La campagne d’al-Mou’tassim contre ‘Amouriyyah

 

 

À la fin de cette expédition militaire, al-‘Abbas Ibn al-Ma'moun avec un certain nombre de commandants se rebellèrent contre le calife al-Mou’tassim mais le calife mit rapidement fin à leurs complots d’une manière exemplaire. Al-‘Abbas Ibn al-Ma'moun fut emprisonné et le calife ordonna qu’il soit publiquement maudit. Parmi les commandants qui prirent part à ce complot, il y eut : ‘Oujayf Ibn ‘Anbassah, Shah Ibn Sahl, Harith al-Farghani et Ahmad Ibn Khalil et ils furent tous sévèrement châtiés. Quant à al-‘Abbas Ibn al-Ma'moun, il devait mourir de soif dans sa prison.

Le calife al-Mou’tassim démontra une nouvelle fois, de façon éclatante, que les califes ne plaisantait pas avec ceux qui s’élevaient contre le pouvoir. Lorsque quelqu’un avait porté allégeance, il devait faire face à ses obligations et à ses engagements.

 

Parmi les autres événements du règne du calife al-Mou’tassim, il y eut l’arrestation du grand général Afshin Khaydar Ibn Qaous qui arrêta Babak al-Khourrami et qui joua un grand rôle dans la chute de la ville byzantine d’al-‘Amouriyyah. Lorsque Maziyyar fut capturé, il affirma que c’était Afshin Khaydar Ibn Qaous qu’il l’avait poussé à se rebeller. Et lorsque ce dernier fut arrêté, il fut trouvé en sa possession des preuves qui contribuèrent à prouver sa culpabilité. Ils trouvèrent chez lui des statues en or sertie de joyaux qu’il adorait secrètement, qu’il n’était pas circoncis, des livres des adorateurs du feu particulièrement bien cachés, qu’il mangeait la viande étouffée, qu’il avait des rapports secrets avec les gens de son peuple avec qui il complotait tuer le calife et qu’il voulait revivifier la religion de ses ancêtres.

Le calife emprisonna Afshin dans un endroit étroit avant qu’il soit jugé par des juges qui, pour la plupart d’entre eux, étaient des mou’tazilah que nous avons déjà mentionné lors de l’affaire du grand Imam Ahmad Ibn Hanbal. Ces juges étaient : Ahmad Ibn Abi Douwad al-Iyyadih, le Vizir Muhammad Ibn ‘Abdel Malik Zayyat et le ministre de l’intérieur Ishaq Ibn Ibrahim Ibn Mous’ab. Si tous considéraient le grand Imam Ahmad Ibn Hanbal égaré et déviant que dire alors d’Afshin ! Après son jugement, il fut ramené dans son étroite prison ou il resta jusqu’à sa mort en l’an 226 de l’Hégire (840). Son corps fut alors crucifié avant d’être brûlé et ses cendres furent jetées dans le Tigre.



[1] Ancyre ou Ankara actuelle en Turquie. Connut aussi en arabe sous le nom de Qal’at as-Salassil, la Forteresse de Chaînes.

[2] Lamas ou Halys ou Kizilirmak : Fleuve prenant sa source en Anatolie du Nord.

[3] A mon humble avis, il s’agit d’un corps spécial de combattants berbères ou arabes du Maghreb, car il a été souvent mentionné dans Tabari, la présence de tels corps militaires, peut-être des volontaires, combattants dans les armées des califes. D’autres ont dit qu’il s’agissait peut-être d’un corps spécial de troupes de gens noirs originaires du sud de l’Egypte ou de l’Afrique de l’est qui étaient basés à Samarra en Iraq. Et Allah est Plus savant.

[4] Ainsi rapporté dans Tabari.

[5] Le traducteur .