldats lui ramenait un hospitalier ou un templier, il lui offrait 50 dinars pour le récompenser, une somme énorme pour l’époque. Quant au reste des prisonniers, ils furent envoyés à Damas.

 

Des hospitaliers et des templiers

 

Le retour de Jérusalem aux Musulmans grâce aux efforts de Salah ad-Din

 

 

Les Allemands, les Français et les Anglais lancent la troisième croisade    

 

 

 

 

Comment les deux fils de Zanki, Sayf ad-Din Ghazi et Nour ad-Din Mahmoud prirent le pouvoir

 

La rébellion d’Edesse après la mort de l’Atabeg

 

 

Comment les gens de Gabes se soumirent aux croisés et comment les Musulmans l’ont reconquise

 

Avant l’année 542 de l’Hégire (1147), le seigneur de la ville de Gabes était un homme nommé Roushayd qui mourut en laissant quelques fils. Un de ses esclaves affranchi appelé Youssouf choisit son plus jeune fils Muhammad qu’il installa sur le trône et expulsa le fils ainé appelé Mou’ammar. Youssouf assuma la charge de la ville et exerça l’autorité sur Muhammad à cause de son jeune âge.

Certains incidents comme l’agression sexuelle des femmes de son ancien maître se produisirent dont il fut tenu pour coupable. Une des femmes était des Banou Qourrah et elle envoya un message à ses frères se plaignant de sa situation. Quand ses frères vinrent pour la prendre, Youssouf les arrêta et dit : « C’est l’épouse de mon maître, » et refusa de la livrer. Les Banou Qourrah et Mou’ammar Ibn Roushayd allèrent donc trouver al-Hassan, le seigneur d’Ifriqiyah et plaignirent à lui de ce qu’Youssouf faisait. Al-Hassan lui écrivit mais Youssouf ne porta aucune attention à sa lettre et dit : « Si al-Hassan ne me laisse pas en paix, j’abandonnerai Gabes au roi de Sicile. » Al-Hassan leva une armée pour l’attaquer et quand Youssouf en fut informé, il envoya un messager à Roger le roi de Sicile et lui offrit sa soumission lui disant : « Je veux que tu me donnes une robe d’honneur et me nomme gouverneur de Gabes pour être ton député, comme tu as fait avec les Banou Matrouh à Tripoli (en Libye). Roger lui envoya des robes et une attestation. Il s’habilla des vêtements de cérémonie et l’attestation de sa nomination fut lut devant les hommes importants.

Sur ce, al-Hassan et ses troupes s’équipèrent en conséquence et marchèrent sur Gabes qu’ils mirent sous siège. Les citoyens se rebellèrent contre Youssouf à cause de sa politique de soumission aux mécréants et ils livrèrent la ville à l’armée d’al-Hassan. Youssouf se fortifia dans la citadelle mais ils l’assaillirent jusqu’à la prendre et Youssouf fut pris prisonniers. Mou’ammar Ibn Rashid et les Banou Qourrah le torturèrent, coupèrent son pénis et l’insérèrent dans sa bouche avant de lui faire subir une variété de tortures.

Mou’ammar redevint le souverain  de Gabes à la place de son frère Muhammad et les Banou Qourrah emmenèrent leur sœur. ‘Issa le frère de Youssouf et le fils de Youssouf s’enfuirent chez Roger, le roi de Sicile et lui demandèrent protection puis se plaignirent de leur traitement ce qui rendit Roger furieux et le disposa pour la conquête d’al-Mahdiyyah comme nous le mentionnerons en l’an 543 (1148) si Allah Exalté le veut.

 

Un incident que chaque homme sage devrait s’inquiéter

 

Ce même Youssouf, le seigneur usurpateur de Gabes, avait envoyé un messager à Roger en Sicile. Lui et l’envoyé d’al-Hassan le seigneur d’al-Mahdiyyah se croisèrent avant de rencontrer Roger et une dispute éclata entre les deux envoyés. L’envoyé de Youssouf mentionna al-Hassan et les problèmes qu’il avait provoqué et blâma sa conduite. Ils revinrent tous les deux en même temps chacun naviguant dans son propre navire. L’envoyé d’al-Hassan écrivit un rapport à son maître qu’il envoya par pigeon ou il l’informa du comportement de l’envoyé de Youssouf. Al-Hassan envoya certains de ses hommes en mer qui capturèrent l’envoyé de Youssouf et l’apportèrent devant al-Hassan. Il le réprimanda alors en lui disant : « Tu as donné le contrôle des terres musulmanes aux croisés et permis à ta langue débridée de me critiquer ! » Il le fit coiffer d’un chapeau pointu munie de clochettes puis le monta sur un chameau et le parada dans la ville tandis qu’un crieur proclamait : « Ceci est la récompense de quiconque tente de rendre les croisés maîtres des terres musulmanes. » Quand il atteignit le centre d’al-Mahdiyyah, la population se leva et le lapidèrent à mort (et c’est ainsi que les Musulmans devraient traiter leurs dirigeants actuels et leurs sbires en vérité).

 

Nour ad-Din Mahmoud Ibn Zanki prend plusieurs places aux croisés

 

 

Récit de la capture de la ville d’al-Mahdiyyah en Ifriqiyah par les croisés

 

Nous avons déjà mentionné comment la famille de Youssouf, le seigneur usurpateur de Gabes, en l’an 541 de l’Hégire (1146), alla chez Roger le roi de Sicile et demanda son assistance ce qui le mit en colère contre al-Hassan Ibn ‘Ali Ibn Yahya Ibn Tamim Ibn al-Mou’iz Ibn Badis as-Sanhaji, le souverain d’Ifriqiyah avec qui il avait un traité de paix depuis plusieurs années. Il savait qu’il avait manqué la chance de conquérir la terre pendant l’épreuve de famine qui les avait affligés partout dans le Maghrib de l’année 537 de l’Hégire (1142) jusqu’à cette présente année soit l’année 543 (1148). Et la pire année fut certainement l’an 542 (1147) quand les gens abandonnèrent leurs villes et villages et immigrèrent en très grand nombre dans une ville de Sicile. Roger profita donc de ces temps difficiles et construisit une très large flotte qui s’éleva à environ 250 galères qu’il remplit d’hommes, d’armes et de provisions.

La flotte navigua de Sicile à l’île de Pantelleria entre al-Mahdiyyah et la Sicile ou ils trouvèrent un navire qui était venu d’al-Mahdiyyah. L’équipage fut saisi et amené devant George, le commandant de la flotte. Il les questionna sur l’état de l’Ifriqiyah et comme il trouva à bord une cage de pigeons, il leur demanda s’ils avaient déjà dépêché l’un d’entre eux mais ils jurèrent qu’ils n’en n’avaient envoyé aucun. Il ordonna alors à l’homme qui avait les pigeons d’écrire : « Quand nous sommes arrivés dans l’île de Pantelleria, nous avons trouvé des navires de Sicile. Nous les avons questionnés sur leur flotte et il nous fut répondu qu’elle naviguerait vers les îles de Constantinople. »

Le pigeon fut libéré et atterrit à al-Mahdiyyah ou l’émir al-Hassan et les gens furent ravis. Le plan de George était d’arriver à l’improviste. Il mit donc les voiles en ayant l’intention d’atteindre al-Mahdiyyah à l’aube pour l’investir avant que les habitants ne s’enfuient et l’aurait-il fait, pas un seul d’entre eux n’aurait survécu. Cependant, Allah Tout Puissant décréta contre eux un vent furieux qui les choqua et ils ne purent progresser  que par la force des rames et le 2 du mois de Safar cette année, le jour se leva avant qu’ils arrivent. Les gens les aperçurent et quand George réalisa et que son plan sournois avait échoué, il envoya à l’émir al-Hassan un message disant : « Je suis venu avec cette flotte simplement pour venger Muhammad Ibn Roushayd, le seigneur de Gabes et lui restituer son pouvoir. Quant à toi, il y a encore un traité entre nous qui n’a pas expiré et nous voulons qu’une de tes armées nous rejoigne. »

Al-Hassan réunit les principaux juristes et les notables qu’il consulta. Ils dirent :

- « Permet-nous de lutter contre notre ennemi, car notre ville est forte. » Il répondit :

- « Je crains qu’il ne débarque et nous assiègent par terre et mer et nous coupe de nos provisions car nous n’avons pas assez de nourriture pour résister plus d’un mois et nous serons alors pris par la force. J’estime que sauver les Musulmans de la captivité et de la mort est mieux que de continuer à régner. Il m’a demandé de surcroit une armée contre lutter contre Gabes. Si je me conforme, il m’est illicite d’aider les mécréants contre les Musulmans et si je refuse, il dira : « Le traité de paix entre nous est rompu. » Il cherche simplement à nous distraire jusqu’à ce qu’il puisse nous éliminer de la terre. Nous n’avons pas le pouvoir de lutter contre lui. La meilleure solution est de partir avec nos femmes et enfants et abandonner la ville et quiconque veut faire comme nous, permettez-lui de se dépêcher de nous rejoindre. »

Il ordonna alors un départ immédiat et prit avec lui quiconque se présenta avec un chargement léger. Les gens partirent paniqués avec leurs femmes et enfants ainsi que leurs biens et meubles légers tandis que certaines personnes se cachèrent chez les Chrétiens et dans les églises. La flotte resta en mer les deux tiers du jour retenue par le vent d’atteindre al-Mahdiyyah. Et de tous ceux qui avaient projeté de partir pas un seul ne resta. Alors les croisés arrivèrent et entrèrent dans la ville sans opposition. George entra dans le palais et le trouva intact puisque al-Hassan avait seulement prit les trésors royaux légers et plusieurs de ses concubines s’y trouvaient encore. George vit les réserves pleines de trésors précieux et d’objets rares dont il n’existait nul pareil qu’il rassembla avec les femmes d’al-Hassan dans son palais.

 

Ceux de la dynastie de Ziri Ibn Manad qui régnèrent  jusqu’à al-Hassan étaient au nombre de neuf. La période de leur souveraineté fut de 208 années, de l’année 335 (946) jusqu’en l’an 543 de l’Hégire (1148). Un des commandants d’al-Hassan envoya à Roger un message pour demander la sécurité pour sa personne et sa famille et ne partit pas avec les autres. Quand la ville fut prise, elle fut pillée pendant deux heures et ensuite la sécurité générale fut proclamée si bien que ceux qui s’étaient cachés apparurent. Dans la matinée du jour suivant, George envoya un messager aux Arabes qui étaient proches et lorsqu’ils vinrent chez lui, il les traita généreusement et leur donna des généreuses sommes d’argent. Il envoya aussi plusieurs des soldats d’al-Mahdiyyah, qui étaient restés avec une garantie de sécurité pour les habitants d’al-Mahdiyyah qui étaient partis, avec des montures pour transporter leurs bébés et leurs femmes qui étaient dur le point de mourir de faim, bien qu’ils aient caché leur richesse et leur économie dans al-Mahdiyyah. Quand ils reçurent la garantie pour leurs vies, ils revinrent et avant qu’une semaine se soit écoulée, la plupart des habitants étaient revenus.

 

Quant à al-Hassan, il poursuivit sa route avec sa famille et ses enfants dont douze fils en dehors des filles et ses provisions personnelles vers Mouhriz Ibn Ziyad, qui était à al-Mou’allaqah. Il fut rencontré en route par un émir arabe appelé Hassan Ibn Tha’lab qui lui demanda de l’argent qui lui était dû pour son administration. Al-Hassan ne voulut pas sortir d’argent de peur que la convoitise ne le pousse à tout lui prendre et lui livra son fils Yahya comme une garantie avant de poursuivre sa route. Le deuxième jour, il arriva chez Mouhriz qu’il préférait sur tous les Arabes et le traita généreusement en lui donnant une grande partie de sa richesse. Mouhriz l’accueillit chaleureusement et exprima sa douleur sur ce qui lui était arrivé. Al-Hassan resta plusieurs mois avec lui bien qu’il fut mécontent de son séjour. Il voulut alors partir pour l’Egypte chez le calife ‘oubaydi al-Hafiz et acheta un navire pour son voyage. George entendu parler de son départ et déploya des galères pour le saisir mais al-Hassan renonça à ce plan et décida d’aller chez ‘Abdel-Mou’min au Maghreb.

Il envoya ses fils ainé, Yahya (qu’il avait récupéré entre temps), Tamim et ‘Ali à Yahya Ibn al-‘Aziz des Banou Hammad qui étaient des cousins en demandant la permission de venir chez lui, renouveler ses relations et voyager de là vers ‘Abdel-Mou’min. Yahya donna sa permission et il se mit en route. Quand il arriva, Yahya ne le rencontra pas mais l’envoya ainsi que ses fils à Jaza'ir Bani Mazghannan qui désigna des hommes pour le garder et l’empêcher de toute liberté d’action. Ils restèrent donc dans cet état jusqu’à ce que ‘Abdel-Mou’min conquit Bougie en l’an 547 de l’Hégire (1152) ou ils vinrent le trouver et nous rapporterons dans cette année ce qui lui est arrivé.

 

Lorsque George fut établi dans al-Mahdiyyah, il envoya une semaine plus tard, une flotte à Sfax et une autre à Sousse. Quand la population de Sousse entendit les nouvelles d’al-Mahdiyyah, le gouverneur, ‘Ali le fils de l’émir al-Hassan quitta la ville pour se rendre chez son père et les gens partirent en même temps si bien que les croisés, qu’Allah les maudisse, entrèrent sans lutte dans la ville le 12 Safar. Quant aux habitants de Sfax, ils furent rejoints par beaucoup d’Arabes qui les renforcèrent et quand les croisés attaquèrent, ils sortirent en avant contre eux. Les croisés feignirent la fuite et les gens les poursuivirent jusqu’à ce qu’ils soient éloignés de la ville alors ils firent demi-tour pour les rencontrer. Certains s’enfuirent vers la ville et certains vers les champs et beaucoup d’entre eux furent tués.

Le 23 du mois de Safar, les croisés entrèrent dans la ville après un féroce combat et un immense nombre de personnes furent tuées. Les hommes survivants furent pris prisonnier et les femmes asservies. Des garanties de sécurité furent alors proclamés et les habitants retournèrent dans la ville et rançonnèrent leurs femmes et leurs enfants. Après le massacre, les gens de Sousse, de Sfax et d’al-Mahdiyyah furent correctement traités. Plus tard, des lettres de Roger pour toutes les populations d’Ifriqiyah arrivèrent avec des garanties de sécurité, de propriété et des promesses équitables.

Quand l’état du pays retourna à la norme, George procéda avec une flotte au fort de Kalibiyaf. Après son arrivée, les Arabes entendirent de ces nouvelles et s’y réunirent. Les croisés débarquèrent pour attaquer et lors de la bataille qui s’ensuivit, ils furent vaincus et un grand nombre d’entre eux furent tués avant qu’ils ne se retirent déroutés à al-Mahdiyyah. Les croisés contrôlèrent dès lors la côte de Tripoli jusqu’à presque Kairouan. Et Allah est Plus Savant !

 

Al-Mahdiyyah

 

 

Comment les croisés assiégèrent Damas et ce que Sayf ad-Din Ghazi Ibn Zanki fit

 

 

Comment Nour ad-Din Mahmoud Ibn Zanki prit la forteresse d’al-‘Ouraymah

 

 

De la défaite des croisés à Yaghrah

 

 

La mort de Sayf ad-Din Ghazi, le fils d’Atabeg Zanki et la succession de son frère Qoutb ad-Din

 

De l’assassinat du seigneur d’Antioche et la défaite des croisés

 

Cette année, Nour ad-Din Mahmoud Ibn Zanki attaqua le territoire croisé en direction d’Antioche. Il marcha sur la forteresse de Harim aux mains des croisés, l’assiégea, détruisit sa banlieue et pilla son arrière-pays. Il partit alors pour la forteresse d’Inab, qu’il assiégea aussi. Les croisés se rassemblèrent avec le seigneur d’Antioche, d’Harim et les régions avoisinantes pour le forcer à quitter Inab mais Nour ad-Din avança à leur rencontre et une féroce bataille fut livrée. Nour ad-Din prit une part directe dans le combat ce jour-là. Les croisés, malédiction d’Allah sur eux, subirent une écrasante défaite et un grand nombre d’entre eux furent tués et autant capturés.

Parmi les tués se trouvait le seigneur d’Antioche qui était le plus extrémiste et un de leurs grands chefs. Après sa mort son fils, Bohémond qui était encore un enfant lui succéda tandis que sa mère se maria avec un deuxième prince pour gouverner la terre jusqu’à ce que son fils ait grandi et qui resta avec elle dans Antioche.

 

Plus tard, Nour ad-Din entreprit un autre raid contre eux. Ils se rassemblèrent de nouveau et l’affrontèrent mais ils furent vaincus. Un certain nombre de leurs hommes furent tués et d’autres capturés. Parmi les prisonniers se trouvaient le deuxième prince, le beau-père de Bohémond et ce dernier prit le contrôle d’Antioche. Les poètes firent beaucoup d’éloges pour féliciter Nour ad-Din de cette victoire, puisque l’assassinat du prince eut de grandes conséquences pour les deux côtés.

Al-Qayssarani, un de ces poètes dit dans son ode célèbre :

« Celle-ci sont les déterminations, pas ce que les plumes prétendent,

Celle-ci sont les nobles qualités, pas ce que les livres mentionnent.

Celle-ci sont les ambitions, qui, quand elles sont poursuivies,

Poètes et sermons trébuchent le long de leurs voies.

O fils de ‘Imad ad-Din, tu as serré les mains avec leur plus haut,

Avec une main faite pour de grandes entreprises accomplies avec peine.

Ton aïeul ne cessa pas de construire chaque bâtiment élevé,

Jusqu’à ce qu’il construise un dôme dont les supports sont des météores.

Tes sabres ont produit chez les croisés une secousse,

Qui fait battre plus rapidement le cœur de la grande Rome.

Avec eux, tu portas à leur chef un coup destructeur

Qui détruisit sa détermination et rabaissa les croix.

Tu as purifié la terre de l’ennemi avec leur sang

Dans une purification qui rendit chaque épée polluée. »

 

Récit de la dispute entre le souverain de Sicile et l’empereur byzantin

 

Il y eut durant cette année, un désaccord entre Roger le souverain de Sicile et l’empereur de Constantinople qui se livrèrent un grand nombre de batailles et qui se poursuivirent durant plusieurs années ce qui les détourna des Musulmans. Si cela n’avait pas été le cas, Roger aurait pris toutes les terres d’Ifriqiyah.

Les combats entre eux eurent lieu sur terre et mer et le souverain de Sicile les remporta au point que sa flotte arriva dans la ville de Constantinople et entra dans la bouche du port où plusieurs des galères byzantines furent capturées et un certain nombre de prisonniers pris. Ses hommes tirèrent des flèches vers les fenêtres du palais impérial. La personne derrière ces exploits contre les Byzantins et les Musulmans n’était autre que George, le vizir du souverain sicilien. Ce dernier fut  atteint d’un certain nombre de maladies dont les hémorroïdes et les pierres (calcul ?). Il mourut en l’an 546 de l’Hégire (1151) et le désaccord cessa. Les gens furent soulagés de son mal et de ses vils complots. Le souverain de Sicile n’eut personne pour le remplacer après lui.

 

 

Cette année, il y avait un terrible tremblement de terre et on a dit qu’une montagne en face de Houlwan s’enfonça dans la terre.

 

Cette année aussi, Abou al-Mouzaffar Yahya Ibn Houbayrah devint le vizir du calife al-Mouqtafi Li-Amrillah qui avait été précédemment le chef du Bureau de Contrôle. Il montra une grande compétence quand les troupes campèrent à l’extérieur de Baghdad et une excellente adresse pour les faire retourner. Le calife était passionné de lui et le nomma vizir le mercredi 4 du mois de Rabi’ Thani de l’année 544 de l’Hégire (1149) alors que la lune était dans le quart de Saturne. Quelqu’un lui dit : « Il aurait été mieux de retarder la remise de la robe d’office à cause de ces aspects de quarts. » Il répondit alors : « Y a-t-il quelque chose de plus  propice que de devenir le vizir du calife ? » Et il s’habilla de la robe ce jour-là.

 

Toujours cette année au mois de Mouharram, les prix baissèrent en Irak. Les bonnes choses furent abondantes et les campagnards quittèrent la ville pour leurs villages.

 

Comment les bédouins attaquèrent la caravane de pèlerin

 

Le 14 Mouharram de l’année 545 de l’Hégire (1150), les bédouins arabes des Bani Zoughb et leurs alliés encerclèrent et attaquèrent la caravane de pèlerin à al-Gharabi, entre La Mecque et Médine et seuls quelques pèlerins réussirent à s’enfuir.

La raison est que Nazar, l’émir du Pèlerinage retourna à al-Hillah comme nous l’avons déjà rapporté et Qaymaz al-Arjouwani, qui était un jeune inexpérimenté, accompagna la caravane à La Mecque. Lorsque l’émir de La Mecque vit Qaymaz, il le considéra inoffensif et l’idée de piller les pèlerins devint une certitude. Qaymaz géra le voyage avec succès jusqu’à ce qu’il se mit en route pour le retour.

Lorsqu’il quitta La Mecque, il entendu dire que les Arabes s’étaient rassemblés et avaient dit aux pèlerins : « Le meilleur chemin pour vous est de ne pas aller à Médine. » Les Perses provoquèrent un tapage et menacèrent de se plaindre de lui au Sultan Sanjar. Il leur dit donc : « Alors donnez de l’argent aux bédouins pour empêcher les problèmes qu’ils pourraient nous causer, » mais ils refusèrent de le faire. Il les accompagna aussi loin qu’al-Gharabi, qui est une station juste après (ou avant dépendant du sens de la marche) un étroit passage entre deux montagnes. Les Arabes les attendaient à l’entrée du défilé. Qaymaz et ses hommes luttèrent contre eux mais quand il vit qu’il était trop faible, il accepta un laisser passer pour lui. Les pèlerins furent submergés, leurs marchandises et tout ce qu’ils avaient avec eux fut pris comme butin. Les gens se dispersèrent dans le désert et un trop grand nombre pour compter périrent. Seul quelques-uns survécurent et certains d’entre eux atteignirent Médine d’où ils furent envoyés vers leurs terres. D’autres restèrent avec les bédouins jusqu’à ce qu’ils aient trouvé une solution pour se libérer.

Plus tard, Allah Exalté aida les pèlerins contre les Zoughb qui diminuèrent et déclinèrent. J’ai vu un jeune de leur clan dans Médine durant l’année 576 de l’Hégire (1180) avec qui j’eus une conversation et au cours de laquelle je lui dis :

- « Par Allah, j’étais prêt à te témoigner de la sympathie jusqu’à ce que j’ai entendu dire que tu étais de Zoughb alors je me suis rétracté et crains que tu me fasses des problèmes. » Il demanda :

- « Pour quelle raison ? » A quoi je répondis :

- « A cause de votre pillage de la caravane de pèlerin. »

- « Je n’étais pas vivant à cette époque », dit-il. « Comment pensez qu’Allah nous a traités ? Par Allah, nous n’avons pas prospéré, ni avons été réussis. Nos nombres ont diminué et nos ennemis sont impatients de nous détruire. »

 

De la prise du château d’Apamée

 

 

De la défaite Nour ad-Din face à Josselin et de la capture ultérieure de Josselin

 

 

 

Cette année, le barrage à Nahrawan que Bahrouz avait bâti éclata à cause de l’augmentation excessive du Tamarra et de la négligence de son entretien. Ce fut très sérieux et causa beaucoup de pertes aux gens.

 

De même cette année, l’émir Qoujouq se rendit avec un corps des troupes du sultan Sanjar à Touraythith dans le Khorasan et attaqua le territoire ismaélien. Ils pillèrent les maisons, asservirent, détruisirent et incendièrent puis firent des choses terribles aux habitants avant de revenir saufs.

 



[1] Comme vous le savez, juridiquement les ismaéliens, les battini, les hashashiyine, les ‘oubaydi et toutes les sectes hérétiques déviantes comme eux sont des mécréants.