Comment Balak Ibn Bahram assiégea Edesse et captura son seigneur

 

 

La prise de la forteresse d’al-Atharib par les croisés

 

Au mois de Safar de l’année 517 de l’Hégire (1123), les croisés, qu’Allah les maudisse, prirent la forteresse d’al-Atharib dans le district d’Alep suite à un grand nombre d’attaques sur Alep et ses régions ainsi que des raids de destruction par le feu et à cette époque, Alep était tenue par Badr ad-Dawlah Souleyman Ibn ‘Abdel-Jabbar Ibn Artouq mais il n’était pas assez fort pour s’occuper des croisés qu’il craignait. Il fit donc une trêve avec eux sur la base qu’il abandonnerait al-Atharib et qu’ils se retiendraient d’attaquer ses terres. Ils acceptèrent donc et reprirent la forteresse puis une trêve entre eux fut conclue, qui améliora la situation des populations dans les districts d’Alep, parce que les denrées alimentaires et d’autres choses été maintenant importées. Al-Atharib resta aux mains des croisés jusqu’à ce qu’elle fut reprise par l’Atabeg Zanki Ibn Aqsounqour, et que nous rapporterons si Allah Exalté le permet.

 

Comment Balak prit Harran et Alep

 

Au mois de Rabi’ Awwal, Balak Ibn Bahram prit la ville de Harran après un siège avant de marcher sur Alep. La raison est qu’il entendit dire que son souverain, Badr ad-Dawlah, avait abandonné la citadelle d’al-Atharib aux croisés. Cela le consterna mais il se rendit compte aussi que Badr ad-Dawlah était incapable de défendre ses terres et son impatience de prendre Alep grandie. Il quitta donc Harran et arriva au mois de Rabi’ Awwal puis assiégea la ville, brûla les récoltes et empêcha les provisions de parvenir dans la ville. Son cousin lui abandonna la ville et la citadelle sur conditions le 1 du mois de Joumadah Awwal puis, il se maria avec la fille du sultan Ridwan et resta gouverneur de la ville jusqu’à ce qu’il fut tué, ce que nous rapporterons si Allah Exalté le veut.

 

La guerre entre les croisés et les Musulmans en Ifriqiyah

 

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Comment les croisés prirent et perdirent Khartbirt

 

 

Le succès du sultan Mahmoud contre les Géorgiens

 

 

De la mort de Balak Ibn Bahram Ibn Artouq et l’acquisition d’Alep par Timourtash

 

Au mois de Safar de l’année 518 de l’Hégire (1124), Balak Ibn Bahram Ibn Artouq, le seigneur d’Alep arrêta l’émir Hassan al-Ba’labaki, le seigneur de Manbij avant de marcher sur Manbij et l’assiégée. Après la chute de la ville, il assiégea la citadelle qui résista. Les croisés se mirent en marche pour lui faire lever le siège et le prévenir de devenir plus puissant par son acquisition. Quand ils approchèrent, il laissa des hommes poursuivre le siège de la citadelle et avec le reste de ses troupes marcha à la rencontre des croisés qu’il confronta et détruisit en tuant un grand nombre d’entre eux. Il revint alors à son siège de Manbij, mais, pendant qu’il luttait contre les défenseurs, il fut touché et tué par une flèche, tirée par une personne inconnue. L’armée tomba alors dans la confusion, se dispersa et Hassan s’échappa de l’emprisonnement.

 

Houssam ad-Din Timourtash Ibn Ilghazi Ibn Artouq qui était avec son cousin Balak ramena le corps du défunt dans la périphérie d’Alep et prit contrôle de la ville le 20 du mois de Rabi’ Awwal tandis que le siège de la citadelle de Manbij fut arrêté et son seigneur Hassan revint. Pendant ce temps Timourtash s’établit dans Alep avant de nommer un député en qui il avait confiance et à qui il assigna les troupes et d’autre personnes dont il avait besoin, avant de revenir à Mardin, après avoir vu que la Syrie était un champ de fréquentes batailles avec les croisés et il était un homme qui aimait le calme et la vie facile. Mais après son retour à Mardin, il perdit Alep, comme nous le raconterons si Allah Exalté le veut.

 

La conquête de Tyr en Syrie par les croisés

 

 

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Comment al-Boursouqi prit le contrôle d’Alep

 

La prise de Kafartab par al-Boursouqi et sa défaite face aux croisés

 

En l’an 519 de l’Hégire (1125), al-Boursouqi rassembla ses armées et alla en Syrie, où il attaqua Kafartab, l’assiégea et l’a repris des croisés puis, il marcha vers la forteresse de ‘Azaz, dans le district nord d’Alep dont le seigneur était Josselin, qu’il assiégea. Les croisés rassemblèrent leurs cavaliers et fantassins et marchèrent pour lever le siège. Al-Boursouqi les rencontra au cours d’une violente et obstinée bataille mais à la fin les Musulmans furent vaincus et les hommes tués ou capturés. Plus de mille Musulmans furent tués au cours de cette bataille et al-Boursouqi revint vaincu à Alep qu’il quitta en y laissant son fils Mas’oud puis traversa l’Euphrate et se rendit à Mossoul pour rassembler des troupes et revenir à la bataille, ce que nous rapporterons si Allah Tout Puissant le veut.

 

Récit de l’attaque des terres des hashashiyine au Khorasan

 

En l’an 520 de l’Hégire (1126), le vizir Moukhtass al-Moulk Abou Nasr Ahmad Ibn al-Fadl, le vizir du sultan Sinjar ordonna une attaque sur les hashashiyine et de les tuer quel qu’ils soient et ou qu’ils soient ou de les capturer, de piller leur propriété et d’asservir leurs femmes. Il envoya une armée à Touraythith, une de leur place et un autre à Bayhaq dans le district de Nishapour ou se trouvait un de leur quartier spécialement réservé nommé Tazar et dont leur chef était un homme appelé al-Hassan Ibn Samin.

Le vizir envoya un détachement de l’armée dans chaque section de leurs districts et les encouragea à tuer tous ceux qu’ils pourraient rencontrer. Chaque détachement se dirigea vers la section qui lui avait été allouée. Quant à la force principale qui avait été envoyée dans la colonie de la région de Bayhaq, elle massacra tous les habitants ce que fit aussi la force expédiée à Touraythith en plus de saisir leur propriété comme butin avant de revenir.

 

Comment les hashashiyine prirent le château de Banyas

 

 

La mort d’al-Boursouqi et la succession de son fils ‘Izz ad-Din Mas’oud

 

 

La bataille entre l’Atabeg Toughtakin  et les croisés en Syrie

 

Cette année, les croisés, qu’Allah les maudisse, princes et comtes unis marchèrent sur la région de Damas et campèrent à Marj as-Souffar près d’un village appelé Shaqhab près de Damas. La menace était sérieuse pour les Musulmans et leur peur intense. L’Atabeg Toughtakin écrivit aux émirs des Turcomans de Diyar Bakr et d’ailleurs et les mobilisa. Il quitta lui-même Damas pour marcher contre les croisés après avoir laissé le commandement de la ville à son fils Taj al-Moulouk Bouri qui chaque fois qu’un détachement arriva, après l’avoir accueilli des meilleures manières lui offrait l’hospitalité puis l’envoyait chez son père. Quand ils furent tous rassemblés, Toughtakin marcha en leur compagnie contre les croisés et ils se rencontrèrent vers la fin du mois de Dzoul Hijjah et livrèrent une féroce bataille. Toughtakin tomba de son cheval et ses hommes croyant qu’il avait été tué s’enfuirent. Toughtakin remonta et les rattrapa poursuivis par les croisés. Les Turcomans furent incapables de rattraper les Musulmans dans leur déroute et furent distancés. Quand ils virent que les cavaliers croisés avaient poursuivi les fuyards et que leur camp et leur infanterie n’avaient aucune garde et protecteur, ils chargèrent les fantassins et les tuèrent et seul un d’entre eux survécu. Les Turcomans pillèrent le camp des croisés, leurs tentes, leur argent et tous leurs biens dont un autel en or avec des pierres précieuses au-delà de toute valeur avant de revenir sains et saufs à Damas sans aucune perte. Quand les croisés revinrent finalement bredouilles de leur poursuite ce fut pour trouver leur infanterie et leur camp détruit. Ils partirent alors totalement défaits dans le plus grand silence chacun ruminant pour soi. Ce fut un étrange événement ou les deux armées furent misent en déroute l’une par l’autre.

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Cette année les croisés assiégèrent Rafaniyah en Syrie, qui était entre les mains des Musulmans et après un strict blocus, ils prirent la place.

 

Le martyr[1] Atabeg Zanki est nommé préfet d’Irak

 

Au mois de Rabi’ Thani de l’année 521 de l’Hégire (1127), le sultan Mahmoud confia le poste de Wali d’Irak à ‘Imad ad-Din Zanki Ibn Aqsounqour. La raison est que lorsque ‘Imad ad-Din se leva à Wassit avec son corps d’hommes superbement équipé, comme nous l’avons déjà rapporté et protégea Wassit, Basra et les régions adjacentes d’une manière qu’il n’a pas été vu de si longue date et meilleure que tout autre, il gagna de l’estime dans le cœur du sultan et dans les cœurs de ses émirs. Quand le sultan décida de quitter Baghdad, il considéra qui était le plus apte à administrer la préfecture de l’Irak et qui veillerait à ses intérêts avec le calife. Il examina ses émirs et les principaux dirigeants de l’état et ne vit personne parmi eux qui pourrait exercer cette fonction excepté ‘Imad ad-Din. Il s’entretint de cela et chacun le suggéra. Ils dirent : « Nous ne pouvons pas réparer cette fracture, ni restituer le prestige de ce bureau. Personne n’est assez moralement fort pour s’attaquer à cette tâche périlleuse sauf ‘Imad ad-Din. » Ils furent donc d’accord avec son point de vue et il le convoqua donc et lui confia le bureau en plus de son fief. Il quitta alors Baghdad avec un cœur apaisé concernant l’Irak et les affaires furent comme il l’avait prévu.

 

La mort de ‘Izz ad-Din Ibn al-Boursouqi et la nomination de ‘Imad ad-Din Zanki au poste de gouverneur de Mossoul et de ses districts

 

 

De la prise de la ville d’Alep par l’Atabeg ‘Imad ad-Din Zanki

 

Au début du mois de Mouharram de l’année 522 de l’Hégire (1128), ‘Imad ad-Din Zanki Ibn Aqsounqour prit la ville d’Alep et sa citadelle et nous rapporterons comment cela est arrivé. Nous avons mentionné qu’al-Boursouqi prit Alep et sa citadelle en l’an 518 de l’Hégire (1124) qu’il quitta après avoir laissé son fils Mas’oud comme son député. Quand al-Boursouqi fut tué, Mas’oud partit à Mossoul et en prit le contrôle après avoir laissé la ville d’Alep à son lieutenant, un émir appelé Qouman. Plus tard, il nomma un émir appelé Qoutlough-Aba, qu’il envoya à Qouman avec un ordre écrit pour lui remettre la ville. Qouman dit : «  Il y a un signe secret entre ‘Izz ad-Din et moi que je n’ai pas vu ici. Je ne rendrai pas la ville sans cela. » Leur signe convenu était le dessin d’une gazelle car Mas’oud Ibn al-Boursouqi dessinait très bien. Qoutlough-Aba revint donc chez Mas’oud, qui avait assiégé ar-Rahbah mais après avoir constaté qu’il était mort, il se dépêcha de revenir de nouveau à Alep.

Les gens furent informé de sa mort et le chef, Fada’il Ibn Badi renonça à la ville. Les principaux hommes portèrent allégeance à Qoutlough-Aba et renversèrent Qouman de la citadelle après avoir vérifié que son maître Mas’oud était mort. Ils lui donnèrent mille dinars et Qoutlough-Aba reprit la citadelle le 24 du mois de Joumadah Thani de l’année 521 de l’Hégire (1127) mais après quelques jours l’étendue de sa tyrannie et de sa cruauté devint évidente. Il mit la main sur les propriétés des gens et les héritages qu’il s’appropria particulièrement. De méchants hommes devinrent ses associés tandis que la plupart des personnes ressentirent une profonde aversion à son égard.

Badr ad-Dawlah Souleyman Ibn ‘Abdel-Jabbar Ibn Artouq, qui en avait été autrefois le souverain vivait toujours dans la ville. Le peuple se joignit à lui et à la veille du mardi 2 Shawwal, ils arrêtèrent tous les partisans de Qoutlough-Aba qui étaient dans la ville et dont la plupart buvaient le matin de la fête (‘Id al-Fitr). Puis, ils marchèrent sur la citadelle où Qoutlough-Aba et ceux qui étaient avec lui s’étaient réfugiés et l’assiégèrent. Hassan, le seigneur de Manbij et Hassan, le seigneur de Bouza’a arrivèrent à Alep pour réparer la situation, mais ils n’eurent aucun succès.

 

Lorsque les croisés, qu’Allah les maudisse, entendirent parler de cette affaire, Josselin le maudit avec ses troupes avança vers la ville mais il fut acheté et se retira. Après lui, le souverain d’Antioche arriva avec un corps de croisés. Les habitants d’Alep creusèrent un fossé autour de la citadelle pour prévenir toute entrée et de l’extérieur de la ville et aussi tout départ. Les gens firent face à un grand danger jusqu’au milieu du mois de Dzoul Hijjah alors que ‘Imad ad-Din Zanki avait pris possession de Mossoul et d’al-Jazirah et avait envoyé à Alep, les émirs Sounqour Daraz et Hassan Qaraqoush, les émirs aînés d’al-Boursouqi, qui avaient rejoint ‘Imad ad-Din avec une puissante force. Ce dernier avait un document du sultan le nommant à Mossoul, al-Jazirah et la Syrie. Il fut convenu que Badr ad-Dawlah Ibn ‘Abdel-Jabbar et Qoutlough-Aba aillent trouver ‘Imad ad-Din à Mossoul ce qu’ils firent et, Hassan Qaraqoush resta dans Alep agissant comme un gouverneur temporaire. Quand Badr ad-Dawlah et Qoutlough-Aba arrivèrent ‘Imad ad-Din arrangea leurs différents mais aucun d’entre eux ne se rendit à Alep. Il envoya son chambellan, Salah ad-Din Muhammad al-Yaghi Syani, avec une armée qui monta dans la citadelle, organisa ses affaires mit un gouverneur en charge.

 

‘Imad ad-Din Zanki partit pour la Syrie avec ses troupes effectives et de la façon qu’il prit Manbij et Bouza’a. Les habitants d’Alep sortirent pour l’accueillir ravis de son arrivée. Il entra dans la ville, en prit le contrôle, organisa ses affaires et assigna les terres dépendantes comme les fiefs à ses troupes et ses émirs. Suite à cela, il saisit Qoutlough-Aba et le livra à Ibn Badi’, qui l’aveugla dans sa maison à Alep. Qoutlough-Aba mourut par la suite et Ibn Badi’ devint inquiet et s’enfuit à Qal’at Ja’bar, ou il demanda au gouverneur la protection qui lui fut accordée.

 

Etant le chef d’Alep, ‘Imad ad-Din nomma Abou-Hassan ‘Ali Ibn ‘Abder-Razzaq. Et n’étaient-ce la miséricorde d’Allah Tout Puissant envers les Musulmans en donnant le pouvoir aux Atabeg dans les terres syriennes, les croisés l’aurait prise du fait qu’ils étaient engagés dans de nombreux sièges sur plusieurs villes syriennes et, quand Zahir ad-Din Toughtakin fit informé de cela, il rassembla ses forces et attaqua et harcela leurs terres forçant les croisés, qu’Allah les maudisse, à lever le siège pour défendre leurs terres contre lui. Cependant, Allah Exalté décréta qu’il mourut cette année et la Syrie leur fut ouverte sur tous les côtés car n’ayant personne pour s’engager à lutter pour Ses gens. Allah Exalté par Sa Grâce donna comme gouverneur aux Musulmans ‘Imad ad-Din, dont nous rapporterons ses actions contre les croisés si Allah Exalté le permet.

 

Le 8 du mois de Safar de cette année, l’Atabeg Toughtakin, le seigneur de Damas, décéda. Il était un Mamelouk sage et généreux du sultan Toutoush Ibn Alp Arsalan. Il attaqua et mena fréquemment le Jihad contre les croisés, gouverna bien ses sujets et désireux d’être juste envers eux. Son nom honorifique était Zahir ad-Din (le défenseur de la Religion). Après sa mort son fils Taj al-Moulouk Bouri, le plus vieux de ses fils, lui succéda selon le testament de son père, qui le désigna comme successeur. Il confirma le vizir de son père, Abou ‘Ali Tahir Ibn Sa’d al-Mazdaqani, à son poste.

 

 

Cette année un vent fort souffla et assombrit les horizons. Il apporta une poudre rouge semblable à du sable. Des colonnes similaires à des flammes (tornades ?) apparurent dans le ciel. Les gens furent terrifiés et se tournèrent vers la prière et à la contrition mais leur peur fut levée.

 



[1] C’est le titre donné par Ibn al-Athir à ‘Imad ad-Din Zanki, puisse Allah Glorieux lui faire miséricorde.







Alep depuis la citadelle et avant la destruction de la ville par Ashar al-Bassad