Chapitre Neuf
 
Les campagnes militaires navales qui eurent dans l’île de Crète après la conquête de Khaniah
 
Les campagnes militaires de Moussa Bacha et Mehmed Bacha

 

Après que Youssouf Bacha fut tué en Dzoul Hijjah (janvier-février 1646), le Vizir Moussa Bacha devint le capitaine (i.e. le commandant en chef de la marine). Le sceau royal fut repris du Grand Vizir Mehmet Bacha (c.-à-d. il fut démis de ses fonctions) et il reçut l’ordre d’aller en Crète en tant que commandant de la marine. Au printemps de l’année 1056 (1646), il mit le cap et atteignit le détroit. Les mécréants étaient arrivés avec vingt galions et avaient assiégé le château de l’île de Ténédos le vingt-septième jour de Safar (24 avril 1646). Vingt galères furent été envoyées par le bureau de l’état et on leur ordonna de se précipiter pour les aider. Bien qu’il n’y avait pas de poudre, d’armes ou de provisions disponibles dans le château, ils réussirent à se battre pendant quelques jours en utilisant la poudre des navires à passagers qui étaient dans le port. Kouchouk Hassan Bacha, qui était le gouverneur général de Roumélie, arriva dans l’île avec cinq galères et quelques serdengeçti. Quand il débarqua quelques soldats sur la rive et attaqua, les mécréants quittèrent le château et s’enfuirent dans leurs navires. Ils levèrent leurs ancres et allèrent sur les rives de l’Anatolie. Ainsi, de cette façon, le château fut sauvé des mécréants.

 

La bataille de la flotte

 

Le dixième jour de Rabi’ al-Akhir (26 mai 1646), la Flotte Royale quitta Gallipoli. Ils attaquèrent les mécréants tandis que vingt-six galions des maudits attendaient dans la baie de Magariz. Les mécréants jetèrent quelques barils de poids dans la mer et les affrontèrent en naviguant vers eux. Ils se dirigèrent tous vers la mer et la bataille commença avant midi. Une bataille de canons et de fusils s’ensuivit et dura jusqu’au milieu de l’après-midi. Quand un obus d’un canon frappa la bastarda du capitaine mécréant, son drapeau et son mât principal tombèrent et il commença à fuir, mais ils réagirent rapidement et réussirent à éviter de couler. Plusieurs de leurs navires furent endommagés et ils eurent beaucoup de pertes. D’autre part, le navire de Qassim Basha-oglu fut touché par un obus et plusieurs rameurs tombèrent dans la mer et plusieurs hommes d’autres navires tombèrent également tombés dans la mer. Puis un vent violent souffla et ils arrivèrent près de l’île et s’embarquèrent pour la Crète. Ahmed Bacha était allé vers la Mer Noire avec dix galères et le vingt-trois de ce mois (8 juin 1646), il fut envoyé pour les aider. Le capitaine Bacha passa à KKhaniahh le 28 juillet Joumada al-Oula (12 juillet 1646) et, au moment où il s’apprêtait à assiéger le château de Souda, Mehmed Bacha s’éteignit. Cent quarante navires furent déployés devant le château de KKhaniahh pour la protection et des canons furent placés des deux côtés du port. Plus d’une centaine de navires des mécréants sous la forme de galliots, de bertones et de galéasses étaient utilisés pour venir à l’aide de Souda.

 

Le Brûlot

 

Le deuxième jour de Rajab (14 août 1646), les navires mécréants arrivèrent et tirèrent d’innombrables obus sur les navires algériens qui étaient à l’extérieur de KKhaniahh et d’autres ainsi que le château. De l’autre côté, il y eut une bataille de canons pendant deux heures et après cela, quand cinq brûlots pleins de poudre et de bombes arrivèrent, on se rendit compte que c’étaient des brûlots. Certains hommes allèrent avec palaşkerme et ils firent tourner les navires en utilisant des crochets de loin. Avec l’aide d’Allah, ces navires brûlèrent. Ils endommagèrent également un certain nombre de navires avec des canons et revinrent avec des pertes. Le château de Souda était un plateau escarpé et il n’était pas possible de marcher sur lui depuis la terre. Les mécréants avaient l’habitude d’aider les navires qui y était amenée en utilisant les canons qui étaient déployés au bord du port pendant la nuit alors qu’ils étaient stationnés à l’extérieur du port d’un endroit qui se trouvait à l’extérieur de la portée des canons. Comme ils avaient de gros canons près du château de Souda, il était impossible pour la flotte d’approcher. Alors ils  abandonnèrent d’essayer de conquérir ce château et commencèrent à se préparer pour attaquer la terre de Crète. En dehors d’Apokorno et Resmo, de nombreux châteaux furent saisis. La Flotte Royale reçut l’ordre de ne pas venir à l’Arsenal, mais de passer l’hiver dehors. Le capitaine Bacha se rendit du côté de Roumélie pour apporter de la nourriture et il apporta soixante galères, deux galions et vingt shaykas, des grains et des provisions, le vingt-quatre de Dzoul Qi’dah (1er janvier 1647). Puis il arriva au port de KKhaniahh, les soldats passèrent et Hüseyin Bacha fit des préparatifs pour aller au siège de Candia.

 

La bataille et le martyre de Moussa Bacha

Tandis que les navires de la marine apportaient des céréales et des provisions en Crète et déchargeaient de la nourriture à Khaniah dans le froid intense de l’hiver, une grande tempête éclata. Cinq-dix navires parmi les navires qui étaient à la limite du port coulèrent ensemble avec leurs approvisionnements et personnes. Comme les autres furent également endommagés, il devint impossible pour les navires de la marine de rester au port de Khaniah. Le capitaine Bacha se rendit au Péloponnèse avec la marine le dix-septième jour de Dzoul Hijjah (24 janvier 1647). Quand il vit un galion de guerre devant l’île d’Eubée, le Bacha fut incapable de l’encercler avec plusieurs galères et le submerger. Au lieu de cela, le Bacha fut touché des plombs d’un fusil et martyrisé. Les mécréants saisirent cette opportunité et s’échappèrent. Lorsque cette terrible nouvelle parvint au bureau de l’état, le titre de capitaine Bacha fut donné à l’autre Moussa Bacha, l’ancien ministre des Finances.

 

La morale de l’histoire est que c’est totalement erroné pour la flotte de rester dans un endroit ouvert les jours d’hiver. Les capitaines qui attaquent et qui encerclent un navire de guerre n’aboutissent pas à l’héroïsme, mais au dommage causé par l’ennemi. Le Beg aurait dû rester loin et utiliser les soldats pour les batailles car, quand la tête est perdue, les pieds ne peuvent se mouvoir et le travail ne peut pas être fait.

 

La campagne militaire du deuxième Moussa Bacha  

 

En 1057 (1647), Moussa Bacha arriva dans l’île d’Eubée et acheva son armement et les équipements nécessaires. Après cela, il atteignit Chios et au moment où il s’apprêtait à prendre les harchlikchis de Cheshme dans les vaisseaux pour amener les soldats d’Anadolu en Crète, les navires des mécréants attaquèrent de toutes parts et ne pouvant rester, il retourna à Evia. Quand il s’approcha, il découvrit que neuf bertones des mécréants avaient assiégé le port d’Eubée. Il retourna en Crète sans prendre personne des soldats de Roumélie et des cinq mille janissaires qui étaient à Evia et sans sortir les navires algériens et tunisiens hors du port. Il entra le vingt et unième jour de Rabi’ al-Akhir (26 mai 1647) alors que les soldats musulmans attendaient à l’extérieur de Resmo. Il n’apporta que deux cents beldars (pionniers), des creuseurs de tunnels, des armes et des provisions. Le reste resta sur les îles de Chios et d’Eubée. Lorsque le capitaine arriva en Crète les mains vides, Hüseyin Bacha commença à le gronder. Par conséquent, il prit soixante-dix galères et alla en Anatolie afin de faire passer les soldats d’Eubée en Crète. Il appela les soldats et pendant qu’il essayait de les faire entrer dans les navires et de faire un effort, les mécréants vinrent et mouillèrent avec onze bertones, quatre galéasses et vingt-quatre galliots à l’extérieur du port, le huitième de Joumada al-Oula (11 juin 1647). La Flotte Royale était encerclée là et les soldats vinrent de terre, donc la flotte fut incapable de sortir du siège. Cet état de choses fut transmis aux autorités de l’état (à Istanbul). Une consultation fut faite et son beau-fils Fazli Bacha (c.-à-d. le gendre du Sultan) devient le commandant en chef. Il reçut l’ordre d’aller en Crète via Chios avec plusieurs galions. Pendant ce temps, les mécréants attaquèrent soudainement tandis que les vaisseaux et les provisions des soldats anatoliens restaient près de Chios, ils les capturèrent tous et les brûlèrent. Les soldats à l’extérieur et Shaban Bacha ne purent rien faire d’autre que de regarder tout cela, puis les mécréants partirent.

La campagne militaire de Fazli Bacha

 

Ce Fazli Bacha devint capitaine en Joumada al-Akhir (juillet 1647), puis partit avec cinq mille janissaires et trente galères et arriva à Chios à la fin de ce mois (23 juillet - 1er août 1647). Il se rassembla là avec les dix bertones et prit les soldats anatoliens dans les bateaux à Cheshme. Alors qu’il attendait les six galères envoyées par le bureau de l’état et qu’il était prêt à se rendre en Crète, six navires maltais et quatre galions parmi les navires des mécréants vinrent à Chios le dix-septième jour de Rajab (18 août 1647). Les navires musulmans quittèrent le port dans la matinée et tirèrent des obus sur les mécréants. Les deux côtés tirèrent beaucoup d’obus des canons et il y eut beaucoup de combats de fusil aussi. La bataille continua jusqu’au coucher du soleil et quand le soir arriva, les mécréants, qu’ils soient détruits, partirent, de sorte que les Musulmans revinrent et entrèrent dans le port avec soulagement et satisfaction. Comme le reste des navires des mécréants s’apprêtaient à partir pour Anabolu, les galères du port profitèrent de cette occasion et repartirent. Après que le capitaine Bacha soit venu de Chios, ils allèrent en Crète. Ils atteignirent le port de Khaniah le 28 février (28 septembre 1647), de sorte que les soldats musulmans se sentirent plus puissants. Ils avaient vaincu les mécréants sur la terre avant cela. Ensuite, ils allèrent assiéger Candia. Les soldats rouméliens ne traversèrent pas mais les soldats du côté anatolien, les janissaires et quelques munitions et provisions atteignirent la Crète. La marine des mécréants arriva aussi à Candia et la protégea, de sorte que les canons furent amenés de la terre. La Flotte Royale revint le 8 du mois sacré de Ramadan (7 octobre 1647) et entra dans l’Arsenal à la fin de Ramadan (19-29 octobre 1647).

 

La campagne militaire d’Ammaroğlu 

 

En Dzoul Qi’dah 1057 (novembre-décembre 1647) Fazli Bacha fut révoquée, et Ammaroğlu, qui était le chambellan de l’arsenal, devint capitaine en se rapprochant du précepteur du Sultan. En Mouharram 1058 (janvier / février 1648), la flotte des mécréants vint des lieux liés à Chios à l’île d’Ipsala. Puis un vent violent apparut et dix-huit de leurs navires furent détruits. Le juge de Chios informa les autorités de l’état de ce qui s’était passé. Les soldats musulmans attendaient la flotte en Crète pour le siège de Candie. Quand ils ne vinrent pas et que cela devint connu des mécréants, la flotte reçut l’ordre de ne pas partir.

 

L’ancrage des navires mécréants au Boğazhisar

 

Comme les nations chrétiennes vivent principalement de la mer, elles s’intéressent à la science de la géographie. Ils ne jugent pas approprié qu’ils se comportent de manière indifférente à l’apprentissage de la navigation. En dehors de cela, les Vénitiens étaient très engagés dans cette science parce qu’ils étaient voisins du pays ottoman et ils pensaient qu’il serait nécessaire de le savoir en cas de besoin. Ils avaient des hommes et ils travaillaient avec eux. Cette fois, tous leurs galions et leurs galères vinrent aux Dardanelles et s’ancrèrent à l’extérieur pour bloquer le passage de la Flotte Royale (de l’Empire Ottoman). Le douze de Rabi’ al-Akhir (6 mai 1648), le capitaine Bacha partit avec la flotte, chargea beaucoup de soldats, d’armement et d’équipements et atteignit le château. Puisque les galions des mécréants avaient bloqué les passages, ils ne purent pas partir et ils restèrent. Ensuite, ils furent forcés de charger l’armement et les équipements de terre et ils furent envoyés en Crète par des navires des Begs qui étaient à l’extérieur. Le huitième jour de Joumada al-Akhir (30 juin 1648), le Beg atteignit le château de Khaniah et donna la lettre déclarant que puisqu’il n’y avait aucun moyen de sortir des Dardanelles, seulement un kist mevacib et quatre cent soixante-dix soldats mineurs avaient été envoyé. Cela fit tomber les soldats dans le désespoir parce que la nouvelle était arrivée que beaucoup d’armes, de trésors et de soldats avaient été envoyés et qu’ils arriveraient sous peu. Les enregistrements des documents qui avaient été envoyés leur fut également envoyés. Les soldats musulmans firent un nouvel effort pour conquérir Candia, mais cela ne put pas arriver. Ils marchèrent et attaquèrent plusieurs fois. Un jour, les mécréants sortirent d’Aktabia et parlèrent avec eux en disant « nous vous promettons, nous allons céder le château. » Ils parlèrent de cette façon jusqu’au soir. Ils dirent « les hommes viendront à vous demain, nous ferons la paix. » Cette nuit-là, dix-sept galliots et huit galions sont venus les aider avec des provisions et une assistance militaire. En dehors de cela, les navires de Malte, du Duché et de la Papauté arrivèrent avec vingt et un galions, de sorte que les soldats musulmans désespérèrent de réaliser la conquête. Ils n’avaient pas de flotte pour les empêcher d’aider (l’ennemi). Il est difficile de s’emparer d’un château sans aide et c’est pourquoi ce siège se prolongea. Le capitaine Ammaroğlu informa l’état de ce qui s’était passé. Des fusils à longue portée furent envoyés pour se débarrasser des mécréants aux Dardanelles, et à la fin de Joumada al-Oula, un homme fut envoyé par le Sultan pour assassiner le capitaine susmentionné et il fut tué pour le crime d’avoir été bloqué aux Dardanelles. Le titre de capitaine Bacha fut ensuite donné à Ahmed Bacha.

 

La campagne militaire d’Ahmed Bacha et la construction du Galion

 

Après l’accession du Sultan au trône en Rajab 1058, le Grand Vizir Khoja Mehmed Bacha commença à faire des efforts pour améliorer les affaires (navales). Certains dirent que « les mécréants naviguèrent avec leurs galions et les utilisèrent avec le vent pour vaincre des galères pendant les batailles. Puisqu’il est nécessaire d’éviter la Flotte Royale (de l’Empire Ottoman), ils s’ancrent dans le Détroit des Dardanelles et bloquent le chemin. Les galères ne peuvent pas résister. En attendant, il faut avoir des galions pour pouvoir attaquer des galions, il faut donc construire des galions. » A cette époque, Sayf al-Islam ‘Abd ar-Rahim Efendi m’appela et me consulta sur ce sujet. Quand il demanda si les capitaines ottomans avaient mené des campagnes militaires navales avec des galions dans le passé, je dis « dans les livres d’histoire, il est écrit que de grandes flottes allaient dans des grandes campagnes militaires comme Chypre et Halkulvad, et qu’elles prenaient des galions, des bertones et d’autres navires pour apporter des soldats, des canons, des armes et des équipements cependant, les batailles navales spéciales ont toujours été livrées avec des galères et des galéasses. Kheireddine Bacha affronta un grand nombre de galions et de galiotes des mécréants avec quatre cents galères et l’emporta sur eux. Il faut dire que ce qui compte, ce n’est pas l’habileté de construire des navires, mais de préparer des marins et des canonniers habiles après avoir terminé leurs canons, leurs armes et leurs approvisionnements ». Le défunt Sheikh dit « ces paroles sont justes » et il était très intéressé et fit l’effort en ce sens mais ils ne purent pas réussir.

 

Le départ de la Flotte Royale pour la mer et la guerre

 

En Rabi’ al-Akhir 1059 (avril-mai 1649), l’ambassade vénitienne fut fermée et l’ambassadeur banni. Ils se décidèrent pour établir une grande flotte. Après avoir préparé une quantité suffisante de galliots et de bertones et terminé l’armement et les approvisionnements nécessaires, ils partirent le 18 de ce mois (1er mai 1649) et se dirigèrent vers les Dardanelles. Cent vingt mille piastres furent envoyées au Maghreb et leurs navires furent appelés. Dervish Mehmed Bacha qui avait quitté la province de Bosnie arriva aux Dardanelles et déploya des canons du côté de Roumélie. Quand il arriva avec la Flotte Royale le vingt-trois de ce mois (16 mai 1649), il dirigea les canons vers les galions des mécréants. Ainsi les navires levèrent leurs ancres et se déplacèrent vers le côté anatolien et les navires de la flotte passèrent facilement. Cependant, deux navires attendaient devant le passage. Quand ils se déplacèrent derrière l’île de Ténédos, les mécréants furent embarrassés, alors ils mirent les voiles et s’en allèrent. Ils se rassemblèrent là en quatre-cinq heures et les galions furent remorqués car ils avaient un rythme différent de celui des galliots. Quelques galions des mécréants affrontèrent les galions avec le vent de côté puis, avec l’aide d’Allah, ils ne purent pas réussir à cause du vent favorable, alors ils abandonnèrent. Plusieurs combattants musulmans furent martyrisés dans cette bataille. La flotte arriva à Ténédos en milieu d’après-midi et tous s’embarquèrent.

 

La bataille du port de Focha 

 

La flotte arriva au port de Karaca-Focha, sur la côte anatolienne. Le côté droit du château était protégé et était favorable à l’abri et le garde du château dit « il ne convient pas d’attendre devant les canons, » pourtant le capitaine Bacha était une sorte de personne qui n’écoutait personne et fit toujours ce qu’il pensait être la bonne chose à faire. Alors il attendit sur le côté gauche, devant le château. Puis les mécréants attaquèrent le port à midi. Le capitaine Bacha avança avec sa bastarda et son vaisseau de réserve et livra une grande bataille contre les navires des mécréants. Quand le Bacha et ses hommes attaquèrent le navire qui se battait avec eux, les mécréants entrèrent dans l’entrepôt et l’incendièrent. Le navire de réserve du capitaine Bacha toucha ce navire dans ces eaux peu profondes, de sorte qu’il ne put pas être sauvé et les deux coulèrent (c.-à-d. le navire de l’ennemi et le navire de réserve du capitaine Bacha). Les gens qui étaient dedans se jetèrent à la mer. Les mécréants saisirent cette opportunité et ils capturèrent trois bertones et un galliot. Les galériens (qui étaient des prisonniers pris des ennemis) d’une galère tirèrent leur navire et rejoignirent les mécréants. Après cette défaite, ils retournèrent à la limite du port et partirent. Tout ce que le capitaine put faire fut de regarder depuis la base du château. Après l’arrivée des navires du lendemain, ils partirent pour la Crète.

 

La morale de l’histoire est que lorsqu’une flotte entre dans un port, elle ne doit pas rester sans laisser de gardien. Ce n’est pas une compétence de rester dans cette condition et d’attendre ainsi ; il en résulte ceci.

 

Le Martyre du capitaine Bacha au Siège de Souda

 

Les bertones qui furent louées d’Algérie, de Tunisie, de Tripoli et d’Egypte avec le fret assemblé au même endroit que la flotte, arrivèrent tous près de Candia. Le capitaine Bacha ne rapprocha pas les navires du rivage et les soldats de la terre et de la mer se joignirent et saisirent un petit château qui était près de Candia. Il y avait une froideur entre le capitaine et Hüseyin Bacha, alors quand il voulait des canons et du soutien, il disait « nous gardons la mer, » et il ne leur donna pas. Puis les navires des mécréants apparurent, alors ils les attaquèrent et ils se bombardèrent les uns les autres pendant un moment. Puis ils mirent les voiles pour Khaniah. Certains navires prirent l’eau et furent calfatés. Des marins furent recrutés pour quarante-cinquante bateaux. Alors il partit de terre et Ahmed Bacha, qui était le Beg d’Amasya, arriva là où il se trouvait. Ils avaient l’intention de s’emparer du château de Souda avec de petites embarcations et juste au moment où il allait attaquer et se battre, des obus furent tirés des canons du château et le frappèrent à la tête. Il fut martyrisé le dix-huitième de Rajab (28 juillet 1649). Les bateaux retournèrent à Khaniah.

 

La morale de l’histoire est qu’il est stupide de vouloir s’emparer d’un château fort et escarpé comme celui-ci avec des bateaux. C’est comme si certains anciens regardaient les galions qui attendaient dans les Dardanelles et disaient « si beaucoup de bateaux arrivaient là-bas, ils les captureraient. » Cet incident fut signalé à Hüseyin Bacha car un capitaine devait être nommé pour la marine. Il ordonna à Biyikli (le moustachu) Mustafa Bacha, qui était le gouverneur général de Roumélie, de prendre le poste et il l’envoya sur les navires. Il envoya une pétition aux autorités de l’état pour que ce poste lui soit donné, et il reçut le poste.

 

La campagne militaire de Haydar Ağazade

 

Le troisième jour du mois de Shawwal 1059 (10 octobre 1649), Haydar Ağazade Mehmed Bacha devint le capitaine. Comme il était originaire du corps des janissaires, il fut envoyé en Crète avec Sekbanbaşi Kör (aveugle) Hassan Aga. Ils partirent avec deux galères le huit de ce mois (15 octobre 1649) et arrivèrent le vingt-huitième de Dzoul Qi’dah (3 décembre 1649). Après quelques jours, il prit les navires de la flotte royale à l’Arsenal. Le douzième de Rabi’ al-Akhir 1060 (14 avril 1650), les mécréants, puissent-ils être détruits, arrivèrent aux Dardanelles avec vingt galions, huit galliots et deux galéasses. ‘Ankabout Ahmed Bacha, qui était l’un des Vizirs, fut envoyé pour la protection. Le 5 Joumada al-Oula (6 mai 1650), le capitaine Bacha quitta Istanbul et entra dans les Dardanelles. Il ne put pas trouver un moyen de sortir et de la terre, ils tirèrent des obus sur les navires des mécréants. La plupart d’entre eux ne leur firent pas de mal et ils s’approchèrent du château et tirèrent beaucoup d’obus. Quelques janissaires et autres soldats supplémentaires furent envoyés d’Istanbul et ils arrivèrent par voie terrestre. ‘Abd ar-Rahman Bacha arriva d’Anatolie et ils forcèrent les navires des mécréants sur l’une des rives. Cependant, les soldats de la marine se dispersèrent et la plupart des navires furent désorganisés. Vingt-cinq galères furent complétées et ils crièrent « partez, » mais ils ne firent pas d’effort pour sortir et restèrent sur place. Finalement, ils abandonnèrent l’idée de sortir des Dardanelles. Le capitaine Bacha descendit du navire et embarqua depuis la terre dans les navires du Beg en Rajab (juin-juillet 1650). Il obtint autant d’armes et de fournitures que possible et alla ensuite en Crète. Il y arriva et juste au moment où ils déchargeaient les soldats, la nourriture et les provisions, ils virent quelques navires des mécréants, alors ils mirent le cap vers la mer. En conséquence, certains soldats restèrent dans le navire. Ceux qui étaient sortis du bateau ne purent pas obtenir la nourriture et les provisions. Il alla dans l’île de Chios. Les moyens de faire sortir une flotte entièrement équipée au printemps fut envisagée. Un édit impérial fut publié le 23 Rajab (22 juillet 1650) pour la construction de vingt-trente galions et de bertones. Des jetées furent également construites. Un envoyé vint de Crète et annonça que les mécréants avaient soudainement attaqué le château de Todori. Le 11 de Shawwal (7 octobre 1650), le capitaine Haydar Ağazada fut renvoyé de son travail et son poste fut confié à ‘Ali Bacha, le fils de Houssam Beg, qui était le Beg de Rhodes.

 

La campagne militaire de ‘Ali Bacha 

 

Le 8 de Dzoul Qi’dah 1060 (2 novembre 1650), mille soldats furent recrutés sous la condition de protéger la Crète pendant trois ans. Environ quatre mille soldats composés des divers régiments des janissaires, des marins, des sergents et des soldats envoyés par les détenteurs de fief furent fournis et comme le soutien était requis pour l’hiver, le capitaine Bacha prit ces soldats et embarqua à bord de son navire le dix-huitième de ce mois. (12 novembre 1650). Il mit les voiles pour la Méditerranée avec dix-huit galères. En route, des Begs le rejoignirent et il arriva à Chios, puis en Crète le 9 Mouharram (2 janvier 1651). Ils approchèrent un port appelé Ayakasra en milieu d’après-midi et les soldats débarquèrent jusqu’au soir. Qu’ils soient revenus sain et sauf fut considéré comme une grande bénédiction. En fait, ce fut sans précédent qu’une telle flotte puisse sortir en cinq à dix jours, Allah Exalté le facilita.