Les Musulmans reprennent Césarée

 

La prise de Hayfa et la chute d’Oursouf

 

 

Comment de nombreux incendies furent volontairement allumés par les Chrétiens au Caire

 

Durant son absence, de nombreux incendies furent allumés au Caire et à Foustat par les Chrétiens. Ces accidents causèrent une indicible terreur chez les gens et dans plusieurs places qui avaient été brulées, du naphte et du soufre furent trouvés. Le sultan somma alors les Chrétiens et les Juifs, leur fit de vives remontrance et leur annonça que leurs actions avaient entrainées l’annulation de tous leurs droits. Puis, il les condamna à être brûlés vifs mais l’émir Atabek Faris ad-Din Aktay intercéda en leur faveur. Ils obtinrent donc la vie sauve, sur la condition qu’ils restitueraient tout ce qui avait été perdu dans les incendies et payeraient au trésor 500 000 dirhems d’or. Les accusés promirent aussi de ne plus jamais se livrer à de tels actes ni d’enfreindre les engagements auxquels ils s’étaient soumis et ainsi, ils furent remit en liberté.

 

Vers le milieu du mois de Ramadan, des nouvelles arrivèrent que ‘Izz ad-Din as-Saqandari, le gouverneur d’ar-Ralibah, avait pris Qarqissiyah, massacré tous les Tatars et les Kurdes qui s’y trouvait et fait plus de quatre-vingts prisonniers.

 

Une nuit, le sultan déguisé, descendit de la citadelle de la Montagne et parcourut les rues du Caire afin d’observer ce qui se passait. Il vit alors un des commandants saisir une femme puis lui enleva ses dessous sans que personne n’essaye de s’interposer. Le lendemain matin, le sultan fit trancher les mains de plusieurs fonctionnaires.

 

Cette même année, le sultan nomma ‘Issa Ibn Mouhannah émir des Arabes des Banou al-Fadl qui sitôt nommé, marcha sur Harran et Bira d’où il chassa les Tatars qui s’y trouvait.

 

Le 9 du mois de Rabi’ Awwal, le maudit Houlakou Khan Ibn Touloukan, fils du maudit Shinjiz Khan, mourut d’une attaque d’épilepsie près de Marajah à l’âge de plus de soixante ans et après avoir régné dix année. Son fils Abaghah lui succéda et envoya aussitôt son armée combattre le prince Barakah Khan mais son armée fut écrasée.

 

 

Le 8 du mois de Safar de l’année 664 de l’Hégire (1265), une bataille eut lieu entre l’émir ‘Alim ad-Din as-Sanjar al-Bash al-Kourdi, le gouverneur de Homs, et le souverain des croisés de Tripoli qui fut mis en déroute.

 

Au mois de Joumadah Awwal, Fakhr ad-Din Ibn al-Jilban, retourna du pays des croisés en ramenant avec lui un grand nombre de prisonniers musulmans qu’il avait rachetés avec les fonds provenant du Waqf et qui lui avaient été remis par l’émir Jalal ad-Din an-Najibi, le gouverneur de Damas. Parmi ces captifs se trouvaient des femmes et des enfants. Les femmes furent envoyées à Damas, afin que le Qadi leur trouve des époux.

 

La prise des forteresses d’al-Akrad, de ‘Arqah et d’al-Qal’at

 

 

 

 

La prise de Safad

 

Le sultan resta devant Acre jusqu’au retour de ses troupes et lorsqu’un grand nombre de machines de siège furent montées, il se mit en marche suivit par ses soldats tous en arme, avança près de la porte de la ville et s’arrêta sur la colline d’al-Foudoul. Ensuite, il se rendit à ‘Ayn Jalout puis, le lundi 8 du mois de Ramadan, il vint camper devant Safad et dressa le plan du siège auquel il participa physiquement en personne. D’autres engins envoyés de Damas arrivèrent dans le camp.

Le 26 de ce même mois, les catapultes, les mangonneaux et les autres engins enfin déployés et opérationnels débutèrent le pilonnage de la ville sous la surveillance du sultan qui se tenait se tenait constamment près des machines.

Les troupes d’Égypte et de la Syrie arrivèrent alors et occupèrent les quartiers qui leur avaient été assigné. La nuit précédant la fête de la rupture du jeûne, l’émir Badr ad-Din al-Aydamouri vint féliciter le prince quand il reçut une pierre sur la tête. Le sultan interdit à quiconque dans le camp de visiter ses amis à l’occasion de la fête ou de quitter son poste de peur que l’ennemi ne profite de la circonstance pour surprendre l’armée. Le jour de la rupture du jeûne, il fut annoncé que quiconque boirait du vin ou en apporterait dans le camp serait pendu.

Les attaques sur la ville de Safad reprirent le 2 du mois de Shawwal et les artificiers lancèrent le naphte. Le sultan promit aux équarisseurs que celui d’entre eux qui extrairait la première pierre de la muraille, recevrait trois cents pièces d’or de même que le second et jusqu’au dixième. Alors, il donna l’ordre à ses troupes de procéder aux assauts et y prit par en personne. Une sanglante bataille eut lieu ou un grand nombre de Musulmans trouvèrent le martyre et Allah sait mieux qui est martyre. Lorsqu’un Musulman tombait, son compagnon le tirait de côté et prenait sa place ainsi un grand nombre de mines furent creusés ou les sapeurs s’introduisirent suivit par le sultan qui distribua ce jour, une somme considérable d’argent et de nombreuses robes d’honneur. Il fit dresser une tente pour les médecins, les chirurgiens avec des boissons et des aliments ou étaient amené les blessés.

Le 8 de ce même mois, les attaques recommencèrent et dans la nuit du 14, un assaut fut donné qui se prolongea jusqu’à la mi-journée après qui, les troupes épuisées de fatigue se dispersèrent ce qui exaspéra profondément le sultan qui ordonna à ses proches d’aller dans les tentes de ses émirs et soldats et de lever à coup de massue. Il réprimanda durement les émirs, et leur dit : « Les Musulmans sont en danger et vous vous permettez de vous reposer, levez-vous donc ! » Puis, il en fit arrêter plus de quarante d’entre eux qu’il fit mettre au fer cependant, peu après sur l’intercession de leurs camarades, il leur rendit la liberté et leur ordonna de reprendre leurs postes. Les tambours furent lourdement battus et les attaques recommencèrent.

Les croisés demandèrent alors des conditions de reddition qui furent acceptées à condition qu’ils n’emporteraient avec eux ni armes, ni cuirasse, ni aucun objet d’argent, qu’ils ne détruiraient, ni par le feu, ni par la hache, aucun des objets qui se trouvaient dans la place. Les négociations se prolongèrent jusqu’au vendredi 18 du mois ou les étendards de l’Islam furent hissés sur les remparts et qui fut un jour de fête. Le sultan monté, se tint près de la porte de Safad et tous les croisés sortirent de la place et furent amenés devant lui. Il ordonna de les fouiller et on trouva sur eux, malgré leur engagements, des armes et des objets en argent ainsi qu’un grand nombre de prisonniers musulmans qu’ils emmenaient avec eux en prétendant qu’ils étaient chrétiens. Tous ceux qui furent trouvés avec des objets furent enfermés dans une tente. Les Musulmans prirent alors possession de la place. Le sultan nomma l’émir Majd ad-Din at-Touri, commandement de la citadelle et donna le gouvernement de la ville à l’émir ‘Izz ad-Din al-‘Alay.

Le lendemain matin, le sultan félicita ses troupes pour leur courage, s’excusa à ceux qui l’avait irrité et leur dit : « Ma seule intention était de stimuler votre ardeur et d’hâter la conquête et désormais nous serons amis. » Les prisonniers croisés furent exécutés et seul deux d’entre eux échappèrent, l’un pour rapporter à ses camarades son témoignage et l’autre qui se convertit à l’Islam. Le sultan se rendit alors dans la citadelle ou il fit transporter un immense stock de matériel de guerre. Il fit venir de Damas des hommes pour résider à Safad où il fit construire une mosquée dans la citadelle et dans la ville et alloua le revenu d’un village pour l’entretien du tombeau de Khalid Ibn al-Walid (qu’Allah soit satisfait de lui) à Homs.

 

Le sultan Baybars s’empare des villes de Hounan, de Hanin et de Ramlah

 

 

Du raid des Musulmans en Arménie et dans le Sultanat de Roum

 

 

Les croisés reçoivent des renforts de Chypre

 

Au mois de Mouharram de l’année 665 de l’Hégire (1266), le sultan envoya les émirs Sayf ad-Din al-Baktimour as-Saqi et Shihab ad-Din al-Bourana à la tête d’un corps de troupes et des soldats montagnards en mission et ils revinrent à Safad après avoir coupé des roseaux sur le territoire des croisés. Ces derniers reçurent de Chypre environ mille-cinq-cent cavaliers en renforts avec qui ils effectuèrent des incursions dans le territoire de Tibériade. Lorsque les Musulmans furent informés de ces nouvelles, l’armée marcha sur Acre, attaqua les croisés et en tua un grand nombre d’entre eux.

 

Le 27 du mois de Joumadah Thani, le sultan partit pour la Syrie, accompagné d’un nombre considérable d’émirs dont al-Malik al-Mansour, le souverain de Hamah, laissant derrière lui la plus grande partie de son armée. Arrivé à Gaza, il congédia le prince et reçut des messagers envoyés par les croisés qui lui amenèrent avec des présents, un grand nombre de prisonniers musulmans. Le sultan fit revêtir ces derniers et leur rendit la liberté avant de se diriger vers Safad. Sur la route, il fut informé que les Tatars avaient tenté de prendre Rahbah mais que les habitants de cette ville les avaient mis en déroute après tué ou pris prisonniers un grand nombre d’entre eux.

Le sultan s’arrêta à Damas ou il resta cinq jours avant de reprendre la route de Safad ou il entreprit avec ses hommes des travaux de fortifications de la ville. Peu après, des envoyés croisés qui vinrent discuter de la paix furent témoins de l’empressement que tout le monde mettait à cette entreprise. (A chaque fois que le sultan se déplaçait, il recevait la visite d’envoyés des croisés. Si leur mission officielle était pour des pourparlers de paix et offrir des cadeaux, ils venaient surtout pour s’informer des intentions secrètes du sultan et espionner les activités des Musulmans, ce que vous avez certainement bien comprit) Mais le sultan préparait une expédition secrète et quand les croisés furent rassurés pensant qu’ils étaient en sécurité, ils partirent. Le sultan se mit alors aussitôt en marche et ils ne furent informés de ses intentions qu’au moment où ils le virent avec ses troupes tous en armes devant les portes d’Acre ou ils tuèrent tous les croisés qui tombèrent sous leurs mains. Le sultan passa alors la nuit et la matinée du jour avant de reprendre la route de Safad.

Lorsque les envoyés des croisés arrivèrent, ils virent les têtes piquées au bout des lances tandis que les prisonniers prit au cours du raid furent amené et exécuté. Le sultan somma les envoyés croisés et leur dit : « Cette opération a été exécuté en représailles des raids que vous avez conduit sur le territoire de Shaqif. » Et il les renvoya, sans leur avoir accordé la paix.

 

Le 21 du mois de Sha’ban, le sultan se mit de nouveau en route de Safad avec ses troupes et prit la route d’Acre et encore une fois, les croisés ne furent informé de ses mouvements que lorsqu’il fut devant les portes de la ville. Le sultan ordonna alors à ses troupes de génie de détruire tout ce qu’il y avait en dehors de la ville comme édifices et comme arbre tandis qu’il veillait à leur sécurité sa lance à la main et durant quatre jours, tout fuit ruiné et incendié. Ce n’est qu’à ce moment-là, qu’il reprit la route de Safad.

 

 

 

Le renouvellement du traité de paix avec Tyr

 

Au mois de Ramadan de cette même année, des envoyés la ville de Tyr arrivèrent à la cour du sultan et demandèrent le renouvèlement de la trêve ce qu’il accepta pour une durée de dix années à la condition de payer pour l’assassinat d’as-Sabik ash-Shahin, une expiation de 15 000 dinars souri à ses enfants. Ils en payèrent la moitié et le reste ne fut pas exigé d’eux. Les croisés livrèrent aussi un certain nombre de prisonniers du Maghreb.

 

 

Cette même année, Barakah Khan Ibn Sayn Khan Ibn Joushi Khan décéda et Mango Timour Ibn Touqan Ibn Batou Khan Ibn Joushi Khan Ibn Shinjiz Khan lui succéda au trône de Kabjak dans la ville de Saray. Barakah Khan fut très attaché à l’Islam et prit pour capitale la ville de Saray. Il fut un des monarques les plus marquants qui régna sur les Tatars.

 

 

La reconstruction de la ville de Safad

 

 

La chute de Jaffa et de Shaqif

 

 

La prise d’Antioche

 

 

La libération de Shams ad-Din as-Sounqour al-Ashkar

 

Haythoum le roi de Sis, ne cessa de demander la libération de son fils Lifoun en échange d’une rançon considérables et plusieurs forteresses. Quand les Tatars conquirent Alep à l’époque d’al-Malik an-Nassir, ils avaient fait prisonnier l’émir Shams ad-Din as-Sounqour al-Ashkar. Le sultan demanda donc au roi de Sis qu’il consentirait à libérer son fils s’il ramenait as-Sounqour et restituât les forteresses qu’il avait prises et qui dépendaient d’Alep. Le roi demanda un délai d’une année et lorsque le délai fut expiré, il envoya un message au sultan pour l’informer qu’il avait retrouvé as-Sounqour et obtenu sa liberté. Il rétracta aussi la promesse qu’il avait faite de rendre les forteresses et le sultan Rouqn ad-Din Baybars lui envoya une lettre disant : « Puisque tu montres tant de dédain pour ton fils et héritier, j’en montrerai de même pour as-Sounqour avec lequel je ne suis uni par aucun lien de parenté. Fais lui donc ce que tu veux. C’est à toi, et non pas à moi, que l’on doit reprocher le manque de parole. »  Lorsque le roi reçut la lettre datée d’Antioche, il éprouva une vive crainte et la paix fut aussitôt conclue sur les conditions initiales, à savoir qu’il rendrait les forteresses et les territoires musulmans avec toutes les provisions qu’elles renfermaient et dans l’état où elles se trouvaient lorsqu’il en fit la conquête. Qu’il libérerait as-Sounqour comme le sultan libèrerait de son côté le fils et le neveu du roi, ainsi que leurs pages. Des otages seraient envoyés au sultan chez qui ils résideraient jusqu’au moment où il aurait pris possession des forteresses. Le traité fut écrit dans la ville d’Antioche et des émirs furent envoyés chez le roi Haythoum pour lui faire porter serment. Entre temps le sultan fit envoyer chercher Lifoun qui se trouvait au Caire.

Le sultan retourna alors à Hamah suivit par l’armée puis partit pour Homs et prit la route de Damas, où il fit son entrée, le 26 du mois ou le prince de Sis fut amené devant lui et qu’il traita avec considération. Le 27, Haythoum jura l’observation du traité. Le troisième jour de Sha’ban, Lifoun signa à son tour le traité avant de retourner chez lui le 11 sur les chevaux de la poste et accompagné de l’émir al-Bijkah qui le remit à son père. Les otages promis arrivèrent et résidèrent à la cour, jusqu’au moment où les forteresses furent remises. Ils furent alors rendus à Haythoum chargés de nombreux présents. Lorsque Lifoun arriva à Sis, as-Sounqour al-Ashkar fut remis en liberté et envoyé au sultan. Le sultan sortit à la rencontre de l’émir, dont l’arrivée n’était connue de personne et qu’il prit soin de tenir secrète. Il l’amena et le logea dans sa tente où ils passèrent la nuit.

Le lendemain matin, tout le monde se rassembla pour saluer le sultan quand il sortit de sa tente accompagné d’as-Sounqour dont la vue causa un vif émoi. Le sultan Rouqn ad-Din Baybars lui fit remettre de l’argent, des robes d’honneurs, des ceintures, des chevaux, des mules, des chameaux, des Mamalik et tout ce qui pouvait lui être nécessaire suivit par les émirs qui lui offrirent des présents. Le sultan le combla de bienveillance et lui fit bâtir une maison dans l’enceinte de la citadelle de la Montagne et lorsqu’il arriva au Caire, il lui attribua le grade d’émir et l’admit dans le cercle de ses proches.

 

Le 13 du mois de Sha’ban, l’émir Shams ad-Din Aqsounqour al-Farighani, le majordome du sultan, conquit la forteresse de Baqras des croisés. Toute la population avait pris la fuite excepté une vieille femme bien que la place était abondamment fournie de provisions et de munitions.

 

Ce même jour, des envoyés d’Acre arrivèrent pour le renouvellement du traité. Il fut décidé que Hayfa et trois villages appartiendrait aux croisés, que la ville d‘Acre et son territoire serait partagé en deux, que la plaine du voisinage de Carmel et de Sa’idah resterait sous la domination des croisés tandis que les parties élevées reviendraient cédées au sultan. La trêve durerait dix années et que les prisonniers seraient remis en liberté de part et d’autre.

 

La libération de ‘Izz ad-Din Kaykoubad Ibn Kaykhousrou

 

Cette année, ou suivant d’autres rapport, l’année 668 de l’Hégire (1269) (70), le Khan Mango Timour Ibn Touqan, le souverain des Tatars déclara la guerre à Lascaris, l’empereur byzantin en envoyant une de ses armées sur ses terres qui enlevèrent ‘Izz ad-Din Kaykoubad Ibn Kaykhousrou qui, comme nous l’avons déjà mentionné, était prisonnier dans une forteresse. Ce prince fut amené avec sa famille à Mango Timour qui l’honora et lui donna une épouse. Kaykoubad séjourna à sa cour jusqu’à sa mort en l’an 667 ou 668 de l’Hégire. Son fils Mas’oud, retourna dans ses terres héréditaires ou il monta sur le trône.

 

 

En l’an 667 de l’Hégire (1268), le sultan Baybars, fit construire une estrade dans l’hippodrome de la hors du Caire près de Bab an-Nasr où il se rendait chaque jour, à l’heure de midi, pour s’exercer à lancer des flèches et qu’il ne quittait qu’en fin de soirée. Il encouragea tout le monde à tirer de l’arc et à se lancer entre eux des défis et cela devint la principale occupation de tous les émirs et Mamelouk et bientôt cela devint l’activité favorite des hommes de toutes les classes.

 

Le 12 du mois de Joumadah Thani, le sultan partit pour la Syrie accompagné de l’émir Izz ad-Din al-Halabi, des principaux émirs, et d’un corps de troupes. Il laissa la plus grande partie de l’armée auprès d’al-Malik as-Sa’id. Lorsqu’il arriva à Gaza, il distribua à ses soldats une gratification puis vint camper devant Oursouf ou se trouvait de nombreux pâturages tout autour de la ville.

Il reçut alors une lettre du roi de Sis, qui annonçait l’arrivée d’un messager envoyé par Abaghah, le fils d’Houlakou qui désirait s’entretenir avec le sultan qui envoya aussitôt l’émir Nassir ad-Din Ibn as-Sayram pour escorter le messager afin qu’il ne parle à personne et qu’il ramena à Damas, où il fut reçu sans aucun protocole et qu’un logement lui fut attribué dans la citadelle. Dès que le sultan fut informé de son arrivée, il quitta d’Oursouf où il laissa ses bagages, et se mit en marche, escorté par ses émirs. Arrivé à Damas, il reçut l’envoyé qui était porteur d’un message qui disait : « Le roi Abaghah partit des contrées orientales a conquis le monde entier sans que nul n’ai pu lui résister et tous ceux qui ont essayé périrent de mort naturelle ou violente. Quant à toi, que tu montes au ciel ou que tu descendes vers la terre, tu ne saurais nous échapper. Il vaut donc mieux pour toi de conclure une paix durable avec nous. » L’ambassadeur devait aussi dire de vive voix au sultan : « Toi qui es un esclave, qui as été vendu dans la ville de Siwas, comment oses-tu braver les rois, souverains de la terre. » Une réponse fut donnée à la lettre l’envoyé congédié.

 

L’inspection secrète du sultan Baybars

 

Le 14 du mois de Sha’ban, le sultan feignit une indisposition et mandat les médecins dans sa tente. Dès le matin, les émirs entrèrent auprès de lui, et le trouvèrent ayant le corps ramassé, dans l’attitude d’un homme qui souffre. Puis, lorsque tout le monde fut convaincu qu’il était malade, il se déguisa, sortit de sa tente et avec quelques émirs, il se rendit secrètement en Egypte pour  inspecter ce qui se passait dans ses états, et voir par lui-même de quelle manière son fils al-Malik as-Sa’id gouvernait l’Égypte. Ayant réussi dans son dessein, et après être revenu aussi secrètement dans son camp après un voyage de quelques jours, il ordonna par un édit de supprimer, dans les villes de Foustat et du Caire, ainsi que dans tous les territoires d’Egypte, l’usage du vin, les choses blâmables et les courtisanes et tout le pays se trouva délivrée du vice. Les cabarets où se tenaient habituellement les hommes débauchés furent renversés. Les prostituées furent emprisonnées jusqu’à ce qu’elles se marient tandis qu’un très grand nombre de dépravés furent exilés.