Ibn Tashfine dut retourner de nouveau au Maghreb où son attention était requise et en partant, il laissa une partie de son armée pour défendre les Musulmans.  

 

La réunion des savants de Syrie 

En l’an 482 de l’Hégire (1089), Alfonsh fit une nouvelle fois ses préparatifs pour transformer Tolède en place fortifiée pour ses armées et d’où il pourrait organiser ses conquêtes.

 

Les gouverneurs des royaumes indépendants ne changèrent en rien après ces deux dangers éliminés et chacun resta sur sa position noyé par l’amour du pouvoir, des vains délices et des occupations mondaines de cette vie. Bientôt la division se fit plus profonde entre deux royaumes qui finirent par s’entretuer au plus grand bénéfice d’Alfonsh et les gens alarmés envoyèrent des messagers demander l’aide des Mourabitine pour la troisième fois.

 

Les nouvelles des divisions et des guerres intestines entre gouverneur parvinrent jusqu’en Syrie. Alors deux des plus grands érudits de l’époque : Abou Hamid al-Ghazali, qui se trouvait en Syrie à cette époque, et Abou Bakr at-Tartoushi, puisse Allah le Très Haut leur faire miséricorde, se réunirent avec d’autres ‘Oulémas pour discuter des problèmes de l’Andalousie et du sort des Musulmans, reflétant les propos du Messager d'Allah (Saluts et bénédictions d'Allah sur lui) : « Quiconque ne s’occupe pas des affaires des Musulmans n’en fait pas partie »

Les savants religieux édictèrent alors un des plus important arrêté juridique de tous les temps. Ils ordonnèrent à Youssouf Ibn Tashfine de retirer le pouvoir aux gouverneurs d’Andalousie, et d’unifier l’Andalousie par la force. Du fait que ces gouverneurs étaient la cause principale du danger qui menaçait directement les Musulmans et qu’il ne convenait pas de se taire ou d’ignorer ce fait. Puis ils envoyèrent cet arrêté juridique (fatwa) à Youssouf Ibn Tashfine lui donnant juridiquement l’ordre de procéder et de mettre fin à ces dissensions.      

Youssouf Ibn Tashfine réfléchit aux conséquences de cet ordre. Il était bien évidemment que son attention était demandée en permanence pour diriger son état des Mourabitine et que s’il partait, des troubles pouvaient surgir à tout instant. Mais le statut de l’Andalousie était bien plus préoccupant que le sien qui était bien stable. Et le danger des croisés était bien plus important que ceux qui menaçaient son état.

Mais ce qui le motiva encore plus pour combattre les croisés (jihad salibiyine), et qu’il ne put supporter c’est que certains gouverneurs comme al-Mou’tamid Ibn ‘Abbad, al-Moutawwakil Ibn Akhtas, le gouverneur de Badajoz et ‘AbdAllah Ibn Boullouqine celui de Grenade, conduisirent des tractations secrètes (tifaqat sirriyah) avec les ennemis des Musulmans contre les Mourabitine.

Alors pour la troisième fois Youssouf Ibn Tashfine porta son attention vers l’Andalousie qu’il se promit d’unifier quand bien même devrait-il employer la force, protégé par l’arrêté juridique lui donnant les droits de procéder.  

 

Le retour d’Ibn Tashfine en Andalousie 

 

Les croisés 

 

La bataille de Borhanshe et la réunification du sud 

 

L’expulsion et la fin d’al-Mou’tamid Ibn ‘Abbad 

Syr Ibn Abou Bakr n’oublia pas le comportement d’al-Mou’tamid et sa prise de position, le fit expulser à vie d’Andalousie comme récompense de son ignominieuse conduite. Il fut dessaisit de tous ses biens et enchaîné avec les prisonniers.

Et al-Mou’tamid Ibn ‘Abbad, un des plus grand gouverneur d’Andalousie, compagnon des assemblées de poètes, des lecteurs, des musiciens et des chanteurs, compagnon des honneurs, de l’apparat et des riches fut expulsé vers le Maghreb à Aghmat, humilié et dégradé pour sa traîtrise.

Lorsqu’il arriva au Maghreb, Youssouf Ibn Tashfine ordonna qu’il soit relâché et qu’il vive misérablement de l’aumône demandé aux gens jusqu’en l’an 488 de l’Hégire (1094) ou mourut al-Mou’tamid Ibn ‘Abbad, pauvre, sans possession, inconnu, si bien qu’il fut annoncé à sa mort : « as-salat ‘alal gharib », « prière (funéraire) pour un inconnu » à laquelle n’assista que trois personne et regardez l’exemple qu’Allah nous donne en cet homme qui après avoir été une « star » mourut « bish-shar » ! Qu’Allah nous préserve de la déchéance, Amine !

Et ce n’est que lorsqu’il fut introduit dans la fosse que quelqu’un le reconnu et dit : « Cet homme était le gouverneur de Séville, cet homme est al-Mou’tamid Ibn ‘Abbad ! » Et son histoire se propagea afin qu’elle serve de leçon pour ceux qui viendront après lui.

Il fut offert à al-Mou’tamid l’opportunité de se joindre aux Mourabitine et de bénéficier du même statut, des mêmes récompenses et de la même gloire ici-bas et dans l’au-delà, d’être un honneur pour les Musulmans tout en conservant son poste et ses avantages. Mais la vie de ce monde et ses artifices illusoires le trompèrent et l’emportèrent dans le gouffre du déshonneur.

O gens doués de raison, prenez en des leçons avant que ne vienne le jour des lamentations.

 

Le début de la fin des royautés indépendantes 

Avec la mort d’al-Mou’tamid, prit fin un des plus grands états indépendants. Sa mort annonça le glas de la fin des gouverneurs des états indépendants et le début du règne des Mourabitine.

 

Les états indépendants étaient bâtis sur les structures de l’Islam mais professaient la division. Certes les lois d’Allah le Très Haut étaient appliquées mais la priorité des gouverneurs étaient la satisfaction de leurs propres personnes.

Et lorsque les gens recherchent les plaisirs mondains, Allah le Très Haut ne bénit pas leurs efforts et leur temps. C’est uniquement cette division et cette recherche des biens du bas monde qui ont contribué à la chute et à la perte de l’Andalousie. Alors que toute l’Andalousie était entre leurs mains lorsqu’ils étaient unis, voilà maintenant qu’un tiers du pays était tombé aux mains des croisés et pire encore ils avaient réussis à prendre sans combattre la plus grande ville du centre et la plus fortifiée : Tolède.

 

L’historien Ibn al-Qardabous a rapporté sur cette époque : « L’Andalousie fut perdue pendant l’ère des royaumes indépendants lorsque la flamme de l’Islam disparut des âmes. Et ceci confirment la véracité du Hadith du Messager d’Allah (Saluts et bénédictions d'Allah sur lui), bien que nous soyons nombreux, si nous ne nous attachons pas fermement à l’Islam nous faiblissons. 

Le Messager d'Allah (Saluts et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Mais vous êtes de l’écume comme l’écume de mer. Et Allah retirera du cœur des mécréants la crainte qu’ils ont de vous et Il placera dans vos cœurs al-Wahn ». « O Messager d'Allah : Qu’est-ce al-Wahn » demandèrent les compagnons ? Il répondit : « L’amour de cette vie et la répugnance de la mort »[2] ».

Certes, il y avait parmi les gouverneurs des gens sincères qui voulaient mettre fin à cette division et à cette faiblesse. Allah le Très Haut dit : « Et craignez une calamité qui n’affligera pas exclusivement les injustes d’entre vous. Et sachez qu’Allah est dur en punition[3] ».

Il y avait aussi parmi eux des ‘Oulémas qui les conseillaient et les avertissaient, qui leur ordonnaient le bien et empêchaient le mal mais personne ne les écouta vraiment. Et ces gouverneurs s’enfoncèrent un peu plus dans leur mal et ils furent la cause de la perte de l’Andalousie ». Fin de citation.

C’est aussi ce que rapportèrent les grands savants qui vécurent à cette époque : l’Imam Ibn Hazm, l’Imam historien Ibn Hayyan et l’Imam Ibn Bassane.

 

En lisant l’Histoire, vous vous rendrez bien compte que lorsque les Musulmans s’attachèrent fortement à l’Islam, à la recherche de la satisfaction divine et à la récompense de l’Au-delà, alors la victoire leur était assurée de manière certaine.

La bénédiction d’Allah le Très Haut descendait alors sur Ses serviteurs et cela leur ouvrait les portes de la réussite. Allah Exalté et Loué soit-Il ne dit-Il pas dans Son Livre : « Si les habitants des cités avaient cru et avaient été pieux, Nous leur aurions certainement accordé des bénédictions du ciel et de la terre. Mais ils ont démenti et Nous les avons donc saisis, pour ce qu’ils avaient acquis[4] ». Et les gouverneurs de ces états indépendants ont gâché cette bénédiction et ont perdu le pays et ses habitants.

Et comme le Messager d'Allah (Saluts et bénédictions d’Allah sur lui) l’a dit: « Il y aura toujours du bien dans ma communauté », il y a toujours du bien dans cette communauté et ainsi lorsque les Mourabitine arrivèrent, ils sont arrivés en tant que combattants implorant la victoire à Allah le Très Haut.

Aussi peu intéressé par les préoccupations du pouvoir, ils quittèrent l’Andalousie aussitôt après la victoire de Zallaqa, laissant le pays à ses propriétaires. Ils vinrent uniquement pour la défense de l’Islam et des Musulmans et c’est pourquoi Allah le Très Haut a béni leurs efforts et qu’ils ont pu récupérer grâce à Lui la plupart de ce que les Musulmans avaient perdu.

Allah Exalté et Loué dit : « Et si vous vous détournez, Il vous remplacera par un peuple autre que vous, et ils ne seront pas comme vous[5] ». Lorsque ces gouverneurs des états indépendants s’avérèrent incapables, Allah le Très Haut les fit remplacer par un peuple, meilleur qu’eux les Mourabitine. Allah le Très Haut dit aussi : « Et Nous avons certes écrit dans le Zabour, après l'avoir mentionné (dans le Livre céleste), que la terre sera héritée par Mes bons serviteurs[6] ». 

Et vinrent les Mourabitine commandé par l’auguste savant, le grand serviteur et l’intrépide combattant hors pair Youssouf Ibn Tashfine âgé à cette époque de plus de 80 ans, qui montait encore à cheval et combattait dans la voie d’Allah le Très Haut. Ces Mourabitine purent reconquérir et réunifier l’Andalousie. Ils commencèrent par le sud, prirent de force Cordoue, pacifiquement Séville, Dénia, tandis que le reste de l’Andalousie était toujours aux mains des gouverneurs...

 

Quand à ce que nous vivons de nos jours comme division et faiblesse, la leçon est la même et elle est valable pour tous les temps et pour tout le monde et il n’y a pas de changement à la loi divine. 

J’ai trouvé, non pas par hasard puisque le hasard n’existe pas en Islam, mais par Qadar sans la chercher cette intéressante question sur le site « Questions-réponses » qui illustre bien le sujet :

« La situation des Musulmans est en contradiction avec la grandeur de leur religion… qui va opérer la réforme ? »

Question : « Certes l’Islam est la seule religion fondée sur la justice, une justice qui est à même de résoudre les problèmes de l’humanité, particulièrement pendant les événements en cours. Voilà une réalité universelle. Tous les Musulmans ont l’obligation de s’efforcer ensemble à pratiquer cette religion de manière à favoriser la promotion de l’Humanité. Mais, hélas! Les Musulmans sont tombés au plus bas niveau. Ne pensez-vous pas, étant donné cette situation, qu’Allah pourrait choisir d’autres pour qu’ils se chargent de réaliser la réforme requise, vu que les Musulmans se sont engagés dans la voie de l’hypocrisie et ont opté pour le m’as-tu vu? »

Réponse : « Louanges à Allah.

Nul doute que la vérité universelle est ce  que vous avez cité. L’administration de la justice pour les  hommes constitue une donnée religieuse générale, établie aussi bien pour le croyant que pour le mécréant, aussi bien pour l’ami que pour l’adversaire. À ce propos, le Très Haut dit : « Ô les croyants! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Allah et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injuste. Pratiquez l’équité : cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites » (Qur’an, 5 : 8). Il dit encore : « Appelle donc (les gens) à cela; reste droit comme il t’a été commandé; ne suis pas leurs passions; et dis : « Je crois en tout ce qu’Allah a fait descendre comme Livre, et il m’a été commandé d’être équitable entre vous. Allah est notre Seigneur et votre Seigneur. A nous nos œuvres et à vous vos œuvres. Aucun argument [ne peut trancher] entre nous et vous. Allah nous regroupera tous. Et vers Lui est la destination » » (Qur’an, 42 : 15).

Nul doute encore l’humanité ne pourrait nourrir le moindre espoir de sortir de ses problèmes et d’échapper à son égarement, si ce n’est grâce à cette religion. À ce propos, Allah Très Haut dit : « Tel est Allah, votre vrai Seigneur. Au-delà de la vérité qu’y a-t-il donc sinon l’égarement ? Comment alors pouvez-vous, vous détourner » (Qur’an ,10 : 32) et dit : « Si les habitants des cités avaient cru et avaient été pieux, Nous leur aurions certainement accordé des bénédictions du ciel et de la terre. Mais ils ont démenti et Nous les avons donc saisis, pour ce qu’ils avaient acquis » (Qur’an, 7 : 96).

Le fait que le sort de l’humanité dépende positivement ou négativement de son adoption de cette religion ne se justifie pas seulement  par la justice qu’elle garantit à toutes les créatures, mais aussi parce que l’élément de cette religion qui contribue à l’amélioration de la situation de l’humanité réside dans son fondement que constitue la foi sincère en l’unicité absolue du Maître de l’univers. Cette foi exclut toute servitude à l’égard d’un ange, d’un djinn, d’un humain ou d’une pierre.

De même que la créature ne fonctionnerait pas correctement si le Créateur n’était pas un et unique, de même elle ne pourrait pas fonctionner si celui qui lui donne les ordres n’était pas un et unique. Le donneur d’ordre, c’est Allah le Transcendant. « Votre Seigneur, c’est Allah, qui a créé les cieux et la terre en six jours, puis S’est établi « istawa » sur le Trône. Il couvre le jour de la nuit qui poursuit celui-ci sans arrêt. (Il a créé) le soleil, la lune et les étoiles, soumis à Son commandement. La création et le commandement n’appartiennent qu’à lui. Toute gloire à Allah, Seigneur de l’Univers ! » (Qur’an, 7 : 54) et « S’il y avait dans le ciel et la terre des divinités autre qu’Allah, tous deux seraient certes dans le désordre. Gloire, donc à Allah, Seigneur du Trône ; Il est au-dessus de ce qu’ils Lui attribuent » (Qur’an, 21 : 22).

L’éloignement de l’humanité par rapport à ce grand principe est la cause de l’errance qu’elle vit et du malheur dans lequel elle croupit. Le Très Haut dit : « Invoquerons-nous, au lieu d’Allah, ce qui ne peut nous profiter ni nous nuire ? Et reviendrons-nous sur nos talons après qu’Allah nous a guidés, comme quelqu’un que les diables ont séduit et qui erre perplexe sur la terre, bien que des amis l’appellent vers le droit chemins (lui disant) : - « Viens à nous ». Dis : La vraie voie, c’est la voie d’Allah. Et il nous a été commandé de nous soumettre au Seigneur de l’Univers,  » (Qur’an, 6 : 71) et : « Et quiconque se détourne de Mon Rappel, mènera certes, une vie pleine de gêne, et le Jour de la Résurrection Nous l’amènerons aveugle au rassemblement. Il dira : « Ô mon Seigneur, pourquoi m’as-Tu amené aveugle alors qu’auparavant je voyais ? ». [Allah lui] dira : « De même que Nos Signes (enseignements) t’étaient venus et que tu les as oubliés, ainsi aujourd’hui tu es oublié ». Ainsi sanctionnons-nous l’outrancier qui ne croit pas aux révélations de son Seigneur. Et certes, le châtiment de l’au-delà est plus sévère et plus durable » (Qur’an, 20:  124-127).

La sagesse divine a voulu qu’il y ait au sein des hommes deux groupes: les croyants et les mécréants, les obéissants et les désobéissants. Les deux groupes s’opposent : « Et si Allah ne neutralisait pas une partie des hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue. Mais Allah est Détenteur de la Faveur pour les mondes » (Qur’an, 2 : 251) et : « Si Allah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom d’Allah est beaucoup invoqué. Allah soutient, certes, ceux qui soutiennent (Sa Religion). Allah est assurément Fort et Puissant » (Qur’an, 22 : 40).

A cet égard, la sagesse divine est parfaite car c’est ainsi que se distingue le véridique du menteur. Ceci permet à Allah de savoir qui Le soutient et soutient Son Messager et qui nourrit de l’inimitié à son égard et le combat. Voilà la vraie épreuve de la vie : « Il en est ainsi, car si Allah voulait, Il se vengerait Lui-même contre eux, mais c’est pour vous éprouver les uns par les autres. Et ceux qui seront tués dans la voie d’Allah, Il ne rendra jamais vaines leurs actions » (Qur’an, 47 : 4).

Ce que vous avez dit à propos de la déviance constatée au sein de la plupart des Musulmans par rapport aux enseignements de cette religion reflète bien la situation de leur majorité. Seul y échappe un groupe victorieux parce qu’attaché à la Vérité. C’est notre plus grande épreuve du moment. C’est la cause  de la faiblesse, du manque de considération et de la domination ennemie dont souffrent les Musulmans. Le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit: « Quand vous vous serez adonnés à la tractation dite ayna, à l’entretien des troupeaux de  bœuf et à l’agriculture de manière à abandonner le Jihad, Allah vous infligera une humiliation qu’Il ne lèvera que quand vous retournerez à votre religion » (Rapporté par Abou Daoud, 3462 et déclaré authentique par al-Albani dans « as-sahihah »,11).

Dans plus d’un verset de Son livre, Allah a mis Ses serviteurs en garde contre les conséquences de leur négligence religieuse et de leurs manquements par rapport à la responsabilité qu’ils ont accepté, en expliquant qu’ils en subiront seuls les contrecoups et que la perte qui en découlera sera la leur. Quant à la religion d’Allah, elle demeure bien protégée par le Transcendant : « Muhammad n’est qu’un messager - des messagers avant lui sont passés - S’il mourait, donc, ou s’il était tué, retourneriez-vous sur vos talons ? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Allah ; et Allah récompensera bientôt les reconnaissants » (Qur’an, 3 : 144).

Quand la génération des paresseux disparaîtra de la scène, cette génération qui a failli à sa mission, viendra la génération élue pour la tâche, celle qui aura l’honneur d’assumer ses responsabilités religieuses : « Ô les croyants ! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion... Allah va faire venir un peuple qu’Il aime et qui L’aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui lutte dans la voie d’Allah, ne craignant le blâme d’aucun blâmeur. Telle est la grâce d’Allah. Il la donne à qui Il veut. Allah est Immense et Omniscient » (Qur’an, 5 : 54) et : « Vous voilà appelés à faire des dépenses dans la voie d’Allah. Certains parmi vous se montrent avares. Quiconque cependant est avare, l’est à son détriment. Allah est le Suffisant à Soi-même alors que vous êtes les besogneux. Et si vous vous détournez, Il vous remplacera par un peuple autre que vous, et ils ne seront pas comme vous » (Qur’an, 47 : 38).

Mais nous revenons en arrière pour dire que cette génération à venir sera issue des Musulmans eux-mêmes et non d’ailleurs. Ils ne seront pas des anges venus prendre ce que les humains auraient délaissé. Il ne s’agira pas d’une intervention universelle ou d’un miracle divin accomplit au profit de dormeurs. Ils ne seront pas non plus une génération de mécréants qui viendraient soutenir la religion d’Allah. Les mécréants n’ont jamais été des alliés d’Allah. Seuls les pieux l’ont été. Quand la génération en question apparaîtra, le soutien d’Allah arrivera : « Ô vous qui croyez ! Si vous faites triompher (la cause d’) Allah, Il vous fera triompher et raffermira vos pas » (Qur’an, 47 : 7).

Notre rôle à nous consiste à nous préparer et à préparer  nos enfants et nos familles et à appeler les autres afin que nous formions la génération attendue ou au moins que nous fassions un pas dans cette direction.

Nous demandons à Allah Très Haut de nous assister à faire ce qu’Il aime et agrée et de soutenir Sa religion à travers nous.

Et Allah Très Haut est Plus Savant.

Islam Q&A ». 

 

La chute de Valence 

 

La quatrième intervention de Youssouf Ibn Tashfine en Andalousie 

 

La reconquête de Valence par les Mourabitine 

 

‘Ali Ibn Youssouf Ibn Tashfine 

 

La mort de Youssouf Ibn Tashfine 

Le 1 du mois de Mouharram de l’année 500 de l’Hégire (1106), dans son palais à Marrakech, décéda Youssouf Ibn Tashfine, l’émir des Mourabitine, le combattant (moujahid) infatigable, à l’âge de cent ans, puisse Allah le Très Haut lui faire Miséricorde et le couvrir d’honneur dans l’Au-delà.   

Durant toute sa vie, Youssouf Ibn Tashfine se consacra au combat dans la voie d’Allah (jihad fis-sabilillah) comme nous l’avons vu et il fut le fondateur original de la dynastie et de l’état des Mourabitine qui s’étendit du Maghreb à l’Afrique noire (soudan), grâce à son incessant effort d’unification des terres musulmanes.

Plus que cela, il repoussa l’avance des mécréants en Andalousie, commença sa réunification et assit le pouvoir des Mourabitine. Et avec lui, prit fin l’ère des royaumes indépendants en Andalousie. Ces états indépendants qui déchirèrent le pays et contribuèrent à perte au profit des mécréants. Ces même états qui leur payèrent l’impôt de guerre, al-Jizyah et leur donnèrent gratuitement ce que leurs ancêtres avaient conquis par la force.

 

Youssouf Ibn Tashfine, fut sans conteste une des étoiles de l’Islam et il y a dans son histoire, un fabuleux exemple à suivre. Youssouf Ibn Tashfine, un nom oublié de l’histoire grandiose des Musulmans. Youssouf Ibn Tashfine, un nom à trôner aux côtés des grands commandants et généraux Musulmans des premières heures et de tous les temps.

Youssouf Ibn Tashfine, un nom que les cœurs doivent retenir et qui doit être écrit avec de l’encre d’or dans les livres d’histoire, un nom inoubliable dès lors que l’on a entendu son histoire ou parler de lui.

Youssouf Ibn Tashfine ne fut jamais attiré par les choses de ce monde ni ses attraits et resta un rude bédouin (badawi qih) jusqu’à dans ses vêtements de cotons épais et sa nourriture constitué de pain noir, de viande et de lait de chameaux. Il n’était pas très grand, léger de corps, brun et il avait une voix douce qui ne l’empêchèrent pas d’être un lion de l’Islam.

Youssouf Ibn Tashfine fut combattant (moujahidoun), un savant (‘alimoun), un serviteur (‘abidoun), un guerrier sur le seuil permanent de guerre (mourabitoun), un dévot (wari’oun) et un pieu (taqiyoun). Et sincèrement, j’aurais bien voulu être comme lui ou ne serait-ce que servir dans son armée en tant que simple soldat !

Plus de quatre années d’efforts passé au service d’Allah le Très Haut, aux avants postes de l’action quel bel exemple à suivre pour les futurs dirigeants des pays Musulmans car ceux d’aujourd’hui sont déjà qualifiés d’apostats et de traîtres dans les médias et maudits par les masses populaires, excepté le seul à qui Allah le Très Haut a fait miséricorde.

 

Son fils, ‘Ali Ibn Youssouf Ibn Tashfine lui succéda et lorsque tous les gens lui portèrent allégeance au Maghreb et qu’il prit le commandement des Mourabitine, il retourna immédiatement en Andalousie cette même année. Il procéda aussitôt à l’organisation des affaires de l’état et nomma son grand frère Tamim surnommé Abou Tahir commandant en chef de toutes les armées des Mourabitine en Andalousie à qui il demanda de poursuivre le combat contre les croisés. Et avant de retourner au Maghreb pour gérer son état, ‘Ali conduisit en personnes quelques batailles.

 

La bataille d’Aqlish ou des sept généraux 

‘Ali Ibn Youssouf Ibn Tashfine revient en Andalousie 

Au mois de Mouharram de l’année 503 de l’Hégire (1109), ‘Ali Ibn Youssouf Ibn Tashfine, l’émir des Mourabitine, surnommé émir des Musulmans (amiroul mouslimin) traversa le détroit de Tariq (madiq tariq) et débarqua en Andalousie avec une importante armée pour combattre dans la voie d’Allah le Très Haut décidé à mettre le siège sur Tolède. Alfonsh, le gouverneur de Tolède, du centre et du nord de l’Andalousie se prépara en conséquence pour se protéger de ce nouveau danger.

 

Sitôt les préparatifs finit, ‘Ali marcha sur Tolède. L’armée des croisés tenta une première interception dans la région de Madrid (majrid) mais ils furent battus. Puis l’armée en fuite rejoignit une autre armée beaucoup plus importante dans la région de Talavera (talbira).

L’armée des Musulmans fut appelée l’armée des juges tant il y avait un grand nombre de juges (qouda). A chaque fois que l’armée de ‘Ali passait près d’une ville ou d’un village musulman, les juges intégraient son armée pour participer à la bataille : bataille qui fut appelée la bataille des Juges (ghazwat al-qoudat). Et ‘Ali Ibn Youssouf Ibn Tashfine écrasa aussi cette fraîche et puissante armée.

Puis il continua ses conquêtes victorieuses au centre, à l’est puis enfin lorsqu’il eut finit, il marcha sur le nord. ‘Ali cherchait en fait à faire tomber Tolède en coupant toutes les aides que la ville pourrait recevoir de l’extérieur et en mettant les terres des croisés sous pression. Ils captura le sud, une partie de l’ouest, l’est et avança sur Saragosse, la dernière des villes états indépendants, la capitale du nord.



[1] Les termes « fanatique », « extrémiste », « guerres sainte » etc., sont des termes croisés qui étaient employés pour les Chrétiens et de nos jours employés à tord contre les Musulmans sounnites qui ne sont ni des fanatiques, ni des extrémistes mais tout simplement des Musulmans.

[2] Thawbane (qu’Allah soit satisfait de lui) a rapporté que le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Les nations se rassembleront sur vous comme ont se rassemble autour d’un plat ». Nous demandâmes : « O Messager d’Allah ! Serait-ce due au fait que nous serons peu nombreux ? » Il (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) répondit : « En ces jours, vous serez nombreux, mais comme l’écume de mer et Allah enlèvera la crainte du cœurs de vos ennemis et placera dans vos cœurs al-Wahn ». « Nous demandâmes : « Et qu’est donc al-Wahn ? » Il (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) dit alors : « L’amour du bas monde et l’aversion de la mort ». Et dans une autre version : « Votre aversion du combat (qital) ». Abou Daoud et Ahmad.

 

[3] Qur’an, Sourate 8, verset 25.

[4] Qur’an, Sourate 7, verset 96.

[5] Qur’an, Sourate 47, verset 38

[6] Qur’an, Sourate 21, verset 107.