Histoire de l'Islam et des Musulmans


 

 

 

1 - La trêve et la paix

L’Islam ordonne aux croyants de répondre à l’ennemi quand celui-ci propose la trêve et la paix mais à condition que ce dernier soit sincère dans son appel et s’il présente vraiment des signes qui l’appuient. Nous avons vu qu’en général et tout au long de l’histoire, les mécréants ont toujours trahi leurs traités et pactes à 99,99% des cas.

Allah, Exalté et Loué, s’adressa à Son Prophète (pallallahou ‘aleyhi wa sallam) par ces mots : « Et s’ils inclinent à la paix, incline vers celle-ci (toi aussi) et place ta confiance en Allah, car c’est Lui l’Audient, l’Omniscient. Et s’ils veulent te tromper, alors Allah te suffira. C’est Lui qui t’a soutenu par Son secours, ainsi que par (l’assistance) des croyants. » [Qur’an 8/61-62]

 

2 -  Les prisonniers de guerre

L’Islam donne le choix au commandant de faire grâce à l’ennemi et de libérer ses prisonniers sans ou contre une rançon en argent ou en échanges d’hommes. Tout dépend de l’intérêt qu’il se présente. Allah, Exalté et Loué, a dit: « Lorsque vous rencontrez (au combat) ceux qui ont mécru frappez-en les cous. Puis, quand vous les avez dominés, enchaînez-les solidement. Ensuite, c’est soit la libération gratuite, soit la rançon, jusqu’à ce que la guerre dépose ses fardeaux. Il en est ainsi, car si Allah voulait, Il se vengerait Lui-même contre eux, mais c’est pour vous éprouver les uns par les autres. Et ceux qui seront tués dans le chemin d’Allah, Il ne rendra jamais vaines leurs actions. » [Qur’an 47/4].

 

L’Islam interdit le meurtre du prisonnier ainsi que celui qui se convertit... S’il embrassa l’Islam avant sa capture et même sous l’effet de la peur, il devra être donc considéré comme un musulman dont le sang est sacré.

 

K - Le respect des engagements

L’Islam incite à respecter les engagements pris vis-à-vis des autres, à se conformer à leurs clauses et interdit la trahison ou la violation pour montrer que le véritable but recherché est le rétablissement authentique de la paix et de la sécurité à la place de la guerre et des troubles. Il avertit, d’autre part, de ne pas abuser d’eux pour s’empare des biens d’autrui injustement, comme Allah, Exalté et Loué, l’a ordonné en disant : « Soyez fidèles au pacte d’Allah après l’avoir contracté et ne violez pas vos serments après les avoir solennellement prêtés et avoir pris Allah comme garant [de votre bonne foi]. Vraiment Allah sait ce que vous faites ! Et ne faites pas comme celle qui défaisait brin par brin sa quenouille après l’avoir solidement filée, en prenant vos serments comme un moyen pour vous tromper les uns les autres, du fait que (vous avez trouvé) une communauté plus forte et plus nombreuse que l’autre. Allah ne fait, par-là, que vous éprouver. Et, certes, Il vous montrera clairement, au Jour de la Résurrection ce sur quoi vous vous opposiez. » [Qur’an 16/91-92]

 

Les conditions requises pour le recrutement

 

1 - La puberté

Elle est fixée à l’âge de seize ans comme dans la plupart des pays de nos jours. Ce recrutement comporte les deux sexes car on a rapporté que dans ses expéditions, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), demanda à certaines de ses femmes, après un tirage au sort, et aux femmes musulmanes d’y prendre part. À l’époque des Califes Bien Guidés (Rashidine) nul n’objecta ou refusa cette demande ainsi que du temps des Omeyyades cependant, lorsque les Abbassides prirent le pouvoir, les ‘Oulama stipulèrent la masculinité des soldats et les femmes furent écartées du métier de soldat. L’armée perdit un facteur pour remonter le moral des troupes et leur agissement fut plus tard désavoué.

 

2 - Etre musulman

Cette condition est indispensable car un non-musulman ne pourrait se battre avec le même zèle et sincérité. Cependant, il reste possible aux non-musulmans de combattre aux côtés des musulmans. Un musulman, consolidé par sa foi ferme et solide peut lutter, résister et tout endurer tout pour la cause d’Allah, Exalté et Loué,  et de Sa Religion et ainsi la victoire pourra être obtenue. 

 

3 - Le corps saint

Un corps et un esprit sains caractérisent le soldat duquel on attend tout. Une maladie persistante et une cécité constituent une exemption du métier de soldat. Cependant, il a été prouvé dans un grand nombre de conflit, certains grands commandants comme Sa’d Ibn Abi Waqqas et Salah ad-Din al-Ayyoubi emportèrent des victoires décisives sur leur ennemi malgré leur maladie tandis qu’un grand nombre de malades ont affirmé que leur souffrance disparaissait lors des combats.

 

4 - La vaillance

Elle comporte deux facteurs essentiels : Un corps saint pour pouvoir combattre et résister dans certains cas et la manipulation des armes après un entrainement qui le rendra apte à s’en servir avec art et habileté.

 

La mobilisation générale

 

A ce propos, on distingue deux cas :

1 – Général

Lorsque le pays est menacé d’une attaque, la mobilisation s’avère être obligatoire pour le défendre. Chaque musulman est tenu de prendre les armes et de lutter. Nul ne peut faire défection à moins qu’il ne soit un hypocrite et doit donc être puni.

Dans ce cas particulier, le combat devient une obligation pour toute personne et il incombe à tous les musulmans, mâles et femelles, d’y participer avec et par tous les moyens. L’obligation peut s’étendre jusqu’au pays voisin voir à l’ensemble des musulmans ou qu’ils se trouvent.

 

2 - Particulier

C’est le cas où les musulmans veulent attaquer un autre pays pour différentes buts ou raisons. Une partie des hommes sera appelée à porter les armes pour participer à cette expédition. On a donné à ce genre de recrutement le terme « devoir de suffisance » car une partie des musulmans exempte l’autre.

 

 

Nous avons présenté très sommairement le côté théorique du combat avant de parler plus particulièrement de la lutte du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) contre les impies.

Il est essentiel de comprendre que le concept de guerre en Islam est différent de celui des autres nations. L’Islam n’appelle à la guerre que si la liberté de convoyer le message de la dernière révélation à l’ensemble de l’humanité est menacée ; message qui consiste à proclamer l’unicité d’Allah et l’unification des croyants quels qu’ils soient sous cet étendard.

 

L’Islam ne mène pas des guerres pour contraindre les gens a adopté la foi par la force puisque la foi ne peut être qu’un choix personnel. De même, l’Islam ne mène pas de guerre pour des intérêts personnels ou financiers, telles que les guerres déclenchées sur la majorité des pays musulmans pour voler leurs richesses de manière officielle ou officieuse par des personnes interposées.

 

Le combat d’après l’Islam n’a pas non plus pour mobile d’instaurer les relations entre musulmans et non-musulmans et ceci est normal par rapport à la religion qui ne cherche ni expansion et ni exploitation, qui interdit les agressions car, ses bons principes sont l’appel à l’égalité entre les gens dont la vertu et les bonnes œuvres distinguent les uns des autres.

 

La paix est donc plutôt la base générale d’après l’Islam tandis que la guerre n’est qu’une exception.

 

Avant de lancer la guerre

 

 « Combien de fois une troupe peu nombreuse a, par la grâce d’Allah, vaincu une troupe très nombreuse ! Et Allah est avec les endurants. » » [Qur’an 2/249]

  

La préparation militaire générale

  

Les musulmans

 

1 - La situation à la Mecque

A - L’appel en secret

L’appel à la mobilisation débuta, en effet, lorsque le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) reçut les premières révélations. Il commença alors à appeler les gens à Allah, Exalté et Loué, et à Son Unicité, à purifier les âmes, à unifier les rangs et à sacrifier tout intérêt personnel pour assurer l’intérêt public. Allah, Exalté et Loué, lui ordonna: « Expose donc clairement ce qu’on t’a commandé et détourne-toi des associateurs. » [Qur’an15/94]

 

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) exposa et proposa cette nouvelle religion d’abord aux membres de sa famille, puis à certains de ses amis sincères auxquels il se confia. Une élite de ces gens crut en lui et forma le noyau de l’armée musulmane.

Cet appel demeura secret pendant trois ans jusqu’à ce que cette nouvelle révélation descendit : « Avertis tes proches. » [Qur’an 26/214]. Après cela, il dut lutter pour appeler à l’Unicité d’Allah, Exalté et Loué, à adopter un dogme unique, à unifier les rangs et à viser un seul but.

 

B - L’appel en public

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) appela ouvertement les Qouraysh à l’Islam et ceux-ci commencèrent à s’y opposer puis leur hostilité s’intensifia chaque fois qu’un groupe de gens embrassait la nouvelle religion. Les Qouraysh considérèrent comme rebelles et désobéissants les nouveaux musulmans. Ils se permirent alors de les persécuter et même les tuer, à s’emparer des biens des faibles qui n’avaient aucun appui pour les défendre.

 

‘Ammar Ibn Yassar, son père et sa mère (radhiyallahou ‘anhoum) furent un exemple cruel de cette persécution après leur conversion. Les idolâtres les conduisirent dans le désert au moment de la canicule pour les torturer. Yassar expira sous l’effet de ces tortures puis quand son épouse adressa des paroles grossières à Abou Jahl, celui-ci la poignarda avec sa lance et la tua. Ainsi ensuite, plusieurs convertis trouvèrent la mort de la même façon.

 

Les méfaits des Qouraysh ne s’arrêtèrent pas là et ils tournèrent en dérision le Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ainsi que ses Compagnons, prétendant qu’il n’était qu’un magicien, un devin, un poète ou un possédé.

Certains d’entre eux n’avaient pour tâche que d’accueillir ceux qui arrivaient à La Mecque pour faire le pèlerinage, la visite ou pour d’autres buts, en les éloignant du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Mais celui-ci se rendait toutefois là où ils se trouvaient pour leur demander de l’aide contre les Qouraysh au vu et au su de ces derniers.

Comme les méfaits et les agressions des Qouraysh contre les croyants s’intensifièrent, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) ordonna aux faibles et aux opprimés des musulmans d’émigrer en Ethiopie, en l’an cinq du message.

 

Les Qouraysh idolâtres, devant le progrès de l’Islam, conclurent entre eux un pacte considérant que tout individu qui agréerait la nouvelle religion, se montrerait compatissant envers eux ou les protègerait sera l’un des leurs. Ils s’accordèrent à ne conclure aucun négoce avec eux, ni achat ou vente, à ne pas leur donner en mariage aucune de leurs filles et à n’épouser aucune des croyants. Ils mirent cela par écrit et attachèrent le pacte dans la Ka’bah comme un engagement pour respecter ses clauses.

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) dû alors demander l’aide des Bani Hashim et les Bani al-Mouttalib s’engagèrent aussi à l’aider à l’exception d’un homme, Abou Lahab qui se rangea du côté des Qouraysh.

Le boycottage ou l’état de siège pesa lourd sur les musulmans et ils subirent un manque de nourriture, de vêtements et leur peine s’aggrava et malgré cela, l’hostilité des Qouraysh s’intensifia contre l’Islam et les convertis en excitant les autres tribus. Les musulmans supportèrent tout cela durant trois ans quand certains parmi les Qouraysh éprouvèrent des remords et violèrent le pacte en reprenant leur relation avec les croyants.

 

 

C - La première allégeance d’al-‘Aqabah

Souwayd Ibn as-Samit, l’un des notables de la tribu Aws vint à La Mecque pour accomplir le petit pèlerinage (‘Oumrah). Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) l’intercepta et l’appela à embrasser l’Islam. Après qu’il écouta les paroles du Prophète (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), il répondit : « Ce sont de bonnes paroles. » En retournant à Médine, Souwayd transmit ce qu’il entendit à ses concitoyens, mais il fut, plus tard, tué le jour de Bou’ath lorsqu’une guerre civile éclata entre les Aws et les Khazraj.

Pendant la saison du pèlerinage, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) continua à appeler ceux qui venaient à la nouvelle religion. Il rencontra sept hommes de la tribu Khazraj près d’al-‘Aqabah. Ils crurent en son message et l’acceptèrent. Ces gens-là, une fois de retour à Médine, informèrent les habitants de leur conversion et les y appelèrent ; et c’est ainsi que l’Islam se répandit à Médine.

 

Une année plus tard, douze médinois se rendirent à La Mecque pour faire le pèlerinage. Ils rencontrèrent le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) à ‘Aqaba et lui prêtèrent serment d’allégeance en croyant en l’Unicité d’Allah Unique, en promettant de s’attacher aux bonnes mœurs et de se débarrasser du sentiment tribal qui remontait au temps de l’ignorance (Jahiliyyah).

Le Prophète (Sallallahou ‘aleyhi wa sallam) chargea, plus tard, Mous’ab Ibn ’Oumayr de se rendre à Médine pour appeler les gens à embrasser l’Islam, leur réciter du Qur’an et les instruire dans la religion. Une grande partie des Médinois entra en masse dans la religion d’Allah. Ainsi la première allégeance à ‘Aqabah constitua la première victoire militaire du Messager d’Allah, Exalté et Loué,  (sallallahou ‘aleyhi wa sallam), en dehors de La Mecque, et à Médine un groupe de croyants devint les soldats qui allaient le secourir.

 

D - La deuxième allégeance de ‘Aqabah

Après que l’Islam se répandit à Médine, soixante-dix croyants et une partie de leurs concitoyens, encore polythéistes, se dirigèrent vers La Mecque pour faire le pèlerinage et rencontrer en même temps le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). En y arrivant, ils lui donnèrent un rendez-vous secret pour le rencontrer de nuit à ‘Aqaba.

 

Après l’écoulement du premier tiers de la nuit, les croyants se rendirent vers cet endroit. Soixante-dix hommes des deux tribus Aws et Khazraj et deux femmes, Oum Amara Noussayba Bint Ka’b et Asma' Bint ‘Amr Ibn Adiyy. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) s’y rendit accompagné de son oncle al-‘Abbas, qui était encore idolâtre mais qui voulait s’assurer de la sécurité de son neveu.

Al-‘Abbas prit d’abord la parole et le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) le suivit, récita du Qur’an, appela les hommes présents à se convertir et dit à la fin : « J’accepte votre allégeance à condition que vous me défendez comme vous défendez vos femmes et vos enfants. » Ils lui prêtèrent donc serment en disant : « Nous te défendrons comme nous défendons nos femmes, accepte donc notre allégeance ô Messager d’Allah. Nous sommes des guerriers vaillants et habiles dans la manipulation des armes, un art que nous avons hérité de nos ancêtres. »

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) leur demanda alors de choisir douze chefs parmi eux pour se charger de leurs concitoyens. Ils élurent neuf chefs de la tribu Khazraj et trois des Aws. Ainsi le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) commença à organiser un groupe de ses partisans qui vivaient en dehors de  La Mecque.

 

Un des idolâtres, en passant par hasard près de cet endroit, entendit tout et se dirigea aussitôt à La Mecque pour avertir les autres en leur disant que Muhammad et des apostats s’étaient mis d’accord pour les combattre.

Les croyants médinois, firent peu du cas et voulurent attaquer les Qouraysh sur le champ. Le Prophète (saluts et bénédictions d’Allah sur lui) les retint et leur ordonna de retourner dans leurs tentes puisqu’il n’avait pas encore reçu l’ordre divin de combattre.

 

Le lendemain matin, certains Qouraysh vinrent les trouver et leur dirent : « O homme des Khazraj, on nous a rapporté que vous avez rencontré notre ami -le Prophète- pour l’inviter à nous quitter et que vous lui avez prêté serment d’allégeance. Par Allah, aucune des autres tribus n’acceptera qu’une guerre se déclenche entre nous et vous. » A savoir que les hommes de la tribu Khazraj qui étaient encore polythéistes et n’avaient aucune connaissance de cette allégeance, jurèrent aux Qouraysh : « Ceci n’a pas eu lieu et aucun de nous n’y pris part. » Les Qouraysh les crurent.

 

Ainsi cette deuxième allégeance de ‘Aqabah fut la deuxième victoire militaire du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

 

E - La mobilisation à Médine l’illuminée

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) donna alors l’ordre aux musulmans Mecquois d’émigrer vers leurs frères coreligionnaires à Médine. Ils s’exécutèrent en quittant leur ville les uns après les autres en y laissant leurs biens et familles.

A Dar an-Nadwa (une sorte d’assemblée), les Qouraysh se réunirent et décidèrent de choisir un homme proche et fort de chaque tribu, de lui donner un sabre tranchant et chargèrent ces hommes choisis, d’assassiner le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Ainsi toutes les tribus auraient participé à son meurtre et les Bani Hashim se trouveraient par la suite incapables d’affronter toutes les tribus Qouraysh et se contenteraient du prix du sang.

 

Le Messager d’Allah  (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) eut vent de ce complot. La nuit, durant laquelle les hommes avaient décidé de l’éliminé, il entreprit son émigration vers Médine accompagné d’Abou Bakr as-Siddiq. Ils purent, après quelques jours, y arriver sains et saufs malgré les précautions prises par les Qouraysh pour empêcher une telle fuite.

 

Les Médinois au courant de cette émigration sortaient chaque matin de leur ville espérant accueillir leur Prophète mais au moment de la canicule, ils devaient rentrer chez eux. Mais, plus tard, lorsqu’il arriva près de Médine, les habitants armés jusqu’aux dents, sortirent pour le recevoir avec son compagnon et ce fut tel un jour de fête pour eux.

 

Ainsi cette émigration vers Médine, permit au Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) de rencontrer ses partisans tout comme un chef rencontre ses soldats. Grâce à cette émigration, l’état islamique fut établi et cet évènement marqua le premier jour de datation islamique : l’Hégire. En s’installant à Médine, le pouvoir se concentra dans la personne du Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) en tant que chef suprême des musulmans qui avaient pris Médine comme résidence et base sûre.

 

2 - Les dispositions à Médine

A - La construction de la mosquée

A Médine, le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) choisit une place pour y construire la mosquée. Il la bâtit en briques cuites et en pierres. Lui et ses Compagnons les portèrent sur leurs épaules et la mosquée fut bâtie. Le sol fut couvert de sable et de gravier, son toit couvert de branches de palmiers et les colonnes de troncs d’arbres. Cette mosquée devint la première caserne des musulmans.

 

B - La fraternisation

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) établit ensuite la fraternisation entre les Mouhajirines (Mecquois) et les Ansars (Médinois) afin qu’ils s’entraident pour assurer une vie commune et être comme une seule personne pour réaliser leur but.

En établissant cette fraternité entre ‘Abd ar-Rahmane Ibn ‘Awf et Sa’d Ibn ar-Rabi’, comme il fut rapporté, celui-ci dit au premier : « Je suis l’Ansar le plus riche, je veux partager mes biens entre toi et moi. Et comme j’ai deux femmes choisis celle qui te plait le plus afin que je la répudie et te la donne en mariage après l’écoulement de sa période de viduité. »

Un exemple idéal de l’altruisme du à cette fraternisation. Les droits de la fraternité étaient pris en considération avant même ceux de la parenté pour appliquer l’héritage et ce fut ainsi jusqu’à la bataille de Badr, car après cette date et la stabilité des affaires des croyants, ces droits d’héritage furent abrogés pour appliquer ceux de la parenté.

Cette fraternisation fit des musulmans un seul homme avec un dogme unique et un seul but sous le commandement d’un seul chef.

 

C - Le pacte

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) conclut d’abord un pacte entre les musulmans d’une part et les polythéistes ainsi que les juifs vivant à Médine d’autre part. Il établit la sécurité entre eux et laissa les non-musulmans pratiquer leur propre culte et disposer de leurs biens. Grâce à ce pacte, il put organiser la vie sociale, économique et militaire à Médine.

Voici le contenu de ce Pacte :

« Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Voici ce qu’a prescrit le Prophète Muhammad aux croyants et aux musulmans d’entre les Qouraysh et les gens de Yathrib, à ceux qui les ont suivis puis, se sont joints à eux et ont combattu à leurs côtés. Ceux-là forment une seule et même communauté en dehors du reste des humains. Les émigrés de Qouraysh, comme de règle chez eux, se cotiseront pour acquitter le prix du sang et paieront en toute bienfaisance et en toute justice parmi les croyants, la rançon de leurs prisonniers.

 Il nomma ensuite chaque tribu des Ansars : les Banou al Harith, les Banou Jousham, les Banou an-Najjar, les Banou ‘Amr bin ‘Awf et les Banou an-Nabit puis dit :

« Les croyants ne laisseront aucun des leurs sous la charge de lourdes obligations sans acquitter pour lui, en toute bienfaisance, soit la rançon, soit le prix du sang. Aucun croyant n’ira à l’encontre de l’esclave affranchi d’un autre croyant. Les croyants pieux devront se lever contre celui d’entre eux qui commettra une violence ou cherchera à commettre une injustice, un crime ou encore une transgression de droits ou un désordre quelconque parmi les croyants. Les mains de tous devront se lever contre celui-là, fut-il le fils de l’un d’eux.

Nul croyant, ne devra, à cause d’un mécréant, tuer un autre croyant ni soutenir un mécréant contre un croyant. La garantie d’Allah, Exalté et Loué,  étant une, la protection accordée par le plus humble d’entre eux devra valoir auprès de tous car les croyants sont frères les uns des autres, en dehors des autres hommes.

 Ceux des juifs qui se rallieront à nous auront droit à notre aide et à nos soins sans qu’ils ne soient opprimés ni qu’il soit porté secours à quiconque contre eux.

 La paix parmi les croyants étant une, nul croyant ne devra, dans un combat engagé pour la cause d’Allah, Exalté et Loué, conclure, en dehors d’autres croyants, une paix qui ne soit basée sur l’égalité et la justice entre les croyants. Toutes les troupes qui combattront à nos côtés devront se relayer les unes les autres. Les croyants prendront, les uns en faveur des autres, la revanche du sang dont le sacrifice leur aura acquis du mérite pour la cause d’Allah, Exalté et Loué. Les croyants pieux se trouvent sur la meilleure et la plus droite des voies.

 Nul polythéiste n’octroiera aux Qouraysh aucune sauvegarde de biens ou de personnes ni n’ira, non plus, contre un croyant pour l’empêcher de s’attaquer aux Qouraysh. De plus, si quelqu’un tue, de toute évidence, un croyant par meurtre, il tombera sous la loi du talion, à moins qu’il n’apaise le défenseur des droits de la victime ; les croyants se lèveront contre lui et ils ne devront faire autre chose que d’assurer le maintien de cette règle à ses dépens. Il ne sera permis à aucun croyant qui aura souscrit au contenu de cet écrit et cru en Allah  et au Dernier Jour, de d’aider un meurtrier ou de lui donner asile. Et quiconque l’aidera ou lui donnera asile attirera la malédiction d’Allah et Son courroux le Jour de la Résurrection. Il ne sera accepté de lui aucune indemnité ni aucune compensation. Quelle que soit la chose qui divise, elle devra être soumise à Allah, Exalté et Loué et à Muhammad l’Envoyé d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam).

 Les juifs auront l’obligation d’effectuer des dépenses avec les croyants, aussi longtemps que les uns et les autres combattront ensemble.

Les juifs des Banou ‘Awf formeront une communauté avec les croyants : aux juifs leur religion et aux musulmans leur religion, qu’il s’agisse de leurs esclaves affranchis ou d’eux-mêmes. Quant à celui qui opprimera ou se rendra criminel, il ne fera tort qu’à lui-même et aux membres de sa propre famille. Aux juifs des Banou Najjar, des Banou al-Harith, des Banou Sa’ida, des Banou Jousham, des Banou Aws, des Banou Tha’labah, Jafana et Banou Shoutayba les mêmes droits qu’aux juifs de Banou ‘Awf.

 Les esclaves affranchis des Tha’lab seront considérés comme les Tha’lab eux-mêmes. Les personnes introduites parmi les juifs seront considérées comme les juifs eux-mêmes. Aucun de ceux-ci ne sortira sans l’autorisation de Muhammad (sallallahou ‘aleyhi wa sallam). Il ne sera point interdit de venger une blessure. Mais quiconque tuera aura à en répondre lui-même avec les membres de sa famille. Sinon ce sera une injustice. Et Allah, Exalté et Loué, sera garant de la pleine observation de cet écrit.

 Aux juifs leurs dépenses et aux musulmans leurs dépenses. Qu’il y ait entre eux entraide contre quiconque combattra ceux que vise ce Pacte ; qu’il y ait entre eux bienveillance et bonnes dispositions. Obéissance et non violation ! Nul ni devra porter préjudice à son allié et tout secours sera dû à l’opprimé. Aux juif de dépenser avec les musulmans tant qu’ils combattront ensemble.

 Pour ceux que vise ce Pacte, l’intérieur de la vallée de Yathrib sera sacré.

 La personne sous protection sera mise sur le même pied que le protecteur. Ni opprimé, ni oppresseur ! Mais aucune assurance de protection ne sera octroyée au nom d’une famille qu’avec la permission de cette famille. Tout et qui surviendra entre ceux que vise ce Pacte, en fait de forfaits ou de disputes dont l’issue serait à craindre, devra être soumise à Allah, Exalté et Loué, et à Muhammad, l’Envoyé d’Allah, qu’Allah le bénisse et lui accorde Sa sauvegarde ! Allah, Exalté et Loué, sera garant de la plus stricte et de la plus scrupuleuse observance de ce Pacte.

 Ni les Qouraysh ni quiconque les aura soutenu ne devra être mis sous protection. Entre eux, il y aura entraide contre quiconque attaquera Yathrib. S’ils sont appelés à conclure une paix et à y adhérer, ils la concluront et y adhéreront. De même que, s’ils appellent les musulmans à pareille chose, ils imposeront des obligations identiques aux croyants excepté le cas où l’on aura combattu pour la religion.

 Et à chaque personne reviendra sa part du côté qui lui fait vis-à-vis. Les conditions faites à ceux que vise ce Pacte s’appliquent également aux juifs d’Aws, tant à leurs esclaves affranchis qu’à leurs propres personnes avec strict observance par ceux que vise ce pacte. Obéissance et non violation. Et c’est au détriment de lui-même que tout usurpateur profitera. Et Allah, Exalté et Loué,  est garant de la plus juste et de la plus stricte observance des clauses de ce Pacte. Cette prescription ne viendra point s’interposer entre un châtiment et un oppresseur ou un coupable. Celui qui sortira au combat jouira de la sauvegarde ; de même que celui qui demeurera à Médine ; sinon ce sera injustice et crime. Allah, Exalté et Loué, étendra Sa protection sur quiconque observera ce Pacte (Écrit) en toute fidélité et égard. »

Fin du Pacte

 










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