La capture de Tripoli de l’Ouest

 

 

Récit de l’assassinat de l’Atabeg ‘Imad ad-Din Zanki et quelques remarques biographiques

 

Le 5 du mois de Rabi’ Thani, l’Atabeg et Martyr ‘Imad ad-Din Zanki Ibn Aqsounqour, le seigneur de Mossoul et de Syrie fut tué alors qu’il assiégeait Qal’at Ja’bar. Plusieurs de ses Mamalik l’assassinèrent la nuit et s’enfuirent à Qal’at Ja’bar. Les défenseurs crièrent aux assiégeants pour leur annoncer son meurtre et manifestèrent leur joie. Ses hommes entrèrent dans sa tente et le trouvèrent agonisant, puisse Allah Exalté lui faire miséricorde.

 

Mon père m’a raconté sur l’autorité d’un des proches compagnons de Zanki qu’il a dit : « Je suis entré immédiatement, pendant qu’il était toujours vivant. Quand il m’a vu, il croyait que j’avais l’intention de le tuer. Il m’a fait un geste avec son index, en me suppliant. Je me suis arrêté par crainte révérencielle de lui et dit : « Mon seigneur, qui vous a fait cela ? » Il fut cependant incapable de parler et son âme fut ôtée à ce moment, puisse Allah lui faire miséricorde. »

 

Il a dit aussi : « Il était un bel homme, brun avec des yeux charmants. Ses cheveux avaient tourné gris. Il était âgé de plus de soixante ans et il était un jeune garçon quand son père fut exécuté, ce que nous avons déjà rapporté. Après sa mort il fut enterré à ar-Raqqa. »

 

Il fut tenu dans une grande crainte révérencielle par ses troupes et ses sujets et il était un redoutable politicien. Nul puissant sujet ne fut capable d’opprimer le faible. Ses terres, avant leurs conquêtes étaient ruinées à cause de l’injustice, des nombreux changements de gouverneur et la proximité des croisés. Il les développa si bien qu’elles devinrent florissantes et très peuplées.

 

Mon père m’a dit : « J’ai vu Mossoul alors qu’elle était ruinée si bien qu’un homme debout près du quartier des tambours pouvait apercevoir l’ancienne mosquée, le marché et la maison gouvernementale, parce qu’il n’y avait aucun bâtiment entre eux. Personne ne pouvait se rendre à l’ancienne mosquée à moins qu’il n’ait quelqu’un avec lui pour le protéger, parce qu’elle était éloignée de toute habitation. De nos jours, elle est au centre d’une région en construction et il n’y a plus de terres vides.

 

Il m’a dit aussi que : « Zanki vint un hiver à Jazirat. L’émir ‘Izz ad-Din ad-Doubayssi, un de ses émirs aînés, dont une partie de son fief était la ville de Daqouqa, entra et prit la maison d’un Juif. Le Juif fit appel à l’Atabeg et lui rapporta son cas. Zanki regarda fixement ad-Doubayssi qui recula, entra dans la ville et fit sortir ses bagages et ses tentes. Mon père a dit : « J’ai vu ses Mamalik ériger ses tentes dans la boue qu’ils couvrirent de pailles pour tenir la boue à distance. L’émir quitta alors la ville en prenant ses tentes et ses affaires. L’autorité de Zanki atteignit un tel niveau. »

 

Mossoul avait été une des terres les moins productives en fruits. Sous les jours de Zanki et ceux qui suivirent, elle devint une des plus productives en fruits, en plantes aromatiques et autres.

 

Zanki était extrêmement protecteur surtout des femmes des soldats. Il avait l’habitude de dire : « Si nous n’avions pas gardé les femmes de nos soldats par la peur que nous inspirons, elles auraient été corrompus à cause des absences fréquentes de leurs maris pour les campagnes. »

 

Il était une des plus braves des créatures d’Allah Exalté. A l’époque où il devint un souverain, il suffit de dire qu’il était présent avec l’émir Mawdoud, le seigneur de Mossoul, à Tibériade qui était occupée par les croisés. Il lanca une lance qui atteignit la porte de la ville et l’endommagea. Il attaqua aussi la citadelle de ‘Aqr al-Houmaydiyah, qui est sur une haute montagne et le lancer de sa lance atteignit le mur. Il y avait d’autres exploits semblables. Quant à la période après son accession au pouvoir, ses ennemis encerclèrent ses terres, que tous attaquaient et voulaient saisir mais il ne s’est pas contenter de simplement les protéger, avec pour résultat qu’aucune année ne passa sans qu’il ait prit des parts de leurs terres. Le calife al-Moustarshid Billah qui était son voisin dans la région de Tikrit attaqua Mossoul et l’assiégea. Près de lui dans la région de Shahrazour et ces parties, se trouvait le sultan Mas’oud. Il y avait aussi Ibn Souqman le seigneur de Khilat, Ibn Souqman Daoud le seigneur de Hisn Kayfa, le seigneur d’Amid et de Mardin et les croisés dans le voisinage de Mardin à Damas et finalement les souverains de Damas. Ces royaumes entouraient son royaume sur tous les côtés. Il attaqua celui-ci puis celui-là, prit de cette personne et cajola celle-là jusqu’à ce qu’il ait prit de chacun de ses voisins une étendue de terre. Nous avons rapporté tous ses exploits, l’histoire de son règne et les règnes de ses descendants dans notre livre al-Bahir et référence devrait être faite à ce travail.

 

 

  

Ruine de Qal'at ja'bar

Dirham de Sinjar de l'époque de 'Imad ad-Din Zanki



Chapitre Deux

 

Présentation des acteurs et résumé de la seconde croisade 

 

La deuxième croisade et son échec

 

 

 

 

 

L’ascension des Ayyoubi

 

Imiri I (Amaury I), le roi de Bayt al-Maqdis (Jérusalem) profita de l’occasion et décida d’attaquer l’Egypte bien que les ‘oubaydi soient ses alliés et prit la route de Gaza puis se dirigea vers al-‘Arish puis vers le désert ou il mena un certain nombre d’expédition au mois de Shawwal de l’année 558 de l’Hégire (1162) avant de se diriger vers la ville de Bilbis (Bilbeis) qu’il assiégea mais suite aux inondations qui submergèrent un grand nombre de terre, il dut se retirer tandis que Shawwar, après avoir été chassé, se rendit auprès de Nour ad-Din Mahmoud en Syrie. Shawwar lui proposa d’attaquer l’Egypte pour son compte si Nour ad-Din faisait de lui son député (na'ib) ainsi qu’un tiers des revenus de l’Egypte.

Nour ad-Din qui recherchait l’unification des terres musulmanes y vit l’occasion en or qu’il attendait d’autant plus que l’Egypte était considérée comme un  état vital pour les Musulmans et après avoir refusé durant un certain temps à cause de la perfidie des traitres ‘oubaydi, les alliés des croisés, il finit par accepter.

Après avoir levé une large armée, il confia la direction des opérations militaire au fameux commandant kurde Assad ad-Din Shirkouh Ibn Shadi qui marcha vers l’Egypte en compagnie de Shawwar Ibn Moujir. Dans cette armée se trouvait aussi un jeune âgé de vingt-sept ans et le fils du frère d’Assad ad-Din, Salah ad-Din Youssouf Ibn Ayyoub Ibn Shadi.

 

Les troubles en Egypte sous les derniers jours de la dynastie oubaydi et l’appel à l’aide aux croisés

 

 

Le rôle majeur de Nour ad-Din Mahmoud Zanki

 

 

 

La chute de l’état des ‘oubaydiyine et le retour de l’Egypte Sounnite

 

 

Les complots contre Salah ad-Din

 

L’année 569 de l’Hégire fut donc une année pleine d’évènements successifs pour Salah ad-Din qui ne souffla pas un instant suite aux complots successifs des hérétiques ismaéliens ‘oubaydi qui appelèrent à l’aide un certain nombre de fois les ennemis d’Allah et bien que l’Egypte soit redevenue Sounnite, les ‘oudaydi qui y vivaient appelèrent secrètement à l’aide une nouvelle fois le roi croisé de Bayt al-Maqdis Amaury I et lui demandèrent d’attaquer l’Egypte par terre puis aussi William II  le roi normand de Sicile à qui ils demandèrent de mener une attaque navale depuis le port d’Alexandrie et enfin, le Sheikh al-Jabal al-Hassan de Syrie de l‘ordre ismaélien battini des hashashiyine, à qui ils demandèrent d’envoyer des assassins pour éliminer Salah ad-Din.

Les hérétiques étaient si convaincus du succès de leur complot qu’il avait partagé le pouvoir entre eux mais Hayhatah, Hayhatah, Salah ad-Din fut informé par un de ses servants qui lui dévoila l’intégralité du complot et Salah ad-Din fit arrêter tous les conspirateurs qu’il fit crucifier.

De même, au sud de l’Egypte, à Assouan, un ‘oubaydi nommé Kanz ad-Dawlah réunit autour de lui un nombre importants d’hérétiques et semèrent la corruption sur terre mais ils furent anéantis par al-‘Adil Abi Bakr, le frère de Salah ad-Din au mois de Safar de l’année 570 de l’Hégire (1174). Ainsi les ‘oubaydi restants, la cinquième colonne, tentèrent par tous les moyens de déstabiliser Salah ad-Din et de retrouver le pouvoir mais toutes leurs actions furent vaines grâce à la Toute Puissance d’Allah Exalté puis à la vigilance de Salah ad-Din.

 

La mort de Nour ad-Din Mahmoud et le retour de la division

 

 

Nouvel assaut croisé

 



[1] Un grand nombre d’énuques furent introduit dans le gouvernement des Abbassides. Nous avons parlé de ces hommes mais je n’ai pas mentionné qu’ils étaient des énuques pour la bonne raison que cela est sans intérêt. Cette note est destinée à ceux qui connaissent l’histoire et qui aurait pu se poser la question sur l’absence de leurs mentions.

[2] Extrait de wikipedia.fr : « Prétextant le refus du basileus Manuel Ier Comnène de lui payer une somme due pour services militaires contre le prince Thoros II d’Arménie, il décide de lancer un raid contre Chypre, qui était alors un thème byzantin. Il s’allie avec son ennemi de la veille Thoros et débarque à Chypre au printemps 1155, défait sans difficultés la garnison byzantine, puis ravage systématiquement l’île : les champs cultivés sont brûlés, les troupeaux massacrés, les églises, les palais et les couvents pillés et incendiés, les femmes violées, les vieillards et les enfants ont la gorge tranchée, les hommes riches sont emmenés en otage et les pauvres décapités. Avant de quitter l’île avec son butin, Renaud fait rassembler tous les prêtres et les moines grecs et leur fait couper le nez avant de les envoyer à Constantinople. Même en cette époque où la piraterie contre Byzance est chose ordinaire, la violence de cette razzia indigne tous les chroniqueurs.

Très vite, les exactions de Renaud le rendront odieux à ses voisins Aleppins, aux Byzantins et à ses propres sujets. » Fin ce citation.





Marteau de guerre habiturelement utilisé pour porter en coup fatal en percant les casques