La poussière accumulée des batailles 

 

Le combat dans la voie d’Allah 

Ainsi il devient évident, et comme le prouve l’histoire, que lorsque les Musulmans sont unis et toujours vigilants, armés et sur le seuil de guerre, ils ne peuvent être défait ou vraiment qu’à de très rares exceptions et que lorsqu’ils déposent leurs armes, vivent confortablement et abandonnent le combat dans la voie d’Allah, ils sont toujours vaincus et se sont leurs ennemis qui les combattent. Et al-Hajib al-Mansour, en est le parfait exemple. Les vertus du combat dans la voie d’Allah sont donc innombrables non seulement dans ce monde mais aussi dans l’au-delà.

Allah Exalté dit dans Son Livre : « Et si Allah ne neutralisait pas une partie des hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue ». Qur’an Sourate 2, verset 251

 

En l’an 386 de l’Hégire (996), le Berbère Ziri al-Maghrawi se rebella contre le gouverneur Hassan as-Silmi et captura le Maghreb excepté les villes de Tanger et Ceuta. Aussitôt et comme à son habitude, al-Mansour envoya son fils ‘Abdel Malik à la tête d’une armée mais il ne réussit pas à stopper les insurgés.

Que fit donc al-Hajib al-Mansour, laissa-t-il tomber l’affaire ? Certainement pas !

Il contacta secrètement certains insurgés et leur proposa de l’argent en échange de l’assassinat de Ziri qui échappa de justesse.

‘Abdel Malik en profita alors pour attaquer les insurgés affaiblis et divisés. Une violente bataille eut lieu près de Tanger que remporta ‘Abdel Malik tandis que Ziri et ses acolytes s’enfuirent du Maghreb et trouvèrent refuge en Ifriqiyah (Algérie et Tunisie actuelle) qu’ils attaquèrent et conquirent. Puis de là, Ziri demanda la paix à al-Mansour qui accepta.

 

Muhammad Ibn Abi al-‘Amiri alias al-Hajib al-Mansour avait un profond amour pour le combat dans la voie d’Allah le Très Haut et ce fut sa principale préoccupation, le but de sa vie.

En effet, si l’on lit les versets du Qur’an ou bien les Hadiths concernant le combat dans la voie d’Allah le Très Haut (jihad fis-sabilillah) nous verrons que la récompense attribuée aux combattants est sans commune mesure et de loin la meilleure récompense que peut acquérir un musulman dans sa vie.

‘Oubadah Ibn Samit (qu’Allah soit satisfait de lui) a rapporté que le Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Allah Exalté garanti au martyr (shahid) sept présents :

1 - Il lui est pardonné à la première goutte de sang.

2 - Il voit son rang dans le Paradis (jannah).

3 - Il est paré des vêtements de la foi (iman).

4 - Il est sauf du châtiment de la tombe.

5 - Il sera sauf de la grande crainte du jour du jugement.

6 - Une couronne d’honneur sera placée sur sa tête.

7 - Il intercédera pour 70 membres de sa famille » 

 

San Diégo, le dernier bastion des croisés 

 

La grandeur des Musulmans sous le règne d’al-Hajib al-Mansour 

Marquons une parenthèse, à travers quelques histoires rapportées par les historiens, pour montrer à quel point de grandeur parvinrent les Musulmans sous son règne.

Un jour, al-Hajib al-Mansour envoya un messager aux Basques (bashkan) car à cette époque, il existait entre les Omeyyades et le roi un pacte de sécurité et de paix. La condition d’accord de ce pacte est que le roi devait libérer tous les prisonniers Musulmans. Les Musulmans, lorsqu’ils faisaient des pactes, étaient toujours très préoccupés par le statut des prisonniers et la première des choses pour l’accord était la libération de tous les prisonniers Musulmans. Nul tord ne devait leur être fait, nulle peine ne devait les toucher ni même leurs familles. Toute l’aide devait leur être accordée et même leur libération par des sommes pharamineuses.

Et une clause renforcée des accords d’al-Mansour était qu’il ne devait pas avoir un seul prisonnier. Lorsque le messager arriva, le roi l’honora et lui permis d’aller à sa guise dans le pays. Le messager resta longtemps allant dans tous les endroits possibles et il allait le plus souvent dans leurs églises. Un jour en entrant dans une église, il vit une vieille femme musulmane avec ses deux filles et s’étonna de leur présence en ces lieux. Il lui demanda à la vieille femme :

- « Mais que fais-tu ici ? » Elle lui répondit :

- « Je suis prisonnière » et elle insista tellement pour que ses nouvelles parvinrent à Al-Hajib al-Mansour et comment avait- put accepter qu’elle reste prisonnière des années ?

Lorsque le messager revint il lui raconta son séjour. Al-Hajib lui demanda :

- « Y a-t-il autre chose ? »

Et le messager lui raconta l’histoire de cette femme. Al-Hajib lui dit :

- « Que tu sois perdu, tu aurais dû commencer par ses nouvelles ! Comment as-tu pu l’oublier alors qu’elle t’a recommandé de m’informer ! » Alors il mit le messager vraiment en mauvaise position et ne cessa de le harceler à cause de son oubli.

Alors al-Mansour ordonna à l’armée de se préparer rapidement et sans perdre de temps marcha sur le pays basque.

Lorsqu’ils apprirent la nouvelle de l’arrivée imminente de l’armée, Le roi envoya un messager à al-Mansour, lui demandant la raison de sa venue car il n’avait aucunement rompu son pacte, qu’il tenait ses engagements et fit de plates excuses. Al-Mansour lui fit répondre :

- « La clause de notre accord n’était-il pas qu’il ne devait plus avoir un seul prisonnier musulman chez toi ? »

Le messager revint avec la réponse qu’il n’y avait plus un seul prisonnier chez eux. Al-Mansour lui dit :

- « Et qu’en est-il de cette femme avec ses deux filles ? »

Le roi des Basques s’étonna car il n’était pas au courant de cela. Il ordonna des recherches, et la femme fut trouvée. Alors le roi l’honora ainsi que ses filles qu’il combla de cadeaux et de pierres précieuses avant de les ramener à al-Mansour. Il fit savoir à al-Mansour que c’était une erreur de sa part et qu’il n’avait aucune intention de mettre fin aux termes d’engagements et qu’il était vraiment désolé que cela ait pu se produire et al-Mansour accepta ses excuses. Puis al-Hajib al-Mansour récompensa largement la femme et ses filles pour tout ce qu’elles avaient enduré. 

Ainsi était nos ancêtres préoccupés du sort de tous les Musulmans sans exceptions. Ils étaient si  acharnés pour la libération des prisonniers que lever une armée pour la cause était naturel et une obligation. Tandis que de nos jours les gouvernements des pays de Musulmans vendent leurs propres citoyens.

 

Une autre fois, lors d’une expédition militaire, il hésita à traverser un détroit montagneux extrêmement étroit du fait d’une éventuelle embuscade. Tout compte fait, il traversa le défilé prudemment avec son armée. Il harcela les croisés dans la région, conquit et amassa un large butin.

A son retour les croisés fermèrent le défilé lui empêchant le passage de retour. Et attaquer dans un défilé est extrêmement difficile du fait du manque de place pour les manœuvres. Il revint sur ses pas et choisit une des villes des croisés qui lui avait plu. Il conquit la ville, partagea toutes les richesses et les nourritures entre les soldats qui choisirent des demeures dans la ville. Puis de là, il envoya chaque jour des commandos qui allaient harceler les croisés les environs et capturer tout ce qu’ils pouvaient si bien que ces derniers furent tellement mit à rude épreuve qu’ils lui envoyèrent un messager lui demandant d’arrêter ses raids. Ils lui firent savoir que le défilé était libre et qu’il pouvait partir en toute sécurité et confiance aussitôt qu’il le désirerait et que le plus tôt était le mieux.

Al-Mansour leur répondit :

- « Non, je ne veux pas retourner et mon armée non plus. Cet endroit nous plait et nous y resterons jusqu’à l'année prochaine ! Comme chaque année nous conduisons des opérations ici, nous n’aurons pas besoin de revenir de Cordoue car la route est longue. Ici nous sommes, ici nous restons et nous allons conquérir la région pour le reste de cette année et le reste de l’année prochaine ainsi nous gagnerons du temps et ensuite peut-être nous repartirons ».

Et effectivement, il resta au grand étonnement des croisés. Il conduisit à la tête de son armée des opérations journalières contre l’ennemi. Puis, il prenait les morts ennemis et allait les jeter dans le défilé. Il tourmenta grandement les croisés qui lui envoyèrent un nouveau messager lui promettant toutes les garanties s’il quittait la région mais il refusa encore. Ils lui demandèrent :

- « Désirerais-tu quelque chose en échange ? » Il dit :

- « Oui mais avec des conditions ».

- « Quelles conditions ? »

- « Que vous ouvrez le défilé ».

- « Le chemin est libre ! »

- « Cela n’est pas tout ».

- « Que voudrais-tu d’autre ? »

- « Vous devez charger tout le butin que j’ai pris et que vous m’avez donné et l’emmener dans ma capitale sur vos chevaux et en marchant devant moi ! »

- « Tu veux qu’en plus nous nous chargions du transport de nos biens pour toi ? » Al-Hajib répondit :

- « Bon, je reste ici ! »

Les croisés se consultèrent entre eux et se dirent : « Nous devons accepter sa demande sans quoi nous nous débarrasserons jamais de lui ».

Et effectivement ils acceptèrent. Ils enterrèrent d’abord tous leurs morts qui se trouvaient dans le défilé, ouvrèrent pour lui le passage et l’accompagnèrent jusqu'à Cordoue.

 

L’histoire de l’espion 

 

La fiole de poussière

 

Mais la plus belle histoire à son sujet, et que nous avons déjà rapportée, est cette habitude qu’il avait après chaque bataille de secouer ses vêtements et de récupérer la poussière qu’il déposait dans une fiole qu’il réussit à remplir totalement. Et il demanda que cette fiole soit déposée dans son tombeau pour qu’elle témoigne devant le Très Haut de son effort dans Sa voie. Et comme a dit le Messager d'Allah (Saluts et Bénédictions d'Allah sur lui) : « La poussière du combat dans la voie d’Allah le Très Haut ne peut se mélanger à la poussière du feu de l’enfer ». 

Puisse Allah te faire Miséricorde ô Muhammad Abi al-‘Amir al-Hajib al-Mansour et puisses-tu nous servir d’exemple et puissions-nous avoir tes mêmes qualités de bravoure, de volonté, de caractère, de détermination et de patience.

 

L’étendard 

Et parmi les histoires à son sujet, les historiens ont rapporté, qu’il avait l’habitude après ses conquêtes de hisser son étendard (raya). Un jour qu’il conquit plusieurs forteresses, un fantassin hissa l’étendard sur un mont entre deux forteresses. Et lorsque l’armée d’al-Mansour quitta les lieux, le fantassin oublia de reprendre l’étendard. Les croisés qui surveillaient ses mouvements et qui attendaient son départ, comme d’habitude, pour reprendre possession des lieux virent le drapeau. Et ils se dirent : « al-Mansour a laissé une garde sur place. Attendons donc que la garde s’en aille ». Et ils restèrent plusieurs jours à attendre rien qu’à la vue de son étendard !

A ce seuil était parvenue la gloire des Musulmans de cette époque ! Et ce n’est qu’après bien longtemps qu’ils se rendirent que ce n'était rien qu’un drapeau oublié par l’armée.

 

Al-Wazif 

Al-Mansour était un homme juste et droit (‘adl). Et parmi ses histoires de justice équitable, il est rapporté qu’un jour, alors qu’il était réuni avec son conseil, un homme demanda à parler. Al-Mansour l’autorisa et l’homme se complaignit de l’injustice dont il était sujet. Al-Mansour lui demanda qui était injuste avec lui et l’homme répondit en montrant du doigt : « Cet homme-là debout à coté de toi ! » Cet homme en question bénéficiait de l’estime d’al-Mansour qui l’avait rapproché de lui. Al-Mansour lui demanda :

- « T’es-tu plaint au juge ? »

- « Oui ! »

- « Qu’a-t-il fait ? »

- « Rien, il n’a rien fait du tout ».

Al-Mansour se mit en colère et dit :

- « Sois-tu perdu ô (toi le juge) ‘AbderRahmane Ibn Qays (présent dans l’assemblée). As-tu eu le flegme de rendre un jugement ? »

Le juge lui répondit :

- « Cet homme est ton Wazif (qui bénéficie de ton estime), je n’ai pu rien faire ! » Alors al-Mansour appela le Wazif et lui dit :

- « Descend (de son estrade) ! » Le Wazif descendit en tremblant et al-Mansour lui dit :

- « Retire ces vêtements lourds que tu portes (vêtements d’apparat de la cour), dépose ton bâton, retire la coiffe que tu portes et assis toi près de cet homme afin que le juge décide entre vous ».

Le juge entendit l’accusation de l’homme, la défense et les témoins et il apparut que ce Wazif (dont le rang était pratiquement égal à celui de ministre (wazir)) était fautif. Le juge rendit son verdict et le Wazif fut punit et l’opprimé reçut l’intégralité de ses droits.

Puis al-Mansour ordonna des représailles contre le Wazif (expulsion de l’assemblée) et lorsqu’on lui demanda les raisons de son geste, il répondit :

- « Je ne veux être associé à l’injustice de personne et je ne veux pas que la position de quiconque le pousse à commettre des injustices. Et comme il a utilisé la position à laquelle je l’ai placé pour commettre ses méfaits, il a perdu la position qu’il occupait ». Telle était la détermination et la justice d’al-Mansour, puisse Allah le Très Haut lui faire Miséricorde.

 

Si nous comparons ces événements à la lumière d’aujourd’hui, nous verrons que la justice ne peut être appliquée aux dirigeants qui non seulement promulguent des lois pour se protéger  mais ont aussi le pouvoir de faire taire les juges qu’ils commandent et désignent pour être leurs serviteurs et faire ce qu’on leur demande. Mais une chose est certaine, c’est qu’ils n’échapperont pas à l’implacable et incorruptible justice divine de l’au-delà.

 

 

En l’an 390 de l’Hégire (999), les Chrétiens au nord rompirent encore une fois leur pacte de paix et s’allièrent à Sancho. Aussitôt al-Hajib al-Mansour se mit en route tandis que le gouverneur de Salem lui fournit la logistique. Al-Hajib rencontra les ennemis près du Mont Jarbighah ou eut lieu la célèbre bataille et ou l’armée de Sancho (shanja) fut totalement anéantie.

 

La fin de Muhammad Abi al-‘Amir al-Hajib al-Mansour 

En l’an 392 de l’Hégire (1001), al-Hajib al-Mansour âgé de 65 ans commandait toujours ses armées et combattait en personne malgré son âge.

Cette même année, il sortit une nouvelle fois à la tête de son armée en direction du nord pour attaquer l’ennemi. Comme à son habitude, il s’arrêta à Salem (salim) le bastion avancé des forces musulmanes et point de départ de ses raids ou il organisa son armée et fit ses préparatifs.

Muhammad Ibn ‘Abdillah Ibn ‘Amiri Ibn Abi ‘Amir Muhammad Ibn Walid Ibn Yazid Ibn ‘Abdel Malik al-Moughafiri alias al-Hajib al-Mansour mourut le 27 du mois de Ramadan de cette même année après son retour d’une expédition en Castille et après une vie consacrée au combat dans la voie d’Allah le Très Haut (jihad fis-sabilillah), comme vous l’avez constaté. Puisse Allah lui faire miséricorde et lui pardonner ainsi qu’à tous ceux qui se sont consacrés à cet effort.

Trente années de combat effectif lui permirent de redonner aux Musulmans le summum de la gloire en Andalousie alors qu’auparavant, ils divisés et humiliés.

Lorsque les croisés apprirent la nouvelle de sa mort, ils se réjouirent outrageusement et les prêtres allèrent jusqu’à écrire : « En l’an 1002 après Jésus Christ (milad), mourut al-Mansour pour l’enfer[1] » !  

‘Abdel Malik Ibn Muhammad Abi al-‘Amir al-Hajib al-Mansour

Lui succéda son fils ‘AbdelMalik Ibn Muhammad Abi al-‘Amir al-Hajib al-Mansour, surnommé al-Hajib al-Mouzaffar Sayf ad-Dawlah. Le pouvoir était toujours exercé au nom des Omeyyades mais les réels dirigeants étaient les Bani ‘Amir.

‘Abdel Malik al-Hajib al-Mouzaffar prit le pouvoir facilement bien que Hisham ne soit plus un enfant et continua sur la voie de son père et garda l’Andalousie unifiée d’autant plus que la division dans les rangs des Chrétiens du nord engendra de profonds troubles parmi eux.

‘Abdel Malik poursuivit la politique du combat dans la voie d’Allah le Très Haut et mena de nombreuses incursions annuelles. Les relations entre lui et le dirigeant du Maghreb central restèrent amicales et la paix prévalut durant sept années.

 

‘Abdel Malik al-Hajib al-Mouzaffar était entouré de Saqalibah[2], ou aussi appelés al-Fityan ‘Amiriyah, qui avaient été placés par son père al-Mansour et les meilleurs d’entre eux étaient Tourfah, Wadih, Moujahid, Khayran et Zouhayl sur un nombre de 2.000 jeunes. Ces jeunes parfaitement éduqués étaient totalement dévoués à al-Hajib al-Mansour et sa famille qu’ils servaient et étaient sa garde rapprochée d’élite.

 

‘AbderRahmane Ibn Muhammad Ibn Abi al-‘Amiri alias Shanjoul 

 

Le retour du pouvoir aux Omeyyades 

Zalfah, l’épouse de ‘Abdel Malik Ibn al-Mansour, pensa alors son fils avait été empoisonné sur les ordres de Shanjoul pour être écarté de la succession et les Omeyyades virent que le pouvoir allait leur échapper, que Hisham était devenu si faible qu’il avait confié le pouvoir à un autre que lui, ils désignèrent Muhammad Ibn Hisham Ibn ‘Abdel Jabbar Ibn ‘AbderRahmane an-Nassir, à leur tête et se révoltèrent contre Shanjoul.

Muhammad Ibn Hisham Ibn ‘Abdel Jabbar prit le commandement de tous les Omeyyades et de tous les ennemis des Banou ‘Amir et profita de l’absence de Shanjoul pour capturer le palais présidentiel et tous les offices gouvernementaux de la ville. Ensuite il fit annoncer la déposition de Hisham qui se désista lui-même devant des témoins, se fit nommer calife et prit le nom de Muhammad al-Mahdi Billah et prit az-Zahirah, la capitale des Banou ‘Amir.

 

Lorsque les nouvelles parvinrent à Shanjoul à Tolède, il fit demi-tour et se rendit dans la forteresse stratégique de Rabbah sur la route de Cordoue ou il fut abandonné la nuit venue par la plus grande partie de son armée. Le lendemain, à la tête d’une armée largement diminuée, Shanjoul marcha sur Cordoue et lorsqu’il vit que les évènements n’étaient pas à son avantage, il s’enfuit et se réfugia dans un puits mais les soldats de Muhammad al-Mahdi Billah le capturèrent et le tuèrent par la suite avant de le crucifier à Cordoue, en l’an 399 de l’Hégire (1008), la même année que son intronisation après un très court règne. 

Dès lors, les troubles commencèrent à nouveau.

 

Ce conflit eut lieu entre l’an 399 et 400 de l’Hégire (1009) et lorsque les nouvelles de ces affrontements parvinrent au reste de l’Andalousie, la paix prit fin. Le califat devint irrévérencieux et sans aucun poids.

Suite à cela, l’Andalousie entra dans une nouvelle ère appelée aussi l’ère des états (ou des royautés) indépendants. Les années à venir allaient connaitre d’innombrables séditions qui allaient profondément diviser l’Andalousie au dépend du bien commun des Musulmans et de sombres et difficiles évènements allaient arriver, tout cela à cause de gens sans scrupules dont le seul intérêt était le pouvoir à tout prix, y compris celui de l’apostasie.

 

Al-Hajib al-Mansour légua à ses enfants la gloire et un immense territoire stable mais il fallut qu’une année à peine à Shanjoul pour détruire cet héritage que son père avait mis trente années de dur labeur à établir.   



[1] Ceux qui ont écrit cela ont eut largement le temps de réaliser depuis plus de 1000 ans maintenant la place qu’ils occupent eux même dans l’au-delà et celle d’al-Hajib al-Mansour.

[2] Nous avons déjà donné la définition de ce mot mais nous y ajoutons quelques informations. Les Saqalibah étaient des enfants européens et particulièrement de Bulgarie qui avaient été enlevé à leur famille par les Allemands qui après avoir violé leurs mères et tuer leurs pères, les vendaient aux Musulmans qui leur donnaient une éducation islamique et militaire.