Du retour d’un groupe de Tatars à ar-Rayy, Hamadan et ailleurs

 

 

 

Du siège de Ganja par les Géorgiens

 

En l’an 622 de l’Hégire (1225), les Géorgiens avec toutes leurs forces marchèrent sur la ville de Ganja dans Arran avec l’intention de l’assiéger. Ils préparèrent tout ce qui leur était nécessaire pour cela avec tous les soldats qu’ils pouvaient parce que les habitants de Ganja étaient très nombreux, militairement très puissant et valeureux suite à leur longue pratique de la guerre avec les Géorgiens. Quand ils arrivèrent et campèrent, ils engagèrent les défenseurs derrière les murailles de la ville pendant plusieurs jours mais aucun d’entre eux (les défenseurs) ne se montra. Puis un jour, les habitants de Ganja et les soldats parmi eux sortirent à l’extérieur de la ville et engagèrent les Géorgiens dans une bataille violente et décisive. Voyant cela, les Géorgiens réalisèrent que la ville était trop forte pour eux et ils se sont retirèrent après que les habitants de Ganja leur aient avaient infligé de lourdes pertes. « Et Allah renvoya, avec leur rage, les mécréants sans qu’ils n’aient obtenu aucun bien. » (Qur’an 33/25)

 

De la déposition de Shirwan Shah et de la victoire des Musulmans sur les Géorgiens

 

 

Compte rendu d’une autre victoire musulmane sur les Géorgiens

 

Cette année aussi, un corps de Géorgiens quitta Tiflis pour l’Azerbaïdjan et les terres en possession d’Ouzbak. Ils campèrent au-delà d’un passage étroit dans les montagnes, seulement accessibles par des cavaliers sur une seule colonne. Ils campèrent dans cette place sans crainte des Musulmans qu’ils croyaient faibles puis parce qu’ils étaient confiants de la sécurité de leur position et qu’il n’y avait pas de route pour parvenir jusqu’à eux (les Géorgiens).

Un détachement des forces musulmanes sortit à leur rencontre et s’engagea dans le passage ou ils campaient en prenant de grands risques. Les Musulmans furent alors sur eux avant que les Géorgiens ne réalisent leur présence, les passèrent par l’épée et les tuèrent à volonté. Le reste tourna le dos et s’enfuit chacun pour soi. Un bon nombre d’entre eux fut fait prisonniers et avec un sentiment d’indignation, ils décidèrent de prendre leur revanche et faire tout leur possible pour attaquer l’Azerbaïdjan et extirper les Musulmans. Ils commencèrent donc à faire des préparatifs en rapport avec leur plan.

Et tandis qu’ils étaient ainsi occupés, les nouvelles leurs parvinrent que Jalal ad-Din Ibn Khwarizm Shah était arrivé à Maraghah, comme nous allons le rapporter si Allah le veut. Ils abandonnèrent leur projet et envoyèrent un messager à Ouzbak le seigneur d’Azerbaïdjan l’invitant à coopérer pour repousser Jalal ad-Din. Ils dirent : « Si nous ne nous mettons pas d’accord, il vous submergera en premier et nous après. » Cependant, Jalal ad-Din les devança avant qu’ils ne puissent s’entendre et s’unir. Ce qui arriva est ce que nous allons raconter si Allah Tout Puissant le veut.

 

 

 

Compte de la prise de l’Azerbaïdjan par Jalal ad-Din

 

Compte de la défaite des Géorgiens devant Jalal ad-Din

 

 

 

De la prise de Tiflis par Jalal ad-Din

 

 

Du siège de Jalal ad-Din des villes d’Ani et de Kars

 

Pendant le mois de Ramadan et comme nous l’avons rapporté, Jalal ad-Din retourna de Kirman à Tiflis d’où il partit pour Ani qui était en possession des Géorgiens et où se trouvait  Iwani le commandant des forces géorgiennes avec les notables géorgiens qui étaient restés avec lui. Jalal ad-Din assiégea la ville et envoya un contingent de son armée dans la ville de Kars, également une possession géorgienne. Ces deux places étaient parmi les plus puissantes et les plus imprenables. Il descendit sur les deux et les assiégea, engagea leurs défenseurs et mit en place des trébuchets pour les attaquer. Il procéda à de vigoureux assauts mais les Géorgiens tinrent fermes et exercèrent une extrême prudence et la vigilance en raison de leur crainte qu’il ne les traite comme il avait traité leurs coreligionnaires à Tiflis. Il maintint sa position jusqu’à ce que la moitié de Shawwal fut passé et puis il quitta l’armée assiégeant les deux endroits et retourna à Tiflis.

De Tiflis, il procéda en marche forcée vers le pays d’Abkhazie et le reste de la Géorgie ou il tomba sur les gens y vivant et les tua, pilla et prit des captives. Il ruina et brûla le pays et ses troupes prirent ce qu’il y avait comme butin. Ensuite, il partit et retourna à Tiflis.

 

De la dissension entre les croisés et les Arméniens

 

Cette année, le prince des croisés, le seigneur d’Antioche, rassembla un grand corps de troupes et attaqua les Arméniens dans les passes, la terre du fils de Leon et il y eut de sévères hostilités entre eux.

La raison est due au fait que le fils de Léon l’Arménien, le seigneur des Passes, mourut sans laisser d’enfant mâle mais seulement une fille dont les Arméniens firent leur souveraine. Par la suite, ils réalisèrent que le règne ne pouvait pas être exercé par une femme et ils proposèrent de la marier au fils du prince (des croisés), ce qu’ils firent dûment et il déménagea dans leur pays où il fut établi comme souverain pour environ un an. Puis ils regrettèrent cela et craignirent que les croisés prennent le contrôle de leurs terres alors, ils se soulevèrent contre le fils du prince, l’arrêtèrent et l’emprisonnèrent. Son père envoya un messager pour demander qu’il soit libéré et restauré dans sa fonction mais ils ne le firent pas. Il envoya donc un messager au pape, le chef des croisés à Rome, pour demander la permission d’attaquer leurs terres et les paroles du prince de Rome étaient lois pour les croisés. Il défendit le seigneur d’Antioche de les attaquer, en disant : « Ils sont nos coreligionnaires. Il est interdit d’attaquer leurs terres ». Cependant, il désobéit et envoya un messager à ‘Ala' ad-Din Kaykoubad, le gouverneur de Konya, Malatya et des pays musulmans suivants pour faire la paix avec lui et se mettre d’accord avec lui pour envahir les terres du fils de Léon et de coopérer dans ce domaine, ce qu’il fit. Le prince rassembla ses troupes et marcha dans les terres arméniennes. Les Templiers, les Hospitaliers ou les meneurs des croisés s’opposèrent à lui et dirent : « Le prince de Rome nous a interdit de le faire. » Néanmoins, d’autres lui obéirent et le souverain d’Antioche entra à la lisière des terres arméniennes, des passages étroits et des montagnes escarpées sans qu’il fut capable de réaliser ce qu’il voulait.

 

Kaykoubad envahit l’Arménie à partir de son territoire qui permettait un accès plus facile que l’approche de Syrie. Il entra dans le pays en l’an 622 de l’Hégire (1225), pilla, brûla et assiégea plusieurs forteresses et en conquit quatre puis l’hiver arriva et il se retira.

 

Quand le pape de Rome entendit ces nouvelles, il envoya un messager aux croisés de Syrie pour les informer qu’il avait excommunié le prince. Les Templiers, les Hospitaliers et de nombreux chevaliers refusèrent alors de le (le seigneur d’Antioche) rencontrer ou d’entendre ce qu’il avait à dire. Chaque fois qu’une fête religieuse était tenue pour le peuple de ses terres d’Antioche et de Tripoli, il s’en aillait et quand elle était finie, il retournait chez lui.

Plus tard, il envoya un messager au pape pour se plaindre que les Arméniens n’avaient pas libéré son fils et lui demander la permission d’entrer dans leurs terres et leur faire la guerre s’ils ne libéraient pas son fils. Le pape envoya un messager aux Arméniens leur ordonnant de libérer son fils et de le rétablir au pouvoir. S’ils ne le faisaient pas alors il lui permettrait d’attaquer leurs terres. Lorsque le message leur parvint, ils ne libérèrent toujours pas son fils de sorte que le prince rassembla ses troupes et envahit l’Arménie. Les Arméniens envoyèrent un messager à l’Atabeg Shihab ad-Din d’Alep pour lui de demander l’aide et de susciter la crainte du prince s’il prenait le contrôle de leurs terres parce qu’elles étaient à proximité des quartiers d’Alep. En réponse Shihab ad-Din leur fournit des soldats et des armes.

Quand le souverain d’Antioche fut informé, cela renforça sa détermination à envahir leurs terres. Il marcha pour leur faire la guerre mais sans toutefois atteindre un objectif quelconque si bien qu’il se retira. Ceci me fut rapporté par un chrétien intelligent qui se trouvait dans ces régions et qui les connaissaient. J’ai interrogé une autre personne qui connaissait certains faits et n’était pas sûr pour les autres.

 

 

Cette année, il y avait deux éclipses de lune, la première fut la veille du 14 du mois de Safar.

 

Cette année, il y eut aussi une merveille dans les environs de Mossoul à savoir une source d’eau très chaude connut sous le nom de source d’al-Qayyarah que les habitants appelaient la source de Maymoun. Un peu de « goudron » jaillit avec l’eau ou les gens avaient l’habitude de s’y baigner en permanence durant le printemps et l’automne, car elle était extrêmement efficace pour les maladies « froides » telle que l’ « hémiplégie. » Ceux qui nageaient dedans éprouvaient une grande douleur à cause de la chaleur de l’eau. Cependant, cette année, l’eau se refroidie si bien que n’importe quel baigneur pouvait désormais sentir le froid. Ils l’abandonnèrent et se rendirent dans une autre source.

 

Cette année, il y eut de nombreux loups, des sangliers, des serpents et beaucoup furent tués. J’ai entendu dire qu’un loup entra dans Mossoul et qu’il fut tué. Un de mes amis qui avait un verger en dehors de Mossoul m’a dit que durant la période d’été de l’année 622 de l’Hégire (1225) il tua deux serpents mais que cette année et on était à peine le 1er Hayzouran (juin), il en avait déjà tué sept, si nombreux qu’ils l’étaient.

 

Cette année aussi, la pluie ne tomba pas sur Mossoul et la plupart d’al-Jazirah du 5 Shoubat (février) jusqu’au 12 Nisan (avril) ou rien ne se passa selon la coutume et que juste un peu de pluie tomba alors sur certains villages si bien que les récoltes furent rares. Ensuite, de nombreux criquets apparurent et la peine des personnes augmenta. La hausse des prix s’était ralentie un peu mais en raison du grand nombre de sauterelles, ils augmentèrent de nouveau. En outre, dans la plupart des villages de gros grêlons tombèrent qui ruinèrent et détruisirent ce que les gens avaient semé. Les rapports sur leurs différentes tailles différèrent. Le poids d’un grêlon fut soit 200 dirhams ou soit d’un Ratl. Il y eut aussi d’autres revendications de faites mais finalement, la grêle tua de nombreux animaux et à la fin de l’année, la famine durait toujours et plus gravement à Mossoul.

 

Un de nos amis attrapa un lapin et vit qu’il avait deux testicules, un pénis et la vulve d’une femelle. Quand ils ouvrirent le ventre, ils trouvèrent deux jeunes à l’intérieur. J’ai entendu cela de mon ami et de plusieurs autres qui étaient avec lui. Ils dirent : « Nous avons toujours entendu dire que le lapin était mâle pendant une année et femmes la suivante mais nous ne l’avons pas cru cependant, quand nous avons vu cela, nous avons réalisé qu’il était tombé enceinte alors qu’il était une femelle et qu’à la fin de l’année, il était devenu un homme. Peut-être est-ce ainsi ou non parmi les lapins comme un hermaphrodite parmi les humains  qui a des parties intimes masculine et féminine. C’est également le cas où un lapin à ses menstrues tout comme les femmes. J’ai vécu à Jazirat Ibn ‘Omar et nous avions un voisin qui avait une fille appelée Safiyah. Elle resta ainsi pendant une quinzaine d’années quand il apparut que le pénis d’un homme s’était développé et sa barbe poussa. « Il » eut ainsi une vulve et un pénis.

 

Cette année, un homme de notre maison sacrifia un mouton et trouva sa chair extrêmement amère de même que sa tête, ses jambes et tous ses abats. Ce fut une chose qui n’a jamais été entendue précédemment.

 

Le mercredi 25 du mois de Dzoul Qi’dah à midi, il y avait un tremblement de terre à Mossoul et dans la plupart des pays arabes et perses. Le plus fort séisme eut lieu à Shahrazour car la plus grande partie de la ville fut endommagée notamment la citadelle qui fut complètement détruite. Dans cette région, six forteresses furent ruinées. Des répliques continuèrent pendant un peu plus de trente jours et puis Allah Exalté soulagea les gens. Quant aux villages dans cette région, ils furent pour la plupart ruinés.