L’expédition au Soudan[1]

Après son retour à Fustat, en l’an 21 de l’Hégire (641), ‘Amr Ibn al-‘As (qu’Allah soit satisfait de lui) envoya quatre unités de son armée vers différentes directions pour s’assurer qu’aucun élément hostile ne lui avait échappé et aussi pour affermir fermement les populations locales sous le contrôle des Musulmans.

Une de ces unités patrouilla la région d’Héliopolis et ses environs, une autre fut envoyée à Fayyoum et d’autres parties de l’Egypte Supérieure, une partie à Dimyat et Tinnis tandis que la quatrième se rendit vers l’Egypte Inférieure. Toutes ces unités ne rencontrèrent aucune résistance et le pays entier tomba pacifiquement sous le contrôle des Musulmans.

Cette même année, ‘Amr Ibn al-‘As (qu’Allah soit satisfait de lui) se tourna vers une région ou les Musulmans ne s’étaient jamais aventurés auparavant. Il envoya une expédition sous le commandent de son jeune cousin ‘Ouqbah Ibn Nafi’ vers le sud de l’Egypte pour découvrir de nouvelles terres et annexer le nouveau territoire.

Les Musulmans entrèrent en contact avec de farouches et excellent archers noirs et après plusieurs affrontements sans succès pour les Musulmans, ‘Ouqbah retourna en Egypte. Et ce n’est que plus tard, que les Musulmans retourneront au Soudan avec d’autres intentions.

 

La conquête de Barqah et de Tripoli 

 

La deuxième conquête d’Alexandrie 

Les Romains à Alexandrie qui se soumirent aux lois musulmanes après la chute de la ville étaient loin d’être des sujets loyaux exactement comme leur contemporain et comme ils le furent tout au long de l’histoire. Ceux qui purent s’échapper à Byzance le firent mais plus de 150.000 restèrent dans la ville. Selon les coutumes de guerre, ils étaient techniquement des captifs, ainsi que leur famille et les Musulmans avaient le droit de les prendre en esclavage. Mais les conquérants musulmans montrèrent une extrême gentillesse à leur égard et les autorisèrent à garder leurs maisons, leur richesse et leur famille. Ils pourraient mener leurs vies normalement et avaient la liberté complète de culte, en échange de deux dinars par an et par mâle adulte. Mais les Romains restèrent ingrats et des sujets déloyaux.

Ils commencèrent à comploter contre les Musulmans et bientôt une grande force fut constituée, armée, équipée, embarquée sur une flotte de 300 navires et envoyée vers Alexandrie sous le commandement d’un général romain du nom de Manuel.

 

Au début de l’année 25 de l’Hégire (645), la flotte romaine entra dans le port d’Alexandrie et débarqua ses légions. Les Musulmans n’étaient pas en nombre suffisant pour défendre une si grande ville et bien qu’une grande partie d’entre eux périrent, beaucoup de Musulmans ont pu s’échapper et rapporter les nouvelles à Fustat.

 

Le troisième Calife ‘Uthman Ibn ‘Affan (qu’Allah soit satisfait de lui) informé renomma ‘Amr Ibn al-‘As (qu’Allah soit satisfait de lui) gouverneur militaire et régional d’Egypte avec pour mission de chasser les Romains d’Egypte et de rétablir fermement le pouvoir musulman.

Durant ce temps, les Romains avaient rétablit leur contrôle sur Alexandrie et toutes les régions avoisinantes et accumulé une force considérable avant de marcher vers Fustat.

Les Romains étaient à mi-chemin de Fustat quand ‘Amr Ibn al-‘As (qu’Allah soit satisfait de lui) se mit en marche avec une armée de 15.000 hommes et avança le long de la rive est du Nil en direction d’Alexandrie.

Le jour suivant, au contact des Romains, ils se déployèrent pour la bataille sur la rive droite du Nil, la cavalerie sous le commandement de Sharik Ibn Soumayy.

Une grande partie des romains s’embarqua alors sur des berges et lorsque ceux qui étaient restés au sol finirent par se déployer, ils se mirent simultanément en marche. Quand l’infanterie romaine jugea les Musulmans à portée de tir, les légions stoppèrent leur marche et arrosèrent d’un lourd barrage de flèches les Musulmans tandis que le groupe embarqué poursuivit sa navigation le long du flanc musulman. Alors, à leur tour, ils couvrirent les Musulmans d’une pluie de flèches si bien que ces derniers se retrouvèrent assaillit de deux côtés. La plupart d’entre eux se mirent à l’abri derrière leurs boucliers contre le feu frontal exposant leur flanc gauche.

Les Musulmans souffrirent cruellement du feu croisé des romains et particulièrement la cavalerie de Sharik Ibn Soumayy qui était au contact direct de l’ennemi et qui subit les plus lourdes pertes.

Alors la flottille romaine navigua en arrière du flanc des Musulmans, débarqua près du corps principal de leur armée et rangs après rangs reprirent leur formation de bataille. Lorsqu’elle fut enfin achevée, l’armée romaine tira de nouveau sur les Musulmans un nouveau barrage de flèches, comme une mortelle pluie de grêle.

Les Romains pensant que les Musulmans seraient maintenant incapables de supporter une charge, cessèrent de lancer des flèches, avancèrent et attaquèrent les Musulmans qui reculèrent tactiquement pour se libérer de l’étau romain. Après avoir parcouru une courte distance, ils s’arrêtèrent et rétablirent leurs rangs tandis que les romains stoppèrent leur avance. 

Un officier romain monté sur un superbe cheval et habillé somptueusement d’une armure cloutée d’or, émergea des rangs romain et lanca un défi général pour un combat singulier. Le défi fut reprit par Houmal Abou Mazhij qui était un Arabe mince et maigre, connut pour son courage et son habileté et qui s’était distingué plusieurs fois dans la bataille.

Les deux hommes s’affrontèrent dans l’espace entre les deux armées pendant longtemps avec leur lance, sans aucun gain. Alors l’officier romain laissa tomber sa lance et tira son épée suivit par Houmal. Le Romain, qui était plus grand et plus fort, lanca un furieux assaut et fut capable de blesser gravement le Musulman. Puis, il plongea sur son adversaire pour le saisir avec ses mains nues mais le Musulman eut juste assez de temps pour tirer sa dague et la lui plongea dans la gorge. Le grand romain tomba foudroyé et mourut aussitôt.

Quelques jours plus tard Houmal mourut aussi des suites de ses blessures et ‘Amr Ibn al-‘As (qu’Allah soit satisfait de lui) fut peiné par sa perte et prit part au transport de sa dépouille et au rite funéraire.

Lorsque Houmal remporta le duel, les Musulmans étaient de nouveau prêts pour la bataille tandis que Sharik avec reprit sa position sur le flanc gauche devant le corps central de l’armée des Musulmans. Alors ‘Amr Ibn al-‘As (qu’Allah soit satisfait de lui) donna le signal de la contre-offensive et l’ensemble de l’armée musulmane plongea sur l’armée ennemie et la bataille générale eut lieu.

La bataille fit rage durant quelque temps, les Musulmans attaquant violemment et les romains supportant le choc de l’attaque jusqu’à ce que les légions perdent leur homogénéité et que des brèches apparaissent dans leur défense et par lesquelles les Musulmans s’enfoncèrent dans leur centre. L’assaut des guerriers du désert augmenta en violence et en férocité et l’armée romaine se brisa et s’enfuit.

Les Musulmans bondirent à leur poursuite et elle ne s’arrêta que lorsque le dernier des romains entra à l’abri dans la forteresse, laissant derrière eux le sol jonchés de leurs morts.

‘Amr Ibn al-‘As (qu’Allah soit satisfait de lui) regarda avec colère les murs d’Alexandrie qu’il avait conquis cinq ans auparavant après une très longue période et qui se dressait de nouveau imprenable devant lui et les Musulmans.

Cette fois, le siège ne dura pas longtemps. Après s’être mutuellement bombardé lourdement durant une certaine période, un jour un des portiers de la ville d’Alexandrie appelé Ibn Bassamah, approcha les Musulmans et leur fit une offre : si les Musulmans garantiraient sa sécurité, celle de sa famille et lui permettait de conserver sa propriété, il ouvrirait la porte aux Musulmans et les laisserait passer. La porte dont il était responsable était près du pont de Souleyman. ‘Amr Ibn al-‘As (qu’Allah soit satisfait de lui) accepta l’offre du portier et la nuit et le temps pour l’assaut furent fixés.

Ibn Bassamah ouvrit sa porte au moment fixé et les Musulmans pénétrèrent dans la ville. Les Romains qui s’opposèrent aux Musulmans furent réduits en pièce et un rien de temps. La fureur des Musulmans fut terrible, décidés à infliger une telle punition aux Romains afin qu’ils n’osent jamais remettre les pieds en Egypte. Beaucoup de Romains s’échappèrent dans leurs navires mais un très grand nombre tomba lors de l’assaut.

Quelqu’un mentionna à ‘Amr Ibn al-‘As (qu’Allah soit satisfait de lui) l’impuissance de l’ennemi et il ordonna immédiatement l’arrêt des combats.

La deuxième bataille d’Alexandrie était finie et la ville fut conquise une deuxième fois au cours de laquelle vingt-deux Musulmans seulement furent tués. Le général romain Manuel ayant perdu la bataille se suicida et Talma, l’instigateur du complot qui avait provoqué la campagne romaine pour prendre Alexandrie, fut capturé par les Musulmans.

Il fut ramené devant ‘Amr Ibn al-‘As (qu’Allah soit satisfait de lui) qui, bien que coupable de la peine de mort, l’épargna et après l’avoir paré de somptueux vêtements, lui  dit : «  Va et apporte-nous une autre armée ». Mais ce dernier refusa.

 

 

En l’an 30 de l’Hégire (651), une puissante flotte de 600 navires commandée par l’empereur byzantin Constantin en personne attaqua de nouveau Alexandrie mais il s’ensuivit une bataille navale, la Batailles des Mâts, près du rivage et après un engagement féroce, la force navale musulmane commandée par ‘AbdAllah Ibn Sa’d battit les Byzantins comme nous allons le voir par la suite. L’empereur byzantin s’enfuit à Syracuse, où les gens exaspérés l’assassinèrent.

 

Suite à cette nouvelle excursion, les Musulmans décidèrent de renforcer la protection de la ville et l’enceinte externe fut démantelée bloc par bloc et un nouveaux plan fut mis en place pour la défense d’Alexandrie. ‘Amr Ibn al-‘As (qu’Allah soit satisfait de lui) divisa l’armée en quatre groupes. Un groupe resta à Alexandrie pour protéger la ville et une autre surveilla la côte de l’Egypte, avec un roulement tous les six mois. Tandis que le reste de l’armée retourna à Fustat et se dispersa.



La conquête de l’Ifriqiyah 

 

La Bataille de Soubateylah 



[1] Le Soudan dont il est mention ici ne correspond pas au Soudan actuel mais Soudan signifie le pays des Soud ou des Noirs. Donc toutes les régions ou se trouvaient ces peuples étaient appelées Soudan. Le pays dont il est question ici est la Nubie.

[2] Pentapoles.

[3] Mafariqah signifie division, rupture.

[4] Jihad fis-Sabilillah : Lutte ou combat dans le Sentier d’Allah et à tord traduit par « guerre sainte » dans tous les livres y comprit ceux des Musulmans. Guerre Sainte se dit en arabe « harb qoudoussiyah » et n’a donc rien à avoir avec « jihad fis-sabilillah ». Les termes guerre sainte, sainte foi catholique, sainte croisade sont des termes employés par la papauté pour lever les masses populaires pour combattre les Musulmans. Il n’y a donc en Islam ni de sainte guerre, ni de sainte foi islamique et ni de sainte croisade. Jihad fis-sabilillah veut dire donc faire des efforts ou combattre dans la voie d’Allah pour que Sa Parole soit élevée.

Le Calife ‘Uthman Ibn ‘Affan et les Compagnons  (qu’Allah soit satisfait d’eux) ont donc décidé que le moment était venu de poursuivre la propagation de la religion islamique. 

[5] Al-Mouhajirine (les émigrants) est un terme arabe utilisé pour décrire les premiers Musulmans qui suivirent le Prophète Muhammad (Saluts et bénédictions d’Allah sur lui) lors de ​​son Hégire (hijrah, retrait de la Mecque à Médine). Les premiers Musulmans de Médine sont appelés les Ansars (al-ansar, les Aides).

[6] Pentapoles était la capitale de la province de Cyrénaïque.