La Royauté de Tolède (mamlakat toleytela) 

La royauté de Tolède était la plus grande royauté des états indépendants et après la chute de la dynastie des Omeyyades en Andalousie, les Banou Zi Noun, de la tribu berbère de Ghwar, s’établirent à Tolède.

Le premier gouverneur d’entre eux fut Isma’il Ibn ‘AbderRahmane Ibn Zi Noun en l’an 427 de l’Hégire (1035) et trois ans plus tard, son fils al-Ma'moun lui succéda et entra en conflit avec Souleyman Ibn Houd, le gouverneur de Saragosse, et de sanglantes batailles eurent lieu entre les deux.

Al-Ma'moun demanda de l’aide au roi croisé de Castille Fernando I contre Ibn Houd et lui paya la Jizyah en échange de son aide. Le roi croisé entra à Saragosse et saccagea la ville et Souleyman Ibn Houd lui paya à son tour la Jizyah en échange de ses services pour qu’il attaque le Royaume de Tolède et effectivement peu de temps après, il saccagea la banlieue de la ville.

Al-Ma'moun envoya alors des cadeaux et de l’argent à Garcia, le roi de Navarre qui était le frère de Fernando, le roi de Castille, qui envoya ses forces contre Saragosse et le conflit entre les deux Musulmans dura trois années.

Lorsque Souleyman Ibn Houd mourut, la royauté de Saragosse fut secoué par les conflits que se menèrent ses enfants pour le pouvoir et en l’an 457 de l’Hégire (1064), al-Ma'moun réussit à capturer Valence (bolensia) de l’épouse de son fils ‘Abdel Malik Ibn ‘Abdel ‘Aziz Ibn Houd.

 

Lorsque Fernando I le castillan mourut en l’an 458 de l’Hégire (1065), ses enfants Alfonsh roi de Léon, Sancho le roi de Castille et Garcia, le roi de Galice (ou de Navarre) entrèrent en guerre les uns contre les autres pour le pouvoir. Le conflit prit fin lorsque Sancho vainquit ses frères.  Garcia s’enfuit et demanda protection à al-Mou’tamid Ibn ‘Abbad le roi de Séville tandis qu’Alfonsh se réfugia chez al-Ma'moun Ibn Zi Noun, le roi de Tolède ou il resta neuf mois et durant lesquels, il put connaitre à loisir la ville, comme nous l’avons déjà rapporté et qui l’aida beaucoup lorsqu’il captura la ville par la suite.

Lorsque son frère Sancho mourut en l’an 464 de l’Hégire (1071), il retourna en hâte à Léon ou il devint de nouveau roi.

 

En l’an 467 de l’Hégire (1074), al-Ma'moun mourut et Yahya, qui se fit appeler al-Qadir, le fils de Hisham fils d’al-Ma'moun prit la succession.

Sous son règne, le Qadi Abou Bakr Muhammad Ibn ‘Abdel ‘Aziz Ibn ‘Amir devint gouverneur de Valence et rechercha de l’aide auprès d’Alfonsh VI auquel il donna des sommes faramineuses d’argent, lui paya la Jizyah et lui remit un très large nombre de possessions musulmanes, de forts et de forteresses stratégiques.

 

Le début du siège de Tolède 

En l’an 470 de l’Hégire (1077), Alfonsh se prépara à attaquer Tolède, une des places fortes la plus fortifiée des Musulmans. Comme il avait vécu plusieurs mois dans la ville, il en connaissait toutes les faiblesses et savait donc que pour pouvoir la conquérir, il devait d’abord affaiblir ses occupants en brûlant toutes leurs cultures. Pendant sept années consécutives, il envoya régulièrement des troupes chargées de détruire les stocks agricoles si bien qu’il affaiblit considérablement les Musulmans de la ville.

Les habitants de Tolède se rendirent compte que leur gouverneur al-Qadir Billah était incapable de protéger leurs intérêts et ne faisait rien pour empêcher les croisés d’agir. Un groupe de savants et de familles importantes se consultèrent à propos de ce grave danger qui les menaçaient et se dirent : « Si nous attendons que la situation s’aggrave, nous serons alors bientôt incapable de nous défendre et de supporter le poids d’une attaque. Que devons-nous faire ? »

Alors ils décidèrent de demander de l’aide à al-Moutawwakil Ibn Akhtas, le gouverneur de Badajoz (batalios) proche de Tolède, qui était un homme pieux et respecté, et le préférèrent à tous les autres gouverneurs. Al-Moutawwakil leur accorda son aide et ils se débarrassèrent d’al-Qadir Billah qui s’enfuit avec sa famille. Mais ce dernier qui était vraiment obnubilé par le pouvoir demanda de l’aide à Alfonsh qui répondit à son appel et dix mois après al-Qadir Billah revint au pouvoir à Tolède sous la protection des épées des croisées.

Tolède devint encore plus faible à cause de la traîtrise du gouverneur mais aussi à cause des divisions intérieures. Al-Qadir Billah était dorénavant ami avec Alfonsh et il devint évident qu’il ne ferait rien pour défendre sa ville. Quant à Alfonsh, il devenait obligatoire pour lui de donner une leçon à al-Moutawwakil.

Il lui envoya un messager lui ordonnant de lui payer immédiatement l’impôt de guerre (jizyah) et le menaça rudement s’il ne payait pas. Et parmi tous les gouverneurs des villes-états indépendants, il n’y avait pas de meilleur homme qu’al-Moutawwakil et malgré la petitesse de Badajoz, une toute petite ville incapable d’affronter une grosse armée, son gouverneur, un homme pieux et un brave homme d’honneur, répondit à Alfonsh sur le même ton.

 

La réponse d’al-Moutawwakil à Alfonsh 

 

Al-Qadir Billah le traître 

 

La chute de Tolède 

En l’an 478 de l’Hégire (1085), voulant toujours plus des Musulmans, Alfonsh se rapprocha de Tolède, la capitale musulmane du centre de l’Andalousie et mit le siège sur la ville. Il envoya des messagers à al-Qadir Billah lui demandant de lui remettre la ville. Al-Qadir demanda de l’aide aux autres états mais tous refusèrent pour diverses raisons.

Alors le 15 Mouharram de l’année 478 de l’Hégire (13 mai 1085), al-Qadir agréa de soumettre la plus grande ville et la place la plus fortifiée d’Andalousie à l’ennemi sous certaines conditions (et Dieu sait qu’ils vont immanquablement trahir leurs promesses) :

- Qu’Alfonsh ne devrait pas faire de tort aux gens, ni entrer dans leur demeure, ni prendre leur bien (ce même Alfonsh que les Musulmans avaient honoré et protégé lorsqu’il fut chassé par son frère Sancho qui voulait le tuer) et de respecter les lieux de cultes.

Et Alfonsh, bienheureux de la naïveté des Musulmans, accepta et bien sur aucune promesse ne fut tenue. Il transforma la mosquée en église et mit une statue à la place du minbar puis il commit encore une fois les pires barbaries envers les Musulmans et conquit tous les villages des alentours amassant un énorme butin.

 

Il est important de mentionner que si al-Qadir fut un gouverneur incompétent, il n’avait non plus rien d’un homme d’état. C’était un être faible qui avait été élevé dans l’entourage des femmes du palais et des esclaves. Après avoir remis la ville aux croisés sans même tirer la moindre flèche, il quitta la ville en compagnie de sa famille et de ses proches pour la ville de valence qui lui avait été promise en échange.

 

Le Royaume de Valence (mamlakat bolensia) 

 

La chute de Valence

 

 

La Royauté de Séville (mamlakat ashfillia) 

La Royauté de Séville (mamlakat ashfillia) fut fondée par le Qadi Muhammad Ibn Isma’il Ibn ‘Abbad qui mourut en l’an 433 de l’Hégire (1041) et qui entra en violent conflit avec un grand nombre de gouverneurs. Il s’allia avec Muhammad Ibn ‘Abdillah al-Barzali, un Berbère des Bani Yafran az-Zinnati, le gouverneur de Carmona, et combattit sans succès les Berbères des Bani Akhtas de Badajoz pour s’approprier la ville de Baja. 

 

Muhammad Ibn Isma’il Ibn ‘Abbad fut succédé par son fils ‘Abbad qui prit le nom d’al-Mou’tamid et qui était âgé de vingt-six ans. Al-Mou’tamid fut considéré comme l’un des plus puissant, sinon le plus puissant gouverneur de ces royautés indépendantes.

Il débuta son règne en assassinant Habib, le ministre de son père avant de renforcer son emprise sur sa royauté et sur ses gens. Puis, il combattit les autres gouverneurs de l’ouest de l’Andalousie pour s’approprier leurs royaumes pour les unifier sous son commandement et c’était un homme qui utilisait tous les moyens pour parvenir à ses fins.

 

Il commença par attaquer les Bani Ya’soubi de Wuebla et ‘Iz ad-Dawlah demanda de l’aide à al-Mouzaffar Ibn Akhtas le gouverneur de Badajoz. Il s’ensuivit un certain nombre de batailles que chacun d’entre eux remporta à tour de rôle, jusqu’à ce qu’al-‘Abbad réussissent enfin son objectif en capturant Wuebla, en l’an 443 de l’Hégire (1051) après un arrangement avec al-Mouzaffar Ibn Akhtas.

Puis, al-Abbad mit la pression sur les villes de Walba et l’île de Shaltish y faisant face dans l’océan Atlantique dont le gouverneur ‘Abdel ‘Aziz al-Bakri s’enfuit à son arrivée et que ‘Abbad prit aussi ainsi que la ville estuaire de Santa Maria, toujours cette même année, après avoir vaincu le gouverneur Muhammad Ibn Sa’id Ibn Houd. Quelques temps plus tard, il prit la ville de Shilb après avoir tué son gouverneur, ‘Issa Ibn Muhammad Ibn Mouzayr.

 

En l’an 445 de l’Hégire (1053), ‘Abbad al-Mou’tadid opprima certains chefs berbères après les avoir utilisés à ses fins dont Abou Nour Ibn Abi Qourrah al-Yasrani le gouverneur de Ronda, Muhammad Ibn Nouh ad-Doumari le gouverneur de Ghour et ‘Abdnoun Ibn Khazroun le gouverneur d’Arqoush ainsi que les Emirats Berbères de Carmona gouvernés par les Banou Birzan, Malaga et Algésiras gouvernés par les Banou Hamoud al-Adarissah et la Royauté de Grenade gouvernée par Badis Ibn Habous.

Al-Mou’tadid invita les trois gouverneurs à Séville qui arrivèrent avec leurs suite et les fit habiter dans des appartements de son palais puis trois jours après les convia à un entretien ou il leur reprocha de ne pas l’avoir assisté dans ses conflits avec ses voisins. Il ordonna alors de les emprisonner et quelques temps après leur permit de se rendre au bain turc[2] (hammam), comme s’il voulait leur pardonner. Il les enferma alors et augmenta la chaleur du bain si bien qu’ils ne tardèrent pas à mourir. Suite à ces injustices, les Berbères se levèrent tous comme un seul homme contre al-Mou’tamid al’Abbad.

 

En l’an 455 de l’Hégire (1062), al-Mou’tadid al-‘Abbad rencontra le roi croisé castillan, Fernando I, à qui il demanda la paix en échange d’une large Jizyah et de lui offrir ce qu’il désirerait s’il le laissait combattre les gouverneurs des autres royautés indépendantes. Et lorsque Fernando I mourut en l’an 457 de l’Hégire (1064), al-Mou’tadid envoya la faramineuse Jizyah à son successeur Sancho le roi de Galice puis après lui à Alfonsh VI, qui réussit à chasser ses deux frères Sancho et Garcia et devint roi de toute la Castille.

 

Lorsque al-Mou’tamid en finit avec les chefs berbères, il captura les villes d’Arqoush et de Sidonie en l’an 458 de l’Hégire (1065), puis Moror, l’émirat de Randa et Carmona en l’an 459 de l’Hégire (1066) ainsi qu’Algésiras quelques temps auparavant. Ainsi sa Royauté s’agrandit sensiblement comme nous le témoignons.

 

Al Mou’tadid accrochait les têtes de ses ennemis dans un jardin spécial appelé « le jardin des têtes » (hadiqat rou'ous) ou il aimait s’assoir tandis que du vin lui était servi et où il éprouvait la plus grande satisfaction devant ses trophées. Il aimait y emmener ses invités qui, vous le pensez bien, à la vue de ses têtes ne penseraient pas le moindre du monde à lui désobéir ou se lever contre lui.

 

Lorsque al-Mou’tadid al-‘Abbad mourut en l’an 461 de l’Hégire (1068), son fils Abou al-Qassim Muhammad Ibn al-‘Abbad prit sa succession et se fit nommer al-Mou’tamid ‘Alallah qui est célèbre dans l’histoire de l’Andalousie.

Al-Mou’tadid al-‘Abbad était entré en conflit avec les Bani Zi Noun, les gouverneurs de Tolède, du fait qu’ils cherchaient aussi à mettre la main sur Cordoue aux mains des Bani Ja’war mais il réussit toutefois à l’ajouter à ses conquêtes et à la soustraire de la Royauté de Séville. Il entra alors en conflit avec le gouverneur de Grenade aux mains des Berbères et dirigée par ‘AbdAllah Ibn al-Boullouqine.

Pour les même raisons que son défunt père, al-Mou’tamid ‘Alallah entra en conflit avec ses voisins.

 

La délégation d’Alfonsh IV à al-Mou’tamid ‘Alallah Ibn al-‘Abbad de Séville 

En l’an 475 de l’Hégire (1092), Alfonsh VI envoya une délégation collecter la Jizyah d’al-Mou’tamid ‘Alallah Ibn al-‘Abbad. Cette délégation était sous le commandement du ministre d’Alfonsh, un Juif du nom d’Ibn Shalit, qui établit son campement à l’extérieur de Séville.

Al-Mou’tamid leur prépara la Jizyah et la leur envoya par une délégation consulaire à la tête de laquelle se trouvait son ministre Abou Bakr Ibn Zaydoun, le fils du renommé poète Ibn Walid Ibn Zaydoun.

Le Juif, après un rapide coup d’œil, la jugea insuffisante et refusa d’accepter la Jizyah. Puis il menaça la délégation d’envahir la banlieue de Séville si plus d’argent ne lui était pas amené sur le champ et chose humiliante il demanda à l’envoyé de laisser la femme d’Alfonsh accoucher dans la grande mosquée de Cordoue et la grande mosquée de Cordoue (qortoba) était la plus grande mosquée de toute l’Andalousie.

Il fit cette demande parce que les prêtres et les sorciers avaient prédit à Alfonsh que si son enfant successeur naissait dans la grande mosquée, il serait alors vainqueur sur les Musulmans.

Non seulement le Juif fut intransigeant mais il parla rudement tel un malotru et les Musulmans n’étaient pas habitués à ce qu’on leur parle sur ce ton. Demander que la femme accouche dans la mosquée et que ce Juif prenne parti ce fut trop pour al-Mou’tamid qui ne put supporter ce malappris qui dépassa toutes les bornes de discourtoisie.

Alors il envoya un groupe de cavalier qui fit prisonnier la délégation et tua le malotru de ministre qu’il fit crucifier car nul roi ou chef ne supporterait une telle offense.

Al-Mou’tamid ne prit pas cette décision seul mais il consulta les savants préalablement pour leur demander leur avis. L’un d’entre eux très intelligent, lui dit qu’il n’y avait aucun mal à faire cela et lorsqu’ils quittèrent al-Mou’tamid, il dit aux autres savants :

- « Je me suis hâté de rendre cet arrêté juridique avant vous de peur que cet homme ne réponde favorablement aux demandes de l’ennemi en espérant qu’Allah fasse de sa conviction un bien pour les Musulmans ».

 

D’autres historiens ont rapporté que le Juif entra dans le palais et qu’il s’adressa à al-Mou’tamid sur un ton insolent et ce dernier saisit un encrier (mihbaratan) qui se trouvait près de lui et lui fracassa la tête.

Lorsqu’Alfonsh fut informé de ce qui était arrivé à la délégation, il jura de se venger, leva une innombrable armée et marcha sur Séville, détruisant et brûlant tout ce qu’il trouva sur son passage jusqu’à ce qu’il arrive devant la ville de Tarif ou il envoya une lettre à al-Mou’tamid lui demandant d’ouvrir les portes de la ville sans quoi, il la détruirait sur la tête de ses habitants.

Puis, il entra dans la mer avec son cheval, voulant faire comme ‘Ouqbah Ibn Nafi’ qu’Allah Exalté lui fasse miséricorde, regarda vers le Maghreb islamique et menaça oralement les Mourabitine en prétendant que s’il avait eu des navires, il aurait traversé pour leur faire la guerre. Nous verrons par la suite si son défi était à la hauteur de ses prétentions.

 

Puis il repartit vers Tolède ou il mit le siège sur la ville qui lui fut remis gracieusement par le traitre al-Qadir en l’an 478 de l’Hégire (1085) comme nous l’avons mentionné. Tolède qui fut non seulement la première royauté mais aussi la première métropole de l’Islam en Andalousie et qui avait une importance stratégique pour les croisés (salibiyine). Et après sa chute Alfonsh VI décida de chasser tous les Musulmans d’Andalousie.

 

Voici un passage du livre « douwal at-tawa'if » de ‘Allamah Muhammad ‘AbdAllah al-‘Inan  extrait lui-même du livre « rawd al-kirtass » de Qiyyam Ibn Abi Zar’, de la ville de Fès : « Alfonsh VI dit à l’envoyé d’al-Mou’tamid Ibn al-‘Abbad, un Juif du nom d’Ibn Mish’al : «  Comment puis-je laisser un peuple de possédés (qawm majanine) qui se sont tous donnés pour nom ceux de leur califes, rois et émirs, al-Mou’tadid, al-Mou’tamid, al-Mou’tassim, al-Moutawwakil, al-Mousta’in, al-Mouqtadi', al-Amine et al-Ma'moun tandis qu’aucun d’entre eux ne peut se défendre ni même défendre ses gens. Ils ont propagé la corruption et la désobéissance et se vautrent dans le plaisir et les fêtes. Et pire, comment les gens ont-ils put supporter d’avoir de tels méprisables personnes pour défendre leurs intérêts ? » Ces paroles sont les paroles d’Alfonsh traduites par l’envoyé Mish’al. Fin de citation.

 

Puis Alfonsh VI (alfonsh) envoya une lettre à al-Mou’tamid lui demandant d’ouvrir les portes de la ville sans quoi, il la détruirait sur la tête de ses habitants.

Al-Mou’tamid réfléchit et se demanda ce qu’il devait faire sachant qu’aucun des autres états indépendants ne lui viendrait en aide. Même s’ils voyaient Séville tomber, aucun ne se lèverait pour aider leur frère tout en sachant pertinemment que leur tour viendrait aussi.

La lettre disait aussi : « Envoie moi un éventail afin que je puisse rafraîchir mon âme et mon visage car la poussière du voyage m’a incommodé ».

Et la réponse d’al-Mou’tamid fut une réponse tranchante et sans précédent qui fit aussitôt lever et partir l’armée d’Alfonsh. Al-Mou’tamid prit la lettre et écrivit au dos : « Je fais le serment par Allah le Très Haut, si jamais tu ne pars pas nous allons te rafraîchir avec un éventail des Mourabitine qui rafraîchira ton âme  ».

Puis il décida que si Alfonsh ne partait pas, il donnerait la ville aux Mourabitine.

Lorsqu’Alfonsh lut la réponse, il eut peur à la seule mention des Mourabitine. Et effectivement, si les Mourabitine venaient à se mêler de ses affaires, ils deviendraient une grave menace pour lui. Alors, il leva son armée et partit et Allah le Très Haut libéra les Musulmans pour un certain temps, de la menace qui pesait sur eux.

 

Face au grand danger qui pesait sur la Royauté de Séville, al-Mou’tamid et ses alliés ne trouvèrent pas d’autre solution que d’en appeler à l’aide aux Lions du Maghreb, les Héros du Désert de Shanguit, les Mourabitine…



[1] Nous ne faisons que traduire ce que les Sheikhs ont rapporté.

[2] Les Hammams ou bains turcs servaient communément non seulement de centre hygiénique ou les gens pouvaient se laver mais aussi de système de chauffage central qui permettait aux gens d’avoir de l’eau chaude à leur disposition en tout temps et de chauffer leurs appartements, ce qui représentait pour l’époque, une certaine avancée technologique.