Des évènements historiques de l’an 629 à l’an 708 de l’Hégire

 

Les Tatars achevèrent la conquête de l’Arménie

 

 

La marche d’al-Malik al-Kamil sur le Sultanat de Roum

 

 

La prise des Passes de Darband

 

 

L’envoyé du calife arrive en Egypte

 

En l’an 635 de l’Hégire (1237), un messager du calife vint trouver le sultan d’Egypte al-Malik al-Kamil et lui demanda de lui envoyer une armée parce qu’il avait appris que les Tatars marchaient sur Baghdad. Al-Malik al-Kamil se leva quand le messager lui remit la lettre du calife, qu’il plaça sur sa tête, ainsi que la somme de cent mille dinars égyptiens.

Le sultan ordonna de prendre deux cent mille dinars du trésor public et d’équiper une armée avec cet argent puis d’envoyer un détachement dix mille hommes des armées d’Egypte et de Syrie au secours du calife. Le commandement de cette armée fut donnée à al-Malik an-Nassir Daoud. Le sultan défendit d’utiliser l’argent du calife et le lui fit renvoyer. Il chargea les émirs Rouqn ad-Din al-Hijawi et ‘Imad ad-Din Ibn Moushaq de recruter les troupes et  ordonna à an-Nassir Daoud de se mettre sous les ordres du calife. Quand l’armée qui comptait environ trois mille cavaliers fut prête, elle marcha vers Baghdad.

 

Cette année, les Tatars attaquèrent Baghdad. Le calife envoya contre eux une armée et la plupart des Tatars furent tués tandis que le reste prit la fuite.

 

 

La reprise de Bayt al-Maqdis par al-Malik an-Nassir Daoud

 

En l’an 637 de l’Hégire (1239), alors que les princes Ayyoubi étaient en conflit, les croisés bâtirent une citadelle à Jérusalem dans laquelle ils intégrèrent la tour de Daoud qui avait été laissé en état quand al-Malik al-Mou’azzam fit raser les murs de la ville. Quand al-Malik an-Nassir Daoud en fut informé, il marcha sur Bayt al-Maqdis qu’il pilonna avec ses mangonneaux et après 21 jours de siège, il prit la ville par la force des armes, le 9 du mois de Joumadah Awwal avec une partie de l’armée égyptienne. Quant à la tour de Daoud, elle ne fut prise que le 15 de ce même mois. An-Nassir accorda la sécurité aux habitants mais se saisit de leurs biens. Puis, il rasa la tour de Daoud, entra dans Jérusalem et chassa les croisés. Ibn al-Jawzi écrivit ces vers :

« La Mosquée lointaine a cette habitude qui est devenue connue dans tout l’univers :

Lorsque la mécréance s’établit et la souilla par sa présence, Allah lui envoya un prince qui la vengea de cet affront.

Ce fut un Nassir qui la vengea une première fois et c’est un Nassir qui la vengea une deuxième fois. »

 

Le dimanche 14 du mois de Rabi’ Awwal eut lieu un affrontement entre les croisés qui occupait la Palestine et l’armée égyptienne ou les croisés furent battus. Les Musulmans capturèrent leur cavalerie, leurs comtes, quatre-vingt cavaliers et deux cent cinquante fantassins qui furent conduits au Caire. Dans ce combat, 1 800 croisés furent tués et les Musulmans ne perdirent que dix hommes.

 

 

Des exactions des Khwarizmi

 

En l’an 638 de l’Hégire (1240), les Khwarizmi ravagèrent le pays qui dépend de Qal’at Ja’bar et de Balis et massacrèrent un grand nombre des habitants. Ceux qui s’échappèrent se réfugièrent à Alep et Manbij.

Les Khwarizmi se joignirent avec Badr ad-Din Lou' lou', le prince de Mossoul et leur force combinée s’éleva à environ douze mille hommes qui marchèrent sur Alep. L’armée d’Alep sortit à leur rencontre pour les affronter mais elle fut mise en déroute et perdit un très grand nombre d’hommes. Les Khwarizmi prirent alors tous les bagages de l’armée. La garnison de la ville résista à leurs attaques mais tous les territoires furent dévastés. Les armées coalisées commirent des actes abominables, massacrant ou réduisant en captivité les habitants tandis que les édifices furent ruinés. Les habitants de Manbij furent passés par l’épée et un nombre incalculable de personnes périrent dans la place. La ville fut pillée, les soldats violèrent les femmes dans la mosquée ‘Alamiyah, les enfants furent massacrés et lorsque tout fut ravagé, ils se retirèrent. Les Khwarizmi montrèrent ainsi aux gens de quels genres d’atrocités ils étaient capables.

Lorsqu’al-Mansour, le souverain de Homs apprit que l’armée d’Alep avait été anéantie par les Khwarizmi, il partit avec ses troupes pour Alep ou il arriva devant la ville, le samedi 23 du mois de Rabi’ Thani. Le sultan et la population sortirent d’Alep pour l’accueillir ainsi que les troupes d’Alep qui se réunirent sous le commandement de ce prince avec l’armée de Damas. Al-Mansour traversa alors l’Euphrate et marcha sur Sarouj et ar-Rouha ou il tomba sur les Khwarizmi et les mit en déroute puis, il s’empara de tous leurs bagages et les força à s’enfuir jusqu’à ‘Ana.

 

L’alliance d’al-Malik as-Salih ‘Imad ad-Din avec les croisés

 

Le Sheikh ‘Izz ad-Din Ibn ‘Abd as-Salam se rend au Caire

 

Cette même année, le Sheikh ‘Izz ad-Din Ibn ‘Abd as-Salam arriva au Caire après avoir été chassé de Damas par al-Malik as-Salih Isma’il. Al-Malik as-Salih-Najm ad-Din le reçut honorablement et lui donna la charge de Khatib de la mosquée de ‘Amr Ibn al-‘As (qu’Allah soit satisfait de lui) à Misr puis le jour de ‘Arafat, il le nomma Qadi de Misr et du Sud de l’Egypte en remplacement du Qadi al-Qoudat Sharaf ad-Din Ibn ‘Ayn ad-Dawlah.

 

 

Cette année, lorsque Badr ad-Din Lou'lou' fit la paix avec les Khwarizmi et leur donna la ville de Nissibin, ils quittèrent Mossoul après qu’al-Malik al-Mouzaffar Ghazi Ibn al-Malik al-’Adil, le prince de Mayafariqin, fit alliance avec eux. Ils marchèrent ensuite sur Amid et l’armée d’Alep, sous le commandement d’al-Malik al-Mou’azzam Fakhr ad-Din Touranshah, le fils du sultan Salah ad-Din, sortit pour leur livrer bataille et les repoussa de cette ville. Les Khwarizmi ravagèrent la région de Mayafariqin et livrèrent plusieurs batailles contre les troupes d’Alep. L’armée rentra alors à Alep et les Khwarizmi retournèrent piller la province de Mossoul.

 

Cette même année, al-Malik al-Mansour, à la tête d’une armée considérable, arriva du Yémen à la Mecque au mois de Ramadan. Les Égyptiens qui se trouvaient à la Mecque s’enfuirent après avoir incendié le palais du gouvernement de cette ville pour détruire les armements et ce qui s’y trouvaient.

 

 

De l’attaque de Naplouse par les croisés

 

Le vendredi 4 du mois de Joumadah Awwal de l’année 640 de l’Hégire (1242), les croisés de ‘Akkah (Acre) descendirent sur Nablous (Naplouse), ravagèrent le pays et firent des prisonniers. Ils prirent le Minbar du Khatib et ils se retirèrent le dimanche suivant après avoir causé des dégâts considérables.

 

Les Tatars arrivèrent à Arzan ar-Roum tandis qu’al-Malik al-Mouzaffar Ghazi combattit les Khwarizmi.

 

L’émir Iqbal quitta Alep avec l’armée pour combattre les Khwarizmi avant de revenir.

 

 

 

L’assassinat du calife al-Moustansir Billah

 

Cette année, le calife al-Moustansir Billah Abou Ja’far al-Mansour Ibn ath-Thathir Bi-Amrillah Abou Nasr Muhammad Ibn an-Nassir Li-Dinillah Ahmad al-‘Abbassi, le commandeur des croyants, mourut à l’aube du vendredi 10 du mois de Joumadah Thani alors qu’il était âgé de de cinquante et un ans, quatre mois et sept jours. Son décès fut causé par une piqûre d’une lame empoisonnée. La durée de son califat fut de dix-sept ans, moins un mois. Il a aussi été rapporté qu’il mourut le 22 de ce même mois et que la durée de son règne fut de quinze ans, onze mois et cinq jours. Ce fut sous son règne que les Tatars lancèrent leur campagne pour s’emparer de Baghdad. Il fut aussi rapporté que son armée s’élevait à plus de cent mille hommes. Il fut succédé par son fils, al-Mousta’sim Billah Abou Ahmad ‘AbdAllah. Les responsables du gouvernement poussèrent ce dernier à ramasser de l’argent en diminuant considérablement les effectifs de l’armée, ce qu’il fit. Le calife fit alors la paix avec les Tatars en leur payant un immense tribut (Jizyah).

 

Cette même année, des pèlerins quittèrent Baghdad pour La Mecque après que le pèlerinage d’Irak fut interrompu durant sept années.

 

 

Les Tatars attaquent le Sultanat de Roum (Asie Mineure)

 

En l’an 641 de l’Hégire (1243), les Tatars attaquèrent l’Asie Mineure et soumirent le sultan Ghiyath ad-Din dont ils firent leur vassal et l’obligèrent à payer un tribut. Ils prirent aussi d’assaut les villes de Sivas et de que Qayssariyah et obligèrent le souverain de cette ville à leur payer tous les ans 400 000 dinars. Ghiyath ad-Din s’enfuit à Constantinople pour leur échapper et laissa la succession à son fils Rouqn-ad-Din qui était encore un enfant et qui ne tarda pas à être assassiné.

 

Les croisés reprennent Bayt al-Maqdis

 

Al-Malik an-Nassir Daoud et al-Malik as-Salih Isma’il envoyèrent des messagers aux croisés pour s’allier avec eux si ces derniers s’engageaient à les aider et à leur envoyer des renforts pour lutter contre al-Malik as-Salih Najm ad-Din et en échange les deux souverains leur remettraient Bayt al-Maqdis, Tibériade et Ascalon. Lorsque les croisés prirent possession de ses villes, ils rebâtirent les fortifications et les citadelles, déposèrent des flacons de vin sur la Roche de la Qoubbah as-Sakhrah à Jérusalem et accrochèrent des cloches dans al-Masdjid al-Aqsa.

Al-Malik as-Salih quitta alors le Caire et campa à Birkat al-Joubb ou il resta quelque temps puis, écrivit aux Khwarizmi pour leur demander de venir en Egypte pour combattre les Syriens ce qu’ils firent.

 

 

En l’an 642 de l’Hégire (1244), arriva à Damas une lettre de Badr ad-Din Lou'lou', le souverain de Mossoul qui informait qu’il avait imposé à la population syrienne un impôt annuel pour subvenir aux frais de guerre contre les Tatars et qui était fixé à dix dirhems pour les riches, cinq dirhems pour les moins fortunés et un dirhem pour les pauvres.

 

De la reprise de Jérusalem par Houssam ad-Din Barakah Khan et les Khwarizmi

 

 

La bataille de Gaza

 

 

 

 

 

 

Les Khwarizmi reprennent les villes côtières de Jérusalem

 

 

 

La reconstruction des murailles de Bayt al-Maqdis et la reconquête de Tibériade

  

 

Du débarquement du roi Louis Ibn Louis al-Fransis as-Salibi en Egypte

 

Au mois de Mouharram de l’année 647 de l’Hégire (1249), le sultan al-Malik as-Salih Najm ad-Din Ayyoub qui était malade, quitta Damas dans une litière quand il apprit que les croisés s’étaient mis en campagne. Il campa donc à Ashmoum Tannah et fit rassembler dans Damiette une grande quantité de provisions et d’armements. Il ordonna à l’émir Houssam ad-Din Ibn Abou ‘Ali, son lieutenant au Caire, d’armer les navires qui se trouvaient dans les arsenaux de Misr. L’émir s’empressa d’exécuter cet ordre et fit partir les navires les uns après les autres. Le sultan écrivit également à l’émir Fakhr ad-Din et lui ordonna de venir camper sur les rives du canal de Damiette avec les troupes égyptiennes, de façon à faire face à l’armée croisée quand elle débarquerait. Il se mit donc en route avec son armée et vint camper sur la rive en face de Damiette dont il était séparé par le Nil.

 

Alors qu’il ne restait que neuf jours du mois de Safar, à la deuxième heure du vendredi la flotte des croisés arriva d’outre-mer et leur immense armée commandée par le roi Louis Ibn Louis al-Fransis.

Le roi des croisés envoya au sultan un message qui débutait par leur paroles de mécréance et qui disait : « Tu n’es pas sans savoir que je suis le souverain des nations qui suivent la religion du Christ comme je te reconnais pour être le souverain des peuples qui suivent la religion de Muhammad. Sache que je ne te crains pas et les Musulmans qui habitent l’Andalousie nous payent le tribut et nous offrent des cadeaux. Nous les chassons comme des troupeaux de bœufs, nous tuons leurs hommes, nous violons leurs femmes, nous prenons en captivité leurs filles et leurs enfants et nous désertifions leur pays. Ceci dit, même si tu me jurerais de me reconnaître comme ton suzerain et que tu te présenterais devant moi accompagné de prêtres et de moines et que tu tiendrais un cierge à la main démontrant ton adoration de la croix, je marcherais quand même contre toi et te combattrais jusqu’aux confins de ton empire. Je t’ai donc mis en garde et t’informe que l’armée qui est sous mon commandement est telle qu’elle couvre les montagnes et remplit les vallées. Le nombre de mes soldats est comparable à celui des cailloux qui couvrent les routes et que j’ai lancé contre toi avec des épées qui trancheront le différend entre nous. »

Quand le sultan fut informé de son contenu, il entra dans une terrible rage et fit répondre au roi par le Qadi Baha ad-Din Zouhayr Ibn Muhammad : « J’ai reçu ta lettre dans laquelle tu me menaces du nombre infini de tes troupes et de sa multitude mais sache que nous sommes les maîtres des épées. Nulle aile de notre armée n’a jamais été vaincue sans que nous l’ayons remplacée et personne ne nous a provoqué sans que nous ne l’ayons détruit. Si tes yeux avaient vu les éclats des lames de nos sabres, l’échelle de nos destructions, les étendues de nos conquêtes de vos places fortes et de vos villes en Palestine, s’ils avaient vu les ruines que nous avons accumulées dans vos pays lointains ou proches, tu te mordrais les doigts de dépit et de chagrin. Il ne fait aucun doute que si ce jour est à nous, la fin sera contre toi et verra ta perte et tu regretteras alors amèrement d’avoir entrepris cette campagne car ceux qui agissent injustement verront leurs projets se retourner contre eux. Quand tu auras lu ma lettre, médite donc ces versets : « L’ordre d’Allah arrive. Ne le hâtez donc pas. Gloire à lui ! » (Qur’an 16/1)  et : « Et certainement vous en aurez bientôt des nouvelles ! » (Qur’an 38/88). Sache que nous nous faisons aveuglement confiance à la parole d’Allah, Glorifié et Exalté soit-Il dont les paroles sont les plus véridiques et Qui a dit : « Combien de fois une troupe peu nombreuse a, par la grâce d’Allah, vaincu une troupe très nombreuse ! Et Allah est avec les endurants. » Les sages ont dit que l’agresseur mordra la terre et ton insolence causera ta perte. Salut ! »