Nous avons déjà mentionné ce groupe de savants sous l’égide de l’Imam al-Baji qui avait entrepris de venir en aide aux Musulmans en faisant appel aux Mourabitine et ce bien avant la chute de Tolède.

Ces savants s’en étaient allé à Badajoz pour demander l’avis de celui qu’ils considéraient à l’époque le plus pieux et le plus courageux des hommes al-Moutawwakil. Qui leur répondit : « Oui vous avez raison, seul la force est à opposer à ces gens qui ne connaissent que le langage de la force. Il n’y a aucune aide à attendre des autres gouverneurs et il devient donc obligé d’en appeler aux habitants du Maghreb, les Mourabitine ».

Al-Moutawwakil les équipa et en l’an 474 de l’Hégire (1081) la délégation de savants se mit en route.


L’appel à l’aide des Andalous

Le départ des Mourabitine retardé par le gouverneur de Ceuta 

 

Youssouf Ibn Tashfine débarque en Andalousie 

 

Préparatifs pour la bataille et échanges de messages 

 

L’étrange rêve d’Alfonsh 

Les deux armées se préparent pour l’affrontement. Les croisés hissèrent leurs « saintes bibles », leurs « saintes croix » et leurs « saints crucifix » et firent le serment de combattre jusqu’à la mort.

Juste avant la bataille Alfonsh fit un rêve étrange. Il se vit monté sur un éléphant frappant un petit tambourin qui était sur ses genoux. En effet, les éléphants étaient inconnu en Andalousie et il raconta son rêve aux moines et leur demanda son interprétation mais personne ne fut en mesure de le faire. Il fit amener un musulman qui justement savait lire les rêves et lorsqu’il le lui raconta, ce dernier refusa de lui donner la réponse car il savait que cela le mettrait en colère mais Adafonsht insista si bien qu’il lui dit :

- « La réponse de ton rêve vient du Livre d’Allah. Allah Exalté dit : « N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l’éléphant. N’a-t-Il pas rendu leur ruse complètement vaine? Et envoyé sur eux des oiseaux par volées, qui leur lançaient des pierres d’argile? Et Il les a rendus semblables à une paille mâchée[9] ».

- « Et le tambourin » demanda Alfonsh ? Le musulman répondit :

- «  Sa Parole, Allah Exalté a dit : « Quand on sonnera du Clairon, alors, ce jour-là sera un jour difficile, pas facile pour les mécréants[10] ». Ce qui veut dire que ton armée sera anéantie ».

Mais Alfonsh ne voulut pas le croire car les Musulmans étaient des gens vraiment faibles à ses yeux.

 

Quand les armées se firent face, Adafonsht, malédiction d’Allah sur lui, fit amener l’interpréteur et réjouit, lui montra l’étendue de son impressionnante armée et lui dit : 

- « As-tu vu cette armée et bien avec elle, je vais rencontrer le Dieu de Muhammad, le compagnon de votre Livre ».

Le Musulman alla retrouver l’armée des Musulmans et leur dit :

- « Ce roi est détruit et tous ceux qui sont avec lui ».

- « Comment cela » lui demanda-t-on ? Il répondit :

- « Le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Attention aux trois destructrices (al-mouhlikat) ».

- « Quelles sont-elles »  lui demanda-t-on ? 

- « L’avarice, la tentation et la suffisance à l’égard de soi (i’jabou al-mar'i bi nafsi) ».   

 

Quant aux Musulmans, les Imams les haranguèrent leur demandant de patienter et de tenir ferme, que la fuite du champ de bataille était un péché majeur. La Sourate al-Anfal[11] fut récitée et il fut rappelé les sublimes récompenses auprès du Seigneur pour les combattants (moujahidine) et les martyrs (shouhadah) dans Son Chemin.

 

Le jeudi, la veille précédant la bataille, Alfonsh envoya un message à Ibn Tashfine et lui dit : « Demain est votre jour saint et après le nôtre. Reculons le combat jusqu’au lundi suivant afin que notre affaire soit claire entre nous ».

Ibn Tashfine lui répondit simplement : « Pour cette affaire ». Puis sachant que ces gens-là trahissent toujours leurs engagements et leur promesse et qu’ils ne respectent aucune parole donnée, il ordonna à son armée de se tenir prête pour le combat à tout instant.

Certains historiens ont rapporté le report du jour de la bataille au samedi et d’autre au lundi.

 

La nuit du jeudi pour les mécréants mais le début du vendredi pour les Musulmans, au dernier tiers de la nuit se leva un homme, un savant religieux et un Imam qui assista à la bataille de Zallaqa, Aba ‘Abbas Ahmad Ibn Roumaylah al-Qourtoubi qui demanda aussitôt à parler à Ibn Tashfine et aux dignitaires venus avec lui.

Ils lui demandèrent :

- « Que se passe-t-il donc ? » Il répondit :

- « J’ai fait un rêve dans lequel j’ai vu le Messager d’Allah (Saluts et bénédictions d’Allah sur lui) m’annoncer la victoire demain et mon martyr dans la voie d’Allah le Très Haut ».

Alors, ils répandirent la nouvelle de la bonne annonce dans tout le camp et de se préparer pour la bataille imminente. Quant à Ibn Roumaylah, il se prépara pour le martyr. Il se lava, s’oint de crème et de parfum. La nouvelle du martyr se répandit aussi et le cœur des gens se remplit pour la cause du combat et pour la recherche du martyr dans la voie d’Allah.

 



[1] Qur’an, Sourate 4, versets 95, 96.

[2] Origine de « la guerre sainte » que les polythéistes attribuent de nos jours aux Musulmans qui combattent dans la voie d’Allah Exalté. Il n’y a pas de guerre sainte en Islam. Ce terme est purement chrétien et dans l’esprit des croisades. Il va de pair avec les « saints martyrs » de la « sainte foi catholique » morts lors de la « guerre sainte » pour la « sainte croix » le « jour saint » sur les ordres du « saint pape » de la « sainte église ». Depuis quelques temps maintenant, les chrétiens essaient pas tous les moyens d’inverser la terminologie croisée et de l’inquisition sur le dos des Musulmans pour leur faire porter tous les crimes contre l’humanité qu’ils ont eux même accomplit. Vous voyez donc jusqu’à quel point leur mal s’étend. Le concept de Jihad n’a absolument rien à voir avec le concept de guerre des mécréants. Lorsque les Musulmans combattent, ils offrent à l’ennemi trois choix avant la bataille : la conversion à l’Islam, le paiement d’un impôt de guerre en échange du respect de leur choix et de leur défense ou bien la guerre. La guerre est uniquement menée contre ceux qui se mettent en travers des Musulmans et les empêchent de convoyer la dernière Révélation Divine à l’humanité. Les Musulmans combattent donc pour faire connaitre aux gens le dernier Message que Dieu a révélé pour leur donner la chance d’aller eux aussi au Paradis et pour leur éviter l’Enfer. Mais les dirigeants mécréants empêchent les Musulmans d’accéder à leurs peuples car ils ont besoin d’eux pour leur payer des impôts, de travailler pour eux et surtout de leurs enfants pour en faire des soldats. Les dirigeants mécréants ne travaillent jamais, ne vont jamais combattre pour leurs idées mais ils envoient les enfants des autres le faire à leur place. Le concept de guerre chez les mécréants est basé sur le vol des richesses des Musulmans car il faut bien remarquer que pratiquement toutes les richesses mondiales se trouvent en terre d’Islam ! Tout le monde sait que la guerre d’Iraq et d’Afghanistan n’ont été mené que pour voler les biens des Musulmans en se servant du prétexte du terrorisme alors que l’on sait bien qui sont vraiment les terroristes qui terrorisent toutes les nations faibles du monde.

Il n’y a donc pas en Islam de « saint martyr », de « sainte foi musulmane », de « saint croissant », de « saint Imam », de « sainte mosquée »,  de « guerre sainte »,  de « saint turban » ou de « sainte jallabah » ! Il n’y a pas non plus de calendrier dont chaque jour est l’anniversaire d’un saint. Nul n’a le droit de qualifier un musulman de saint excepté le Seigneur qui connait Seul la véritable nature des gens ! C’est une grave erreur que de traduire le mot Jihad par guerre sainte ! Jihad veut dire : effort ou combat qui est lui-même un effort tandis que le mot « saint » en arabe se traduit par « mouqaddas », deux mots qui n’ont absolument rien à voir l’un avec l’autre ! La « guerre sainte » se traduit donc par « harb mouqaddas » ou est donc le rapport avec le mot « jihad » ? Même le plus bâté des ânes humains resterait perplexe devant une telle idiotie !

[3] Qur’an, Sourate 2, verset 249.

[4] Pour illustrer mon exemple, j’ai trouvé un livre très intéressant sur le sujet titré : « Historia de la dominacion de los Arabes en España » de José António Conde. Ce livre date de 1854 car autant vous le dire, je n’ai aucune confiance dans les livres actuels d’histoire. Ce livre a été traduit tant en français qu’en anglais. Je vous invite à télécharger ces livres en trois volumes sur le site : « www.archive.org » afin de juger par vous-même. J’ai donc comparé les traductions anglaise et française. La traduction anglaise (de l’espagnol) « History of the dominion of the Arabs in Spain » est correcte quant à la traduction française de l’espagnol (et l’on sait pourtant combien la littérature espagnol sur la conquête de l’Andalousie est absolument biaisée et totalement fausse) ce n’est plus une traduction mais l’auteur de la traduction, M. De Marlès, a réécrit un livre totalement différent, haineux plein de mensonges sous le titre « Histoire de la domination des Arabes et des Maures en Espagne et en Portugal ».

Voici une partie de la préface traduite en français par moi-même, de l’introduction anglaise de ce livre « History of the dominion of the Arabs in Spain » traduit par MRS Jonathan Foster à propos de la version française : « …Le premier volume du travail original en espagnol a été publié à Madrid au début de l’année 1820 et eut l’avantage de la surintendance de l’auteur; mais avant que le deuxième ne soit transmise au public, la mort l’enleva de la scène de ses travaux et priva le monde d’un de ses ornements littéraires les plus distingués.

Trois ans après l’impression du volume final (1821), une traduction allemande fut faite par Herr Karl Kutschmann, le Capitaine au service du Grand Duc de Baden, qui, bien que n’exposant pas l’érudition et la recherche si souvent apportée par les Allemands à l’éclaircissement de leur texte, fut très fidèlement exécutée.

Une traduction française, ou plutôt une reconstruction du travail, par M. de Maries, fut publiée à Paris en 1825, mais si transposée, et sinon altérée, qu’elle est à peine reconnaissable.

Effectivement, M. de Mariès demanda que l’on ne devait pas appeler son travail une traduction, ni une imitation servile, mais « une Histoire complète, », fondé sur les travaux de Condé et d’autres sources. Ne fut pas mentionné tout qui était de valeur, dans le livre original de Condé, incluant une grande partie de ce qui était supposé être nouveau; tandis que ce qu’il rajouta d’autres sources est hors de propos, ou prit des travaux imprimés, tel que ceux de Ferreras, Garibay, etc., qui étaient aussi tout à fait accessible à Condé qu’à M. de Maries, qui les a jugés de peu de valeur.

De la manière admirable par laquelle l’auteur érudit (José António Conde) et consciencieux a accompli son travail, n’a pas besoin ici d’être exagérée. Il permet fréquemment aux auteurs arabes de parler pour eux et avec un effet si délicieux, que le lecteur peut entendre presque les voix des orateurs, le conduisant dans la terre des patriarches. Il a ainsi transmis une longue vie et la vigueur à son histoire, dont beaucoup de parties sont plus excitantes, dans les réalités austères de leurs tristes intérêts, que les romans inventés les plus couronné de succès; tandis que la forme de leur narration n’est pas rarement recouverte d’une grande beauté, dignité et de diction mélodieuse ». Fin de Citation.

Ce qui veut dire en langage clair : « Utilisant la renommée de l’auteur original pour vendre son pain, le français malhonnête à réécrit sa propre histoire totalement déformée avec des auteurs douteux, alors que l’auteur original honnête Condé aurait tout aussi bien pu utiliser, mais qu’il s’en est abstint et que cela est tout à sa gloire ! Son œuvre est une référence tandis que celle du français est à jeter à la poubelle ! »

 

[5] De nombreux historiens tel que ‘Abdel Wahid al-Marrakishi, maudissent systématiquement Alfonsh VI à chaque fois qu’il le mentionne mais aussi tous les vils mécréants comme nous le verrons,

parexemple, dans l’Abrégé de l’Histoire des Croisades.

 

[6] C’est ainsi que Youssouf Ibn Tashfine appelait Alfonsh VI.

[7] Qur’an, Sourate 47, verset 7.

[8] J’aurais voulu connaitre les chiffres rapportés par le Lieutenant général A.I Akram mais je n’ai pas pu mettre la main sur les deux derniers livres de sa collection. Néanmoins si Youssouf Ibn Tashfine débarqua avec 9000 hommes, il est peu probable que la force des andalous ai dépassé ce même nombre aux regards des difficultés qu’eux même faisaient face d’autant plus qu’un grand nombre d’Andalous voyaient l’aide des Mourabitine comme une menace directe à leur pouvoir. Il est donc peu probable qu’ils aient envoyés des armées hormis les gouverneurs que nous avons mentionnés. Néanmoins, la certitude est que l’armée des Musulmans étaient nettement inférieure à celle des croisés sans quoi Alfonsh VI, ne se serait pas vanté de sa force, ni moqué celle des Musulmans et il est unanimement reconnut, même par les mécréants, qu’il y eut une échange de lettre avant la bataille.

[9] Qur’an, Sourate 105

[10] Qur’an, Sourate 74, versets 8,9,10.

[11] Qur’an, Sourate 8.