Chapitre Onze

Les califes du Caire

Al-Moustansir Billah





Al-Hakim bi-Amrillah

Al-Hakim Bi-Amrillah Abou al-‘Abbas Ahmad Ibn Abou ‘Ali al-Hassan al-Qoubbi Ibn Abou Bakr, le fils du calife al-Moustarshid Ibn al-Moustadhir Billah, se dissimula lors de la capture de Baghdad et échappa au massacre.
Il quitta peu après la ville accompagné par une escorte et chercha la protection de Houssayn Ibn Falah l’émir des Banou Khafajah et resta avec lui quelque temps. Il suivit alors les Arabes à Damas et résida pendant un certain temps avec l’émir ‘Issa Ibn Mouhannah. Al-Malik an-Nassir le souverain de Damas informé de sa présence lui envoya une invitation mais l’avance des Mongols le surprit et chamboula ses plans. Cependant, quand al-Malik al-Mouzaffar vint à Damas, il envoya un messager à l’émir Kilij al-Baghdadi pour le convoquer. Lorsqu’il l’eut rejoint, il lui porta allégeance et un certain nombre de chefs arabes se déplacèrent pour se mettre à son service.
Avec leur aide, il prit ‘Anah, Hadithah, Hit et Anbar et combattit les Mongols qu’il vainquit. Par la suite ‘Ala' ad-Din Taybars, qui était à cette époque le lieutenant-gouverneur de Damas pour al-Malik az-Zahir Baybars l’invita et il se mit en route pour Damas au mois de Safar et l’envoya au Sultan, mais al-Moustanjid Billah l’avait précédé au Caire trois jours auparavant, il ne crut pas prudent d’y entrer de peur d’être capturé. Il revint donc à Alep, dont le prince et les nobles dont ‘Abdel-Halim Ibn Taymiyah, lui portèrent allégeance et après avoir réuni une force considérable, il marcha vers ‘Anah. Quand al-Moustansir revint, il le rencontra à ‘Anah et al-Hakim admit son autorité et se soumit à lui.
Quand al-Moustansir fut porté disparu après que la bataille précédemment mentionnée, al-Hakim se mit en route pour Rahbah et visita ‘Issa Ibn Mouhannah. À cette époque, al-Malik az-Zahir Baybars lui écrivit et le convoqua et il partit pour le Caire avec son fils accompagné par une escorte. Al-Malik az-Zahir le reçut avec tous les honneurs et lui porta allégeance comme calife. Son règne fut long et dura plus de quarante ans. Al-Malik az-Zahir lui donna pour résidence le grand bastion dans la citadelle et il prêcha fréquemment dans la mosquée de la citadelle.
Le Sheikh Qoutb ad-Din a rapporté que le jeudi 8 du mois de Mouharram de l’année 661 de l’Hégire (1262), le sultan tint une audience publique et al-Hakim bi-Amrillah se rendit à cheval au Grand Hall dans la citadelle de la montagne et s’assit avec le sultan; ces événements eurent lieu après la vérification de sa descendance et le sultan le reçut et admis son autorité sur les Musulmans. Alors il avança devant le sultan et l’investit de l’administration des affaires. Puis, les gens, selon leurs degrés lui rendirent hommage.
Le jour suivant étant vendredi, il prêcha un discours dans lequel il mentionna les mérites du combat dans la voie d’Allah, de l’Imamat, parla de ce qui s’était produit jusqu’au déshonneur du califat et dit : « Mais ce sultan al-Malik az-Zahir s’est levé en défense de l’Imamat avec peu de partisans et dispersa les hordes des mécréants après qu’ils eurent pénétré dans le centre de l’empire ». Le début de son sermon fut : « Louange à Allah Exalté qui leva un pilier et un défenseur pour la Maison des Abbassides ». Il écrivit alors aux provinces pour annoncer son investiture.

Cette même année et par la suite, ce produisit des arrivées successives de corps de Mongols qui était devenu Musulmans, demandant l’asile. On leur donna du pain et une indemnité journalière et ce fut le début de leurs méfaits.


En l’an 662 de l’Hégire (1263), fut accompli le collège Zahiriyah entre les deux palais et la chaire de théologie Shafi’i fut tenue par at-Taqi ad-Din Ibn Razin et la chaire des Ahadith par Sharaf ad-Din ad-Dimyati.

Cette même année, l’Egypte fut convulsée par un grand tremblement de terre.


En l’an 663 de l’Hégire (1264), le sultan musulman de l’Andalousie, Abou ‘AbdAllah Ibn al-Ahmar écrasa les croisés et récupéra trente-deux villes de leurs mains villes, dont Séville et Murcie.

Cette même année, des incendies furent fréquents dans divers parties de la ville du Caire et des emballages contenant du soufre furent trouvés sur les toits des maisons.

Cette même année, le canal d’Ashmoun, qui relie le lac Manzalah avec le Nil à Damiette, fut creusé et le sultan en personne prit part aux travaux avec les nobles.

Cette même année, mourut Houlakou le despote des Mongols qui fut succédé par son fils Abaghah.

Toujours cette même année, le sultan conféra la dignité du sultanat à son fils al-Malik as-Sa’id qui était alors âgé de quatre ans et le fit parader dans la citadelle de la montagne et porta en personne l’investiture devant son fils, de Bab as-Sirr (la Porte des Secrets) à Bab as-Silsilah (la Porte de la Chaîne) et retourna, pendant que Sa’id alla au Caire, les nobles marchant devant lui.

Quatre Qadis furent renommés cette même année pour le territoire égyptien, un pour chaque école doctrinale et cela fut à cause du retard pris par le Qadi Taj ad-Din Ibn Bint al ‘Izz pour rendre les nombreuses décisions. Au soin du Shafi’i fut assigné l’administration de la propriété des orphelins et le département de la trésorerie publique. Par la suite la même réforme fut réalisée à Damas.

Au mois de Ramadan, le sultan plaça une contrainte sur le calife et lui interdit ses contacts avec les gens, car ses partisans avaient l’habitude d’entrer dans la ville et parler des affaires de l’état.


Durant l’année 665 de l’Hégire (1266), le sultan ordonna la construction d’une mosquée à Hassaniyah, une ville à l’est de Mossoul entre elle et Jazirat Ibn ‘Omar, qui fut achevée en l’an 667 (1268). Un Imam Hanafi s’y installa.


En l’an 674 de l’Hégire (1275), le sultan envoya une armée contre Noubah et Dounqoulah (Dongola) qui fut victorieuse. Le roi de Noubah (Nubie) fut pris prisonnier et envoyé à al-Malik az-Zahir et un tribut fut imposé aux gens de Dounqoulah, louanges à Allah.
Ad-Dahhabi a rapporté que la première expédition contre Noubah eut lieu durant l’année 31 de l’Hégire (651) quand elle fut attaquée par ‘AbdAllah Ibn Abi Sarh (qu’Allah soit satisfait de lui) à la tête de 5 000 cavaliers. Néanmoins, il ne l’a conquis pas mais conclut la paix avant de revenir. Elle fut de nouveau envahie sous le règne d’Hisham mais sans succès et de nouveau sous le règne d’al-Mansour. Az-Zinki l’envahi ensuite ; puis Kafour al-Ikhshidi : puis Nassir ad-Dawlah Ibn Hamdan et finalement Touran Shah (Touranshah), le frère du sultan Salah ad-Din en l’an 568 de l’Hégire (1172), mais elle ne fut jamais conquise jusqu’à cette année. Concernant cet événement, Ibn ‘Abd az-Zahir a dit :
« C’est une victoire, dont je n’ai pas entendu nulle similaire
Ni de dépositions et ni du témoignage d’un témoin oculaire. »


Au mois de Mouharram de l’année 676 de l’Hégire (1277), décéda al-Malik az-Zahir à Damas et son fils al-Malik as-Sa’id Muhammad accéda à la souveraineté à l’âge de dix-huit ans.

Cette même année, at-Taqi Ibn Razin unifia les bureaux du Qadi de Misr (vieux Caire) et du Caire qui était auparavant séparés.


Durant l’année 678 de l’Hégire (1279), al-Malik as-Sa’id fut déposé et envoyé comme sultan à al-Kark mais il mourut cette même année et son frère Badr ad-Din Salamish qui était alors âgé de sept ans prit sa succession pour l’autorité sur l’Égypte. Il fut surnommé al-Malik al-‘Adil, l’émir Sayf ad-Din Qalawoun fut nommé son Atabek, la monnaie fut frappée avec son nom sur un côté et le nom de son Atabek sur le dos et on invoqua pour tous les deux dans la Khoutbah.

Au mois de Rajab, Salamish fut déposé sans résistance et Qalawoun usurpa le gouvernement et prit le titre d’al-Malik al-Mansour.


Le jour de ‘Arafat, le 9 du mois de Dzoul Hijjah de l’année 679 de l’Hégire (1280), de gros grêlons tombèrent dans la région de Misr ainsi que les foudres.


Le 16 du mois de Rajab de l’année 680 de l’Hégire (1281), Le sultan égyptien Sayf ad-Din Qalawoun as-Salihi sortit à la rencontre d’une armée de Mongols sous le commandant de Manjou (Mango) Timour Houlakou. L’armée des Mongols, au nombre de 100 000 guerriers, accompagné par le roi arménien Léo III et son armée, atteignit la Syrie et provoqua la consternation. Le sultan marcha à leur rencontre pour les stopper. Une bataille eut lieu à Homs et malgré le grand carnage qui s’ensuivit, les Musulmans furent victorieux, et les écrasèrent comme à ‘Ayn Jalout, louanges à Allah.


En l’an 688 de l’Hégire (1288), le sultan prit Tripoli par la force. La ville était aux mains des croisés depuis l’année 503 de l’Hégire (1109) jusqu’à ce temps après avoir été conquise sous le règne de Mou’awiyyah (qu’Allah soit satisfait de lui).

At-Taj ad-Din Ibn al-Athir écrivit une lettre au gouverneur du Yémen pour lui annoncer la bonne nouvelle et il lui dit : « Des califes et des souverains de ces jours, il n’y en existe plus exceptés ceux qui pensent seulement à eux, absorbés dans les festivités de plaisir, ne pensant qu’à leur sécurité personnelle et la considérant comme une grande et bonne fortune et à qui, quand la guerre est mentionnée devant eux, demandent seulement quelle route ils pourraient emprunter pour s’enfuir. Bien que leur richesses furent pillées et leurs dominions perdus, ils ne se sentaient pas concernés par ce qui leur avait été arraché et ils étaient tels qu’ils sont décrit dans les vers :
« S’ils luttèrent, ils furent tués et s’ils attaquèrent, ils furent déroutés,
S’ils conduisirent la guerre, ils furent pillés et s’ils contestèrent pour la victoire, ils furent dominés.
Jusqu’à ce que le Seigneur suscite celui qui défendit Sa foi
Et humilia la mécréance et ses démons. »

Certains ont rapporté que le sens de Tripoli (tarablous) dans la langue grecque signifie « trois forts unis ».


Au mois de Dzoul Qi’dah de l’année 689 de l’Hégire (1289), mourut le sultan Qalawoun et son fils al Malik al-Ashraf Salah ad-Din Khalil lui succéda.
Il rendit manifeste l’autorité du calife qui n’eut aucun pouvoir sous le règne de son père qui ne lui demanda même pas de l’introniser sultan. Le calife prêcha alors le vendredi aux gens et fit allusion dans son discours qu’il avait nommé al-Malik al-Ashraf à l’autorité suprême. Et lorsqu’il finit son discours, le chef Qadi Badr ad-Din Ibn Jam’ah, conduisit la prière des gens. Le calife prêcha alors une deuxième fois, en proclamant le combat dans la voie d’Allah, al-Jihad fi-Sabilillah, parla de Baghdad et préconisa sa reconquête.


En l’an 691 de l’Hégire (1291), le sultan se mit en route et prit Qal’at ar-Roum après un siège de 33 jours ou la garnison composée de Mongols et d’Arméniens furent exécutés. La forteresse prit alors le nom de Qal’at al-Mouslimin


En l’an 693 de l’Hégire (1293), le sultan fut assassiné à at-Taroujah, un village sur la rive est du Nil entre le Caire et Alexandrie. Le 12 du mois de Mouharram son frère Muhammad Ibn al-Mansour fut placé sur le trône et surnommé al-Malik an-Nassir, alors qu’il était âgé de sept ans. Mais, il fut déposé au mois de Mouharram de l’année 694 de l’Hégire (1294) et Kitbougha al-Mansouri fut proclamé sultan et prit le titre d’al-Malik al-‘Adil.

Cette même année, Qazan Ibn Arghoun Ibn Abaghah Ibn Houlakou, le monarque des Mongols embrassa l’Islam et la foi musulmane se propagea parmi ses troupes. Les gens se réjouirent de ces nouvelles.


Au mois de Safar de l’année 696 de l’Hégire (1296), alors que le sultan était à Damas, Lajin usurpa le gouvernement et les nobles lui portèrent allégeance et il fut surnommé al-Malik al-Mansour. Le calife lui accorda la robe noire d’honneur et Lajin fut envoyé chez al-‘Adil à Sarkhad pour être le gouverneur. Lajin fut assassiné au mois de Joumadah Thani de l’année 698 de l’Hégire (1298) et al-Malik an-Nassir Muhammad Ibn al-Mansour Qalawoun qui avait été banni à Kark fut restitué et investi de l’autorité suprême par le calife. Il transféra à al-‘Adil le gouvernement de Hama où il resta jusqu’à sa mort en 702 de l’Hégire (1302).


Le jeudi soir 18 du mois de Joumadah Awwal de l’année 701 de l’Hégire (1301), le calife al-Hakim décéda. La prière d’après-midi fut conduite pour lui au marché des chevaux sous la citadelle et sa civière fut assistée par les principaux officiers d’état, tous à pied. Il fut enterré près du tombeau de Sayyidah Nafissah . Il fut le premier des califes à y être enterré, et il devint l’endroit où ses successeurs furent enterrés. Son fils ‘Abou ar-Rabi’ Souleyman prit sa succession au califat.


 

Mamelouk architecture - Sultan Qalawoun mosque

 

 

Al-Moustakfi Billah


Al-Wathiq Billah

Al-Wathiq Billah Ibrahim était le fils de l’héritier du calife al-Moustamsik Billah Abou ‘AbdAllah Muhammad Ibn al-Hakim Bi-Amrillah Abou al-‘Abbas Ahmad. Son grand-père al-Hakim s’était engagé pour la succession de son fils Muhammad et lui donna le titre d’al-Moustamsik Billah mais il mourut de son vivant, après quoi il s’engagea pour Ibrahim le fils d’al-Moustamsik en le croyant être digne du califat cependant, il découvrit ensuite qu’il était inapte à ces fonctions, qu’ils recherchaient le plaisir et la vulgaire compagnie. Il se détourna donc de lui et appela son propre fils, c’est-à-dire le fils d’al-Hakim, al-Moustakfi l’oncle d’Ibrahim. Ce fut Ibrahim qui fut la cause du malentendu entre le calife al-Moustakfi et le sultan, après qu’ils aient été comme des frères, par ce qu’il lui rapporta une calomnie le concernant, après laquelle arriva ce que nous avons mentionné.
Le temps passa et quand al-Moustakfi mourut à Qouss, il appela son propre fils Ahmad pour la succession mais le sultan le négligea et reconnut le 6 ou le 14, selon d’autres rapporteurs, du mois de Dzoul Qi’dah, l’autorité d’Ibrahim qui fut surnommé al-Wathiq. Quand le sultan fut sur le point de mourir, al-Wathiq se repentit de ce qu’il avait fait et déposa Ibrahim et reconnut l’autorité de l’héritier Ahmad qui reçut le titre d’al-Hakim le 1 du mois de Mouharram de l’année 742 de l’Hégire (1341).

Ibn Hajar a rapporté que les gens adressèrent une pétition au sultan concernant Ibrahim et lui décrivirent sa mauvaise vie mais il ne leur paya aucune attention et ne le désista pas. Le peuple le surnomma alors al-Moust’ata Billah.

Ibn FadlAllah dans Massalik al-Absar a rapporté sur la biographie d’al-Wathiq :
« Son grand-père l’appela pour la succession, en le croyant vertueux et qu’il lui répondrait bruyamment pour le califat mais il grandit dans le déshonneur et s’inclina au néant. Il fut induit en erreur par les sensualités et fit ce qu’il n’était pas incité à faire pour ses nécessités. Il fréquenta la racaille et sa base. Son extravagance ternie sa réputation, le mal de sa conduite lui fut déguisé et il le crut bien. Il fut aveuglé au point de croire louable ce qui était mauvais. Les vols de pigeons, l’achat de béliers pour le boutoir (certainement pour les combats de béliers) et les combat de coqs le séduisirent. Son émulation dans la possession des chèvres fines aux longues oreilles et d’autres genre de choses qui dégradent la virilité et diminuent la dignité, le conduisirent vers les mauvaises relations. L’achat de marchandises à un prix excessif, la location de maisons dont il ne pouvait payer le prix, les complots d’argent pour remplir ses mains (s’enrichir) et les abominations pour remplir sa bouche, les choses défendues qu’il mangeait et faisait manger sa famille, le firent devenir une marque de mépris et la proie des hommes de son temps. Quand al-Moustakfi mourut, et quand le sultan fut au pic de sa colère contre lui, et en raison de sa véhémence excessive, il fit venir al-Wathiq l’imprévoyant, le stupide, (sachez qu’il ne fut pas contraint, et il fut l’un d’entre ceux qui diffama secrètement son oncle au sultan et attacha des machinations traîtresses autour de son front comme on attache une amulette) qui se présenta devant le sultan et apporta avec lui l’engagement de son grand-père. Le sultan entreprit de lui porter allégeance en dépit de son ambiguïté et tourna vers lui le visage du califat. Et effectivement le fait d’annuler cet engagement et l’annulation de l’alliance avait déjà eu lieu.
Alors le Qadi chef Abou ‘Omar Ibn Jama’ah chercha à faire changer d’avis le sultan d’introduire le nom d’al-Wathiq dans la Khoutbah mais il ne le fit pas. Néanmoins on parvint à l’accord d’omettre le nom des deux hommes dans les Khoutbah et de mentionner que le nom du sultan seul. Ainsi à la mort d’al-Moustakfi le nom du calife fut omis des chaires comme s’il n’était jamais monté à leur sommet et la prière pour les califes quitta les coupoles voûtées des mosquées comme s’il n’avait jamais résonné à leurs portes ou sur leurs dures pierres. Ce fut comme s’il était le dernier des califes de la Maison de ‘Abbas, ses symboles sur les chaires (voilées de noir) furent comme les vêtements de deuil et les épées d’acier furent rengainés. Cet état de choses dura jusqu’à ce que le sultan soit près de sa fin et que la mort frappa à sa roche. Parmi ses dernières injonctions, il y eut la restauration de l’autorité à celui à qui elle appartenait et de ramener l’engagement d’al-Moustakfi en faveur de son fils et dit : «Maintenant la vérité s’est manifestée ». Il fut emmené et ceux qui restèrent derrière lui, eurent de la compassion. Ibrahim fut déposé et devint maigre car en vérité il avait été nourri comme les troupeaux se nourrissent et couvert son déshonneur avec les habits d’hommes de valeur, avant qu’il ne devienne gros. Son corps gonfla et il assuma son titre d’al-Wathiq Billah (le Ferme en Allah) et qui était-il pour porter un tel nom dont la peur pénétra longtemps dans les cœurs d’hommes et que la terreur tendit au point d’éclater, les endroits où les côtés reposent dans le sommeil … Va ! Les aigles ne sont pas comptés comme leurs effigies peintes ni l’est le moucheron cependant longue est sa trompe comme un éléphant ; mais en vérité, la marche du temps apporte de la valeur à ce qui n’en a point et le chat en se hérissant simule le lion. Maintenant en vérité il est retourné se mordre ses propres mains et celui qui est ignoble tombe facilement sous le mépris ».
Cela fut rapporté par Ibn FadlAllah.


Al-Hakim Bi-Amrillah