Al-Moundir Ibn Muhammad Ibn ‘AbderRahmane al-Awsat 

 

‘AbdAllah Ibn Muhammad Ibn ‘AbderRahmane al-Awsat 

 

Récapitulatif et Bilan 

 

 

 

‘AbderRahmane an-Nassir calife-émir des Musulmans 

L’ère de l’émirat prit donc fin et débuta celui de ‘AbderRahmane an-Nassir.

‘AbderRahmane an-Nassir succéda au pouvoir d’une manière insolite. ‘AbdAllah Ibn Muhammad Ibn ‘AbderRahmane al-Awsat était émir d’Andalousie et son successeur après lui était son fils Muhammad Ibn ‘Abdallah Ibn ‘AbderRahmane al-Awsat. Mais al-Moutarif Ibn ‘Abdallah convoita le pouvoir et assassina son frère Muhammad alors que leur père était encore vivant qui lorsqu’il découvrit que c’était son fils al-Moutarif qui avait tué Muhammad, ordonna de tuer son deuxième fils et se retrouva ainsi sans successeur.

Lorsqu’il voulut choisir un successeur, il le chercha dans les enfants de ses enfants. Il trouva que le meilleur, le plus mature et le plus sage d’entre eux, prêt à assumer ses responsabilités était ‘AbderRahmane an-Nassir communément surnommé an-Nassir, le fils de (ibn) Muhammad Ibn ‘AbdAllah l’assassiné. Muhammad Ibn Muhammad prit la succession par la volonté de son grand père et devint le nouvel émir d’Andalousie alors qu’il était âgé de vingt-deux ans seulement et resta émir cinquante années avant de décéder en l’an 350 de l’Hégire (961).

Certains historiens ont rapporté qu’il avait vingt-trois ans.

 

La glorieuse ère de l’Andalousie débuta avec la venue de ‘AbderRahmane an-Nassir et les gens furent étonnés voir un homme si jeune nommé à la tête de l’état et se dirent : « Emir à vingt-deux ans à la tête d'un pays déchiré que va-t-il bien pouvoir faire ? »

Un poète très en vue à cette époque, Ibn ‘Abdi Rabby auteur du livre « ‘aqd al-farid », un livre sur les mœurs et la politesse, très connu à cette époque en Andalousie, fit des vers pour ceux qui avaient critiqué le jeune âge d’an-Nassir ainsi que d’autres en faveur de la jeunesse en disant, que cela n’était ni un mal ni un handicap mais plutôt que la jeunesse de ‘AbderRahmane an-Nassir était une louange, il écrivit :

« Un nouveau croissant lunaire a brillé,

Le retour d’une nouvelle royauté.

O bienfait d’Allah croît,

Si de la profusion, il y a en toi ».

 

‘AbderRahmane an-Nassir prit le pouvoir doté de grandes qualités : la croyance et la confiance en Allah mais aussi l’amour de la grandeur, de la beauté et de l’apparence qu’il hérita des Omeyyade.

Un jour, an-Nassir demanda au juge al-Moundir, un pieu savant, un des meilleurs musulmans de cette époque et qui était aimé de tous, de prier la prière de la demande de pluie (salat istisqa) à cause de la sécheresse. Mais al-Moundir tarda à faire ce que le calife lui demandait. An-Nassir lui envoya un messager pour lui dire de se hâter car les gens se plaignaient de la sécheresse.

Les gens se réunirent donc derrière al-Moundir pour la prière à laquelle participa le messager d’an-Nassir. Al-Moundir lui demanda :

- « Que fais le calife dans son palais alors que nous nous tenons pour la prière ? » Le Messager lui répondit :

- « Nous n’avons vu personne plus tourmenté que lui aujourd’hui, implorant, craintif, vêtu des pires habits. Il a passé la nuit le visage et la barbe recouvert de terre. Il pleurait reconnaissant ses péchés implorant le Seigneur : « Me voilà à Toi, mon âme entre Tes Mains, punis-Tu les pauvres à cause de moi alors que Tu es le Plus Sage des Sages et que Tu connais tout de moi ? » »

Après avoir entendu cela, le visage d’al-Moundir resplendit et il dit :

- « O garçon (ya ghoulam) tu portes la pluie avec toi, Allah a ordonné à la pluie de descendre. (Il était convaincu qu’il allait enfin pleuvoir). Si un tyran de la terre devient craintif (du Seigneur) alors le Maitre des cieux fait miséricorde ». Et après la prière, les gens n’étaient pas encore disséminés que la pluie descendit sur eux.

Al-Moundir était implacable dans ses jugements et d’une justice équitable et rigoureuse qui ne craignait absolument aucun émir ou ministre ou autre et il eut des prises de positions tranchantes comme nous le verrons dans sa biographie.

 

La construction d’az-Zahrah 

An-Nassir débuta son règne en l’an 300 de l’Hégire et resta calife cinquante ans. Lorsque la situation en Andalousie devint stable, il ordonna la construction complète de la ville az-Zahrah sur un emplacement désert près de Cordoue.

Il se fit aussi construire un large palais à côté de celui de son grand père al-Amir Muhammad, le père de son grand père ‘AbderRahmane al-Awsat et chaque palais avait un nom particulier.

An-Nassir fit appeler le sien Dar ar-Rawdah (la maison du jardin). Il choisit son lieu de résidence dans la ville d’az-Zahrah et aussi le siège de son pouvoir.

Il y fit construire un zoo, une volière pour les oiseaux et une manufacture d’armement. Les historiens ont rapporté que les murs de son palais étaient bâtit d’or et de marbre tandis que les toits étaient en or et en argent.

Au centre du palais se trouvait une immense pierre précieuse offerte par l’empereur de Constantinople et huit portes incrustées de pierres précieuses qui se trouvait dans l’axe des fenêtres pour permettre à la lumière de se réfléchir. Et lorsque les rayons de soleil se reflétaient ils émettaient des flots d’une lumière bariolée insoutenable donnant l’impression d’une pièce pivotante captant les rayons de lumière.

Une somme considérable d’or et d’argent fut investie dans la construction de son palais ou rivalisaient fontaines et statues d’or, de pierres précieuses et d’autres merveilles jamais vues auparavant furent construites à grande échelle.

 

Le Juge (al-qadi) al-Moundir Ibn Sa’id 



[1] Qur’an, Sourate 43, verset 33.

[2] Sourate 26, versets 128 à 136.

[3] Sourate 9, verset 109.