La bataille d’ad-Don Nonawiyyah 

 

De l’importance de l’invocation 

Avant de continuer plus loin puisque la circonstance l’oblige, je voudrais vous mentionner ce qui a été rapporté sur l’importance de l’invocation ou la Dou’a.

 

Pour commencer Allah Exalté soit-Il, à Lui les Louanges et la Gloire a dit dans Son Livre Saint : « Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi ; alors, Je suis tout proche, Je réponds à l’invocation de celui qui M’invoque s’il M’invoque. Qu’ils répondent à Mon appel, qu’ils croient en Moi, afin qu'ils soient bien guidés[1] », 

« Et Votre Seigneur a dit : « Invoquez-moi, j’exaucerai vos demandes. Ceux qui, par orgueil, se refusent à M’adorer entreront bientôt dans l’enfer, humiliés[2] » », 

« Et quand ils affrontèrent Goliath et ses troupes, ils dirent : Seigneur! Déverse sur nous l’endurance, affermis nos pas et donne-nous la victoire sur ce peuple infidèle. Ils les mirent en déroute, par la grâce d’Allah. Et David tua Goliath ; et Allah lui donna la royauté et la sagesse, et lui enseigna ce qu’Il voulut. Et si Allah ne neutralisait pas une partie des hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue. Mais Allah est Détenteur de la Faveur pour les mondes[3] »,

 

Nou’man Ibn Bashir (qu’Allah soit satisfait de lui) a rapporté que le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « L’invocation ou la supplication est l’essence de l’adoration ». Rapporté par Abou Daoud, at-Tirmidi, an-Nassa'i, Ibn Majah, Ibn Hibbane et al-Hakim.

‘Oubadah Ibn Samit (qu’Allah soit satisfait de lui) a rapporté que le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Tout musulman au monde, qui invoque Allah sera exaucé, sinon Allah, Exalté soit-Il, le préservera d’un mal à condition qu’il ne demande rien d’illicite ni la rupture des liens parentaux ». Rapporté par at-Tirmidi et al-Hakim.

 

Dans une autre version, Abou Sa’id al-Khoudri (qu’Allah soit satisfait de lui) a rapporté, en plus du Hadith précédent, que le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « …sans qu’Allah ne lui accorde l’une des trois choses suivantes : soit qu’Il l’exauce promptement, soit qu’Il lui en réserve la rétribution dans l’Au-delà ou soit qu’Il lui épargne son équivalent de mal ». Rapporté par Ahmad, al-Bazzar, Abou Ya’la et al-Hakim.

 

Abou Hourayrah (qu’Allah soit satisfait de lui) a rapporté que le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « L’invocation ou la supplication est l’arme du croyants (silah al-mou'minin), le piler de la religion (‘imad ad-din) et la lumière des cieux et de la terre (wa nour samawati wal ard) ». Rapporté par al-Hakim et Abou Ya’la.

 

Salman (qu’Allah soit satisfait de lui) a rapporté que le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Allah est tellement Bienveillant et Généreux qu’Il a honte de refuser une demande à quelqu’un qui lève les mains vers Lui » Rapporté par Abou Daoud, at-Tirmidi, Ibn Majah, Ibn Hibbane et al-Hakim.

 

Ibn ‘Omar (qu’Allah soit satisfait d’eux) a rapporté que le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « L’invocation procure le bien en ce qui n’est pas encore survenu comme en ce qui l’est déjà. Alors vous devez aussi, ô serviteurs d’Allah multiplier les invocations » et aussi : « Celui qui invoque est privilégié par la miséricorde (d’Allah) et la meilleure invocation est celle où l’on demande le salut (‘afiyyah) ». rapporté par at-Tirmidi et al-Hakim

 

Thawbane (qu’Allah soit satisfait de lui) a rapporté que le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Rien ne peut repousser le sort, excepté les supplications adressées à Allah. Tien ne peut prolonger la vie, à part le piété. On se prive des richesses par les péchés que l’on commet » Rapporté par Ibn Hibbane et al-Hakim.

 

Le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Allah donne la victoire à cette communauté grâce aux faibles parmi eux, grâce à leurs invocations, à leurs prières, à leur sincérité » et « Soyez bienveillants envers les gens faibles parmi vous, car vous êtes secourus et vous avez votre subsistance grâce aux gens faibles parmi vous » et « N’êtes-vous pas secourus et votre subsistance ne vous vient-elle pas grâce aux gens faibles parmi vous ? » Rapporté par al-Boukhari

 

Al-Mansour Abou Youssouf Ya’qoub, émir des Bani Marine 

 

Le retour d’al-Mansour en Andalousie 

 

La traitrise d’Ibn al-Ahmar 

Ibn al-Ahmar obnubilé par le pouvoir ne pensa qu’à lui-même et hélas ne prit pas en compte les Musulmans ni ce qu’il y avait de mieux pour sa communauté. Et il dit une parole mal placée dans son contexte : « Il y a dans l’Histoire une leçon ! »

Certes ! Il y a dans l’histoire une leçon qu’il ne faut pas suivre les traces du diable ou se séparer de la communauté mais certainement pas de leçon de sacrifier les intérêts des Musulmans en général pour protéger les siens d’autant plus que le Messager d'Allah (Saluts et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Aime pour ton frère ce que tu aimes pour toi ».

Ibn al-Ahmar détesta pour son frère ce qu’il aimait pour lui oubliant la leçon de travailler ensemble pour le bien de tous !

Ibn al-Ahmar, l’ingrat, oublia ce que les Bani Marine avaient fait pour le protéger et décida de se préparer à lutter contre eux et comme personne ne pouvait l’aider, il eut recourt aux ennemis des Musulmans, les croisés, et il n’y a de force et de puissance qu’en Allah. Il en appela donc aux mécréants pour l’assister dans sa lutte contre eux. A quoi donc peut servir la science lorsqu’on ne craint pas Allah le Très Haut !

 

Saisissant l’occasion en or qui se présentait à lui, via le traître Ibn al-Ahmar, le roi de Castille mit à sa disposition une armée pour expulser les Banou Marine d’Andalousie et leur armée qui était stationné près de Jibal Tariq dans la région d’Algésiras (jaziratoul khadrah).

L’armée Ibn d’al-Ahmar se joignit à celle des croisés et ensemble ils marchèrent sur les Banou Marine. Arrivé sur place, ils mirent le siège tandis que les Banou Marine appelaient à l’aide leurs frères au Maghreb. Après avoir d’abord envoyé son fils en urgence pour secourir leurs frères al-Mansour débarqua une nouvelle fois en Andalousie. Youssouf Ibn al-Mansour conduisit une flotte de quatre-cents navires mais les croisés informés leur opposèrent une autre flotte et eut lieu une grande bataille navale entre les Musulmans et les croisés dans le détroit de Tariq ou avec la grâce d’Allah le Très Haut sur Ses serviteurs, les croisés furent battus. Lorsque les croisés virent la puissante flotte (oustoul dakhm) des Musulmans non seulement ils se retirèrent mais abandonnèrent Ibn al-Ahmar à ses problèmes.

Ibn al-Ahmar lorsqu’il se retrouva seul regretta son geste et fit envoyer des messagers au Banou Marine leur demandant de lui pardonner son erreur et leur proposa des généreuses sommes d’argents et des navires. Al-Mansour lui envoya néanmoins une terrible lettre pour le sermonner et décida de ne pas tenir compte de son erreur.

Al-Mansour retourna au Maghreb tandis que son fils Youssouf resta en Andalousie ou il occupa la région d’Algésiras. Puis il se mit à penser à ce traître d’Ibn al-Ahmar qu’il avait secourut maintes et qu’il n’avait pas hésité à les trahir de cette manière ! Youssouf al-Mansour décida donc de le punir.

Al Mansour quant à lui retourna au Maghreb préoccupé par une rébellion en Algérie dans la région de Tilimsen à laquelle il dut faire face en personne.

Son fils, seul sans consulter personne, chercha un moyen de se débarrasser d’Ibn al-Ahmar. Son père était trop préoccupé pour l’aider et il n’avait avec lui qu’une petite armée. Et il pensa que seuls les mécréants pouvaient l’aider ! Lui qui était venu pour fin mettre fin à la menace des croisés voilà maintenant qu’il pensait à leur demander de l’aide pour punir ce traître ! Et effectivement, Il contacta Alfonsh X qui réjouit de voir les Musulmans à ce point divisé, lui proposa de lui envoyer une armée pour attaquer Grenade !

Youssouf eut peur d’agir sans l’autorisation de son père et il dit aux messagers que lui avait envoyé Alfonsh X : « Allez voir mon père et essayez de le convaincre ! Ce qu’ils firent immédiatement et lorsqu’ils se trouvèrent en présence d’al-Mansour et lui dirent les raisons de leur présence, il entra dans une terrible colère ! Il envoya aussitôt des messagers à son fils pour le menacer en lui disant : « Tu veux punir une trahison par une autre trahison ? »

Et Allah le Très Haut préserva les Musulmans d’Andalousie de cette erreur qui aurait pu être tragique pour eux !

Ensuite les Musulmans connurent une période de calme tant au Maghreb qu’en Andalousie alors qu’il en était tout autrement chez les Chrétiens.

 

La division chez les croisés 

En l’an 681de l’Hégire (1282), Sancho fils d’Alfonsh X se rebella contre son père à Castille qui était l’état le plus important des croisés aux nord. Il l’évinça du pouvoir et l’expulsa. Alfonsh X qui dirigeait depuis assez longtemps refusa de se laisser faire. Alors il s’en alla en Europe chercher de l’aide auprès des rois mais pas l’un d’entre eux ne l’aida. Puis il alla à Rome et demanda de l’aide au pape qui ne voulut pas se mêler des affaires intérieures d’Alfonsh X du fait que ce n’était pas un problème entre les Chrétiens et les Musulmans mais entre un père et son fils.

Alfonsh humilié retourna en Andalousie et pensa à demander de l’aide aux Musulmans. Il traversa le détroit de Tariq et s’en alla demander de l’aide au Sultan al-Mansour au Maghreb.

Il serra la main du Sultan et lorsqu’il fut partit le Sultan alla aussitôt se laver les mains de cet homme qui avait déjà tué des milliers de Musulmans. Le Sultan le rencontra et l’écouta et Alfonsh lui offrit sa couronne royale en guise de cadeau. Al-Mansour se dit qu’il devait profiter de l’occasion de la même manière que les croisés profitaient des divisions des Musulmans.

Al-Mansour décida d’aider le roi déchu. Son armée débarqua de nouveau en Andalousie cette même année et tous les partisans d’Alfonsh X qui voulaient son retour à la royauté se joignirent à cette armée qui attaqua Séville, Cordoue et mit la pression sur Sancho.

Le siège dura deux années complètes et Alfonsh X mourut soudainement. Tous les gens qui avaient rejoints al-Mansour n’ayant plus aucune raison de rester s’en allèrent tandis qu’al-Mansour retourna au Maghreb. 

 

La mort d’al-Mansour Abou Youssouf Ya’qoub 

 

La chute de Tarif

 

La mort d’Ibn al-Ahmar al-Faqih 

En l’an 701 de l’Hégire (1301), Ibn al-Ahmar al-Faqih mourut et son fils Abou ‘Abdillah Muhammad surnommé al-Makhlou’ (le détrôné) lui succéda mais ce fut son ministre qui dirigea réellement le royaume de Grenade tandis que Muhammad III n’en était que la façade. avant d’être détrôné en l’an 708 de l’Hégire (1308) pour être succédé par Nasr.

 

Ce ministre traître coupa ses relations avec les Banou Marine et ouvrit des relations avec les croisés. Puis profitant que les Banou Marine étaient occupés par des rebellions en Algérie, le ministre, Abou ‘Abdillah al-Hakim, envoya une armée d’Andalousie au Maghreb.

Cette armée était commandée par le fils de son oncle Abou Sa’id Faraj Ibn Isma’il qui réussit à capturer la ville de Ceuta et cela dans le but d’empêcher les Banou Marine d’intervenir en Andalousie. Puis pour semer la division dans les rangs des Banou Marine, il annonça sa rébellion au Sultan Youssouf Ibn al-Mansour et sa reconnaissance au rebelle des Banou Marine, ‘Uthman Ibn Abi al-‘Ala al-Marini.

 

Cette même année, le Sultan Youssouf Ibn al-Mansour devait décéder des suites de cette affaire fomentée par les Andalous. Et Abou Thabit Ibn Abi ‘Amir al-Marini lui succéda.

Mais il s’ensuivit des troubles avec son oncle Abou Salim. Et ainsi les Bani Marine se trouvèrent divisés en trois groupes. Abou Thabit réussit à venir à bout de son oncle et aussitôt combattit ‘Uthman al-Marini qui s’était rebellé contre son père et assiégea Ceuta. Alors qu’il assiégeait la ville, Abou Thabit mourut et lui succéda le Sultan Abou Rabi’ qui renforça tellement le blocus sur Ceuta qu’il ne tarda pas à reconquérir la ville. ‘Uthman dut s’enfuir et se réfugia à Grenade.

 

La chute de Gibraltar 

En l’an 708 de l’Hégire (1308), alors que les croisés contrôlaient la presque totalité de l’Andalousie, et en dépit des accords avec les Musulmans de Grenade, ils décidèrent de capturer le reste du pays et Fernando IV à la tête de son armée marcha sur Almeria, la ville portuaire de la flotte navale des Musulmans tandis qu’il envoya une autre armée alliée au roi Jacques pour capturer Gibraltar (jibal tariq).

Cette même année Nasr succéda à Abou ‘Abdillah Muhammad surnommé al-Makhlou’

 

En l’an 709 de l’Hégire (1309) Gibraltar tomba car personne ne vint secourir les Musulmans.

Nasr pensa que son pouvoir était en danger et que son tour n’allait pas tarder d’autant plus que la ville d’Almeria était assiégée depuis une année maintenant. Il envoya des messagers au Sultan des Bani Marine au Maghreb pour demander de l’aide. Le Sultan après avoir posé ses conditions envoya hommes et argent pour soutenir le gouverneur de Grenade.

 

Cette même année, Fernando IV resserra son étau sur Almeria qui subissait un double blocus navale et terrestre. Les habitants fermes et intransigeants poussèrent Fernando à creuser un tunnel assez large sous le sol pour permettre l’accès à vingt cavaliers afin qu’ils puissent accéder à la forteresse.

Les Musulmans s’en rendirent compte et eux même se mirent à creuser un tunnel qui rejoignit celui des Chrétiens et une bataille eut lieu sous la terre. ‘Uthman des Bani Marine qui avait trouvé refuge à Grenade leva une armée et porta secours au gens d’Almeria. Et par la grâce d'Allah le Très Haut, les Musulmans eurent le dessus et écrasèrent leurs ennemis.

 

En l’an 713 de l’Hégire (1313), Nasr qui succéda à Abou ‘Abdillah Muhammad al-Makhlou’ fut contraint de se désister et il fut remplacé par Abou al-Walid Ibn Isma’il Ibn Faraj Ibn Isma’il qui n’ait autre que le frère de Muhammad I ou Ibn al-Ahmar, le fondateur du royaume de Grenade.

Sous son règne eut lieu une bataille entre une armée de Grenade de 6.000 combattants dont 1.500 cavaliers, sous le commandement de Sheikh al-Ghouzat, ce fameux corps de combattants formé par les Bani Marine, contre une immense force de croisés de Castille sous les commandements de Don Pedro et Don Juan, les tuteurs du jeune roi de Castille, Alfonsh XI.

Le 20 du mois de Rabi’ Awwal de l’année 718 de l’Hégire (1318) eut lieu la grande bataille près d’Alvéra pas très loin de Grenade ou les croisés furent écrasés par la grâce d’Allah Exalté. 

 

En l’an 725 de l’Hégire (1324), le Sultan de Grenade al-Ghalib Billah Abou al-Walid décéda et son fils Abou Muhammad lui succéda avant d’être tué (qoutil) en 733 de l’Hégire et d’être succédé par son frère Abou al-Hajjaj Youssouf Ibn Isma’il.

 

La reprise de Gibraltar 

 

La chute d’Algésiras

Sitôt son arrivée au Maghreb, le Sultan Abou al-Hassan ‘Ali Ibn ‘Uthman Ibn Abi Ya’qoub leva une nouvelle armée et une nouvelle flotte et se dirigea à nouveau vers l’Andalousie. Les deux flottes se rencontrèrent en mer mais la flotte des Musulmans préparée à la hâte était de loin insuffisante pour faire face à celle des Anglais et des Européens et ils furent de nouveau battus. Les croisés contrôlèrent le détroit de Gibraltar puis de là, mirent le blocus sur toute la région d’Algésiras tandis que le pape demandait un surplus d’aide à fournir aux Espagnols. L’Angleterre envoya une nouvelle armée soutenir le roi de Castille.

Le siège d’Algésiras dura trois années et demi jusqu’en l’an 741 de l’Hégire (1340). Abou al-Hajjaj envoya une nouvelle armée pour les aider mais elle ne put rien faire. Et en l’an 743 de l’Hégire (1342), après un long et harassant siège, les Musulmans demandèrent la paix et la sécurité qui leur fut accordée à condition qu’ils quittent la région, et c’est ce qu’ils firent.

Ainsi toute la région d’Algésiras tomba aux mains des croisés réduisant encore plus la présence musulmane en Andalousie.

 

En l’an 750 de l’Hégire (1349), Alfonsh XI marcha sur l’île de Gibraltar qui était une forteresse et mit le siège. A cette époque, apparut une maladie qui se propagea tout le long des pays en bordure de la Mer Méditerranée et qui toucha l’armée du Najiss al-Khabith Alfonsh XI qui périt ainsi que pratiquement toute son armée des suites de ce virus, que la malédiction d’Allah soit sur lui et ses semblables.

Et le siège sur Gibraltar qui durait depuis un an fut levé avec la Puissance d’Allah le Très Haut Exalté et Loué soit-Il qui les châtia tous et d’un seul coup pour leurs abominables crimes. L’invocation des opprimés est toujours exaucée, ne serait-ce après un certain temps !

 

Mais ce qui est bien triste, c’est que les croisés survivants prirent la dépouille contaminée de l’impur (najiss) Alfonsh XI qu’ils ramenèrent à Séville et qu’ils demandèrent l’autorisation aux Musulmans de traverser la ville de Grenade pour s’y rendre et tant qu’à faire a aussi contaminer les Musulmans de la ville qui ne l’avaient pas été et les Musulmans acceptèrent leur demande à la place d’en finir avec eux et certains d’entre eux allèrent jusqu’à porter le deuil et se vêtirent de noir, imitant les mécréants (taqlid an-nassarah) ! Vraiment les Musulmans de Grenade tombèrent bien bas et vous verrez un grand nombre d’exemples similaires dans l’Abrégé de l’Histoire des Croisades.

Le Messager d’Allah (Salut et Bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui imite des gens est considéré comme étant l’un d’eux.» rapporté par Ahmad et Abou Daoud.

Le Prophète (Salut et Bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Il n’est pas des nôtres celui qui imite des gens différents de nous, n’imitez ni les juifs, ni les Chrétiens ».

Le Prophète (Salut et Bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Vous suivrez les faits et gestes de ceux qui vous ont précédé, leur ressemblant comme se ressemblent les pennes d’une flèche, jusqu’au point où s’ils entraient dans un trou de lézard, vous les suivriez ». Les Compagnons demandèrent : « O Messager d’Allah ! Sont-ils les Juifs et les Chrétiens ? » Il répondit : « Qui d’autre alors ? » Rapporté par al-Boukhari.

 

Ou était-donc les Musulmans du Sultan Marini al-Mansour Abou Youssouf Ya’qoub Ibn ‘Abdel Haqq alors qu’il se trouvait dans son palais à Algésiras qui, lorsque le roi de Castille Alfonsh X lui demanda de l’aide après avoir détrôné en l’an 781 de l’Hégire, comme nous allons le voir, lorsqu’il mit fin à l’entrevue qu’il avait eu avec le roi des croisés après lui avoir serré la main dit en langue berbère à ses servants : « Ramenez moi de l’eau que je lave mes mains du contact de cet impur (qoublat ada najass) »

Comment les Musulmans de Grenade ont-il put honorer la dépouille de celui qui vendit en esclavage les femmes et filles du Sheikh Marini al-Ghouzat après qu’il eut égorgé de la pire manière ses enfants ! Ce sont des choses extrêmement importantes à savoir, n’avaient-ils donc plus aucun honneur !

 

A Castille, Boutra I surnommé al-‘Ati, le tyran, l’injuste, succéda à Alfonsh XI, alors qu’il était âgé de 16 ans. Trop jeune pour gouverner, c’est sa mère qui dirigea donc les affaires en attendant qu’il grandisse mais il la tua. Alors les gens se levèrent contre lui et il les punit très durement. De même ses proches se rebellèrent contre lui et ils subirent le même traitement et le pays des croisés tomba dans une profonde apathie à cause de ce tyran.

 

En l’an 755 de l’Hégire (1353), al-Ghalib Billah Abou al-Hajjaj Youssouf I mourut à Grenade, poignardé par un fou dans la mosquée alors qu’il priait, le jour de l’‘Id Fitr. Et son fils Muhammad V (al-khamis) Ibn Youssouf surnommé al-Ghani Billah lui succéda.

 

Le 18 Ramadan de l’année 760 de l’Hégire (1359), Isma’il Ibn Youssouf surnommé le Deuxième (al-thani), aidé par le mari de sa sœur Muhammad VI et une centaine d’hommes prirent le palais du gouverneur de Grenade tandis que Muhammad V s’enfuit sur sa monture vers la ville de Wadi Ash.

L'année suivante, Isma’il II fut assassiné et Muhammad VI devint seul gouverneur de Grenade. Deux ans, après Muhammad V qui s’était enfuit demanda de l’aide au Sultan du Maghreb qui l’assista et l’aida à récupérer le pouvoir. Tandis que Muhammad VI s’enfuit chez les croisés accompagné de trente-sept personnes. Ne sachant pas où aller, il alla chez Boutra qui après les avoir reçu, ordonna qu’ils soient tous tués tandis qu’il tua en personne Muhammad VI ! Il fit trancher leurs têtes et les envoya à Muhammad V.

 

Troubles en Castille 

 

Le prédicateur Sio Nassiq 

En l’an 793 de l’Hégire (1390), apparut à Castille un homme du nom de Sio surnommé Sio Nassiq qui était un prédicateur. Et du fait que plusieurs de ses prédictions arrivèrent réellement les gens commencèrent à le suivre et à se rapprocher de lui.

Un jour, il annonça que les croisés allaient capturer Grenade comme ils capturèrent Valence. Il rencontra le gouverneur de la ville de Qantara qui le crut et qui se mit à envoyer des messages de soumission au gouverneur de Grenade.

Sio accompagné de 5.000 hommes marchèrent sur Grenade. Imri le gouverneur de Castille lui conseilla de ne pas faire cela du fait qu’il avait conclu des arrangements avec les Musulmans suite à leur aide apportée pour combattre Boutra.

Mais Sio et les gens refusèrent de l’écouter si bien qu’Imri changea d'avis et rompit son pacte. Sio annonça aussi à ses partisans que la ville serait prise pacifiquement et que pas un seul d’entre eux ne serait tué. Ils attaquèrent les faubourgs de Grenade et les Musulmans sortirent à leur rencontrèrent et tuèrent certains de ses partisans.

Alors les gens furent stupéfaits et ils dirent à Sio : « Mais tu nous avais dit que personne ne mourait ! »  Sio rigola et dit : « Je vous avais dit dans la bataille mais pas lors du siège ». Et les gens le crurent à nouveau.

Comme ceux-ci continuaient d’avancer, les Musulmans sortirent et les attaquèrent si bien qu’il s’ensuivit une bataille. Les Musulmans les écrasèrent et 3.500 d’entre eux furent tués y comprit Sio tandis que les autres fuirent la bataille et ceci est le seul évènement important qui arriva à cette époque.

 

Et de nouveau la situation empira à Grenade 

En l’an 793 de l’Hégire (1390) mourut Abou al-Hajjaj Youssouf II  Ibn Muhammad V. Abou al-Hajjaj succéda à son père puis lorsqu’il prit le pouvoir, Muhammad VII lui succéda après sa mort.

Muhammad VII n’était pas le plus grand de ses fils et il y eut des différents entre les frères et Muhammad VII fit emprisonner son grand frère. Et la division s’infiltra dans les rangs des Bani Ahmar. Cette division motiva les croisés pour intervenir et en l’an 809 de l’Hégire (1406) Yohannah II prit la succession après la mort d’Imri III.

La femme de Yohannah du nom de Catherine (katarina) et était une fanatique chrétienne. Et elle insista tant et tellement, soit cinquante années, auprès de son mari à rompre ses engagements avec les Musulmans et d’attaquer Grenade que celui-ci n’eut pas d’autre choix. Et il prépara donc son armée en conséquence.

Tandis qu’à Grenade la désintégration s’annonçait tant la situation était mauvaise pour les Musulmans.

 

En l’an 811 de l’Hégire (1408), Youssouf III, le plus grand en âge, fils de Youssouf II, frère de Muhammad VII était en prison comme nous l’avons mentionné et Muhammad VII pensa que si quelqu’un venait à libérer son frère qui était légitimement le prétendant au trône, celui-ci se retournerait contre lui et le forcerait à abdiquer sans oser imaginer les suites néfastes.

Alors, il ordonna de faire tuer son frère dans sa cellule et il écrivit au responsable de la prison pour qu’il exécute les ordres et celui-ci reçut le message alors qu'il était en train de jouer aux échecs avec le prisonnier du fait qu’une amitié était née entre eux.

Lorsqu’il lit la lettre, son visage se transforma du fait qu’il était obligé de tuer son  ami. Youssouf III se rendit immédiatement compte de ce changement et prit la lettre des mains du responsable et la lut ! Il dit au responsable :

- « Finissons d’abord la partie ». Et celui-ci étonné lui répondit :

- « Mais as-tu lu le message ? » Et l’autre de répondre :

- « Oui ».

- « Mais j’ai reçu l’ordre de te tuer ! »

- « Finissons d’abord la partie te dis-je ! »

Et à peine avait-il finit la partie, qu’on vint leur annoncer la mort de Muhammad VII ! Gloire à Allah le Très Haut (soubhanallah) ! Et Youssouf III le prisonnier devint le gouverneur officiel de Grenade après la mort subite de son frère dont le dernier acte et sur lequel il sera ressuscité est d’avoir ordonné la mort de son frère (souh al-khatimah) !

Les historiens ont rapporté que le règne de Youssouf II fut un bon règne.

 

En l’an 815 de l’Hégire (1412), Yohannah II enfin près attaqua et captura Nouqirah bien que Youssouf II envoya une armée pour défendre la ville mais elle fut battue. 

 

Le retour de la division à Grenade 

 

Les Musulmans sous le règne des croisés 

Que sont devenus les Musulmans qui étaient restés vivre dans les villes capturées par les croisés ?

Et bien, ils furent de plus en plus maltraités et humiliés alors que les Musulmans n’ont jamais maltraités les Chrétiens qui vivaient sous leurs lois !

Des nouvelles lois furent crées et appliquées pour que ces injustices leur soient naturellement appliquées et quelles deviennent une obligation. Et parmi ces lois :

- Il était permis à n’importe quel Chrétien de corriger et de frapper un musulman lorsqu’il le jugeait utile.

- Il fut interdit aux Musulmans de rentrer dans la maison d’un Chrétien exceptés les docteurs Musulmans car la science comme nous l’avons dit était chez les Musulmans !

- Il fut interdit aux Musulmans de fréquenter les Chrétiens sous peine de cruelles punitions.

- Comme les Musulmans avaient leur propre quartier et leur propre tribunal qui jugeaient encore selon les lois d’Allah le Très Haut Exalté et Loué soit-Il, les tribunaux Musulmans furent interdits et fermés.

Les Musulmans, sujets à ces cruelles lois commencèrent à quitter les villes des croisés et pour leur interdire de partir :

- Quiconque parmi les Musulmans qui tenterait d’émigrer vers Grenade serait pris comme esclave.

- Tout musulman interdisant à son enfant de se christianiser sera torturé.

- Sachant que le commerce était aussi aux des mains des Musulmans, le roi de Castille imposa une loi annulant toutes les dettes des Chrétiens envers les Musulmans. 

- Tout musulman qui serait pris en train d’attester à voix haute la parole de foi « la ilaha illallah wa Muhammad Rassoul Allah » serait immédiatement mis à mort.

- Il fut interdit aux Musulmans d’utiliser la langue arabe et l’utilisation d’al-Khimiado[5] fut rendue obligatoire sous peine de terrible punition.

Telles étaient quelques-unes des principales lois[6] auxquels étaient soumis les Musulmans surnommé « les moins que rien » (al-moudajjanin) dans les villes occupées par les Chrétiens.

 

Ahmad al-Tilmisani (de Tlemcen, en Algérie actuelle), le savant (‘alim) du Maghreb Arabe, un des plus grands savants de l’époque édicta son fameux arrêté juridique (fatwa), valable pour tous les temps et stipulant : « Obligation à tous les Musulmans interdit de pratiquer leur religion de quitter le pays dans lequel ils vivent. « Ceux qui ont fait du tort à eux-mêmes, les Anges enlèveront leurs âmes en disant : Où en étiez-vous? (à propos de votre religion) - Nous étions impuissants sur terre, dirent-ils. Alors les Anges diront : La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer ? Voilà bien ceux dont le refuge et l’Enfer. Et quelle mauvaise destination ! A l’exception des impuissants : hommes, femmes et enfants, incapables de se débrouiller, et qui ne trouvent aucune voie. A ceux-là, il se peut qu’Allah pardonne. Allah est Clément et Pardonneur. »  Si un musulman ou qu’il se trouve ne peut protéger sa religion l’émigration devient obligatoire pour lui ».

Cette Fatwa se trouve dans son fameux livre : « asnal matajir fi bayan ahkam liman ghalaba ‘ala watanihil nassara wa lam youhajir wa ma yataratab ‘aleyhi minal ‘ouqoubati wal zawajir ».

Les gens commencèrent donc à émigrer en secret craignant de devenir esclave s’ils étaient pris. Et les gens de Grenade ne purent aider leur frère du fait des batailles que les gouverneurs se livraient pour le pouvoir.

 

La chute de Gibraltar 

En l’an 863 de l’Hégire (1458), Muhammad al-Ahnaf fut déposé et Sa’d Ibn Muhammad Ibn Youssouf II prit le pouvoir pour quatre années et en l’an 867 de l’Hégire (1462), il fut déposé à son tour par Youssouf V qui quelques années après fut redéposé par Sa’d Ibn Muhammad.

 

Profitant de la faiblesse des Musulmans, le roi de Castille attaqua en l’an 868 de l’Hégire (1463) l’île de Gibraltar (jabal tariq) et la captura bien que sa forteresse était la plus imprenable et la plus puissante de toute l’Andalousie. Puis le roi de Castille mit la pression sur Grenade mais la prédestination voulut que des différents surgissent entre les rois croisés et Alfonsh se rebella contre Imri IV et les gens prirent son parti.

Les deux armées se rencontrèrent mais aucun des deux ne remporta la victoire. Le différent dura quelques temps jusqu’à ce qu’Alfonsh meurt et que tout revienne en ordre. Les partisans d’Alfonsh portèrent allégeance à Isabelle (izaballa), la sœur d’Alfonsh mais celle-ci refusa de se rebeller contre son frère Imri et un arrangement eut lieu entre eux. Isabelle deviendrait après son frère reine de Castille.

La capture de l’île de Gibraltar par les croisés fut un dur coup insurmontable pour les Musulmans du royaume de Grenade car c’est par cette île et celle d’Algésiras que transitaient les aides du Maghreb. Avec la perte de ces deux îles stratégiques au profit des croisés, le contact avec le Maghreb fut coupé et cela accentua la chute de Grenade d’autant plus que la dynastie des Banou Marine connaissait ses derniers instants.

 

 

En l’an 868 de l’Hégire (1363), al-Ghalib Billah Abou al-Hassan ‘Ali Ibn Sa’d devint le nouveau Sultan et il était marié à deux femmes. L’une d’entre elle, ‘Ayshah, était la fille de son oncle et la seconde une espagnole convertie à l’Islam après avoir été capturée au cours d’une bataille du nom de Fourayah ou Thourayah.

Il eut de ‘Ayshah, Muhammad surnommé as-Saghir et Youssouf et de Fourayah ou Thourayah Sa’d et Nasr.

Abou al-Hassan voulut donner la succession à son grand fils de Thourayah parce qu’il aimait beaucoup celle-ci mais le véritable prétendant à la succession était Muhammad as-Saghir. Lorsque son épouse espagnole fut informée de ses desseins, elle fit emprisonner ‘Ayshah et son fils à Bourj Oumarish qui était une tour fortifiée. Avec ce complot intra familial, la sédition se glissa dans la famille régnante.

 

En l’an 869 de l’Hégire (1464), le règne des Bani Marine prit fin pressé par les Bani Wattass tandis qu’une nouvelle fois les troubles secouaient le Maghreb et que l’Andalousie, du moins ce qui en restait, connaissait ses derniers sursauts du fait de son extrême faiblesse.

Les croisés quant à eux étaient unifiés et prêt à saisir ce qui restait des possessions musulmanes en Andalousie.

 

En l’an 874 de l’Hégire (1469), le successeur du roi d’Aragon Fernando V (frinidad al-khamis) se maria avec Isabelle, la future reine de Castille.

 

En l’an 879 de l’Hégire (1474), Imri IV mourut et Isabelle prit le pouvoir.

 

La naissance de l’Espagne actuelle 



[1] Qur’an, Sourate 2, verset 186.

[2] Qur’an, Sourate al-Ghafir, verset 60.

[3] Qur’an, Sourate 2, versets 250, 251.

[4] La mère, l’épouse et les filles d’Alfonsh. 

[5] Nous avons déjà mentionné cette langue nouvelle crée par al-Moudajjanin.

[6] Si Allah Exalté le veut, lorsque j’aurais finis cette série historique des Abrégés, je traduirais l’excellent livre du Docteur al-Jaza’iri : « le Mythe du Barbarisme Musulman et ses Objectifs » qui mentionne tous ces évènements ainsi que les lois des infâmes tribunaux de l’inquisition.