Abou Yazid Mafrad Ibn Kaydad al-Yafradi az-Zinati

 

 

Al-Mansour Ibn Qahim Ibn al-Mahdi ad-Da’i al-Yahoudi 

 

La prise de l’Egypte par les ismaéliens 

Les récits sur Mou’iz Li-Dinillah Ma’ad Ibn Isma’il Ibn al-Mansour Ibn al-Qahim sont très nombreux et son fameux commandant, qui lui avait précédemment remit le Maghreb, Jouhar Istaqilli réussit à entrer en Egypte en l’an 358 de l’Hégire (968) suivit par le calife ismaélien ‘oubaydi en l’an 362 de l’Hégire (972).

Avant de quitter le Maghreb pour l’Egypte, le vil Mou’iz Li-Dinillah Ma’ad Ibn Isma’il Ibn al-Mansour, alluma les feux de la guerre dans le Maghreb et nomma comme gouverneur du Maghreb Abou al-Foutouh Youssouf Ibn Ziri Ibn Manad as-Sanhadji dont le vrai nom était Boulloukine (ou Boullouqine) Ibn Ziri mais que le ‘oubaydi avait surnommé Youssouf, cet homme qui l’avait aidé à lever le siège des khawarije à al-Mahdiyah.

Lorsque le maudit Mou’iz Ibn ad-Da’i entra en Egypte, il fut accueilli pas le peuple égyptien et les dignitaires dont à leurs têtes, Ashraf al-‘Alawiyi surnommé Ibn Tabataba[1] qui demanda au ‘oubaydi : « De quel descendant est issu notre maitre ? ». L’infâme juif lui répondit : «  Nous allons organiser une conférence à laquelle vous serez invité et nous vous dévoilerons alors qui sont nos ancêtres ».

Quelques temps plus tard, il fit réunir les gens dans son palace (qasr) que Jouhar lui avait précédemment fait construire au Caire (al-qahirah). Tous ceux qui avaient une autorité quelconque à cette époque se rendirent à l’invitation et le vil juif leur demanda :

- « Avez-vous laissé derrière vous quelqu’un d’influent ? »

- « Non » répondirent-ils, « nous sommes tous venus ».

Le maudit ‘oubaydi dit alors :

- « Vous m’avez demandé qui était mes ancêtres (nassabi) et bien le voici » dit-il, en tirant son sabre. Puis, il a été rapporté qu’il leur distribua des quantités pharamineuses d’or et leur dit :

- « Et ceci est mon compte (hassabi) »

Alors les gens présents comprirent parfaitement le message[2] et dirent :

- « Nous avons entendu et obéit, Nous avons entendu et obéit (sami’na wa ata’na) et nous n’avons nul désir de connaitre ton origine ni tes affaires ».

 

Al-Mou’iz Ibn Badis Ibn Abou al-Fath al-Mansour Ibn Boulloukine 

 

Les tribus des Bani Hilal et Bani Soulaym 

Nous allons parler maintenant de tribus qui jouèrent un grand rôle dans l’Histoire du Maghreb mais aussi lors de certains évènements en Andalousie. Il s’agit des tribus Moudariyah ‘Adnaniyah des Bani Hilal et Bani Soulaym originaire du Nejd, des bédouins du désert de la péninsule arabique, le Hijaz.

Les Bani Soulaym quittèrent le désert pour aller s’établir dans les régions désertiques près de Médine tandis que les Bani Hilal s’établirent dans les Montagnes de Ghazwan près de Taif ou ils perpétrèrent la corruption sur terre et le brigandage.  

Vous trouverez dans le livre « al-bidayah wal niyahah » de l’Imam Ibn Kathir une large description de leur méfaits qui, à l’exemple des Bani Soulaym, atteignirent de tel sommets que le Hajj ou le Pèlerinage à la Maison Sacrée, fut interrompu durant plusieurs années.

Les Bani Soulaym embusquèrent les pèlerins de tous les côtés et lorsque les infâmes qarmates, malédiction d’Allah sur eux, apparurent, ils les rejoignirent ainsi qu’un grand nombre des tribus des Bani Rabi’. L’ignorance chez les bédouins est bien connut et ils rejoignirent les qarmates plus par stupidité que par volonté, c’est du moins ce que l’auteur pense. Les bédouins s’intégrèrent aux armées des qarmates qui entrèrent au Bahreïn, en ‘Oman et aussi en Syrie.

 

Lorsqu’al-Mou’iz li-Dinillah et al-‘Aziz Billah les ‘oubaydi vinrent à bout des qarmates, ces derniers se réfugièrent au Bahreïn et al-‘Aziz Billah, la cinquième abomination ‘oubaydi, ordonna à leurs alliés, les Bani Soulaym et les Bani Hilal, de déménager en Egypte ou ils s’établirent sur la rive Est du Nile et où l’on trouve toujours de nos jours un grand nombre de bédouins arabes dans ces régions, descendants soit de ces tribus soit des précédentes tribus conquérantes musulmanes.

De même qu’ils firent au Hijaz, les bédouins semèrent la corruption et le brigandage à grande échelle contre les populations locales faibles et les fermiers. Il est bien connut aussi que les bédouins sont de farouches guerriers que l’on peut difficilement arrêter et pour les arrêter et se débarrasser d’eux, le ministre (wazir) ‘oubaydi al-Hassan Ibn ‘Ali, suggestionna à al-Moustansir Billah al-‘oubaydi de nommer les chefs de ces tribus gouverneurs de l’Ifriqiyah afin qu’ils chassent et punissent al-Mou’iz Ibn Badis pour s’être rebellé contre les ‘oubaydi.

 

En l’an 441 de l’Hégire (1049), al-Moustansir Billah al-‘oubaydi envoya son ministre al-Yazouri pour parler aux bédouins et leur enjoliver le Maghreb et offrit à chacun des chefs un chameau et un dinar. Il leur autorisa à traverser le Nile et leur dit : « Nous vous offrons le royaume du Maghreb et celui d’Ibn Badis ». Puis ce vil ministre écrivit à Mou’iz Ibn Badis et lui dit : «  Amma ba’d, ceci dit, nous t’avons envoyé des chevaux chargés afin qu’Allah accomplisse un acte déjà prescrit ».

Et si vous lisez le Tarikh Ibn Khaldoun, vous verrez quelques abominables actes accomplirent ces tribus de bédouins dans le Maghreb islamique. Les Banou Soulaym se chargèrent du Maghreb central ou l’Ifriqiyah et les Banou Hilal, comme des nuées de sauterelles du fait de leur prodigieux nombre, du reste de l’Afrique du nord qu’ils ravagèrent sur leur passage.  

 

Al-Mou’iz Ibn Badis essaya de s’opposer à eux et il les rencontra au mois de Dzoul Hijjah de l’année 443 de l’Hégire (1051) mais son armée fut écrasée et il dut s’enfuit à Kairouan pour se protéger, car nul ne pouvait arrêter ces hordes de bédouins, avant de repartir pour al-Mahdiyah les bédouins sur ses traces. Ces derniers entrèrent dans Kairouan qu’ils détruisirent après avoir tué la plus grande partie de la population tandis qu’al-Mou’iz resta quelques années dans la forteresse d’al-Mahdiyah avant de mourir de chagrin, en l’an 454 de l’Hégire (1061) pour ce qui était arrivé à son peuple. Son fils Tamim Ibn Mou’iz prit sa succession suivit par Yahya Ibn Tamim et ‘Ali Ibn Yahya en l’an 509 de l’Hégire (1115). Ce dernier fut succédé par son fils al-Hassan qui fut le dernier émir des Bani Mansour Ibn Boulloukine et la dynastie prit fin après l’entrée des bédouins en Afrique du nord.

 

L’autre dynastie des Bani Hammad, leurs oncles, qui s’était établit dans la ville d’al-Qal’ah s’établirent dans la ville de Bejaïa et lorsque Hammad mourut, son fils al-Qa'id Ibn Hammad lui succéda, puis Mouhsin Ibn al-Qa'id qui ne resta que quelques mois à la tête de sa tribu avant d’être tué par son oncle Boulloukine Ibn Muhammad Ibn Hammad. Puis des deux dynasties entrèrent en conflit jusqu’à l’arrivée d’an-Nassir Ibn Alnas Ibn Hammad qui mourut en l’an 461 de l’Hégire (1068) et fut remplacé par son fils Mansour Ibn an-Nassir Ibn Alnas qui mourut à son tour vers la fin du cinquième siècle de l’Hégire, en l’an 498 de l’Hégire (1104).

Badis Ibn Mansour lui succéda et mourut la même année. Son frère al-‘Aziz prit la succession qu’il conserva durant dix-sept années, jusqu’en l’an 516 de l’Hégire (1122). Puis Yahya Ibn al-‘Aziz lui succéda et sous son règne, les armées du Sultan Mouwahhidi ‘Abdel Mou'min Ibn ‘Ali entrèrent à Bejaia en l’an 547 de l’Hégire (1152) et réussirent aussi à conquérir la ville d’al-Qal’ah des Bani Hammad.

Nous reviendrons plus en détail sur le sujet lorsque nous parlerons de la dynastie ou de l’état des Mouwahhidine.

 

Après cette longue étape de la pénible Histoire du Maghreb, nous allons revenir sur l’Histoire de l’Andalousie, là où nous l’avons laissée. Le plus difficile était de lier les évènements du Maghreb et de l’Andalousie.



[1] Tabataba sont les descendants d’al-Hassan Ibn ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait d’eux) et ils sont encore appelé ainsi de nos jours au Koweït. Ibn Tabataba était Isma’il Ibn Hassan Ibn Hassan Ibn ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait d’eux)

[2] Le message voulait dire : Quiconque se lèvera contre nous aura le sabre pour châtiment et quiconque se tiendra avec nous, aura l’or pour récompense.

[3] Comme le vous savez des invocations spéciales étaient faites pour les califes à la fin des prêches.

[4] Qui signifie mouvement de purification.