Al-Mouktafi Billah, le dix-septième calife abbasside

  

Au mois de Ramadan, une dépêche d’al-Qassim Ibn Sima arriva aux autorités centrales d’ar-Rahbah dans laquelle il était fait mention que des membres des tribus arabes des Banou ‘Oullays et leurs Mawlah, qui avaient été avec les qarmates et qui avait demandé la sécurité avaient rompu leurs engagements et trahit leur confiance. Ils avaient projeté d’attaquer ar-Rahbah, le 1 du mois de Shawwal, le jour de la rupture du jeune alors que les gens étaient retenus dans la prière et de tuer tous ceux qu’ils pourraient atteindre avant de brûler et de piller la ville. « J’ai utilisé une ruse contre eux et tué finalement et capturé cent-cinquante d’entre eux, sans compter ceux qui se sont noyés dans l’Euphrate. Je ramène les captifs incluant un certain nombre de leurs chefs et les têtes des tués ».

À la fin du mois de Ramadan, une dépêche d’ar-Raqqah arriva à Baghdad d’Abou Ma’ad concernant des nouvelles du Tarse. La dépêche mentionnait qu’Allah Exalté avait donné la victoire à un homme surnommé Ghoulam Zourafah qui avait commandé un raid contre une ville byzantine appelée Antaliyah localisé sur la côte, de la taille de Constantinople. Ghoulam Zourafah la conquis de force par l’épée. Il tua environ cinq-mille hommes, captura un nombre semblable, et sauva quatre-mille captifs musulmans. Il saisit soixante navires byzantins et les chargea du butin qu’il avait fait ramasser. Il estima que la part de chaque participant à ce raid revenait à mille dinars. J’ai envoyé rapidement cette dépêche, pour que le vizir soit au courant de l’événement. Écrit le jeudi 10 du mois de Ramadan 291 (903). La dépêche arriva à Baghdad et fut lue dans les deux mosquées principales.

 

Cette même année, al-Qassim Ibn Sima arriva à Baghdad avec quarante captifs et environ soixante têtes des Banou ‘Oullays tués. Parmi les têtes, se trouvait celle d’Abou Muhammad Isma’il Ibn an-Nou’man al-’Oullayssi.

 

 

Le mercredi 6 du mois de Dzoul Qi’dah de l’année 291 de l’Hégire (904), al-Qassim Ibn ‘Oubaydallah mourut. Le lendemain après sa mort, al-Mouktafi nomma al-‘Abbas Ibn al-Hassan vizir . Al-‘Abbas assista à plusieurs réunions ce jour. Il devint extrêmement nerveux après être monté sur son cheval pour revenir chez lui et sur la voie de retour, il demanda quatre fois de l’eau.

 

 

Au mois de Mouharram de l’année 292 de l’Hégire (904), le Byzantin Andronikos attaqua Mar’ash et ses environs. Les habitants d’al-Massissah et de Tarse sortirent pour combattre et Abou ar-Rijal Ibn Abi Bakkar et un certain nombre de Musulmans furent mortellement blessés.

 

Le 3 du mois de Rabi’ Awwal, le mur d’une maison ayant appartenu à ‘Oubaydallah Ibn ‘Abdallah Ibn Tahir, s’écroula sur le cadavre du qarmate al-Houssayn Ibn Zikrawayh qui était pendu à proximité et l’écrasa et nulle trace de lui fut trouvé lorsque les ruines furent déblayées.

 

Cette année, les Musulmans et les Byzantins entreprirent des négociations de rançon. Le premier jour des négociations débuta le 2 du mois de Dzoul Qi’dah. Le nombre total de Musulmans rançonnés fut environ mille-deux-cents. Mais les Byzantins se rétractèrent, les négociations furent arrêtées et les Musulmans retournèrent avec leurs captifs byzantins restants. Les négociations de rançon et d’armistice furent arrangées par Abou al-’Asha’ir et le Qadi Ibn Moukram. Quand ce raid d’Andronikos contre les habitants de Mar’ash survint et qu’Abou ar-Rijal et d’autres furent tués, Abou al-’Asha’ir fut désisté de son poste de gouverneur et remplacé par Roustoum à qui fut aussi confié les négociations de rançons. La personne en charge des négociations pour les Byzantins, était un homme du nom d’Astanah.

 

Cette année, le niveau des inondations à Baghdad fut extrêmement haut et les habitants de la ville craignirent la noyade. Les maisons sur les deux rives du Tigre furent détruites et les eaux jaillirent dans les magasins des marchands de sacs à Baghdad.

Le niveau du Tigre remonta alors une deuxième fois encore plus haut que le précédent parce qu’al-Mouktafi avait fait construire un bâtiment à l’endroit connu comme al-Hassani et avait étendu sa fondation de trente mètres dans le Tigre. Quand les eaux atteignirent le bâtiment au moment de l’inondation, elles n’ont pas trouvé de sortie et sont retournées en arrière, augmentant ainsi le niveau à Baghdad et dans les environs. Beaucoup de personnes crurent que l’inondation venait de la nappe phréatique montante.

 

Toujours cette année, une lettre de Bassam al-Kurdi qui était posté dans une forteresse entre le territoire des Byzantins et des Musulmans pour conclure une trêve de paix entre eux arriva à Baghdad. Il informait que le roi byzantin lui avait écrit, en lui avait ordonné de reconstruire les ponts sur le Jayhan et d’améliorer la route pour lui, car il projetait de marcher sur Tarse. L’agent dans Tarse envoya le message sur les autorités centrales.

 

Cette même année, l’émissaire du roi byzantin arriva à Tarse pour des négociations de rançon.

 

 

Au mois de Rabi’ Awwal de l’an 293 de l’Hégire (905), des nouvelles arrivèrent à Baghdad qu’un frère de Zikrawayh, surnommé l’homme au poireau, était apparu dans ad-Daliyyah avec certains hommes venant de la route de l’Euphrate accompagné par un certain nombre de membres de tribu arabes et de brigands qui l’avait rejoint. Il marcha sur Damas en leur compagnie en prenant la route de désert. Il provoqua des problèmes dans la région et lutta contre ses habitants. Al-Houssayn Ibn Hamdan fut mobilisé pour sortir contre lui et il partit avec un grand nombre de troupes. L’entrée des qarmates à Damas eut lieu au mois de Joumadah Awwal. Puis de nouvelles informations signalèrent que les qarmates s’étaient dirigés vers Tabariyah ou les habitants leur refusèrent d’entrer dans la ville. Mais il lutta contre eux pour finalement entrer dans la ville où il tua la plupart des hommes et des femmes avant de piller la ville et de retourner vers le désert.



[1] Entre Koufa et Damas sur la route de Palmyre.

[2] Excroissance qui vient sur la peau de la forme d’un bouton parfois avec des poils.

[3] Qur’an. 74:1.

[4] Voir l’introduction de « la mode » chez les Musulmans dans notre livre sur l’Histoire de l’Andalousie.

[5] Qur’an. 10:10.

[6] Nom incertain.

[7] Nom incertain.

[8] Nom incertain.

[9] Une lance qui aurait appartenue au Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui).

[10] Qur’an : 5 ; 33,34.