Yazid Ibn Mou’awiyah 

 

 

Ce qu’on dit les savants à propos de la nomination de Yazid Ibn Mou’awiyah

 

 

 

La mort d’Abou Hourayrah (qu’Allah soit satisfait de lui)

 

La mort des compagnons Qays Ibn Sa’d et Samourah Ibn Joundoub

 

En l’an 59 de l’Hégire (678), mourut le respectable Compagnon Qays Ibn Sa’d Ibn ‘Oubadah al-Khazraji al-Ansari (qu’Allah soit satisfait d’eux), il faisait partie des Arabes habiles et des maitres des Ansars et il était courageux, bon et généreux. Il combattit aux côtés de ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui) à la bataille de Siffin et de Nahrawan.

 

Cette même année, ou en l’an 58 de l’Hégire (677) d’après certains, mourut le respectable Compagnon Samourah Ibn Joundoub Ibn Hilal al-Fazari (qu’Allah soit satisfait de lui), des Banou Fazara, des Banou Ghatafan et des Banou Qays Moudariyah.

Samourah vivait à Médine. Sa mère vint avec lui après la mort de son époux habiter à Médine et se maria avec un homme des Ansars du nom de Mouray Ibn Thabit Ibn Sinan Ibn ‘Oubayd Ibn Abjar al-Khazraji. Samourah combattit au côté du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) dans plusieurs batailles alors qu’il était tout jeune.

Puis, il habita à Basra et il était un féroce adversaire des khawarije qu’il tuait de ses propres mains comme nous l’avons déjà mentionné. Les khawarije le détestaient profondément.  

 

 

Durant l’année 59 de l’Hégire (678), ‘Amr Ibn Mourrah al-Jouhani attaqua le territoire byzantin et d’après al-Waqidi, il n’y eut aucune expédition navale cette année. D’autres ont affirmé le contraire et ont dit que Jounadah Ibn Abi Oumayyah fit une razzia par mer.

 

‘AbderRahmane Ibn Ziyad fut nommé gouverneur du Khorasan, ‘Abbad Ibn Ziyad pour le Sijistan et Sharik Ibn al-A’war pour Kirmân.

 



Les derniers jours de Mou’awiyah

 

Alors que Mou’awiyah Ibn Abi Soufyan, le respectable Compagnon et le premier calife des Omeyyades (qu’Allah soit satisfait de lui) approchait de sa fin, les khawarije se révoltèrent de nouveau. Mais ce fut des petites révoltes qu’il réussit à éliminer.

Il y eut par exemple, la révolte de Hayyam Ibn Ghabyan as-Soulami, Soulami des Bani Soulaym, près de Koufa en l’an 58 de l’Hégire (677). Il a été dit que tous ceux qui se rebellèrent n’excédèrent pas cent personnes et qu’ils furent tous tués par les soldats de l’état.

Il y eut aussi la révolte dans l’Ahwaz, d’Abou Bilal Mirdass Ibn Houdayah, des Bani Rabi’ Ibn Handalah Ibn Malik Ibn Zayd Ibn Manat Ibn Tamim, avec quarante de ses compagnons seulement. Mais ils réussirent à tenir tête à la force envoyée par ‘Oubaydillah Ibn Ziyad. ‘Oubaydillah tua ‘Ourwah Ibn Houdayah, le frère d’Abou Bilal car ‘Ourwah fit part de son intention de se rebeller contre le sultan, ce qui était suffisant pour ‘Oubaydillah. Il ordonna qu’il soit arrêté, que ses mains et pieds soient tranchés et de tuer ses filles.

‘Oubaydillah Ibn Ziyad avait emprisonné auparavant Abou Bilal mais il l’avait relâché suite à l’intercession de son beau-frère qui était son compagnon de cellule.

 

 

Ses recommandations à son fils Yazid

 

En l’an 60 de l’Hégire (679) Mou’awiyah (qu’Allah soit satisfait de lui) devint malade et sentant les prémisses de la mort le gagner, il appela son fils Yazid, comme l’a rapporté l’Imam Tabari dans son Tarikh (recueil d’Histoire), et lui fit ses recommandations.

 

Il a aussi été rapporté que Yazid était dans à Hawari, une ville dans la banlieue proche de Damas et que Mou’awiyah fit ses recommandations à ad-Dahhaq Ibn Qays al-Fihri, le chef de la police et à Mouslim Ibn ‘Ouqbah al-Mourri al-Ghatafani, pour qu’ils en informent Yazid dès son retour.

 

Quelles étaient les recommandations de Mou’awiyah à son fils Yazid ?

Il lui dit : « O fils je t’ai confié le voyage et le déménagement. Je t’ai arrangé les affaires (de l’état), humiliés les ennemis et t’ai soumis le cou des Arabes. Nulle crainte qu’ils te disputent le pouvoir excepté quatre personnes de Qouraysh : Al-Houssayn Ibn ‘Ali, ‘AbdAllah Ibn ‘Omar, ‘AbdAllah Ibn Zoubayr et ‘AbderRahmane Ibn Abi Bakr (qu’Allah soit satisfait d’eux). Quant à ‘AbdAllah Ibn ‘Omar, c’est un homme que l’adoration a emporté et s’il ne restait personne en dehors de lui, il te portera allégeance. Al-Houssayn Ibn ‘Ali, les gens de l’Iraq ne l’appelleront pas avant de l’avoir fait sortir. Regardez la finesse politique de Mou’awiyah et sa connaissance des événements ! Les gens de l’Iraq ne l’appelleront pas avant de l’avoir fait sortir et s‘il se rebelle contre toi, pardonne lui et soit bon envers lui car il a un immense droit. Quant à ‘AbderRahmane Ibn Abi Bakr, s’il voit ses amis entreprendre quelque chose, il fera comme eux ! Et celui qui se tapira contre toi comme se tapit le lion s’il trouve la force, ainsi est az-Zoubayr. S’il le fait, brise le et coupe le morceau par morceau ». Les recommandations de Mou’awiyah (qu’Allah soit satisfait de lui) nous prouve qu’il savait ce qui allait se passer par la suite ».

 

Al-Hafiz Ibn Kathir dans « al-Bidayah wal Nihayah » rapporta aussi les recommandations de Mou’awiyah à son fils Yazid à propos des gens de Médine et de la Mecque, il lui dit : « Reconnait la noblesse des gens de Médine et de La Mecque, car ils sont tes origines et ta famille. Protège les gens de Syrie et leurs honneurs car ils te sont tous obéissants. »

Nous allons voir si Yazid obéit aux ordres de son père ou pas.

 

En ce qui concerne la mention des Compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux), le Musulman doit observer la plus grande prudence. Afin de ne pas se tromper même involontairement sur leurs droits. Leurs positions chez nous, les gens de la Sounnah et de la Communauté (ahl sounna wal jama’a), est absolument grandiose et nous devons prendre en exemple ce qu’ont rapporté justement et brillamment les savants comme l’Imam et Hafiz Ibn Kathir.

 

L’Imam Ibn Kathir (qu’Allah lui fasse miséricorde) rapporte dans son livre, bien sûr il se peut qu’il y ait des erreurs dans son livre mais tous les historiens font référence à lui sur ce sujet historique, que : « Lorsque Mou’awiyah sentit la mort approcher, Yazid était à la chasse. Alors il fit demander ad-Dahhaq Ibn Qays al-Fihri, le chef de la police[3].

Il y a des divergences concernant l’état de civil d’ad-Dahhaq néanmoins, et il est rapporté qu’il naquit sept ans avant la mort du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui).

Donc Mou’awiyah fit appeler ad-Dahhaq et Mouslim Ibn ‘Ouqbah al-Mourri al-Ghatafani et leur demanda de faire parvenir à Yazid ses salutations et les recommandations dont il allait les charger. Il leur recommanda : « Les gens du Hijaz[4] et que si les gens de l’Iraq lui demandaient chaque jour de renvoyer un gouverneur et de le remplacer par un autre, il devait le faire. Il vaut mieux changer chaque jour de gouverneur que d’avoir un millier de sabre brandit contre toi (sous-entendu, il vaut mieux faire plaisir aux gens que de les avoir contre soi). Il lui recommanda aussi les gens de Syrie, d’en faire ses auxiliaires, de reconnaitre leurs valeurs. Il lui dit aussi qu’il ne craignait rien de Qouraysh hormis trois individus : Al-Houssayn,  Ibn ‘Omar, az-Zoubayr et il n’est pas fait mention de ‘AbderRahmane Ibn Abi Bakr (qu’Allah soit satisfait d’eux). Ibn ‘Omar est un homme emporté par l’adoration, al-Houssayn est un homme faible, miséricordieux, qui a des droits et proche de Muhammad (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui). Je prie qu’Allah te débarrasse de celui qui as tué son père et qui leurra son frère. Je ne pense pas que les gens de l’Iraq l’abandonneront jusqu’à ce qu’ils le sortent. S’il vient sous ton pouvoir pardonne-lui car si je l’avais côtoyé je lui aurais pardonné. Quant à Ibn Zoubayr il est très intelligent. Méfie-toi de lui sauf s’il te demande la paix. Alors accepte et pardonne le sang de ton peuple autant que tu peux ».

 

Mou’awiyah mit son fils en garde contre Ibn Zoubayr car il était parfaitement informé des affaires des Musulmans bien qu’à cette époque, il n’y avait ni aucun moyen de communications modernes ! Les gens doivent tirer leçons de ces exemples.

Quant à la mise en garde pour al-Houssayn (qu’Allah soit satisfait de lui), il lui arriva exactement ce que Mou’awiyah dit à son fils.

 

 

La succession de Yazid Ibn Mou’awiyah à son père

 



[1] Le Soughd est une ancienne région le long du fleuve Zarafshan en Asie Centrale.

[2] At-Tirmid était la ville la plus importante de la région de Saghaniyan, au nord de l’Oxus supérieur entre son confluent avec les fleuves de Wakhsh et de Souikhan.

[3] Le responsable de la police de l’époque est comparable à ce qu’est le ministre de l’intérieur de nos jours.

[4] La péninsule arabique.