‘Abdel Malik Ibn Marwan

 

‘Abdel Malik Ibn Marwan et né en l’an 26 de l’Hégire (646), la même année où est né Yazid Ibn Mou’awiyah. La mère de ‘Abdel Malik est ‘Ayshah Bint Mou’awiyah Ibn Moughirah Ibn Abi al-‘As Ibn Oumayyah Ibn ‘Abd ash-Shams.

 

L’Imam Ibn Jawzi a dit dans son livre d’Histoire « al-Mountadam fit-Tarikh al-Oumoum wal Moulouk » que ‘Abdel Malik était un savant du Hadith, un poète et qu’il était surnommé « Hamamatoul Masjid », la colombe de la mosquée.

 

On a rapporté que lorsque l’on questionna ‘AbdAllah Ibn ‘Omar (qu’Allah soit satisfait d’eux) :

- « Qui devons-nous questionner après vous ? » Il répondit :

- « Marwan à un fils savant, consultez-le ! »

 

On a rapporté de Nafi’, le servant de ‘AbdAllah Ibn ‘Omar (qu’Allah soit satisfait d’eux) qu’il a dit :

- « Je suis allé à Médine et je n’ai pas vu de jeune rechercher autant la science et aussi fervent adorateur que ‘Abdel Malik Ibn Marwan ».

 

L’Imam Ibn Jawzi a dit dans son livre d’histoire : « Lorsqu’on porta allégeance à ‘Abdel Malik Ibn Marwan, son comportement religieux changea ».

 

 

En l’an 65 de l’Hégire (684), ‘AbdAllah Ibn Zoubayr (qu’Allah soit satisfait de lui) renvoya ‘AbdAllah Ibn Yazid al-Ansari de son poste de Koufa et le remplaça par le respectable Compagnon ‘AbdAllah Ibn Mouti’ al- ‘Adawi al-Qourayshi (qu’Allah soit satisfait de lui).

‘AbdAllah Ibn Mouti’ arriva à Koufa au mois de Ramadan de la même année. Pour rappel, ‘AbdAllah Ibn Mouti’ était le commandant des Qouraysh des gens de Médine, le jour de la bataille de Harra. Il s’était enfuit à La Mecque avait avoir été défait lors de la bataille qui l’opposait à l’armée de Syrie.

‘AbdAllah Ibn Mouti’ est né alors que le Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) était encore vivant et le Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) mâcha une date et lui en frotta le palais (hanakahou).

‘AbdAllah Ibn Zoubayr (qu’Allah soit satisfait de lui) renvoya de son poste de gouverneur son frère ‘Oubayd Ibn Zoubayr de Médine et le remplaça par son autre frère Mous’ab Ibn Zoubayr.

 

 

Moukhtar Ibn Abi ‘Oubayd ath-Thaqafi se rebelle à nouveau

 

 

Les guerres tribales

 

 

 

La bataille de Djabanat as-Sabi’

 

 

 

Wadi al-Koura

 

En Syrie, Le cinquième calife omeyyade, ‘Abdel Malik Ibn Marwan Ibn Hakam envoya une armée à Wadi al-Koura pour combattre ‘AbdAllah Ibn Zoubayr (qu’Allah soit satisfait de lui) sous le commandement de Harith Ibn Hakam Ibn Abi al-‘As Ibn Oumayyah.

Lorsque Moukhtar fut informé du départ de l’armée, il envoya une lettre à ‘AbdAllah Ibn Zoubayr qu’il détestait. Il l’informa du départ de l’armée de Syrie pour le combattre et lui proposa de lui envoyer son armée.

‘AbdAllah Ibn Zoubayr accepta son offre et lui demanda intelligemment d’envoyer son armée directement à Wadi al-Koura intercepter l’armée de Syrie et pour éviter que cette armée ne se retourne contre lui. 

 

Moukhtar, attendait l’arrivée de l’armée de Syrie par l’ouest. Il envoya un corps de troupe de trois-mille hommes commandée par Shourahbil Ibn Warss Hamdani et lui ordonna de marcher sur Médine et non pas à Wadi al-Koura comme le lui avait demandé Ibn Zoubayr.

Moukhtar « le menteur » espérait le tromper mais ‘AbdAllah Ibn Zoubayr était d’une méfiance extrême à son égard. Ibn Zoubayr envoya mille hommes commandé par Ibn ‘Abbas Ibn Sahl et lui ordonna que s’il avait le moindre doute ou sentait la moindre traitrise de l’armée de Moukhtar de combattre aussitôt Shourahbil. Et c’est ce qui arriva.

Lorsqu’Ibn ‘Abbas Ibn Sahl rencontra Shourahbil Ibn Warss et connut ses intentions, il le tua ainsi qu’un très grand nombre de ses soldats, lors d’une terrible bataille. 

 

 

La mort de ‘Oubaydillah Ibn Ziyad

 

A Koufa, lorsque Moukhtar eut finit avec la bataille de Djabanat as-Sabi’, il envoya Ibrahim Ibn Ashtar an-Nakha’i pour combattre l’armée de ‘Oubaydillah Ibn Ziyad et ceux qui étaient avec lui de Syrie.

Au mois de Dzoul Hijjah de l’année 66 de l’Hégire (685), les deux armées se rencontrèrent près de Khazar près de Mossoul. Il s’ensuivit une lourde et mortelle bataille ou Ibrahim fut durement éprouvé mais il combattit férocement comme il en avait l’habitude.

‘Oubaydillah Ibn Ziyad fut tué au cours de la bataille ainsi que Houssayn Ibn Noumayr as-Sakouni, commandant de l’aile droite de l’armée de Syrie. Le commandant de la cavalerie de l’armée de Syrie, Shourahbil Ibn Dzil Kala’ fut aussi tué ainsi qu’un nombre très important d’hommes de l’armée de Syrie.

 

 

Les batailles de Madar et de Harourah contre Moukhtar « le Menteur »

 


Mous’ab Ibn Zoubayr renommé au poste de gouverneur d’Iraq

 

Après sa victoire sur Moukhtar le Menteur, Mous’ab Ibn Zoubayr fit sept-mille prisonniers.

Boujayr Ibn ‘Abdillah al-Mousli, un des hommes de Moukhtar, dit à Mous’ab Ibn Zoubayr : 

- « Quiconque pardonne verra Allah lui pardonner et lui rajouter de la puissance et quiconque punit n’est pas à l’abri du châtiment, ainsi que beaucoup d’autres paroles ».

Mous’ab était sur le point de leur pardonner grâce aux propos de cet homme mais ‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn Ash’at Ibn Qays al-Kindi et les nobles s’opposèrent à lui et lui dirent :

- « Veux-tu les libérer, après tout ce qu’ils ont fait de mal ? Choisit entre eux ou nous ! »

Muhammad Ibn ‘AbderRahmane Ibn Sa’id Ibn Qays al-Hamdani lui dit aussi :

- « Ils ont tué mon père avec d’autres membres de notre famille, ainsi que beaucoup de gens de Koufa et tu veux les laisser libres ? Choisit entre eux ou nous ! »

Mous’ab ordonna alors de tous les tuer. Sept-mille personnes qui ont choisi de ne pas le combattre, de se rendre et se soumettre à son jugement !

Sept-mille personnes tuées à cause d’une sédition, c’est un prix très lourd ! Mais si l’on compte tous les gens qui ont été tué lors des batailles engendrées par l’assassinat de ‘Uthman Ibn ‘Affan, Dzoul Nourayn (qu’Allah soit satisfait de lui), le prix est encore bien plus lourd. La porte de la sédition a été ouverte et c’est exactement ce qui est arrivé comme l’avait dit le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui).

 

Lorsque Mous’ab Ibn Zoubayr mit fin à la sédition de Moukhtar le Menteur, il nomma al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah gouverneur de Mossoul, d’al-Jazirah, de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie tandis que lui resta à Koufa.

Puis il envoya un messager à Ibrahim Ibn al-Ashtar an-Nakha’i, le redoutable chef combattant, pour le confirmer à son poste. Mais ‘Abdel Malik Ibn Marwan lui envoya aussi un messager pour lui dire la même chose pour les mêmes raisons sachant qu’il était un excellent cavalier et sa tribu puissante.

 

Ibrahim Ibn al-Ashtar, qui avait été un des commandant de Moukhtar, préféra rejoindre les rangs de Mous’ab parce qu’il craignit d’aller en Syrie pour avoir combattu et écrasé l’armée de ‘Abdel Malik commandée par ‘Oubaydillah Ibn Ziyad qu’il avait tué.

Après cela, ‘AbdAllah Ibn Zoubayr (qu’Allah soit satisfait de lui) écarta son frère Mous’ab de Basra et le remplaça par son fils Hamzah Ibn ‘Abdillah Ibn Zoubayr, qui n’avait ni la force et ni la mentalité de Mous’ab et que les gens de Koufa n’aimèrent pas.

Ahnaf Ibn Qays écrivit à ‘AbdAllah Ibn Zoubayr et lui demanda de limoger Hamzah et de reconduire Mous’ab.

‘AbdAllah Ibn Zoubayr en fin politicien, remit Mous’ab à son poste de gouverneur comme le lui avait demandé Ahnaf. Mous’ab resta à peu près une année à Koufa avant que son frère le désiste une nouvelle fois de Basra et le remplace par son fils Hamzah.

 

Mous’ab retourna à La Mecque et après s’être entretenu avec son frère, ‘AbdAllah, le renomma émir de Basra en l’an 68 de l’Hégire (687).

 

 

Le retour des khawarije

 

En l’an 68 de l’Hégire (687), Mous’ab Ibn Zoubayr qui était émir de l’Iraq stationné à Basra, nomma Harith Ibn ‘Abdillah Ibn Abi Rabi’ah émir de Koufa et ‘Omar Ibn ‘Abdillah Ibn Ma’mar émir de Perse.

Les khawarije qui avaient fuient à Kirmân et Ispahan, après leur défaite en l’an 66 de l’Hégire (685) contre al-Mouhallab dans l’Ahwaz et commandés par Zoubayr Ibn Mahouz at-Tamimi attaquèrent ‘Omar Ibn ‘Abdillah. Néanmoins Ibn Ma’mar réussit à les battre et à les expulser.

Les khawarije se réfugièrent de nouveau à Ispahan et à Kirmân, ou ils organisèrent leurs forces pour capturer Koufa et marchèrent sur l’Ahwaz.

Ibn Ma’mar informé de leurs mouvements les poursuivit avec son armée tandis que Mous’ab prévenu de leur arrivée se prépara en conséquence.

 

 

Al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi

 

L’Ahwaz connut alors l’outrage et la terreur des khawarije, ces criminels qui seront les chiens de l’enfer. Ils massacrèrent les Musulmans de Mada'in, femmes, hommes, enfants et vieillards et éventrèrent les femmes enceintes. Puis, ils marchèrent sur les faubourgs d’Ispahan ou eut lieu une féroce bataille entre eux et les Musulmans commandé par ‘Atab Ibn Warqah Ibn Harith Ibn ‘Amr at-Tamimi.

Les khawarije furent battu et leur chef Zoubayr Ibn Mahouz at-Tamimi fut tué et aussitôt remplacé par  Qatari Ibn al-Fouja’ah at-Tamimi. Mais cela ne les empêcha pas de poursuivre leurs agressions contre les Musulmans qui souffrirent beaucoup de leurs maux.

Mous’ab sut alors qu’il devait les arrêter coute que coute et leur opposer un redoutable chef combattant. Il ne trouva personne de mieux que le chef renommé al-Mouhallab Ibn Abi Soufrah al-Azdi qui était l’émir de Mossoul et d’al-Jazirah.

Mous’ab lui ordonna donc de faire face aux khawarije et pendant huit mois, Ibn Abi Soufrah les combattit farouchement et particulièrement à Soulaf ou eut lieu une grande bataille.

Afin que nous voyons la différence entre les gens de l’Iraq et les gens de Syrie, à propos de la richesse, de l’obéissance aux gouverneurs, lorsque Mous’ab voulut s’opposer à ‘Abdel Malik Ibn Marwan, Qays Ibn al-Aytham Ibn Qays Ibn Salt Ibn Habib as-Soulami qui était de Basra et un des plus fervent partisans de Mous’ab Ibn Zoubayr leur dit :

- « Malheur à vous ! Ne cherchez pas à attirer l’armée de Syrie contre vous ! Par Allah, j’ai vu les gens de Syrie, heureux aux portes du calife, s’ils les envoyaient contre vous ou leur demandaient n’importe quoi ! Je nous ai vus au combat sur des ânes tandis qu’un seul d’entre est sur un cheval et les autres suivent à pieds ! »

 

Pourquoi l’Iraq était-elle donc plus riche que la Syrie ?  

Lorsque les Musulmans capturèrent l’empire perse, ils le firent en une seule fois et ils héritèrent de toutes ses richesses, parce que la Perse était un grand et riche pays. Puis ensuite, les Musulmans capturèrent tous ses états vassaux

Ainsi celui qui contrôlait l’Iraq avait des revenus immenses qui venaient de l’empire perse.

Tandis que lorsque les Musulmans battirent les Byzantins, ils les expulsèrent uniquement de Syrie et d’Egypte. Quant à l’empire byzantin, il était toujours présent à Constantinople et ne tomba que huit siècles plus tard en l’an 857 de l’Hégire (1452), sous le commandement du sultan Muhammad II (thani), connu après cela sous le nom de Muhammad al-Fatih (qu'Allah lui fasse miséricorde).

 

 

La rébellion de ‘Amr Ibn Sa’id Ibn al-‘As

 

Depuis la mort de Yazid Ibn Mou’awiyah, au mois de Rabi’ Awwal de l’année 64 de l’Hégire (683), les révoltes se succédèrent partout et les Musulmans entrèrent en conflit pour le pouvoir (moulk) et s’entretuèrent entre eux.

 

En l’an 69 de l’Hégire (688), ‘Abdel Malik quitta Damas et marcha vers Qalqissiyah pour combattre Zoufar Ibn Harith al-Kilabi et laissa ‘AbderRahmane Ibn Oumm al-Hakam ath-Thaqafi pour le remplacer à Damas. ‘AbderRahmane Ibn Oumm Hakam est ‘AbderRahmane Ibn ‘Abdillah  Ibn ‘Uthman Ibn ‘Abdillah Ibn Rabi’ah ath-Thaqafi et sa mère est Oumm Hakam Ibn Abi Soufyan, la sœur de Mou’awiyah (qu’Allah soit satisfait de lui).

‘Abdel Malik sortit en compagnie de ‘Amr Ibn Sa’id Ibn al-‘As Ibn Sa’id Ibn al-‘As Ibn Oumayyah, surnommé « al-Ashdaq », le fils de son oncle. Sa mère est la mère d’enfants Bint Hakam Ibn Abi al-‘As.

Alors qu’ils étaient marche avec leurs armées, ‘Amr Ibn Sa’id dit à ‘Abdel Malik :

- « Ton père m’avait promis de me nommer après lui pour me tenir à ses côtés et le servir. Nomme-moi calife après toi ». Mais ‘Abdel Malik ne lui répondit pas et resta silencieux.

La nuit venue, ‘Amr Ibn Sa’id quitta secrètement le camp et retourna à Damas sans que personne ne remarque son absence. Il partit accompagné de Houmayb Ibn Hourays Ibn Bahdal al-Kalbi et Zouhayr Ibn Abrad al-Kalbi 

Ils réussirent à destituer ‘AbderRahmane Ibn Oumm Hakam, le député de ‘Abdel Malik et ‘Amr Ibn Sa’id se fortifia à Damas.

 

Lorsque le matin arriva, ‘Abdel Malik s’aperçu de l’absence de ‘Amr et fit aussi demi-tour et rentra aussitôt à Damas.

Une bataille s’ensuivit entre lui et ‘Amr qui sortit la cavalerie pour le combattre. Les chefs des deux armées qui se faisant face étaient issus de la tribu des Kalb Ibn ‘Abarah connut pour leur endurance au combat.

Soufyan Ibn Abrad al-Kalbi, le célèbre chef dont nous parlerons plus tard combattit aux cotés de ‘Abdel Malik Ibn Marwan avec Hassan Ibn Malik Ibn Bahdal al-Kalbi. La bataille dura si longtemps que les femmes des Kalbi sortirent voir leurs maris Soufyan Ibn Abrad et Hassan Ibn Malik et leur dirent :

- « Pourquoi vous combattez-vous entre vous pour cet homme des Qouraysh ? »

Ces paroles les firent réfléchir. Ils pensèrent à arrêter le combat et effectivement peu après, les deux armées conclurent un pacte de paix entre eux mais ce genre de pacte n’était pas fait pour durer.

 

 

La mort de ‘Amr Ibn Sa’i.d Ibn al-‘As