Récit du massacre des ismaéliens à Damas

 

 

Compte-rendu du siège de Damas par les croisés et leur défaite

 

 

‘Imad ad-Din conquiert la forteresse d’al-Atharib et de la défaite des croisés

 

 

 

Cette année Bohémond le seigneur d’Antioche fut tué.

 

Cette année aussi, les observations astronomiques eurent lieu dans le palais du sultan à l’est de Baghdad et fut entrepris par al-Badi’ al-Astourlabi, mais ne furent pas achevées.

 

À Baghdad, des scorpions volant avec deux dards apparurent et effrayèrent les habitants dont beaucoup souffrirent à cause d’eux.

 

Un grand tremblement de terre secoua l’Irak, ses terres supérieures, Mossoul et al-Jazirah au mois de Rabi’ Awwal qui provoqua de grandes destructions.

 

 

 

En l’an 525 de l’Hégire (1130), les hashashiyine attaquèrent Taj ad-Din Bouri Ibn Toughtakin, le seigneur de Damas et le blessèrent deux fois. L’une des blessures guérie mais l’autre s’infecta et resta douloureuse. Cependant, il tint des séances publiques, et sortit en public malgré sa faiblesse.

 

De la mort de Taj ad-Din al-Moulouk, seigneur de Damas

 

 

Comment Shams al-Moulouk reprit Banyas

 

Au mois de Safar de l’année 527 de l’Hégire (1132), le seigneur de Damas, Shams al-Moulouk reprit des croisés la forteresse de Banyas. Cela est dû au fait que les croisés le considérait faible et voulait l’attaquer. Ils décidèrent donc de rompre la trêve entre eux quand leurs yeux tombèrent sur les propriétés d’un groupe de commerçants damascènes à Beyrouth et qu’ils saisirent. Les marchands se plaignirent à Shams al-Moulouk qui leur écrivit pour leur demander de restituer ce qu’il avait pris et même après plusieurs demandes répétées, ils firent la sourde oreille. Son indignation et sa colère face à cette situation l’amenèrent à mobiliser ses troupes et à se préparer pour la guerre et personne ne sut quel était son objectif.

Il se mit en route à la fin du mois de Mouharram et sans donner aucune information sur sa destination, il descendit sur Banyas ou il arriva au mois de Safar. Il commença aussitôt ses opérations et réalisa une série d’assauts. Les croisés, qu’Allah les maudisse, n’étaient pas prêts et ne disposaient pas suffisamment de soldats pour résister. Il s’approcha de la muraille, démonta suivit par sa cavalerie et son infanterie, qu’il mina et entra par la force des armes. Les croisés qui s’y trouvait se réfugièrent et se fortifièrent dans la citadelle. Tous ceux qui ne purent le faire furent tués ou capturés et leurs propriétés saisies. Puis, il assaillit violemment la citadelle jour et nuit qu’il prit sur des conditions de capitulation, le 4 du mois de Safar, avant de revenir à Damas le 6 de ce même mois.

 

L’inimité entre les Musulmans et les croisés

 

Au mois de Safar, le roi des croisés, le seigneur de Jérusalem, se rendit sur son cheval dans les régions éloignées d’Alep ou il descendit de sa monture et se promena. L’émir Sawar, le gouverneur d’Alep, sortit à sa rencontre avec les troupes qu’il avait et beaucoup de Turcomans le rejoignirent. Ils livrèrent bataille près de Qinnassrine et un grand nombre furent tués des deux côtés. Les Musulmans se retirèrent à Alep et le roi croisé se promena librement dans les régions d’Alep. Sawar ressortit pour s’opposer à lui et tomba sur un détachement de croisés dont il tua la plupart d’entre eux et en captura un grand nombre. Les survivants s’enfuirent et revinrent défaits dans leurs terres. Ainsi le premier revers fut réparé par la dernière victoire. Sawar entra dans Alep avec ses captifs et les têtes des tués et ce fut un jour mémorable.

 

Plus tard, un corps de croisés d’Edesse vint attaquer les districts d’Alep. Sawar fut informé et sortit à leur rencontre en compagnie de l’émir Hassan al-Ba’labaki. Ils tombèrent alors sur eux et les décimèrent jusqu’au dernier homme dans les territoires du Nord. Ceux qui échappèrent à la mort furent pris prisonnier et ensuite, il revint en toute tranquillité à Alep.

 

Récit de la défaite du seigneur croisé de Tripoli

 

 

Comment Shams al-Moulouk prit Shaqif Tiroun et ravagea le territoire croisé

 

Au mois de Mouharram de l’année 528 de l’Hégire (1133), Shams al-Moulouk Isma’il marcha de Damas à Shaqif Tiroun, qui est sur une colline surplombant Beyrouth et Sidon et qui était tenu par ad-Dahhak Ibn Jandal, le chef de Wadi at-Taym qui l’avait saisi et en avait fait une puissante forteresse si bien que les Musulmans et les croisés étaient soupçonneux à son égard puisqu’il avait demandé à chacun d’entre eux de le protéger de l’autre. Donc Shams al-Moulouk marcha contre lui et lui prit le fort. Sa capture contraria les croisés parce qu’ad-Dahhak n’avait interféré avec aucune des terres qui étaient dans son voisinage et qu’ils craignaient Shams al-Moulouk. Ils entreprirent de mobiliser leurs troupes et quand ils furent au complet, ils, malédiction d’Allah sur eux, marchèrent sur Hawran, détruisirent les habitations et pillèrent tout ce qu’ils purent sur une vaste échelle.

Quand Shams al-Moulouk vit qu’ils se rassemblaient, il fit la même chose et une ample force de Turcomans et d’autres le rejoignirent. Il campa en face des croisés et il y eut un certain nombre d’accrochage. Alors Shams al-Moulouk fit retirer une partie de son armée tandis que le reste resta face aux croisés ignorant tout de sa tactique et attaqua leur territoire, Tibériade, Nazareth, Acre et les régions voisines, pillant, anéantissant et brûlant tout sur son passage. Il ruina la plupart de leur terre, prit captif femmes et enfants et amassa un considérable butin. Lorsque les croisés furent informés, ils s’inquiétèrent terriblement et se retirèrent aussitôt en hâte vers leur propre territoire.

 

Shams al-Moulouk revint avec son armée en toute tranquillité par une route différente que celle prise par les croisés. Quand ces derniers atteignirent leurs terres, ils la trouvèrent en ruine et désolation ce qui réduisit considérablement leur force. Ils se séparèrent alors et envoyèrent au mois de Dzoul Qi’dah des messagers pour discuter d’un renouvellement de la trêve.

 

 

Cette année le Danishmand seigneur de Malatya en Syrie vainquit les croisés et tua et captura  beaucoup d’entre eux.

 

De même, le calife et l’Atabeg Zanki firent la paix.

 

Cette année, une partie de l’armée de Sinjar s’unit avec l’émir Arghoush et assiégèrent le château de Ghirdkouh dans le Khorasan et qui appartenait aux hashashiyine. Ils exercèrent un implacable blocus sur les défenseurs pendant un long siège. La nourriture s’épuisa et les habitants souffrirent du paludisme et de spasmes. Beaucoup furent incapables de se lever et de lutter. Quand les signes de la chute certaine de la ville apparurent, l’émir Arghoush se retira après qu’ils lui aient rapporté beaucoup d’argent et d’objets précieux et c’est pourquoi il partit.

 

Comment les forces de l’Atabeg razzièrent les terres des croisés

 

 

Comment les Musulmans capturèrent la forteresse de Wadi Ibn al-Ahmar des croisés

 

Au mois de Rajab de l’année 531 de l’Hégire (1136), les troupes de Damas avec leur commandant l’émir Bazwaj partirent à Tripoli en Syrie. Une grande foule de Moujahidine volontaires et de Turcomans se joignirent à lui. Quand le comte de la ville entendu dire qu’ils étaient près de ses terres il marcha à leur rencontre avec ses troupes mais les croisés furent écrasés dans la bataille qui s’ensuivit et revinrent à Tripoli en piteux état tant un nombre importants de leurs cavaliers et de leurs braves hommes avaient été tués. Les Musulmans prirent un  immense butin de leurs terres et assiégèrent la forteresse de Wadi Ibn al-Ahmar qu’ils prirent par la force des armes et saisit tout son contenu après avoir tués tous les combattants et asservirent femmes et enfants. Les hommes qu’ils prirent prisonniers se rançonnèrent pour des sommes considérables d’argent. Les troupes revinrent saines et sauve à Damas en toute sécurité.

 

Le siège de Homs

 

Au mois de Sha’ban, l’Atabeg Zanki marcha sur Homs et envoya en éclaireur son émir aîné, Salah ad-Din Muhammad al-Yaghi Siani, un ingénieux homme rusé. Il l’envoya pour comploter avec la garnison pour leur faire capituler la ville. Il arriva à destination et le gouverneur et l’homme d’autorité était Mou’in ad-Din Ounour qui était aussi l’émir aîné de Damas et Homs était son fief comme il l’a été auparavant rapporté mais les conspirations n’eurent aucun succès sur lui. Alors Zanki arriva, assiégea la ville et tenta plusieurs contacts avec Ounour pour la reddition, quelquefois avec des promesses et quelquefois avec des menaces. Ounour soutint que c’était la possession de son seigneur, Shihab ad-Din, qu’il tenait la ville fidèlement et n’y renoncerait uniquement forcé. Zanki poursuivit son siège jusqu’au 20 du mois de Shawwal sans le moindre succès, et parti ensuite pour Ba’rin qu’il assiégea et ce qui arriva entre lui et les croisés sera relaté si Allah Tout Puissant le veut.

 

Comment Zanki prit la forteresse de Ba’rin et vainquit les croisés

 

 

Le compte de l’expédition de l’empereur byzantin en Syrie

 

 

Comment l’Atabeg Zanki pris Homs et d’autres dépendances de Damas

 

 

L’arrivée de l’empereur byzantin en Syrie, sa conquête de Bouza’a et sa conduite envers les Musulmans

 

 

Ibn Bakran, le brigand

 

Au mois de Dzoul Hijjah de cette année, la position du brigand Ibn Bakran en Irak devint puissante et ses partisans augmentèrent beaucoup si bien qu’il se montrait ouvertement avec une bande de malfaiteurs. Le chef de Baghdad Sharif Abou al-Karam, le craignait et il ordonna à son neveu Abou al-Qassim et la personne responsable de la sécurité dans le district de Bab Azaj, d’adopter une forte résolution à son égard pour protéger les gens de ses viles actions.

Ibn Bakran résidait souvent dans le Sawad avec un de ses camarades appelé Ibn al-Bazzaz. Ils exagérèrent tellement qu’ils décidèrent de frapper des pièces avec leurs propres noms à al-Anbar. Le préfet et le vizir Sharaf ad-Din az-Zaynabi envoya un message à Abou al-Karam lui disant : « Soit tu tues Ibn Bakran ou nous te tuerons. » Il convoqua son neveu, lui raconta ce qui était arrivé et lui dit : « Sois tu me ou te choisis ou tu choisis Ibn Bakran, » à quoi il répondit : « Je le tuerai. » Ibn Bakran avait l’habitude de venir passer plusieurs soirées dans la maison du neveu d’Abou al-Karam et boire avec lui. Quand il vint à son habitude et commença à boire, Abou al-Qassim pris ses armes, sauta sur lui et le tua sauvant ainsi les gens de sa cruauté.

Un peu plus tard, il captura son camarade Ibn al-Bazzaz qui fut crucifié. Plusieurs brigands furent tués avec lui et la population gagna la paix et la sécurité et les troubles disparurent.

 

 

Cette année, la parure pour la Ka’bah manqua d’être livrée suite aux querelles que nous avons mentionnées. Ramisht le marchant perse fournit la parure qu’il drapa de tous les plus riches tissus qu’il put trouver et dont le prix s’éleva à 18 000 dinars égyptiens. Il était un riche commerçant un de ceux qui voyageait en Inde.

 

 

Au mois de Safar de l’année 533 de l’Hégire (138), il y eut d’effrayants tremblements de terre en Syrie, al-Jazirah et beaucoup d’autres terres mais les pires furent en Syrie ou se produisit une série d’entre eux plusieurs nuits consécutives, avec un certain nombre de tremblements chaque nuit. Une grande partie du pays fut ruiné et particulièrement Alep. Quand les tremblements devinrent trop pour eux, les gens quittèrent leurs maisons et sortirent dans le pays à ciel ouvert. Lors d’une simple nuit, quatre-vingts tremblements furent enregistrés.

En Syrie, les tremblements de terre débutèrent le 4 du mois de Safar jusqu’au 19, accompagnés de grondements et de terribles chocs.

 

Cette année les croisés, qu’Allah les maudisse, attaquèrent le district de Banyas. Les troupes de Damas les poursuivirent mais comme ils ne purent pas les rattraper, ils retournèrent.

 

Comment l’Atabeg Zanki assiégea Damas

 

 

 

 

En l’an 536 de l’Hégire (1141), le chef de hashashiyine Ibrahim as-Sihawi mourut. Le fils de ‘Abbas, le gouverneur de Rayy incinéra son corps dans son cercueil.

 

D’Alep, les troupes de l’Atabeg Zanki attaquèrent le territoire sous occupation croisée qu’ils pillèrent et incendièrent puis submergèrent un détachement de croisés dont ils tuèrent 700 d’entre eux.

 

Cette année aussi, les Banou Khafaja provoquèrent de nombreux problème en Irak. Le sultan Mas’oud envoya un détachement de ses troupes contre eux qui ravagèrent leurs habitations, tuant et capturant ceux qu’ils trouvèrent avant de revenir sauf.

 

De même, Roger le seigneur de Sicile envoya une flotte sur la côte d’Ifriqiyah. Ils capturèrent quelques navires qui avaient été envoyés d’Egypte à al-Hassan, le souverain d’Ifriqiyah. Al-Hassan fut trahi par Roger mais plus tard se mis en contact avec lui et renouvela la trêve pour le transport de grain de Sicile en Ifriqiyah à cause de la sérieuse famine et la haute mortalité.

 

Compte-rendu du siège de l’Ouest de Tripoli par les croisés

 

En l’an 537 de l’Hégire (1142), les navires des croisés naviguèrent de Sicile jusqu’à Tripoli de l’Ouest (Libye) ou ils mirent le siège. La raison est que ses habitants sous le règne de l’émir al-Hassan le souverain d’Ifriqiyah, ne se soumirent pas volontiers à son autorité et continuèrent d’être en désaccord avec lui et se rebellèrent après qu’il ait désigné un Sheikh des Banou Matrouh pour les gouverner. Quand le souverain de Sicile vit cette situation, il leur envoya une armée par mer qui débarqua le 9 du mois de Dzoul Hijjah et campa autour de la ville qu’elle attaqua en lançant des grappins sur les murailles et en les minant aussi.

 

Le jour suivant un groupe d’Arabes arriva pour aider les habitants qui les encouragèrent. Ils sortirent contre les hommes de la flotte et firent une charge écrasante. Les croisés s’enfuirent dans une terrible déroute. Un grand nombre d’entre eux fut tué. Les survivants gagnèrent leurs navires mais abandonnèrent leurs armes, bagages et animaux que les Arabes et les habitants de la ville pillèrent. Les croisés revinrent en Sicile et après s’être rééquipés retournèrent au Maghrib et débarquèrent à Jijel. Quand les habitants les virent, ils s’enfuirent dans la campagne et les collines. Les croisés entrèrent dans la ville, asservirent ceux qu’ils attrapèrent et la détruisirent. Ils brûlèrent aussi le palais qu’Yahya Ibn al-‘Aziz Ibn Hammad avait construit pour son agrément puis se retirèrent.

 

 

Muhammad Ibn Danishmand, le souverain de Malatya et des Marches mourut cette année et ses terres furent conquises par le prince Mas’oud Ibn Kilij Arsalan, le souverain de Konya et un des Seljouks.

 

Cette année une grande armée venue des terres byzantines entra en Syrie et assiégea les croisés dans Antioche. Son souverain partit rencontrer l’empereur byzantin, restaura de bon rapport avec lui et revint ensuite à Antioche.

 

L’empereur de Constantinople mourut durant le mois de Ramadan de cette année et après avoir conclu des accords avec le souverain d’Antioche, il assiégea Tripoli avant de se retirer.

 

Il y eut toujours cette année une grande épidémie de peste en Egypte qui provoqua la mort de la plupart de la population.

 

La situation des gangs urbains à Baghdad

 

En l’an 538 de l’Hégire (1143), les gangs urbains devinrent plus problématique et augmentèrent en nombres parce qu’ils étaient à l’abri des poursuites judiciaires redevable au fils du vizir et un fils de Qawourt, un beau-frère du sultan, depuis qu’ils recevaient une part du racket des gangs.

A cette époque, le député du préfet de Baghdad était un Mamelouk appelé Ildakin, qui était sévère, audacieux et mauvais. Son impertinence l’amena à se présenter avant le sultan, qui lui dit : « L’ordre public est défaillant et les gens sont ruinés. » Il répondit : « O sultan du monde, quand les inspecteurs des gangs sont le fils de votre vizir et le frère de votre femme, quel pouvoir me reste-t-il pour m’occuper des malfaiteurs ? » Il lui expliqua la situation et le sultan dit : « Tu dois agir immédiatement, tombe sur eux quels qu’ils soient et crucifient-les. Si tu ne le fait pas, je te crucifierai. » Il prit alors l’anneau du sultan, disposa et se rendit chez le fils du vizir sans le trouver à la maison mais il saisit tous ceux qui étaient là. Il attaqua aussi le fils de Qawourt, le saisit et le crucifia et au matin le fils du vizir avait fui. Les nouvelles de ce qui était arrivé se propagèrent tandis que le fils de Qawourt pouvait être vu sur le gibet. La plupart des membres du gang s’enfuirent et ceux qui restèrent furent arrêtés et la population fut délivrée de leur mal.

 

La conquête d’Edesse et d’autres endroits d’al-Jazirah qui avaient été occupés par les croisés