De ce que fit la flotte sicilienne

 

Quand Salah ad-Din investit Lattaquié, la flotte sicilienne, que nous avons mentionné auparavant, arriva et jeta l’ancre en face du port de Lattaquié. Après que les croisés qui s’y trouvaient eurent abandonné la ville à Salah ad-Din, les membres de cette flotte se résolurent à saisir par colère et exaspération chaque habitant pour avoir abandonné la ville si vite. Les gens de Lattaquié entendirent cela et décidèrent de rester en échange de payer la Jizyah. C’est donc la raison pour laquelle ils restèrent.

 

Le commandant de la flotte demanda un sauf conduit pour un entretien avec le sultan qui lui fut accordé. Il arriva donc et embrassa la terre devant lui et dit : « Vous êtes un sultan charitable et noble. Vous avez fait ce que vous avez fait aux croisés et ils ont été humiliés. Laissez les maintenant être vos Mamalik et vos soldats par qui vous conquerrez des terres et des royaumes. Restituez-leur leurs terres sinon, il viendra de l’autre côté de la mer ce contre quoi vous n’aurez aucun pouvoir pour y faire face. La situation deviendra difficile pour vous et votre position critique. » Le sultan lui répondit avec des propos similaires en exprimant la force et en dépréciant tous qui pourraient venir des mers et que s’ils venaient, il leur ferait goûter la mort et la captivité comme il avait déjà fait à ceux qui les avaient précédés. Le commandant se signa et retourna chez ses hommes.

 

De la conquête de Sahyoun et de plusieurs forteresses

 

 

De la conquête de la forteresse de Bakas et d’as-Shoughr

 

 

De la conquête de Sarminiyah

 

Quand Salah ad-Din avait été occupé avec ces forts et ces forteresses, il envoya des ordres à son fils az-Zahir Ghazi, le seigneur d’Alep, pour assiéger Sarminiyah et bloquer ses habitants. Ce dernier les persuada de capituler en échange d’un impôt qu’il leur imposa. Après les avoir réduits et prit l’impôt, il détruisit la forteresse et effaça toute trace.

Dans cette forteresse et d’autres châteaux se trouvait un grand nombre de Musulmans captifs qui furent libérés et à qui il fut fourni des vêtements et de l’argent. Cette conquête eut lieu le vendredi 23 Joumadah Awwal.

La conquête de cette forteresse et de toutes les forteresses de Jabalah à Sarminiyah, en dépit d’être si nombreuses, eurent lieu sur une durée de six semaines bien qu’ils aient été entre les mains des plus braves des hommes et des plus hostiles aux Musulmans. Que les Louange soient à Celui qui, quand Il veut faciliter ce qui est difficile, fait ainsi. Toutes ces forteresses dépendaient d’Antioche qui ne retint qu’al-Qoussayr, Baghras et Darbsak, ce qui sera rapporté si Allah Exalté le veut.

 

De la conquête de Barziyah

 

 

 

 

De la conquête de Darbsak

 

 

De la conquête de Baghras

 

 

De la trêve entre les Musulmans et le souverain d’Antioche

 

Quand Salah ad-Din prit Baghras, il décida de marcher contre Antioche et l’assiéger. Bohémond le seigneur de la ville fut très effrayé de cela et envoya un messager à Salah ad-Din pour demander une trêve en échange de la libération de tous les prisonniers musulmans qu’il avait. Salah ad-Din consulta les émirs régionaux et d’autres qui étaient avec lui et la majorité avisèrent qu’il devrait l’accepter, pour permettre aux troupes de retourner chez eux, de se reposer et renouveler tout ce dont ils avaient besoin. Il fut d’accord et ils firent une trêve pour une durée de huit mois, prenant effet le 1 Tishrin Awwal (octobre) jusqu’au 31 Ayyar (mai). Il envoya son messager au seigneur d’Antioche pour prendre son serment et libérer les prisonniers qu’il avait.

A cette époque, le seigneur d’Antioche était le plus grand des croisés et leur souverain qui avait le plus large dominion parce qu’après la mort du comte, les croisés lui avait donné Tripoli et toutes ses dépendances en plus ce qu’il avait déjà, puisque le comte n’avait laissé aucun enfant. Quand Tripoli lui fut donné, il en donna la souveraineté à son fils aîné.

 

Salah ad-Din revint à Alep le 3 du mois de Sha’ban et après avoir visité la ville, il poursuivit sa route jusqu’à Damas ou il congédia les troupes de l’est, celle de ‘Imad ad-Din Zanki Ibn Mawdoud, le seigneur de Sinjar et Khabour, les troupes de Mossoul et d’ailleurs. Puis, il paya une visite au tombeau de ‘Omar Ibn ‘Abdel-‘Aziz (puisse Allah lui faire miséricorde) et rendit visite au Sheikh dévot Abou Zakariyyah al-Maghribi qui résidait là. Il était un des serviteurs dévots d’Allah Exalté, le faiseur de miracles manifestes.

Salah ad-Din était en compagnie de l’émir ‘Izz ad-Din Abou al-Foulaytah Qassim Ibn Mouhannah al-‘Alawi al-Houssayni, l’émir de Médine, la ville du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) qui avait joint son entourage et témoigné avec lui ses batailles et ses victoires. Salah ad-Din se considéra bénit de le voir et chanceux d’avoir eu compagnie. Il l’honora grandement, fut bon avec lui et lui demanda son opinion sur toutes les affaires.

 

Au début du mois de Ramadan, Salah ad-Din entra de nouveau à Damas. On lui conseilla de congédier les troupes mais il dit : « La vie est courte et notre fin allouée incertaine. Les châteaux suivants Kawkab, Safad, Karak et d’autres sont encore dans les mains des croisés. Nous devons y mettre fin car ils sont au milieu du territoire musulman et il n’y a aucune garantie contre la cruauté de leurs garnisons. Si nous les négligeons maintenant, nous nous repentirons plus tard. » Et Allah est Plus Savant !

 

De la conquête de Karak et du voisinage

 

Salah ad-Din avait posté une force à Karak pour l’assiéger. Ils maintinrent le siège durant toute cette longue période jusqu’à ce que les réserves et les provisions des croisés furent épuisées si bien qu’ils mangèrent leurs montures et enduré jusqu’à ce que l’endurance ne soit plus possible. Ils se mirent alors en contact avec al-‘Adil, le frère de Salah ad-Din que ce dernier avait stationné au fort de Karak avec un détachement de l’armée pour l’assiéger et surveiller cette région du pays alors que lui-même était loin en direction de Darbsak et de Baghras. Les envoyés croisés vinrent chez lui de Karak avec une offre d’abandonner le château et une demande de conditions. Il fut d’accord avec cela et envoya des instructions sur l’affaire au commandant des assiégeants qui reprit le château et leur donna un sauf-conduit.

Il reçut aussi la capitulation des forts voisins, ceux de Shawbak, d’Hourmouz, de Wou’ayrah et de Silah. Ses soucis inhérents à cette région furent levés et l’Islam redevint fermement établi là. Les cœurs des habitants de cette région de la terre, tels que Bayt al-Maqdis parmi d’autres endroits furent soulagés car ils craignaient les garnisons de ces forteresses et du mal effrayant qu’ils pouvaient provoquer.

 

De la conquête du château de Safad

 

Quand Salah ad-Din arriva à Damas on lui conseilla de nouveau de congédier les troupes mais il dit : « Il est essentiel d’en finir avec Safad, Kawkab et d’autres. » Il resta donc à Damas jusqu’au milieu du mois de Ramadan et partit ensuite pour Safad qu’il mit sous siège et attaqua. Il déploya des trébuchets et maintint une pluie constante de flèches et de roches nuit et jour.

Les provisions des défenseurs et la nourriture furent sur le point d’être épuisés durant la période pendant laquelle ils furent assiégés car Salah ad-Din exerçait un implacable blocus comme nous l’avons rapporté. Quand ils virent la ferme détermination avec laquelle Salah ad-Din conduisait les attaques, ils craignirent qu’il reste jusqu’à ce que la nourriture qu’ils avaient, et qui était déjà bien limitée, soit épuisée et qu’ils soient alors submergés par la force et périssent ou qu’ils deviennent trop faibles pour résister par le manque de nourriture et finalement seraient débordés. Ils demandèrent donc des conditions que Salah ad-Din accepta. Ils partirent donc pour Tyr et Salah ad-Din reprit le fort. Ainsi Allah Exalté sauva les croyants de leur mal car ils étaient au centre des terres musulmanes.

 

De la conquête de Kawkab

 

 

 

De l’apparition d’un groupe de shiites en Egypte

 

Cette année, un groupe de douze shiite se révoltèrent et lancèrent le mot d’ordre des ‘oubaydi ismaéliens « O famille de ‘Ali, O famille de ‘Ali. » Ils allèrent dans rues en lançant leurs cris en imaginant que le peuple de la ville répondrait à leur appel et se rebelleraient avec eux, qu’ils restitueraient la dynastie ‘oubaydi, feraient sortir certains de ses membres emprisonnés dans le palais et prendraient le contrôle de la ville. Cependant, personne ne leur fit attention ni ne les écouta.

Quand ils virent l’insuccès de leur affaire, ils se dispersèrent dans la peur mais furent pris. Salah ad-Din fut informé de cela par lettre et leur tentative l’inquiéta et le dérangea. Le Qadi al-Fadil vint le voir et lui raconta ce qui était arrivé, ajoutant : « Tu devrais plutôt être heureux et non pas triste ou inquiet depuis que tu sais maintenant que dans leurs cœurs, tes sujets t’aiment, te sont fidèles et qu’ils ont abandonné toute leur sympathie envers ton ennemi. Si tu avais pris des dispositions pour que certaines personnes fassent une chose semblable pour tester les sentiments secrets de tes partisans et tes sujets et que tu avais  épuisé de grandes sommes d’argent sur eux, ce serait vraiment une petite affaire comparé à cela. » Ces paroles le tranquillisèrent à nouveau.

 

Ce Qadi al-Fadil était le chef de l’administration de Salah ad-Din et le plus grand administrateur. Ses mérites seront mentionnés quand sa mort sera enregistrée, comme nous le verrons.

 

De la défaite de l’armée du calife devant le sultan Toughroul

 

 

 

 


Chapitre Trois

 

 

Présentation des acteurs et résumé de la troisième croisade

 

Ce qu’ont dit les commandants musulmans sur les Chrétiens

 



[1] Certainement un proverbe arabe.

[2] Pour ceux qui pensent que ces actions ne peuvent être considérés que comme des faiblesses de la part de ses ennemis qui eux ne se sont jamais laissés aller à de tels sentiments envers les Musulmans, la guerre étant la guerre, d’autant que ceux qu’il relâcha reviendrons pour certains maintes et maintes fois le combattre de nouveau et qu’Allah Exalté dit (Qur’an 8/57) : « Donc, si tu les maîtrises à la guerre, inflige-leur un châtiment exemplaire de telle sorte que ceux qui sont derrière eux soient effarouchés. Afin qu’ils se souviennent. » Et bien ce verset est particulièrement destiné  à ceux qui trahissent leur pacte comme cela est mentionné dans le verset qui précède.

[3] Il est malheureux que d’autres Musulmans allaient souffrit à cause d’eux car s’ils demandèrent la clémence à Salah ad-Din, eux n’en offrirent à personne.

[4] Et c’est encore les populations musulmanes civiles qui allaient en payer le terrible prix.