Des exactions des Tatars

 

Le tribut continua d’être exigé des manières les plus rigoureuses si bien que le prix des aliments augmenta considérablement. Le tribut fut répartit entre les habitants et pour chaque classe d’entre eux, un groupe de Mongols fut chargés de les battre, de les torturer et leur faisaient éprouver toutes sortes d’insultes et d’humiliations. Les massacres de civils et le pillage ravagea la banlieue de Damas et plus de cent mille hommes furent tués. Le marché des fabricants de ceintures fut taxé à cent-trente-mille dirhems, celui des fabricants de lances à cent-mille dirhems et celui des ouvriers en cuivre à soixante-mille. Les nobles de la ville durent payer quatre-cent-mille dirhems et Kamal ad-Din Ibn al-Qadi ash-Shouhbah qui fut chargé de collecter l’argent dit à cette occasion :

« Les vicissitudes du temps ont déchaîné contre nous sept fléaux et nul d’entre nous ne saurait y échapper : la disette, Qazan, la guerre, le pillage, la perfidie, l’apathie et le chagrin continu. »

 

Le Sheikh Kamal ad-Din Muhammad Ibn ‘Ali az-Zamalqani dit également :       

« Plaignons le sort de Damas ! Quels maux a-t-elle éprouvés d’un infidèle dont l’impiété se présente sous diverses faces !

Il est arrivé, traînant avec lui des forces et des troupes innombrables, dans les rangs desquelles on trouve des génies et des démons. »

 

Le retrait de Qazan

 

 

Le retour du sultan en Egypte après sa défaite

 

Au moment de la déroute du sultan, les troupes s’enfuirent dans toutes les directions et seul un petit nombre des membres de sa famille restèrent avec lui ainsi que les émirs Zayn ad-Din al-Karajah, Sayf ad-Din Baktimour al-Houssami, al-Akhour et quelques personnes. Durant le retour jusqu’en Egypte, Baktimour servit de son mieux le sultan tant de sa personne que de sa bourse. Le sultan arriva dans la citadelle de la montagne, le mercredi 12 du mois de Rabi’ Thani suivit par les différents corps de troupes dans l’état le plus lamentable.

Une cérémonie funèbre eut lieu pour ceux qui avaient péri et qui étaient en très-grand nombre puis les émirs se préparèrent de nouveau pour le départ. Les gens habiles furent mandés pour fabriquer des armes et le vizir recueillit de l’argent afin de subvenir aux dépenses de l’expédition. Des lettres furent envoyées dans toutes les régions d’Égypte pour demander des chevaux, des lances et des épées. Un cheval, qui valait trois cents dirhems, monta au prix de mille dirhems et toutes les montures qui servaient pour les moulins et autres tâches furent achetés pour des prix bien au-dessus de leur valeur. On chercha partout des chevaux, des chameaux et des armes et ce qui valait cent dirhems fut vendu sept cent voir mille. Les soldats retirés furent appelés à rejoindre leurs corps et les soldes de ceux qui avaient péri. On assigna à chaque émir mille soldats et plusieurs émirs engagèrent des corps de volontaires.

 

Le refus du Sheikh Taqi ad-Din Ibn ad-Daqiq

 

 

 

 

 

Kanjak se rend en Egypte

 

C’est alors qu’arriva la nouvelle du départ de Qazan de Damas après avoir laissé Kanjak gouverneur dans la ville et cette nouvelle remplit les gens de joie. Lorsque le sultan était arrivé en Egypte, il avait écrit aux gouverneurs des forteresses pour leur ordonner de les défendre vaillamment si bien qu’aucune d’entre elles n’était tombée entre les mains des troupes de Qazan. Le sultan écrivit aussi à Kanjak, à Baktimour et d’autres émirs en leur demandant de se soumettre ce à quoi, ils répondirent favorablement. Lorsque les Tatars qui étaient restés en Syrie furent informés de la marche du sultan ils furent effrayés. Kanjak et sa suite quitta Damas au milieu du mois de Rajab pour l’Egypte suivit par tous les Tatars de ville. Arjiwash resta maître de la ville comme il l’était déjà de la citadelle et fit faire les invocations de la prière au nom du sultan après une interruption de cent jours. II supprima les pratiques criminelles introduites par l’ennemi, fit fermer les cabarets, répandre le vin et briser les jarres qui le contenaient par son  ministre le Sheikh Ibn Taymiyah.

 

Le départ de l’armée égyptienne

 

 

Le prix de la collaboration

 

Un corps de troupes fut alors secrètement envoyé vers Alep qui attaqua la ville et prit par surprise les soldats tatars de Qazan qui occupaient la ville et la plupart d’entre eux furent tous passés par le fil des sabres exceptés quelques-uns qui réussirent à s’échapper et allèrent rejoindre Qazan qu’ils informèrent de la trahison de Kanjak (ou Kabjak).

 

Le prix des denrées étaient excessivement chère à Damas. Tous les hommes pervers qui furent employés par Qazan pour lever les contributions et les dénonciateurs furent alors activement recherchés et tous ceux qui furent attrapés furent crucifiés ou pendus après avoir eu les pieds et les mains tranchées ou la langue arrachée et les yeux crevés.

L’émir Arjiwash, le commandant de la citadelle fut revêtu d’une robe d’honneur et reçut une gratification de dix mille dirhems. Les Sheikhs des tribus de Qays et du Yémen des ‘Ashir et des Arabes furent ramenés et obligés de restituer tout ce qu’ils avaient enlevé, soit aux soldats, soit aux habitants des différentes provinces, au moment où les gens effrayés fuyait vers l’Égypte.

 

Lorsque Qazan razzia la Syrie et reprit la route de l’Orient, les Arméniens convoitèrent les villes qu’ils avaient perdues au profit des Musulmans et ils s’emparèrent de Tall Hamdoun et d’autres places. Lorsque la paix fut restaurée en Syrie, les émirs Baybars et Silar retournèrent en Egypte avec leurs troupes et arrivèrent à la citadelle de la montagne le mardi 3 du mois de Shawwal. Dès que les émirs eurent repris leurs postes, l’émir Kanjak demanda la place de gouverneur de Shawbak ce qui lui fut accordé et les émirs Baktimour et Faris ad-Din al-Baqi as-Sadqi obtinrent le grade d’émir de cent soldats en Égypte  et en Syrie.

 

L’expédition contre les druzes

 

 

 

Les Tatars menacent de nouveau la Syrie

 

Au début de l’année 700 de l’Hégire (1300), des nouvelles arrivèrent que Qazan se préparait à entrer de nouveau en Syrie et le sultan fit les préparatifs nécessaires pour envoyer l’armée à sa rencontre. Le vizir Shams ad-Din Sounqour al-‘Assar et l’émir Nassir ad-Din Muhammad Ibn ash-Shaykhi, le wali du Caire furent mandés et il leur fut ordonné d’exiger des habitants une contribution en argent. Des messages furent envoyés en Syrie pour procéder à la même chose.

Le vizir et le wali s’établirent dans la Maison de la Justice près de la citadelle là où se trouve de nos jours les tambours et tous les habitants, les uns après les autres, vinrent apporter le montant de leur contribution et ainsi une somme de cent mille dinars fut ramassée ce qui fut pour la population, une mesure très-vexatoire.

En Égypte et en Syrie, les langues se déchaînèrent contre les membres du gouvernement et les gens parlèrent avec mépris des soldats leur disant : « Hier, vous vous êtes enfuis et aujourd’hui vous enlevez nos biens. » Et si les soldats répondait, il leur était répliqué : « Pourquoi n’avez-vous pas montré cette audace devant les Mongols qui vous ont traités ainsi et devant lesquels vous avez fui ? » La situation se dégrada à un tel point qu’il fut proclamé au Caire et à Foustat que si un citoyen parlait à un soldat, sa vie et ses biens seraient à la disposition du sultan.

 

A Damas, il fut levé un impôt correspondant à quatre mois de revenu sur tous les habitants de la ville et des environs. Dans les villages, il fut levé sur chaque surface de mille-six-cents coudées carrées six dirhems deux tiers. Il fut exigé des cultivateurs l’équivalent du produit de l’année 698 de l’Hégire et on demanda aux riches le tiers de leurs revenus. Cette mesure fut pour la population une source de calamités. Les habitants coupèrent les arbres fruitiers et vendirent le bois. La vallée de Ghoutah fut dépeuplée et une bonne partie des habitants se réfugia en Egypte. Lorsque la levée des contributions fut achevé à Damas, l’argent fut employé pour recruter huit cents palefreniers kurdes et chacun d’entre eux reçut six cents dirhems cependant, la plupart s’enfuirent et il n’en résulta aucun inconvénient réel.

A Foustat, un nombre considérable d’artisans et autres furent employés. Les émirs firent dresser leurs tentes à l’extérieur de la ville pour passer en revue les soldats, les chevaux, les armes et pour s’assurer de l’état de l’armement. Chaque jour, ils inspectèrent dix commandants de la Halqah avec leurs troupes. Un certain nombre d’entre eux furent écartés mais furent repris même ceux qui étaient visiblement des intrus. Le contrôle fut terminé en vingt jours puis les provisions furent préparées.

L’Egypte se remplit de fugitifs qui venaient de la Syrie tandis que les prix chutèrent.

 

L’armée des Tatars décimée par le froid

 

 

 

 

 

L’arrivée du vizir du Maghreb en Egypte

 

Au mois de Rajab, un vizir du souverain du Maghreb arriva en Egypte alors qu’il se rendait au Hijaz pour faire le pèlerinage de la Mecque et eut plusieurs entrevues avec le Sultan et les émirs. Alors qu’il se trouvait près de la citadelle, il vit passer un homme monté sur un cheval et entouré d’un grand nombre d’individus qui marchaient à côté de son étrier. Ils s’adressaient à lui humblement, l’imploraient et lui baisaient les pieds tandis qu’il les évitait sans leur porter aucune attention et demandait à ses pages de les chasser. Le vizir du Maghreb s’enquit sur cet individu et apprit que ce cavalier était un chrétien ce qui le blessa vivement. Il alla trouver les émirs Baybars et Silar, leur raconta ce qu’il avait vu et son mécontentement. Il versa des larmes abondantes et leur dit : « Comment, pouvez-vous espérer le secours du ciel alors que chez vous les Chrétiens se montrent à cheval, portent des turbans de couleur blanche, humilient les musulmans et les font marcher à pied dans leur cortège ? » Il s’étendit alors sur l’obligation aux membres du gouvernement d’agir contre eux et de les forcer à se vêtir différemment. Son discours produisit une vive impression sur l’esprit des émirs. Ils mandèrent les Qoudat et les juristes ainsi que le patriarche des Chrétiens.

Un ordre émanant du Sultan enjoignit aux tributaires de se conformer à la loi musulmane. Les Qoudat se réunirent dans la Madrassah Salahiyah et le Qadi al-Qoudat Shams ad-Din Ahmad as-Sarouji al-Hanafi fut nommé pour conduire l’affaire. Ce magistrat manda le patriarche, les évêques et les rabbins et après un long débat avec eux, il fut décidé que les Chrétiens se distingueraient des Musulmans en portant un turbans bleu, les Juifs des turbans jaunes, que ni les uns ni les autres ne pourraient monter des chevaux ou  des mules et devait s’abstenir de tout ce que la loi leur interdisait. On les astreignit à toutes les conditions que leur avait imposées le commandant des croyants ‘Omar Ibn al-Khattab (qu’Allah soit satisfait de lui). Ils acceptèrent ces mesures et le patriarche déclara devant témoins qu’il défendait à tous les chrétiens de contrevenir à ce règlement et de s’en écarter car à cette époque, les Juifs et les Chrétiens vivaient dans le plus grand luxe au Caire et à Foustat, montaient des chevaux fringants et des belles mules couvertes d’ornements somptueux, se revêtaient d’habits d’apparats et occupaient les emplois les plus importants.

Quant au grand rabbin des Juifs, il dit : « Je jette l’anathème sur tous les Juifs qui contreviendront à cet accord ou s’en écarteront. » L’assemblée se sépara et l’on informa le Sultan et les émirs de ce qui avait été résolu. Le résultat en fut annoncé par des lettres qui furent expédiées dans les différentes provinces d’Egypte et de Syrie.

Le jeudi, 25 du mois de Rajab, on rassembla les Chrétiens et les Juifs qui se trouvaient au Caire, à Foustat et dans leur banlieue et il leur fut déclaré qu’aucun d’entre eux ne pourrait à l’avenir occuper un emploi dans le bureau du Sultan, ni dans ceux des émirs, qu’ils ne pourraient monter sur des chevaux ou des mules et qu’ils devaient s’engager à observer fidèlement les conditions qui leur avaient été prescrites. Cette ordonnance fut proclamée au Caire et à Foustat (Misr) et on menaça ceux qui y contreviendraient.

 

Cette année, une grande partie des bœufs d’Égypte mourut suite à une maladie qui se propagea parmi eux et qui ne cessa de s’étendre si bien que les métiers à roues, les roues hydrauliques cessèrent de marcher ce qui causa d’immenses pertes pour la population. Les habitants furent contraints de substituer aux bœufs des chameaux et des ânes tandis que le prix d’un taureau s’éleva à mille dirhems.

 

Cette année aussi, al-Malik Mas’oud ‘Ala' ad-Din Sanjar, l’affranchi de Shams ad-Din Aytamish, l’affranchi du sultan Ghiyath ad-Din et souverain de Delhi attaqua l’année précédente un peuple voisin qui à son tour marcha sur Dehli, pilla la ville et emmena de nombreux prisonniers. Il livra aussi contre les Tatars plusieurs grandes batailles qu’il remporta toutes.

 

L’année précédente apparut en Abyssinie un homme nommé Abou ‘AbdAllah Muhammad qui appela les gens à l’Islam puis, après avoir rassemblé environ deux-cent mille partisans, il attaqua cette année le souverain d’Amharah et lui livra de nombreuses batailles.

 

Cette année, le roi du Yémen affronta plusieurs fois  les Zaydi (une secte satanique).

 

 

 

Au début du mois Mouharram de l’année 701 de l’Hégire (1303), les envoyés de Qazan, qui était venus à la citadelle pour demander la paix entre les deux nations, se remirent en route accompagnés des messagers du Sultan chargés de sa réponse.

 

Un courrier de la poste apporta la nouvelle que ‘Ala' ad-Din ‘Ali Ibn Sharf ad-Din Muhammad al-Qalanissi et Sharf ad-Din Ibn al-Athir étaient arrivé du pays des Tatars à Damas, le 29 du mois de Joumadah Awwal après avoir été faits prisonniers à l’époque où les Tatars étaient entrés en Syrie et après s’être échappés. Ils éprouvèrent les plus grandes difficultés et danger durant leur voyage.

 

La rébellion de Takafour le roi de Sis

 

 

De l’expédition contre les croisés de l’ile d’Arwad

 

Ce même mois fut achevé la construction des navires sur lesquelles furent embarqués des soldats et des machines de guerre. Le commandement de la flotte fut confié à l’émir Jamal ad-Din Aqoush Qari al-‘Alay, le gouverneur de Bahnassah. Aqoush monté sur la plus grand des vaisseaux descendit le fleuve jusqu’au Mikiyas tandis que le Sultan accompagné des émirs quitta le palais pour assister aux manœuvres navales ainsi de même qu’une grande foule se pressa sur les rives du Nil de Boulaq jusqu’au chantier naval de sorte qu’aucune place ne fut laissée vide. L’armée se plaça sur la rive près du jardin de Habbab tandis que les émirs traversèrent dans des barques sur l’ile de Rawdah.

Les navires avancèrent alors pour exécuter une simulation de combat. Les trois premiers navires complétèrent leurs exercices d’une manière qui causa une satisfaction extrême aux spectateurs d’autant plus que ces bâtiments étaient abondamment garnis de soldats, de pièces d’artifice et de machines de guerre. Puis, le quatrième navire ou se trouvait Aqoush, quitta le port du chantier naval à Foustat et arriva au milieu du Nil cependant, la force du vent le fit pencher et le navire se retourna complètement, la coque en l’air. La foule poussa un terrible cri et la joie précédente se transforma en stupeur. Les gens se jetèrent à l’eau pour joindre la galère et repêcher tout ce qui était tombé dans l’eau. Tous ceux qui étaient sur le navire furent sains et saufs excepté Aqoush qui périt noyé. Le Sultan accompagné des émirs rentra alors dans la citadelle et la foule se dispersa.

Trois jours après, le navire submergé fut renfloué et l’on trouva encore en vie la femme du Raïs (navigateur) et l’enfant qu’elle allaitait. Tout le monde fut surpris qu’ils aient pu rester si longtemps en vie. Le navire fut alors réparé et l’émir Sayf ad-Din Zarraq al-Mansouri fut désigné pour conduire l’expédition. Le nouvel amiral se rendit à Tripoli ou il chargea un renfort de soixante Mamalik, sans compter les Bahri et les volontaires, puis mit la voile sur l’ile d’Arwad, située près de Tortose ou il tomba à l’improviste sur les croisés et les encercla avant de leur livrer bataille.

Le vendredi 28 du mois de Safar, l’armée égyptienne, remporta la bataille qui s’ensuivit ou un grand nombre d’ennemis fut tué tandis que le reste soit 280 croisés fut fait prisonniers et tout ce qu’ils possédaient tomba entre les mains des Musulmans. Lorsque l’amiral retourna à Tripoli, il distribua tous le butin à ceux qui avaient participé à la bataille après avoir mis le quart du butin de côté pour être envoyé au Sultan. Les nouvelles furent envoyées par le courrier de la poste et les tambours frappés dans la citadelle à la réception de ces bonnes nouvelles.      

 

L’émir Badr ad-Din Biktash revint de l’expédition de Sis ce même jour.

 

Le retour des Tatars en Syrie

 

 

La bataille d’al-‘Ourd

 

Assandimour al-Kourji, le gouverneur de Tripoli, Bahadouras, Ghizlou al-‘Adili, Timour al-‘Assaki, Anas al-Jamdar et Muhammad Ibn Kara as-Sounqour se mirent aussitôt en marche à la tête de mille cinq cents cavaliers et surprirent l’ennemi dans le campement d’al-‘Ourd, le 11 du mois de Sha’ban et après s’être divisé en quatre corps distincts, ils attaquèrent avec vigueur les Tatars qui étaient au nombre d’environ quatre mille. La bataille dura du milieu de la journée jusqu’au ‘Asr et les Tatars furent anéantis.

Les Musulmans libérèrent les Turcomans, ainsi que leurs femmes et leurs enfants qui étaient au nombre de six mille prisonniers. L’armée égyptienne perdit au cours de l’affrontement cinquante-six soldats ainsi que les émirs Anas al-Jamdar al-Mansouri et Muhammad Ibn al-Bashqird an-Nassiri. Les Tatars qui réussirent à s’enfuir retournèrent près de Katloushah laissant derrière eux cent quatre-vingts prisonniers d’entre eux entre les mains de l’armée égyptienne. La nouvelle fut envoyée au Sultan et dans la ville de Damas ou les tambours destinés à l’annonce des événements heureux furent dûment battu.

Le Sultan accompagné du calife al-Moustakfi Billah Abou Souleyman et d’une nombreuse armée quitta la citadelle de la Montagne le 3 du mois de Sha’ban laissant derrière lui pour gouverner l’Egypte en son absence, l’émir ‘Izz ad-Din Aybak al-Baghdadi.

 

Les éclaireurs tatars se répandent dans Damas

 

Katloushah à la tête des armées tatares hâta sa marche et vint camper à Koroun Hamah le 13 de ce même mois. Les troupes égyptiennes se retirèrent à son approche jusqu’à Damas. Toutes les armées étaient réunies  à Damas et les avis se trouvèrent partagés s’il fallait sortir pour combattre l’ennemi ou attendre l’arrivée du Sultan et bientôt les Musulmans craignirent d’attaquer les Tatars et se décidèrent à partir si bien que la panique se répandit parmi les habitants de Damas qui commencèrent à abandonner la ville tandis qu’un grand nombre d’entre eux se réfugièrent dans la citadelle, abandonnant leurs femmes et leurs enfants. A peine la nuit était-elle tombée que les éclaireurs des Tatars s’étaient répandu dans tous les environs de la ville. Les troupes se mirent alors secrètement en marche pour aller à la rencontre de l’ennemi tandis que toute la population de Damas passa la nuit dans la principale mosquée, implorant à grands cris le secours d’Allah Exalté.

 

La bataille de Shakhab