Une série d’événements qui doivent servir de leçon

 

En l’an 493 de l’Hégire (1099) les marchandises et les maisons des Banou Jahir à la Porte des Roturiers furent vendues. L’argent récolté vint à Mouayyad al-Moulk mais il fut tué en l’an 494 (1100) et sa propriété et ses bagages furent vendus. Tout fut saisit et porté au vizir al-A’azz qui fut à son tour tué, ses biens vendues et sa richesse partagée. Le sultan et ceux qui lui succédèrent au poste en prirent la plupart et fut dispersé aux quatre vents. C’est le résultat des services aux princes.

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Ce que St Gilles le croisé fit au siège de Tripoli

 

 

 

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Des actions des croisés

 

 

Compte rendu des actions des croisés en Syrie

 

 

Les croisés attaquent Raqqa et Qal’at Ja’bar

 

Au mois de Safar de l’année 497 de l’Hégire (1103), les croisés d’Edesse attaquèrent la plaine de Raqqa et de Qal’at Ja’bar. Quand ils quittèrent Edesse, ils se divisèrent en deux groupes et voyagèrent de leur base durant un jour vers les deux villes où ils devaient mener leur raid. Ils razzièrent comme ils le planifièrent et emmenèrent tout le bétail ainsi qu’ils firent prisonniers tous les Musulmans qui tombèrent dans leurs mains. Les deux villes étaient gouvernée par Salim Ibn Malik Ibn Badran Ibn al-Mouqallad Ibn al-Moussayab et qui lui avait été donné par Malik Shah en l’an 479 de l’Hégire (1086), comme nous l’avons mentionné lors de cette année.

 

La conquête de Joubayl et d’Acre en Syrie par les croisés

 

Des navires transportant des marchands, des troupes, des pèlerins et d’autres des terres des croisés arrivèrent cette année dans la ville de Lattaquié. St Gilles le croisé leur demanda de l’aide pour assiéger Tripoli qu’ils assiégèrent ensemble par terre et mer et après plusieurs jours d’un sévère blocus sans succès, ils se dirigèrent vers Joubayl qu’ils assiégèrent et attaquèrent violemment. Lorsque les habitants virent qu’ils ne pourraient pas résister aux croisés, ils acceptèrent des termes et abandonnèrent la ville. Cependant, les croisés, malédiction d’Allah sur eux, violèrent les termes et saisirent violemment leurs propriétés en utilisant toutes sortes de punitions et de tortures.

 

Quand ils finirent avec Joubayl, ils vinrent à Acre où Baldwin, le roi des croisés et le souverain de Jérusalem, réquisitionna leurs services pour le siège et ils assiégèrent la ville par terre et mer. Bana, le gouverneur de ville, plus connu sous le nom de Zahr ad-Dawlah al-Jouyoush indiquant son affiliation à l’émir al-Jouyoush al-Afdal, s’opposa à eux autant qu’il put et finalement, incapable de tenir la ville la quitta et les croisés, malédiction d’Allah sur eux, prirent la ville de force par l’épée en commettant des actes odieux sur les habitants. Le gouverneur alla à Damas où il resta jusqu’à ce qu’il revienne en Egypte ou il fit ses excuses à al-Afdal qui accepta son plaidoyer.

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Acre - 'Akkah

 

Comment Souqman et Joukarmish attaquèrent les croisés

 

Quand les croisés (puisse Allah les anéantir) vantèrent leurs conquêtes des territoires islamiques et, heureusement pour eux, les armées et les princes d’Islam étaient distraits luttant les uns contre les autres, alors les Musulmans se divisèrent sur leurs opinions, leurs ambitions et leurs richesses se dissipèrent.

 

Harran était aux mains d’un Mamelouk de Malik Shah, nommé Qaraja, qui l’année précédente nomma comme son député un homme appelé Muhammad al-Isfahani avant de partir. Al-Isfahani se révolta contre Qaraja aidé par les habitants à cause de son oppression. Al-Isfahani était ferme et audacieux et ne permis à aucun partisan de Qaraja de rester dans Harran autre que le Mamelouk turc Jawouli dont il fit le commandant en chef de son armée. Il devint ami avec lui et un jour le joignit pour une soûlerie. Jawouli avait projeté avec un de ses domestiques de le tuer et ils le tuèrent alors qu’il était ivre. À ce point, les croisés marchèrent sur Harran et l’assiégèrent.

 

Il y avait des hostilités entre al-Mou’in ad-Dawlah Souqman et Shams ad-Dawlah Joukarmish depuis que Souqman chercha la vengeance pour le meurtre de son neveu (la raison du meurtre de Joukarmish sera rapporté s’il plait à Allah) et tous les deux se préparèrent à s’affronter. Quand leur parvinrent les nouvelles, ils s’envoyèrent mutuellement des messages pour appeler à l’unité pour sauver la situation de Harran et en annonçant qu’il s’était offert au service d’Allah Exalté en échange de Sa récompense future. Chacun accepta les conditions de l’autre, se préparèrent et se rencontrèrent al-Khabour, où ils firent des serments réciproques avant de marcher à la rencontre des croisés.

 

Souqman avaient 7 000 chevaliers turcomans tandis que Joukarmish avait 3 000 chevaliers turcs, arabes et kurdes. Ils rencontrèrent les croisés près du fleuve Balikh, où les armées se rangèrent pour la bataille. Les Musulmans feignirent la fuite et furent poursuivis par les croisés sur environ quatre kilomètres puis les Musulmans firent volteface et les massacrèrent à volonté. Les mains des Turcomans se remplirent de butin et ils acquirent d’immenses richesses parce que le camp croisés était à proximité. Le seigneur d’Antioche et Tancrède, le seigneur de la Côte, s’étaient retirés derrière une colline pour prendre les Musulmans à revers lorsque la bataille se serait engagé. Quand ils émergèrent, ils virent les croisés en fuite et le camp de leurs soldats pillé. Ils attendirent tous les deux jusqu’à la tombée de la nuit pour s’enfuir ensemble. Les musulmans les poursuivirent et tuèrent un grand nombre d’entre eux et prirent un nombre similaire de prisonniers. Seuls les deux rois réussirent à s’enfuir avec six chevaliers.

 

Le comte Baldwin, le seigneur d’Edesse, s’enfuit avec plusieurs de leurs nobles. Ils traversèrent le fleuve Balikh mais leurs chevaux s’enfoncèrent dans la boue. Un des hommes de Souqman, un Turcoman, arriva et les captura. Il ramena Baldwin dans la tente de son maître qui s’était lancé avec certains de ses hommes à la poursuite de Bohémond. Les partisans de Joukarmish virent que les hommes de Souqman avaient saisi la propriété du croisé et qu’ils retournaient sans butin supplémentaire. Ils dirent donc à Joukarmish : « Que sera notre réputation parmi nos pairs et les Turcomans si ces derniers partent avec le butin et que nous n’avons aucune part ? » Ils le persuadèrent de saisir le comte et il envoya donc des hommes qui prirent le croisé des tentes de Souqman. Quand ce dernier revint, il fut outragé et ses hommes voulurent en découdre mais il les retint en disant : « Ne permettez pas la joie des Musulmans pour cette expédition d’être remplacés par le désespoir à cause de nos désaccords. Je préfère ne pas apaiser ma colère pour que se réjouisse nos ennemis des problèmes musulmans. » Il partit immédiatement, en prenant les armes des croisés avec leurs drapeaux. Il donna à ses hommes les vêtements croisés et leur demanda de les vêtir ainsi que de monter leurs chevaux puis, il se rendit dans un certain nombre de châteaux de Shayhan tenus par les croisés, qui en les voyants crurent que leurs camarades avaient été victorieux, seulement pour être tués et perdre leur château et cela arriva à un certain nombre de châteaux.

 

Joukarmish, d’autre part, alla à Harran et reçut sa capitulation. Ayant pris des dispositions pour qu’un de ses députés prenne possession de la ville, il partit pour Edesse qu’il assiégea durant quinze jours avant de revenir à Mossoul en prenant le comte avec lui qu’il avait saisi des tentes de Souqman. Le comte se rançonna lui-même pour trente-cinq dinars et 160 captifs musulmans. Le nombre des croisés qui furent tué s’éleva à 12 000.

 

 

 

Il y eut cette année beaucoup d’agitations parmi la population de Baghdad ou les gangs urbains se répandirent.

 

De même Abou Nou’aym Ibn Sawah, le docteur Wassiti fut tué et il était un expert dans la pratique médicale avec beaucoup d’excellents succès à son crédit.

 

Le sultan Sinjar désista son vizir al-Moujir Abou al-Fath at-Toughra’i cette année. Cela arriva parce que l’émir Bouzghoush, le commandant en chef de l’armée de Sinjar, lui lanca un message disant : « Tu ne prospéreras pas avec ce sultan. » Puis un autre atterri chez Sinjar : « Tu ne prospéreras pas avec l’émir Bouzghoush et la grandeur de sa suite. » Bouzghoush rassembla les fonctionnaires enturbannés et leur montra les deux missives. Ils convinrent que l’employé de bureau d’at-Toughra’i était le suspect. L’évidence contre lui fut préparée et il fut exécuté. Sinjar arrêta at-Toughra’i et eut l’intention de l’exécuter mais Bouzghoush l’empêcha et dit : « Il est dû quelque chose pour un service » et Sinjar l’exila à Ghazna.

 

Cette même année Bouzghoush rassembla une large troupe du Khorasan et un grand nombre de volontaires se joignit à lui. Il marcha pour lutter contre les ismaéliens et attaqua Tabas qui était entre leurs mains. Ses troupes réduisirent les châteaux et les villages voisins en ruines. Beaucoup furent tués ou pris en captivité et pillés tandis que des choses horribles leur furent faites. Les fonctionnaires de Sinjar avisèrent que l’on devrait leur accorder des garanties de sécurité et qu’il devrait être stipulé qu’ils ne construisent aucun château, n’achètent aucune arme et n’appellent personne pour accepter leurs convictions. Beaucoup de personnes furent mécontentes avec ces termes et cette paix et ils retournèrent leur colère contre Sinjar. Puis après son retour de cette expédition, Bouzghoush mourut et l’acte final de sa carrière fut cette expédition de Jihad (puisse Allah Exalté être Clément envers lui)

 

L’état des batini au Khorasan

 

En l’an 498 de l’Hégire (1104), un grand groupe d’ismaéliens de Touraythith, un des districts de Bayhaq, quittèrent la ville et organisèrent des raids proches et lointains dans l’ensemble de cette région où ils tuèrent un grand nombre des habitants. Ils pillèrent leur propriété et prirent leurs femmes en captivité, trahissant leur précédente trêve.

 

Cette année leur cause se fortifia et leur pouvoir augmenta. Ils ne retinrent pas leurs mains contre ceux qu’ils voulaient tuer parce que les sultans étaient distraits. Voici une des choses qu’ils firent. Une caravane de pèlerins se rassembla cette année de la Transoxiane, le Khorasan, l’Inde et ailleurs. Quand ils arrivèrent à Khouwar ar-Rayy, les maudits batini les attaquèrent à l’aube et les passèrent par le fil de l’épée. Ils les tuèrent à volonté et prirent leurs marchandises et leurs troupeaux comme butin sans rien laisser.

 

Ils tuèrent aussi cette année Abou Ja’far Ibn al-Moushat, un des principaux savant Shafi’i qui avait été un élève d’al-Khoujandi. Il avait l’habitude d’enseigner et donner des sermons dans Rayy. Quand il descendit de sa chaire d’enseignant, un batini arriva et le tua.

 

Comment les croisés ont tenu cette année par rapport aux Musulmans en Syrie

 

Au mois de Sha’ban de cette année, il y eut une bataille entre Tancrède le croisé, le seigneur d’Antioche et le prince Ridwan seigneur d’Alep au cours de laquelle ce dernier fut vaincu.

 

Cela arriva après que Tancrède ait assiégé le fort d’Artah ou se trouvait le lieutenant du prince Ridwan. Les croisés, qu’Allah les maudisse, resserrèrent le blocus sure les Musulmans et son lieutenant envoya un messager à Ridwan pour demander de l’aide et l’informer du siège qu’il subissait et qui l’avait affaibli. Ridwan se mit en route avec une large force de cavaliers et 7 000 fantassins dont 3 000 étaient des volontaires pour le Jihad qui arrivèrent à Qinnassrine tout près des croisés. Quand Tancrède vit le grand nombre des Musulmans, il envoya un messager à Ridwan pour faire la paix et qui accepta mais le commandant Sabawah, qui était entré dans son service après la mort d’Ayaz, argumenta sa décision. Il refusa donc de faire la paix et les lignes de bataille furent établies. Les croisés se retirèrent sans lutter puis dirent : « Retournons et faisons une charge soit nous réussissons ou perdons ! » Ils chargèrent donc les Musulmans qui ne tinrent pas ferme et se disloquèrent si bien que beaucoup furent tués et autant furent fait prisonniers.

 

L’infanterie était déjà entrée dans le camp croisé après leur retraite initiale et occupée à le piller et les croisés les tuèrent. Seul un d’entre eux réussit à s’enfuir pour être prit prisonnier pris plus tard. Ceux d’Artah fuirent Alep qui fut pris par les croisés. Le commandant Sabawah se rendit chez Toughtakin, l’Atabeg de Damas et se mit à son service.

 

Une bataille entre les croisés et les Egyptiens

 

Au mois de Dzoul Hijjah de cette année, il y eut une bataille entre les croisés et les Egyptiens qui se finit par aucun avantage pour eux. Elle se produisit ainsi : Al-Afdal, le vizir du souverain d’Egypte avait envoyé son fils Sharaf al-Ma’ali contre les croisés l’année précédente. Il les avait battus et leur avait pris Ramlah. Cependant, les Egyptiens et les Bédouin étaient entrés en désaccord après que chacun prétendit que la victoire était sienne et quand un détachement de croisés les attaqua, chacun d’entre eux refusa de soutenir l’autre, et les croisés eurent la main supérieure. Suite à cela, Sharaf al-Ma’ali retourna chez son père en Egypte qui dépêcha son autre fils, Sana’ al-Moulk Houssayn, avec plusieurs émirs dont Jamal al-Moulk, le gouverneur égyptien d’Ascalon et demanda aussi de l’aide à Toughtakin, l’Atabeg de Damas qui leur envoya le général Sabawah avec 1 300 cavaliers tandis que les Egyptiens étaient au nombre de 5 000.

 

Baldwin, le seigneur de Jérusalem, d’Acre et de Jaffa sortit à leur rencontre avec 1 300 cavaliers et 8 000 fantassins et la bataille eut lieu entre Ascalon et Jaffa. Aucun côté ne gagna une victoire décisive sur l’autre et chacun d’entre eux perdit environ 1 200 hommes dont Jamal al-Moulk, l’émir d’Ascalon.

 

Quand les Musulmans virent l’égalité des dommages de chaque côté, ils cessèrent la bataille et revinrent à Ascalon tandis que Sabawah revint à Damas. Plusieurs Musulmans combattaient aux côtés des croisés dont Baktash Ibn Toutoush. Toughtakin avait transféré la souveraineté à son neveu, le fils de Douqaq, encore un petit enfant, comme nous l’avons relaté et c’est ce qui motiva Baktash de rejoindre les croisés.

 

 

Cette année, la variole se répandit dans beaucoup de pays surtout en Irak, où elle toucha toutes les régions. Un nombre incalculable d’enfants périt et cette épidémie fut suivie par beaucoup de maladie et une grande mortalité.

 

Récit de la bataille entre Toughtakin et les croisés

 

Au mois de Safar de l’année 499 de l’Hégire (1105), il y eut une bataille entre l’Atabeg Toughtakin, le seigneur de Damas et un des puissants comtes des croisés qui arriva ainsi. Il y eut une série de batailles et de raids entre l’armée de Damas et de Baldwin, d’abord avec la victoire pour le premier et finalement pour le dernier qui construisit un fort à environ deux jours de marche de Damas. Toughtakin anxieux de ce qui pourrait en résulter et du mal qui s’ensuivrait, rassembla ses forces et marcha contre lui. Baldwin demanda alors de l’aide au comte de la région pour le soutenir et l’aider contre les Musulmans mais ce dernier lui répondit qu’il n’avait pas besoin de lui et qu’il était capable de faire face aux Musulmans si ces derniers l’attaquaient et Baldwin revint donc à Acre.

 

Toughtakin marcha contre les croisés et une féroce bataille s’ensuivit. Deux émirs de l’armée de Damas s’enfuirent et Toughtakin les poursuivit et les tua. Le croisés se retirèrent et se réfugièrent dans leur fort. Toughtakin dit alors : « Quiconque luttera vaillamment contre eux et me demande quelque chose, je répondrais à sa demande et quiconque m’apportera une pierre du fort, je lui remettrais cinq dinars. » Les fantassins risquèrent leurs vies et grimpèrent jusqu’au château, le dévastèrent et rapportèrent ses pierres à Toughtakin qui tint sa promesse. Il ordonna de lancer les pierres dans la vallée et de tuer toute la garnison excepté 200 hospitaliers qu’il prit comme captifs et seule une poignée des occupants de la forteresse réussirent à s’enfuir.

 

Toughtakin revint victorieux à Damas et quatre jours de festivités furent organisés dans la ville. Il partit alors pour Rafaniyah, une des forteresses de Syrie, que les croisés avaient conquise et qui était gouvernée par le neveu de St Gilles, qui assiégeait en personne encore Tripoli. Toughtakin débuta le siège et prit ensuite la forteresse en tuant les 500 croisés qu’y s’y trouvait.

 

Compte rendu de la conquête de Bosra par Toughtakin

 

En l’an 497 de l’Hégire (1103) et nous avons relaté les circonstances du départ de Baktash Ibn Toutoush de Damas et son ralliement avec les croisés, avec Aytakin al-Halabi, le seigneur de Bosra et comment les deux allèrent à Rahbah et revinrent ensuite. Quand leur situation s’affaiblit, Toughtakin marcha sur Bosra et l’assiégea pendant que les hommes d’Aytakin le retenaient. Ils entrèrent alors en contact avec Toughtakin et offrirent leur capitulation après un délai qu’ils fixèrent entre eux. Il accepta et se retira à Damas. Quand la période fixée à cette année s’écoula, ils livrèrent la place et Toughtakin traita les hommes avec égard et remplit les promesses qu’il leur avait faites. Il les traita avec le plus grand respect et ils le louèrent grandement et appelèrent les bénédictions sur lui. Leurs cœurs s’inclinèrent vers lui et ils finirent par l’aimer.

 

La prise de la forteresse d’Apamée par les croisés

 

 

 

 

 

Comment les bédouins pillèrent Bosra

 

Nous avons rapporté que l’émir Sadaqah prit le contrôle de Bosra et y laissa son député, un Mamelouk qui avait appartenu à son grand-père Doubays Ibn Mazyad, surnommé Altountash à qui il confia 120 cavaliers. Les bédouins des Bani Rabi’ah, d’al-Mountafiq et d’autres tribus arabes qui les rallièrent et ensemble en très grand nombre, attaquèrent Bosra. Altountash résista mais il fut pris prisonnier tandis que ses hommes s’enfuirent quant à la garnison, elle fut incapable de tenir la ville. Vers la fin du mois de Dzoul Hijjah, les bédouins entrèrent par la force des armes et pillèrent et incendièrent tout ce qu’ils purent durant trente-deux jours de saccage. La population s’enfuit comme des réfugiés dans le pays et une bibliothèque caritative qui avait été établie par le Qadi Abou-Faraj Ibn Abi al-Baqa’ fut dévalisée.

 

Les nouvelles parvinrent à Sadaqah qui expédia une force qui arriva quand les bédouins était déjà parti. Sultan Muhammad envoya alors un préfet et un administrateur civil à Bosra qui l’enlevèrent à Sadaqah. La population revint et commencé la reconstruction de la ville.

 

L’état de la ville syrienne de Tripoli par rapport aux croisés

 

 

La mort de Youssouf Ibn Tashfine et la succession de son fils ‘Ali

 

En l’an 500 de l’Hégire (1106), le souverain du Maghrib et de l’Andalousie, le Commandant des Musulmans Youssouf Ibn Tashfine décéda, puisse Allah Exalté lui faire miséricorde. Il fut un bon souverain, charitable et juste, qui favorisa les hommes de religion et les étudiants religieux qu’il honora et suivi leurs préceptes. Quand il conquit l’Andalousie, comme nous l’avons rapporté, il rassembla les juristes et les traita des meilleures manières. Ils lui dirent : « Il est correct que ton autorité doit venir du calife pour t’obéir et qu’il le soit obligatoire pour tous. » Il envoya donc un envoyé au calife al-Moustadhir Billah, le commandant des croyants, avec de larges cadeaux ainsi qu’une lettre, dans laquelle il mentionna les territoires croisés qu’Allah Exalté avait conquis et ses efforts pour apporter la victoire à l’Islam. Il demanda l’investiture pour régner sur ses terres. Un diplôme lui accordant ce qu’il souhaitait fut publié par la cour de la chancellerie califale et on lui alloua le titre de commandant des Musulmans. Des robes d’honneur lui furent aussi envoyées et il fut ravi par cela.

 

Il fut celui qui bâtit la ville de Marrakech pour les Mourabitine et resta souverain jusqu’à l’an 500 de l’Hégire (1106). Après son décès, son fils ‘Ali Ibn Youssouf lui succéda et prit aussi le titre de commandant des Musulmans. Et mieux il fit en honorant les ‘Oulama et suivit leurs conseils. Chaque fois qu’un d’entre eux prêcha, il écouta humblement le sermon qui adoucissait son cœur, comme cela était tout à fait visible.

 

Youssouf Ibn Tashfine était frugal, généreux, dévot et charitable. Il aimait les hommes de religion et les étudiants religieux et leur donna l’autorité dans ses terres. Il aimait montrer la clémence et pardonner les grandes offenses.

 

Le meurtre de Fakhr al-Moulk Ibn Nizam al-Moulk

 

Le jour de ‘Ashoura de cette année, Fakhr al-Moulk Abou al-Mouzaffar ‘Ali Ibn Nizam al-Moulk fut tué et il était le plus vieux des fils de Nizam al-Moulk. Nous avons rapporté qu’il devint vizir pour le sultan Barkyarouq en l’an 488 de l’Hégire (1095) et quand il renoncé à être son vizir, il partit à Nishapour et devint le vizir du prince Sinjar Ibn Malik Shah. Le jour de ‘Ashoura, il se réveilla et avant de rompre le jeûne il dit à ses partisans : « J’ai vu al-Houssayn Ibn ‘Ali (qu’Allah soit satisfait d’eux) dans mon rêve qui me dit : « Dépêche-toi de nous rejoindre afin que tu rompes ton jeûne avec nous. » Je n’ai fait que de penser à cela et il n’y a nul moyen d’éviter le décret d’Allah Exalté. » Ils lui dirent : Puisse Allah te protéger ! La meilleure chose que tu puisses faire est de ne pas sortir de ta résidence aujourd’hui ni ce soir. » Il passa ce jour en priant, en récitant le Qur’an et donna une grande quantité d’aumônes.

 

Quand le temps pour la prière du soir arriva, il quitta le palais dans lequel il se trouvait pour la résidence des femmes. Il entendu alors les cris d’un pétitionnaire extrêmement tourmenté qui disait : « Les Musulmans sont tous partis. Il n’y a personne pour enquêter sur un grief ou prendre la main d’un homme dérangé. » Par pitié pour lui, Fakhr al-Moulk l’appela et lui demanda : « Que t’arrive-t-il ? » L’homme lui donna la pétition et pendant que Fakhr al-Moulk la lisait attentivement, il le poignarda avec une dague et le tua. Le batini fut emmené à Sinjar qui le fit torturer. Il fit une fausse confession, impliquant plusieurs des hommes du sultan et dit : « Ils m’ont incité à le tuer, » voulant tuer tant par sa propre main que par sa calomnie et ceux qu’il nomma furent appelés et exécutés à tort et après eux le batini fut exécuté à son tour. Fakhr al-Moulk avait soixante-six ans.

 

La bataille entre l’empereur de Constantinople et les croisés

 

Un profond antagonisme survint cette année entre l’empereur des Byzantins, le souverain de Constantinople et Bohémond le croisé. Bohémond envahit et pilla le territoire de l’empereur avec l’intention de le pousser à le combattre (pour usurper son trône). L’empereur envoya un messager au prince Kilij Arsalan Ibn Souleyman, le souverain de Konya, d’Aksaray et d’autres terres pour lui demander son aide et ce dernier lui fournit un détachement de son armée. Cela renforca l’empereur qui marcha contre Bohémond et après avoir formé leurs lignes de bataille, ils s’affrontèrent. Les croisés tinrent ferme en comptant sur leur bravoure tandis que les Byzantins et leurs alliés à cause de leur nombre. La bataille dura longtemps et à la fin tourna à l’avantage des byzantins et la défaite des croisés dont la plupart furent tués et un aussi grand nombre capturé. Ceux qui survécurent revinrent dans leur terre en Syrie. Les troupes de Kilij Arsalan se mirent alors en route pour retourner chez eux en ayant l’intention de rejoindre leur souverain dans al-Jazirah. Cependant, les nouvelles de sa mort leur parvinrent comme nous le rapporterons si Allah le veut et ils n’allèrent pas plus loin, et restèrent sur place.