Du retour des croisés à Acre

 

Après le retour d’al-Afdal avec sa suite, le retour d’al-‘Adil et du fils de Taqi ad-Din avec leurs troupes, ils furent rejoints par les armées de l’est, de Mossoul, de Diyar Bakr, de Sinjar et d’ailleurs ainsi que les troupes réunies de Damas. Les croisés devinrent alors convaincus qu’ils ne seraient pas de taille contre eux et ils quittèrent  les lieux pour revenir à Acre, en faisant comprendre clairement leur intention d’attaquer et assiéger Beyrouth. Salah ad-Din ordonna à son fils al-Afdal d’y aller avec sa troupe et toutes les troupes de l’est pour empêcher les croisés d’y marcher. Il procéda à Marj al-‘Ouyoun, où les forces se rassemblèrent avec lui et il resta là, en attendant les croisés mais quand ils furent informés de sa présence, ils restèrent à Acre.

 

De la prise de Jaffa par Salah ad-Din

 

 

De la paix faite avec les croisés et du retour Salah ad-Din à Damas

 

 

De la mort de Kilij Arsalan

 

Au milieu du mois de Sha’ban de cette année, mourut dans la ville de Konya le prince Kilij Arsalan Ibn Mas’oud Ibn Kilij Arsalan Ibn Souleyman Ibn Qoutloumish Ibn Saljouq de la maison de Saljouq. Les terres qu’il tenait étaient Konya et ses dépendances, Aksaray, Sivas, Malatya et d’autres. Son règne dura environ vingt-neuf ans. Il fut un excellent souverain d’un grand prestige, d’une justice abondante et conduisit un grand nombre d’expéditions militaires dans les terres byzantines. Dans sa vieillesse, il divisa ses terres parmi ses fils qui le considérèrent dès lors faible et ne lui portèrent aucune attention tandis que son fils Qoutb ad-Din restreignit ses mouvements.

 

 

 

 

De la mort de Salah ad-Din et de quelques-unes de ses caractéristiques

 

 

 


Chapitre Quatre

 

 La quatrième croisade

 

 

La croisade des enfants

 

 

 

La situation des croisés en Palestine

 

 

 

 

 


Chapitre Cinq

 

 

La cinquième croisade

 

Jean de Brienne ayant assis son autorité sur le trône de Jérusalem (je vous rappelle que Jérusalem était aux mains des Musulmans et que le royaume dont il s’agit ici est celui d’Acre mais c’est ainsi que l’auteur le rapporte) décida de razzier l’Egypte. Il envoya donc un messager au pape pour lui demander d’exacerber les sentiments des gens pour les rendre propice à répondre pour une nouvelle guerre sainte et ainsi lever des armées pour une nouvelle croisade.

Le pape Innocent III (3) répondit à sa demande et envoya donc en conséquence des messagers aux différents rois d’Europe pour les inviter à se joindre à la nouvelle croisade dont l’objectif était aussi l’Egypte. Le Duc d’Autriche (nimsa) Léopold VI  (6) et André II (2) le roi d’Hongrie répondirent à l’appel d’Innocent III qui était bien décidé à participer en personne à cette guerre sainte mais qui mourut peu après en l’an 613 de l’Hégire (1216).  

Le pape Honorius III lui succéda au siège de la papauté et les armées de la cinquième croisade arrivèrent à ‘Akka (Acre) au mois de Rajab de l’année 614 de l’Hégire (1217),  après avoir voyagé par mer.

 

Lorsqu’al-‘Adil, le frère de Salah ad-Din fut informé des mouvements des armées croisées, il quitta l’Egypte et partit à leur rencontre mais son armée n’était pas prête pour un affrontement de grande envergure ni armée en conséquence, c’est pourquoi il choisit de les harceler plutôt que de les attaquer de front tout en coupant l’approvisionnement de l’armée croisée. Il détruisit ainsi tout ce qui aurait pu leur être utile sur leur chemin, les cultures, les villages, les ponts et les sources d’eau. Les croisés quant à eux détruisirent tout ce ne l’avait pas été si bien que le roi d’Hongrie André II, satisfait d’avoir participé à une croisade, décida de retourner dans son pays par voie terrestre ou il arriva au mois de Mouharram de l’année 615 de l’Hégire (1218).

Ainsi prit fin la première vague de la cinquième croisade quant à la deuxième vague, et la plus importante, elle quitta Acre au mois de Safar de cette même année (615) en embarquant sur des navires et se rendit au port de Damiette (dimyat) dans le delta du Nil pour attaquer l’Egypte, le grenier et le bastion de l’Islam.

Les croisés envoyèrent un messager au roi chrétien d’Abyssinie (habasha) et lui demandèrent de débarquer au Hijaz pour attaquer et détruire La Mecque et Médine pour occuper les Musulmans sur un autre front ce qui leur permettrait de prendre facilement l’Egypte.

L’immense force croisée débarqua sur la rive occidentale du Nil et comme vous le savez le Nil se divise en plusieurs canaux dont celui de Rashid et de Damiette et cette région appelée le Delta du Nil est une des régions les plus fertiles du monde tandis que le Nil est lui-même un des plus longs fleuves du monde que les mécréants appellent d’ailleurs la mer (al-Bahr).

Le port de Damiette est donc sur une presqu’île entre deux canaux et celui qui arrive par mer à la possibilité de pénétrer dans le Nil et parvenir ainsi à l’une des capitales de l’Islam ; Le Caire, la capitale des Ayyoubi.

Cependant ces canaux étaient entravés par deux lourdes chaînes qui pouvaient interdire ou permettre l’accès comme la chaîne qui obstruait l’entrée de la Corne d’Or à Constantinople depuis le Bosphore qui contrôlait ainsi le trafic fluvial en permettant ou en refusant au navire l’accès à Constantinople qui était ceinte de trois murailles.

Ces deux chaînes de la même manière interdisaient l’entrée ou la sortie de Damiette puis du Nil et aucun navire ne pouvait accéder à la ville. C’est pour cette raison que les Egyptiens construisirent la Tour (bourj) de Damiette ou la Tour de la Chaîne (bourj silsilah) qui était une tour lourdement fortifiée au milieu de Nil. Le but de cette tour et de ces chaînes était en priorité la protection du port stratégique de Damiette puis du pays.  

 

Division entre les chefs musulmans et la chute de Damiette

 

 

L’échec de la cinquième croisade

 

Les croisés restèrent longtemps sur les terres musulmanes en Egypte après la capture de Damiette d’autant plus qu’ils reçurent des renforts d’Europe sous le commandement de Louis, le Duc de Bavière (Allemagne) et marchèrent ensemble sur le Caire où ils déversèrent leur rage au mois de Joumadah Awwal de l’année 618 de l’Hégire (1221).       

 

L’armée d’al-Kamil Muhammad et d’al-Mou’addam Ashraf se préparèrent en conséquence pour l’affrontement à al-Mansourah bien qu’al-Kamil leur ait offert des concessions supplémentaires comme la ville de Tripoli mais les croisés refusèrent de nouveau et conduit par leur chef fanatique poursuivirent leur avance au sud du Delta du Nil jusqu’à ce qu’ils soient entourés d’eau sur trois côtés : à l’est par al-Bouhirah Manza, à l’ouest par le confluent de Damiette et au sud par al-Bahr as-Saghir, né de la séparation du confluent de Damiette.

Les navires égyptiens empêchèrent alors les navires croisés d’avancer plus en avant en leur coupant la route et ainsi l’arrivée de la logistique de guerre et l’approvisionnement des croisés qui voyageaient par terre fut stoppé au moment exact de la montée du Nil qui noyaient alors une grande partie du Delta jusqu’à la construction du barrage d’Assouan qui régulera l’arrivée des eaux.

D’autre part, les Musulmans détruisirent toutes les voies d’accès qui permettaient de passer d’une rive à l’autre, ne laissant ainsi aux croisés qu’un passage réduit, pour leur permettre de retourner vers Damiette, qu’al-Kamil Muhammad décida aussi de détruire en envoyant un escadron de 1 000 cavaliers suivit d’un corps de troupe qui tombèrent entre les mains des croisés. Un grand nombre d’entre eux furent tués tandis que le reste fut renvoyé à al-Kamil pour lui demander un traité de paix et lui faire savoir que les croisés quitteraient les terres musulmanes.

Al-Mou’addam Ashraf refusa leur demande et voulut leur faire payer le prix de leur massacre mais sur l’insistance de son frère al-Kamil Muhammad qui avait d’autres plans, les frères acceptèrent leur demande et les croisés se retirèrent de Damiette à la fin du mois de Joumadah Thani de cette même année et la cinquième croisade échoua aussi.

Ce traité de paix est connu dans l’Histoire des Musulmans sous le titre de la première bataille d’al-Mansourah.

 

 

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[1] Comme vous le savez, le butin doit être rassemblé puis une partie doit être mise de côté pour le trésor public et le reste divisé entre les troupes. Le vol du butin est un grave péché comme cela a été rapporté dans plusieurs Hadith du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui).

[2] Cela peut paraitre incroyable que les Musulmans se laissent tromper à ce point et à chaque fois ! Le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions sur lui) a dit : « Le mensonge viendra à bout de ma communauté » et c’est effectivement le cas à l’échelle mondiale ou chaque jour, les Musulmans font l’objet de campagnes intenses de mensonges. Et il n’y a de Force et de Puissance qu’en Allah le Très Haut.

[3] Et avec les croisés déjà sur place c’est une armée de plus d’un million d’individu que Salah ad-Din affronta  et ce afin que vous réalisiez l’ampleur de la tâche. Qu’Allah te fasse miséricorde ô Salah ad-Din !