Histoire de l'Islam et des Musulmans


 










Les Conquêtes durant les premiers temps de l’Empire Ottoman

 

L’origine des Turcs ottomans et leur migration 

Les Ottomans établirent un état islamique qui couvrit une vaste région et qui dura pendant plus de six siècles, s’étendant du Danube à l’ouest, au Golfe arabique à l’est, et la mer d’Azov au nord, à l’Abyssinie au sud.

 

L’histoire de l’empire ottoman eut une grande influence sur l’histoire européenne et du proche orient, dont l’histoire était liée à celle de l’Europe pendant tout le Moyen-Âge jusqu’aux temps modernes, et de même pour l’histoire de l’orient arabe.

 

Les conquêtes de l’empire ottoman sont considérées comme étant la continuation des premières conquêtes qui eurent lieu durant et après les  Califes Bien Guidés. L’empire ottoman remporta des victoires éclatantes au nom de l’Islam et ses armées conquirent de vastes territoires au sud-est et au centre de l’Europe, territoires qui n’avaient jamais été auparavant soumis à un dirigeant musulman. L’empire ottoman joua également un rôle majeur dans l’expansion de l’Islam dans ces régions.

 

 

Les débuts et l’apparition 

Durant le premier quart du XIIIème siècle de l’ère chrétienne, le monde vivait dans la peur et la terreur de Gengis Khan qui après avoir envahit la Chine poursuivait sa route vers le Turkestan et aucune force humaine à cette époque ne put arrêter son avancée. Puis, en 617 H (1220 EC), Djebé Noyan et Subötaï Noyan, les deux plus importants généraux de Gengis Khan, étabirent leur contrôle sur Turkestan et marchèrent vers l’Iran. Les Mongols étaient à cette époque des païens chamanes. Compte tenu des impitoyables massacres exécutés par les Mongols, les Musulmans du Turkestan vivaient dans la crainte et parmi les peuplades qui y vivaient, la tribu Qayi, des Turcs oghouzes, fut forcée de quitter leur pays et se dirigèrent vers l’Anatolie avec 400 tentes qui abritaient environ 4 000 personnes et leur chef était un homme riche nommé Ertuğrul.

 

 

La première bataille des ancêtres des Ottomans en Anatolie 

Pendant cette période, en Anatolie centrale, la bataille de Yasi Jaman eut lieu entre le sultan seljouke de Konya et les envahisseurs mongols. Le sultan de Konya était sur le point d’être vaincu quand la tribu de Qayi intervint et l’aida à obtenir la victoire.

 

 Le sultan se rendit compte, après la victoire, que ces nobles personnes recherchaient une patrie et quand le sultan souhaita les récompenser, il désigna pour eux un refuge sur la frontière entre son sultanat et l’empire byzantin, un refuge qui se trouve sur les cartes modernes là où se rejoignent Eskisehir, Belajik et Kutahya en Turquie actuelle.

 

Durant le règne de ce sultan, la structure générale de l’état fut posée. Quand ce refuge fut accordé à la tribu de Qayi, elle couvrait une superficie, d’après les meilleures estimations, de 2.000 km2, mais par le Jihad contre les Byzantins, Ertuğrul put étendre cette superficie à 4.800 km2. Il mourut à l’âge d’environ 90 ans, en 680 H (1281-82 EC) et son fils ‘Uthman lui succéda.

 

‘Uthman I et le début des Conquêtes 

En 680 H, ‘Uthman I accéda au sultanat après la mort de son fils Ertuğrul et continua à gouverner jusqu’en 727 H (1326 EC). Il est considéré comme étant le véritable fondateur (En 699 H, les Tartares (Mongols ou Tatars) avancèrent sur l’Asie Mineure. Le sultan seldjouk ‘Ala' ad-Din Kayqoubad III et son fils Ghiyath ad-Din étaient déterminés à défendre leur pays et ils trouvèrent tous les deux le martyre lors des premiers combats avec le dirigeant mongol, Ghazan Khan, qui pilla plusieurs villes et retourna vers sa capitale, Tabriz. Ne trouvant aucun successeur original dans la dynastie seldjouke, les commandants de l’armée et les citoyens acceptèrent l’accession au trône de ‘Uthman Khan. (History of Turkey par Dr. Nasir Ahmad Nasir : p. 27,28) Ainsi, l’accession fortuite de ‘Uthman Khan, le fondateur de l’empire ottoman, eut lieu le 1er Mouharram 699 H / 28 septembre 1299 EC. Ghazan Khan avait embrassé l’Islam et était devenu Ghazan Mahmoud Khan, quatre ou cinq années auparavant. Pourtant sa soif de sang ne pouvait être étanchée. Ghiyath ad-Din Kay Khusraw III désigna ‘Uthman Khan comme commandant en chef de ses forces et le maria à sa fille unique. Bientôt, ‘Uthman Khan s’éleva au statut de premier ministre. Quand ‘Ala' ad-Din Kayqoubad III mourut en 699 H dans un combat avec les Mongols, les courtisans acceptèrent de le placer sur le trône. Ainsi, l’empire ottoman remplaça, en 699 H, l’empire seldjouk fondé par les fils d’Isra'il Ibn Seldjouk en 429 H. Il est intéressant de constater qu’Isra'il Ibn Seldjouk fut emprisonné au fort de Kalanjar (en Inde) sur l’ordre du Sultan Mahmoud Ghaznawi. (History of Islam, par Akbar Shah Khan Najīb Ābadi : 2/429)) de l’empire ottoman tandis que son armée était composée de guerriers très habiles, heureux de se battre et de conduire le Jihad  pour la suprématie du verbe d’Allah ce qui permit à l’émirat ottoman de dominer la scène politique. ‘Uthman avait pour objectif l’expansion de son émirat, aux dépends des Byzantins, afin d’éviter d’affronter les émirats turkmènes.

 

 

‘Uthman attaque la forteresse de Karahisar 

En 691 H (1291 EC), ‘Uthman conquit Karahisar au sud de Sogud (Sogut) et enfit son quartier général d’où il mena son peuple vers la Mer de Marmara et la Mer Noire.

 

En 701 H (1301 EC), il vainquit le général, Mouzayoun, près d’Aqyoun Hisar, entre Izmid et Nicée. Cette victoire lui permit d’établir un contrôle militaire sur Bursa, Nicée et Nicomédie. Il conquit également la ville de Yenisehir, qu’il prit comme capitale. La disparition de l’état seldjouk romain  (Anatolion) en 704 H (1304 EC) permit à ‘Uthman de contrôler tous les territoires qu’il avait acquis.

 

Les armées ottomanes continuèrent leurs conquêtes, capturant la forteresse de Trikuka, entre Bursa et Nicée, qui surplombe les routes reliant Nicée et Nicomédie. Les Ottomans commandaient donc le Bosphore, et avant peu Orhān (Orkhan) le fils de ‘Uthman conquit Bursa.

La conquête eut lieu le 2 Joumādah al-Awwal 726 H (6 avril 1326 EC) quand les forces ottomanes entrèrent dans la ville suite au départ de la garnison byzantine. Orhān n’interféra pas avec les habitants de la ville, qui acceptèrent de payer la Jizyah. Immédiatement après la mort de ‘Uthman, Orhān lui succéda, après que son père lui eût donné le plus excellent conseil qui révélait le véritable esprit de l’Islam et qui consistait en la mise en garde ne de jamais abandnner le Jihad dans la voie d’Allah.

 

Ces paroles comprenait en t’autre, les paroles suivantes, paroles conservées jusqu’à ce jour sur son testament : « Ô mon fils ! Prends garde à ne pas t‘engager dans quoi que ce soit qui n’ait pas été ordonné par Allah, le Seigneur des Mondes. Et si tu affrontes un problème face à un jugement ou une décision à prendre, alors consulte les savants de la Religion.

Ô mon fils ! Ne sois pas arrogant, soit bon envers tes soldats et ne soit pas séduit par Satan quant à ton armée et tes biens. Fais aussi attention à te pas t’éloigner des gens et de la Shari‘ah.

Ô mon fils ! Tu sais que ton but est de plaire à Allah, le Seigneur des mondes et par le Jihad la lumière de notre religion prévaudra sur les terres, provoquant la satisfaction d’Allah.

Ô mon fils ! Ne ne sommes pas de ces gens qui font la guerre pour gouter au pouvoir ou pour gouverner les gens. Par l’Islam nous vivons et par l’Islam nous mourons ; ceci, mon fils, est ce qui te convient

O Fils ! Fais précéder les affaires religieuses avant toute autres chose. Les bases de la religion construisent un état fort. N’attribue pas les affaires religieuses à un homme négligent, mécréant ou pécheur ou à des personnes inattentives, indifférentes ou inexpérimentées. Et ne laisse pas l’administration de l’Etat à de telles personnes. Car celui qui ne craint pas Allah Exalté ne craint pas les créatures. Celui qui commet un grand péché et continue de le commettre ne peut être loyal. Celui qui veut avoir un serviteur loyal doit l’être lui-même ; il observe les commandements du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et, ainsi, ne sort pas de la Shari‘ah. Évite la brutalité et les superstitions et renvoie de l’Etat ceux qui encouragent à la brutalité et aux superstitions, de crainte que de telles personnes ne provoquent ton déclin. Accroit toujours les frontières de l’état par le Jihad, car l’absence de campagne pendant trop longtemps provoque une altération de la bravoure des soldats ainsi que du savoir, des renseignements et de la capacité à prendre des décisions chez les commandants. Prend garde lorsque des hommes d’expérience dans l’art de la guerre meurent et sont remplacés par des gens inexpérimentés ; il s’ensuit de nombreuses erreurs qui nuisent à l’État. Préserve le Trésor Public et augmente les réserves de l’État. Contente-toi de ce que la Shari‘ah t’offre et ne gaspille pas ; ne détruis pas inutilement mais uniquement par besoin ou nécessité. Ne t’enorgueillis pas de tes soldats et de tes biens, car ils sont le moyen de servir le peuple et de faire régner la justice et la vertu dans le monde sur la voie d’Allah Exalté. Protège le serviteur de l’État qui travaille pour la grâce d’Allah ; et après sa mort, prends soin de sa famille et subviens à leurs besoins. N’augmente pas tes biens publics par l’oppression. Tends une main secourable aux gens méritants et préserve leurs proches des besoins. Protège les meilleurs officiers, étudiants, hommes de vertu, artistes, écrivains qui sont la force du pouvoir de l’État ; traite-les avec amabilité et honore-les. Si tu entends parler d’un homme vertueux, entre en étroite relation avec lui, donne-lui des biens et gratifie-le ; et dans ton état, le nombre de personnes instruites et vertueuses et de savants augmentera. Mets de l’ordre dans les affaires religieuses et politiques. Prends exemple sur moi : j’ai commencé comme un faible commandant et j’ai réussi avec l’aide d’Allah Exalté bien que je ne le méritais pas. Suis mon chemin et protège la religion de Muhammad alors les croyants et tes successeurs feront de même. Respecte le droit d’Allah Exalté et de Ses serviteurs et n’hésite pas à conseiller tes successeurs à faire de même. Sollicite l’aide d’Allah Exalté l’application de la justice et de l’équité et essaie par tous les moyens de supprimer l’injustice. Protège ton peuple des attaques des ennemis et de l’injustice. Ne sois injuste ou incorrect envers quiconque. Contente le peuple et protège tout ce qu’il aime. »

 

Orhān continue les Conquêtes Islamiques 

Orhān, le fils de ‘Uthman lui succéda sur le trône en 726 H (1326 EC) et régna jusqu’en 761 H (1360 EC). Pendant cette période, Orhān étendit les frontières de son territoire, achevant la tâche que lui avait confiée son père : maintenir l’esprit du Jihad islamique et Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, lui accorda la victoire sur Izmit, Iznik et l’émirat de Karasi, au sud de la Mer de Marmara.

 

En 758 H (1356 EC), Souleyman, le fils d’Orhān traversa les Dardanelles de nuit accompagné par 40 héros de l’Islam, et quand ils atteignirent la rive occidentale, ils prirent les vaisseaux romains ancrés là et retournèrent avec eux sur la rive orientale. Les Ottomans n’avaient pas de flotte à leur disposition à cette époque, car ils venaient juste d’établir leur état. Alors, Souleyman ordonna à ses hommes de s’embarquer sur ces vaisseaux, pour être transférés sur côte européenne où ils capturèrent le port de la forteresse de Tzympe, Gallipoli, Canakkale, Ipsala et Rodesto ; toutes situées sur le Détroit des Dardanelles, du sud au nord. De cette manière, le chef musulman Souleyman fit un grand pas en avant dont bénéficièrent ceux qui lui succédèrent dans leurs tentatives pour conquérir Constantinople.

 

Une des actions les plus importantes de ce gouverneur fut de mettre en place les grandes lignes de l’état, et se fut sous son règne que le premier vizir fut désigné.

 

Sous son règne également eut lieu la création d’une armée constituée de deux corps permanents : l’infanterie et la cavalerie aussi que la frappe de monnaies en or et en argent au nom de l’empire ottoman. Alors que son frère ‘Ala’ ad-Din occupait la position de grand vizir et était responsable de la direction des affaires internes de l’état, Orhān I concentrait son attention sur les conquêtes et l’expansion de l’Islam. Orhān continua ses conquêtes jusqu’à sa mort au début de l’année 761 H (1359 EC).

 

 

Le sultan Mourad I et ses conquêtes 

Après la mort d’Orhān en 761 H (1359 EC), les reines du pouvoir passèrent à son fils Mourad I qui gouverna jusqu’en 791 H (1389 EC).

 

Ce dirigeant ottoman suivit les pas de ses prédécesseurs et continua de combattre pour la Cause d’Allah qui par lui, accorda la victoire sur Edirne en 763 H (1362 EC), où il transféra la capitale de son état afin qu’il soit plus proche et puisse continuer sa politique de propagation de l’Islam  et du Jihad en Europe. Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, lui accorda également la victoire sur Filibe, la capitale de la Roumélie orientale, qui se trouve de nos jours au sud de la Bulgarie.

 

Constantinople était dorénavant encerclée par les Ottomans ce qui était une indication de sa conquête imminente.

 

Mourad continua ses conquêtes dans l’est de l’Europe et en 772 H (1370 EC), il parvint à atteindre le Danube. En 775 H (1373 EC), il vainquit les forces coalisées des Serbes et des Bulgares qui avaient essayé de stopper son avancée.


Il se saisit également de la Macédoine et de la côte de la Dalmatie.

 

Les princes serbes et bulgares furent forcés de se soumettre à lui et durent signer un traité de paix avec lui qui les obligeaient à payer une taxe foncière annuelle et qui autorisait Mourad à épouser la fille du Prince des Bulgares. Mourad tira avantages des relations tendues entre l’Europe et l’empire byzantin et avança vers l’ouest en direction des Balkans. Il parvint à conquérir Monastir, Prilep, Stip, Sofia qui tomba après un siège de trois ans (de 783 à 785 H / 1381 à 1383 EC), Tumovo et Choumen toutes deux situées à l’est de la Bulgarie.

 

Les Ottomans continuèrent à avancer dans la région, et en 788 H (1386 EC) ils conquirent la ville stratégique de Nish et le commandant ottoman, Khayr ad-Din Pasha Qarah Khalil Jandarli, put diriger une force militaire depuis Gallipoli pour conquérir la Macédoine et en 789 H (1387 EC) les Ottomans conquirent Salonique.

 

Le vizir ottoman, ‘Ali Pasha Ibn Khayr ad-Din Pasha, força le roi des Bulgare, Sisman, de fuir et de se réfugier dans la ville de Nicopolis (ou Nikopol) en 790 H (1388 EC). Cependant, en 791 H (1388 EC), le commandant ottoman l’assiégea, lui infligea une défaite et le fit prisonnier. Mourad annexa la moitié de ses territoires et le reconnu comme dirigeant de l’autre moitié.

 

Au lieu de se soumettre à Allah, le Seigneur des mondes, d’embrasser l’Islam et d’avoir les mêmes droits que les Musulmans, les princes européens mobilisèrent leurs forces et s’unirent contre le dirigeant ottoman. Ces gouverneurs byzantins, dont les Ottomans avaient atteint les frontières, écrivirent des lettres aux rois d’Europe occidentale et au pape pour leur demander de les aider contre les Musulmans. En conséquence, un appel vint du pape Urbain V aux rois d’Europe, leur demandant de se préparer pour une nouvelle croisade afin de préserver le Christianisme contre cette nouvelle avancée islamique qui, disait-il, avait lieu, et pour former une alliance constituée de la de la Serbie, de la Bosnie (à l’ouest de l’ancienne Yougoslavie), la Valachie (au sud de la Roumanie) et la Hongrie.

 

Ces forces combinées marchèrent sur Edirne, la capitale des Ottomans, mais ces derniers leur infligèrent une cuisante défaite et ils subirent un effondrement total lors de la bataille de Maritsam. Les princes d’Europe cherchèrent alors à signer un traité de paix, dont une condition était qu’ils payeraient la Jizyah ; cela fut accepté par le sultan Mourad.

 

Ce fut la volonté d’Allah d’accorder au sultan le martyre pour Sa Cause lors de la bataille de Kosovo, au sud de l’ancienne Yougoslavie, en 791 H (1389 EC), quand il fut poignardé par un soldat serbe feignant la mort, alors qu’il parcourait le champ de la bataille pour l’évaluer et s’informer au sujet des morts. Puisse Allah Exalté, à Lui les Louanges et la Gloire, lui faire miséricorde.