Histoire de l'Islam et des Musulmans


 








L’apogée de l’Empire Ottoman

 

Le sultan Selim et les conquêtes en orient arabe 

Selim I monta sur le trône le 7 Safar 918 H (24 avril 1512 EC) et mourut le 9 Shawwal 926 H (21 août 1520 EC).

 

Selim I prit la responsabilité du gouvernement dans les circonstances très difficiles d’une crise nationale. L’état islamique en Andalousie était tombé aux mains des Espagnols en 897 H (1492 EC), et les tribunaux de l’Inquisition oeuvraient à éradiquer complètement la présence de l’Islam en Andalousie (peu après la prise du palais d’al-Hamra et de Grenade, les Chrétiens oublièrent toute éthique et toute moralité et établirent les tribunaux d’inquisition dans tout le pays. Des milliers de Musulmans durent faire face à des accusations mensongères et fabriquées et furent brulés vifs en châtiment. Un ordre général fut publié en 904 H de confesser le Christianisme ou d’affronter la peine de mort, ce qui eut pour conséquence que les Musulmans s’enfuirent vers les collines et menèrent une vie misérable plutôt que de renoncer à l’Islam. Des milliers de Musulmans furent baptisés de force et leurs enfants furent forcés d’embrasser le Christianisme tandis que des milliers d’autres furent exécutés. Le lavage du corps devint punit par la peine capitale et quiconque était surprit entrain de se laver était tué. (The History of Islam par Akbar Shah Najeeb Abadi : 3/175)). Quand il monta sur le trône, l’Espagne et le Portugal avaient reçu la permission du pape d’isoler le monde musulman.

 

Le sultan Selim I arriva sur le trône à un moment où les Portugais continuaient de menacer le monde islamique depuis le sud et menaçaient d’occuper al-Madinah et de profaner la tombe du Messager de l’Islam, Muhammad (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui), et d’emmener son noble corps en Europe. En même temps, le dirigeant des Mameloukes – devenu faible – avait prouvé son incapacité à s’opposer aux Portugais ; pire encore, le Portugais s’étaient trouvés des supporters parmi ceux qui se prétendaient musulmans.

 

Les Séfévides, avaient recherché d’un coté à s’allier avec eux contre les Ottomans tout en s’opposant en même temps aux Portugais dans le Golfe arabique ou ils voyaient leurs intérêts menacés, une attitude inexplicable.

 

Selim I observa les Séfévides (Ismail bin Junaid Safavide I, un des successeurs de Safiyyuddin Ardabili (1252-1334 EC), vainquit le dirigeant Akkuyunly, Alvand, en 1501 EC, et proclama son règne peu après qu’il eut occupé Tabriz. L’empire séfévide dura jusqu’en 1736 EC. A cette époque, la religion Shiite fut acceptée comme religion d’état. En 1507, les Portugais entrèrent dans le Golfe persique et occupèrent le port d’Hormuz jusqu’en 1622 EC. Abbas I (1578-1629 EC) fut le plus grand dirigeant séfévide. Abbas III, le dernier souverain séfévide, fut forcé de se soumettre à Nadir Quli qui portait le titre de Nadir Shah, et avait accepté d’être intronisé à la condition de l’abandon de l’hérésie shiite. Cependant, il échoua à convertir les Shiites au sunnisme et finit par être assassiné en 1747 EC), motivé par les différences religieuses entre eux et les Ottomans qui avaient commencé à provoquer les Ottomans à l’est et essayaient d’étendre leurs territoires, inspirés par un désir de répandre les odieuses et infâmes croyances shiites.          

 

Le Shah séfévide marcha sur Diyar Bakr et fit de Tabriz sa capitale. Il contacta les Mameloukes et proposa une alliance avec eux contre les Ottomans. Parce que le Jihad contre l’ennemi était obligatoire, et que l’unité de l’état sous une seul dirigeant – le calife – était obligatoire pour les Musulmans afin qu’il puisse défendre et protéger le monde islamique, le sultan Selim conduisit son armée afin de châtier les Séfévides comme ils le méritaient pour avoir fait une alliance avec les Portugais, les ennemis de la Oummah islamique. Ensuite, il marcha vers la Syrie et l’Egypte dans le but de renforcer la puissance des Mameloukes afin qu’ils puissent résister ensemble contre les croisés portugais et les combattre. Le but était d’unifier la puissance des Musulmans pour contrer la menace des Croisés.

 

L’opération entreprise par le sultan Selim I eut pour conséquence un affrontement avec les Séfévides à Chaldiran, au sud de Qāris, dans l’est de l’Anatolie en Rajab 920 H (Août 1514 EC), ce qui conduisit à la défaite des Séfévides et à la victoire des Ottomans qui entrèrent à Tabriz.

 

Le Sultan Selim et l’empire Mamelouke (la Bataille de Marj Dabiq)   

Les relations entre l’empire ottoman et l’empire mamelouke allaient du chaud au froid, avec le respect mutuel affiché par les deux états qui allait jusqu’à l’échange de cadeaux et des félicitations suite à des victoires à certains moments, à l’inimitié, la discorde et les disputes, qui menaient à des affrontements militaires aux frontières entre les deux états, à d’autres moments. Les causes de dispute étaient nombreuses, comme des disputes de frontières, l’accueil par al-Ghawri de princes ottomans princes ayant fui le sultan Selim, les mesures prises pour provoquer des troubles, la position inamicale d’al-Ghawri envers les Ottomans pendant leur guerre contre les Séfévides pour n’être pas resté neutres. Il ne joignit pas ouvertement les Séfévides mais les supportait formellement en empêchant le passage de cadeaux envoyés d’Inde à Istanbul et il entravait l’arrivée des caravanes d’approvisionnement des soldats ottomans, ce qui les empêchait d’avancer.

 

 

En fait, la victoire de Selim à Chaldiran fut soudaine et inattendue par les Mameloukes, et les gouverneurs d’Egypte ne purent cacher leurs espoirs de défaite. A la surprise de tout le monde musulman, les Mameloukes ne célébrèrent pas cette victoire, parce que le sultan mamelouke savait parfaitement que le vainqueur œuvrerait à les supprimer du pouvoir. Pour cette raison, il fut obligé de répondre aux développements politiques et militaires. Le sultan al-Ghawri se rendit compte que son armée ne pourrait pas tenir seule contre l’armée ottomane, qui était bien équipée et bien organisée et il essaya de faire alliance avec Ismail, le Shah séfévide. Ce qui l’encouragea peut-être à cela fut le fait que le Shah était prêt, après Chaldiran, à continuer ses actions contre le Sultan Selim.

 

Mais la tentative d’al-Ghawri ’s n’eut pas un résultat positif ; au contraire, elle eut l’effet contraire sur sa relation avec les Ottomans, qui considéraient que cette tentative était un coup de poignard dans le dos de l’empire ottoman et rendit irrévocable la guerre entre les deux camps, en particulier après les tentatives pour obtenir un traité de paix aient échoué.

Les Ottomans parvinrent à infliger une défaite écrasante à l’armée mamelouke lors de la bataille de Marj Dabiq, au nord de Halab, le 25 Rajab 922 H (24 Août 1516 EC), au cours de laquelle le sultan al-Ghawri fut tué.

 

 

Le sultan Selim et la conquête des terres de Syrie 

Après la défaite des Mameloukes à Marj Dabiq, Selim étendit la portée de ses opérations militaires et l’une après l’autre, les villes de Syrie se soumirent à lui (Halab, Hamah, Hims et Damas) et les gouverneurs de ses territoires et leur éminent peuple se hatèrent d’annoncer leur allégeance aux nouveaux dirigeants ; des sermons furent lus au nom de Selim dans la mosquée omeyyade puis Selim envoya un message à Tuman Bay (al-Ashraf Tuman Bay II fut le dernier sultan mamelouk indépendant d’Egypte. (Traducteur) Vous comprendrez que tous les Musulmans qui refusèrent l’unité avec l’empire ottoman ne le firent que pour conserver leur propre intérêt (leur trone) au dépend de la volonté populaire), le nouveau sultan d’Egypte, lui proposant de signer un traité de paix, à condition qu’il reconnaisse la souveraineté ottomane. Tuman Bay était enclin à accepter cela, mais les émirs mamelouks étaient déterminés à combattre et ils tuèrent les messagers de Selim. Selim avança alors en Egypte et son avant-garde rencontra celle des Mameloukes et ils s’affrontèrent ; la force mamelouke fut vaincue et Selim continua son avancée en Egypte. Les Ottomans entrèrent au Caire après avoir vaincu l’armée mamelouke lors de la bataille d’ar-Raydaniyyah le 29 Dzoul Hijjah 922 H (22 janvier 1517 EC) et des incidents horrifiants eurent lieu entre les deux camps à Boulaq, as-Salibah, Giza et ailleurs. Finalement, après avoir subi une défaite lors de la bataille de Wardan le 10 Rabī‘ al-Awwal 923 H (2 avril 1517 EC). Tuman se tourna vers son ami Hassan Ibn Mar‘i, le shaykh des Arabes al-Bouhayrah, qui le remit au sultan Selim, qui le pendit aux portes de Zouwaylah le 21 Rabī‘ al-Awwal 923 H (13 avril 1517 EC), mettant ainsi fin à l’empire mamelouke.

 

L’idée derrière l’expédition du sultan Selim en Egypte était que cela représentait la phase la plus importante de son plan de créer un état islamique ; après qu’il eut compris que les Mameloukes ne pourraient pas créer un tel état. Pour cette raison, il organisa une expédition militaire contre l’Egypte et l’orient ; et après que le sultan ottoman ait obtenu la victoire, il prit le calife abbasside, al-Moutawakkil ‘Alallah et ses deux cousins, Abou Bakr et Ahmad, avec lui pendant son voyage de retour à Istanbul, ainsi que le ministre de la justice shafi‘i égyptien.

 

Al-Moutawakkil, qui était le 73ème calife depuis l’anènement de l’islam, le 55ème calife abbasside (du tout premier calife Abou Bakr as-Siddiq  (qu’Allah soit satisfait de lui) au dernier calife abbasside, al-Mousta‘sim Billah, il y eut 56 califes dont les quatre premiers furent les Califes Bien-Guidés (qu’Allah soit satisfait d’eux) suivit par 14 califes de la dynastie omayyade, 38 califes abbasides de Bagdad et 17 calides au Caire) et le 17ème calife du Caire, abdiqua du califat en faveur du sultan Selim I dans une cérémonie qui eut lieu dans la mosquée Aya Sofia après son retour à Istanbul. Des racits historiques racontent qu’al-Moutawakkil para le sultan Selim d’une épée du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et de son manteau dans la mosquée d’Abou Ayyoub al-Ansari (qu’Allah soit satisfait de lui) après la cérémonie de la mosquée d’Aya Sofia. Les savants de l’université d’al-Azhar, qui vinrent à Istanbul (avec Selim), participèrent à cette cérémonie, comme le firent les savants de l’état ottoman, après quoi le sultan Selim I devint le premier calife ottoman.

 

 

Le Hijaz est ajouté au califat ottoman

Après la conquête de l’Egypte par le sultan Selim I, le gouverneur de Makkah, Barakat Ibn Muhammad, envoya son fils Muhammad Abou Nama au sultan Selim, au Caire, afin de lui donner les clés de Makkah, d’al-Madinah, de la Ka‘bah et d’ar-Rawdah ainsi que d’autres bien sacrés, qui étaient en possession des notables, et il l’invita à inclure La Mecque sous la protection de l’empire ottoman. Cela eut lieu le 16 Joumādah al-Akhirah 923 H (6 juillet 1517 EC).

Après cela, l’autorité ottomane pénétra au Soudan, en Libye et en Algérie, et leurs provinces et dépendances devinrent des parties de l’empire ottoman.

 

Le 23 Sha‘ban 923 H (10 septembre 1517 EC), le sultan Selim I quitta l’Egypte et retourna en Syrie d’où il se mit en route pour Istanbul en 924 H (1517 EC), après avoir conquis les territoires arabes. Il prit le contrôle du califat islamique et devint le serviteur des « Lieux Sacrés » et presque deux ans après, le 9 Shawwal 926 H (22 septembre 1520 EC), le sultan Selim I décéda.

 

 

Le sultan Souleyman le Législateur et ses conquêtes 

Le sultan Souleyman le Législateur (alors qu’en orient on l’appelle communément Souleyman le Législateur, nom que nous conserverons pour la suite de la narration, de par sa complète reconstruction du système légal ottoman, en occident, on l’appelle plus communément Soliman le Magnifique.) monta sur le trône de l’empire ottoman après la mort de son père Selim I. Il prit le pouvoir en 926 H (1520 EC) et règna sur l’empire ottoman pour une période de 46 ans, ce qui représente le règne le plus long de tous les sultans ottomans.

 

Le règne de Souleyman le Législateur fut l’apogée de la puissance ottomane ; qu’il s’agisse du Jihad, de l’architecture, de la science, de la culture et des affaires militaires. Ce sultan eut une grande influence sur la politique européenne ; plus clairement, il était la puissance pré-éminente internationale de son époque, et pendant son règne l’empire fut bénit et prospéra.

 

 

La conquête de Belgrade  

Durant le règne de Souleyman, les Ottomans commencèrent leurs conquêtes en Europe en conquérant la ville la plus importantes des Balkans, Belgrade, qui était sous protection hongroise. Les relations entre les Ottomans et les Hongrois à cette époque étaient tendues. Souleyman avait envoyé un messager, Bahrām Chā'oūsh, au roi hongrois Louis II de Hongrie et de Bohémie, l’informant de son accession au trône musulman (le calife Souleyman A‘zam envoya son messager demander le tribut à Louis II roi de Hongrie. Louis fit assassiner le messager, Bahrām Chā'oūsh ce qui courrouça Souleyman qui attaqua Belgrade le 25 Ramadan 927 H / 29 August 1521 EC. La ville tomba aux mains de Souleyman après des bombardements. Le sultan Souleyman visita la grande église de la ville ou il pria et la fit transformer en mosquée. Lorsqu’il entra dans la ville conquise, il demanda à ce que tous les les soldats et les civils soient épargnés. (History of Turkey  par Dr. Nasīr Ahmad Nāsir)) mais le roi fit abattre le messager. Le sultan ottoman déclara alors la guerre à la Hongrie et les forces ottomanes assiégèrent Belgrade par la terre et par le fleuve.

 

En 927 H (1521 EC), Belgrade se rendit, après avoir soutenu le siège pendant un mois. Les Ottomans s’en servirent alors de base pour leurs opérations militaires en Europe. Pendant le siège de Belgrade, les Ottomans capturèrent d’importantes forteresses dans la région de Belgrade, parmi lesquelles Sabacz, Salanka et Zemiln en 928 H (1522 EC).         

 

 

Les conquêtes de Rhodes et de Hongrie  

Le sultan Souleyman conquit l’ile de Rhodes, après avoir vaincu les chevaliers de Saint Jean (le siège de Rhodes en 1522 EC fut la seconde tentative et la plus couronnée de succès par l’empire ottoman pour expulser les chevaliers de Rhodes de leur ile fortifiée et de sécurisé le contrôle ottoman de la Méditerranée orientale. Les chevaliers de Saint Jean, ou chevaliers hospitaliers, avaient capturé Rhodes au début du XIVème siècle EC après la perte d’Acre, le dernier bastion croisé en Palestine, en 1291 EC. De Rhodes, les chevaliers de Saint Jean faisaient la guerre aux Musulmans et harcelaient les vaisseaux turcs dans le Levant. Un premier effort des Ottomans pour prendre l’ile en 1480 EC fut repoussé par l’ordre, mais la présence continuelle des chevaliers extrêmement hostiles juste au sud de la côte de l’Anatolie était un obstacle majeur à l’expansion ottomane. Le sultan Souleyman avança sur Rhodes dont il fit le siège le 1er Août 1522 EC. Le siège se prolongea pendant 5 mois et les citoyens (les chevaliers de la Saint Jean) finirent par se rendre aux forces du Sultan qui leur donna 12 jours pour quitter la Crête avec leurs affaires, ainsi que leurs armes. (History of Turkey par Dr NasTr Ahmad Nasir, p : 105)).

 

Au printemps 932 H (1526 EC), l’armée ottomane se mit en route d’Istanbul avec plus de 60.000 hommes et marcha jusqu’à atteindre les plaines de Hongrie.

 

A Mohacs, le 29 Août 1526 EC, une des plus grandes batailles entre les forces de l’Islam et le Christianisme fut livrée. La bataille dura 2 heures et s’acheva par la victoire des Ottomans et la défaite des Hongrois (Charles V (roi d’(Espagne) balaya les forces françaises à Pavia et emprisonna François Ier, roi de France, en 1525 EC. François incita Souleyman à attaquer la Hongrie, pour que Charles s’engage en défense de la Hongrie, dont l’empire s’étendait jusqu’en Autriche. Lors de la bataille de Mohacs, le 20 Dzoul Qi‘dah 932 H / 29 Août 1526 EC, huit évêques hongrois, un bon nombre de chefs, ainsi que 24.000 soldats hongrois furent tués. Louis (roi de Hongrie) s’enfuit de la bataille mais finit noyé dans le fleuve. (History of Turkey p : 105, Dr. Nasir Ahmad Nasir)).

 

Le sultan Souleyman le Législateur déclara que le royaume de Hongrie avait accepté de devenir un protectorat ottoman puis il publia un décret, déclarant qu’un des Hongrois en était le roi. Cet homme était John Zapolya, le Governeur d’Erdel (Transylvanie), connu des sources orientale sous le nom de Janos. John, ou Janos Zapolva (né le 2 février 1487 EC, mort le 22 juillet 1540 EC). La mort de Louis fut suivie par une lutte pour la succession. Une partie de la noblesse, espérant l’aide allemande contre les Ottomans, élit Ferdinand de Habsbourg, le frère de l’empereur Charles V. Le parti national, d’un autre côté, élit John Zapolya comme roi. Après une guerre civile qui dura deux ans, Zapolya fut vaincu. Il en appela aux Ottomans, qui le soutinrent vigoureusement. Par la paix de Nagyvarad, les deux rois se reconnurent mutuellement, chacun gouvernant une partie du territoire. Zapolya devint un vassal des Ottomans mais Ferdinand continua la guerre contre eux qui ne fut interrompue que par des trêves occasionnelles. (Traducteur)

Ferdinand, frère cadet de Charles V et dirigeant d’Autriche, avança sur la Hongrie après la bataille de Mohacs. Il réussit à vaincre Zapolya de Hongrie et occupa le pays. Zapolya s’enfuit en Pologne et écrivit à Souleyman pour lui demander des renforts contre Ferdinand. Le 10 mai 1529, le Sultan partit pour Buda avec 250.000 soldats et 300 cannons, et atteignit sa destination le 3 septembre. Il posa immédiatement le siège du fort et en tout juste six jours ; le fort fut occupé et Zapolya fut rétabli. Le sultan se rendit alors en Autriche. Charles V, le souverain de ces états, l’Espagne, les Pays Bas, la Sicile, l’Allemagne et l’Autriche, et son frère l’archiduc Franz Ferdinand n’eurent pas le courage d’affronter le Sultan et s’enfuirent. Cependant, pendant ce temps, les forces espagnoles et allemandes, entrainées et équipées, arrivèrent pour aider les soldats autrichiens vaincus. Le sultan atteignit Vienne, le 27 septembre, et l’assiégea. Cependant, la situation ne fut pas en sa faveur. Il avait déjà du laisser les gros cannons en Hongrie à cause d’une tempête, et les habitants assiégés opposèrent une résistance acharnée  aux forces ottomanes. A cause des basses températures et du manque de ravitaillement, finalement le sultan leva le siège et revint à Constantinople en passant par la Hongrie. (History of Turkey par Dr. Nasīr Ahmad Nāsir, p : 105,106)

 

 

Les  Ottomans après la victoire de la bataille de Mohacs  

Parmi les batailles navales enregistrées dans l’histoire islamique, il y eut la bataille de Preveza en 945 H (1538 EC) dont l’histoire est aussi reliée au combat entre Musulmans et Chrétiens qui eut lieu au XVIème siècle EC. Le pape Paul III avait appelé les armées européennes à s’unir contre les Ottomans et il avait formé une croisade navale alliée (cette « sainte ligue » comprenait la papauté, l’Espagne, la république de Gênes, la République de Venise  et les chevaliers de Malte) constituée de 300 navires.

 

Cette flotte était commandée par le principal commandant de la marine européenne de l’époque, Andrea Doria, alors que la flotte ottomane, composée de 120 vaisseaux, était commandée par Barberousse Khayr ad-Din.

 

Les deux flottes se rencontrèrent le 4 Joumādah al-Awwal 945 H (28 septembre 1538 EC) à Preveza et la flotte ottomane parvint à mettre complètement en déroute l’armée croisée.

 

Charles V (Charles ignora le coût élevé des campagnes car il recevait de l’or en abondance de l’Amérique nouvellement fondée ou les natifs étaient massacrés à gogo pour mieux les plumer) fut incapable de supporter la défaite européenne, et il commanda personnellement une puissante flotte européenne, avec laquelle il attaqua Alger (Algérie) dirigée par les ottomans en 948 H (1541 EC). Mais Hassan Agha, le responsable de la sécurité d’Alger – qui avait été adopté par Khayr ad-Din Pasha – défendit l’Algérie courageusement et força Charles V à se retirer après avoir subi des pertes substantielles.

 

En 947 H (1540 EC), l’archiduc Ferdinand d’Autriche, qui aspirait à devenir roi de Hongrie, entreprit le siège de Buda ; et immédiatement, l’armée ottomane, commandée par Souleyman le Législateur, marcha sur Buda. Dès que les Autrichiens apprirent l’approche des forces ottomanes, ils abandonnèrent le siège de la ville et s’enfuirent.

 

En 948 H (1541 EC), le sultan Souleyman entra à Buda et ordonna que ses plus importantes églises soient transformées en mosquées pour les Musulmans. Il ordonna également que cette importante région de Hongrie soit annexée à l’empire ottoman, sous le nom de province Budin.

 

Cependant, Ferdinand n’accepta pas cela ; il convainquit le pape Paul III de la nécessité de former une puissante croisade pour se débarrasser des ottomans afin que l’Europe soit sauvée de la menace qu’ils posaient. Cette force marcha sur Buda en 949 H (1542 EC) et organisa un siège resserré de la ville, mais ne réussirent pas à la prendre. Quand la nouvelle de cette expédition atteignit le sultan Souleyman, il se mit en route une fois de plus en 950 H (1543 EC) pour l’Europe et captura le fort hongrois le plus important, qui étaient aux mains des Autrichiens.

 

Les deux rois croisés demandèrent par leurs ambassadeurs au sultan Souleyman de leur pardonner. Le sultan Souleyman leur pardonna à condition que l’Autriche paye une somme annuelle de 30.000 dinars d’or pour les territoires hongrois entre leurs mains. Ce traité ne dura pas longtemps parce que les Autrichiens attaquèrent Erdel (la Transylvanie). En réponse, en 960 H (1552 EC), le vizir ottoman Ahmad Pasha accompagné du gouverneur général de Rumeli (Roumélie) Sokollu Muhammad Pasha (Sokollu Muhammad Pasha (né en 1506 ECE Sokolovici et mort en 1579 EC, à Istanbul) était un homme d’état ottoman du XVIème siècle. Né dans une famille bosniaque serbe dans le sud-est  de la Bosnie, Muhammad fut emporté à un jeune âge dans le cadre du système ottoman devshirmeh de collection des jeunes garçons élevés pour servir dans les janissaires. Il s’éleva dans la hiérarchie du système ottoman, obtenant finalement la position de Commandant de la garde Impériale (1543 EC -1546 EC), Haut Admiral de la Flotte (1546 EC -1551 EC), gouverneur général de Roumélie (1551 EC - 1555 EC), troisième vizir (1555 EC -1561 EC), second Vizir (1561 EC -1565 EC) et grand vizir (1565 EC -1579 EC) (pour un total de 14 ans, 3 mois  et 17 jours) sous trois sultans : Souleyman le Magnifique, Selim II et Mourad III. Il fut assassiné en 1579 EC, finissant 15 ans comme dirigeant de facto de l’empire ottoman. C’était un homme de deux mètres de haut et il fut le plus grand des grands vizirs qui servirent l’empire ottoman) assiégea Timisoara qu’il prit par la force des armes. ‘Ali Pasha, le souverain de Buda entra alors en territoire hongrois gouverné par l’Autriche et conquit de nombreuses forteresses.

 

En 964 H (1556), la conquête de l’ile de Sakiz (Chios) fut achevée par Piyala Pasha, et en 967 H (1559 EC), le conseil du peuple de la province d’Erdel (Transylvanie) se réunit et rejeta le règne autrichien, signant à la place un traité avec les Ottomans et demandant à Souleyman que Sigmund, fils de Janos, devienne leur roi. Les Ottomans acceptèrent et Erdel (Transylvanie) devint un royaume sous protection ottomane en 967 H (1559 EC).