La campagne de Sa’id Khoudaynah contre Soughd

 

 

 

Les Soughdians quittent leur pays pour Ferghana

 

 

 

L’expédition de Sa’id Ibn ‘Amr Ibn al-Aswad al-Harashi au Soughd

 

 

 

Hisham Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan

 

Hisham Ibn ‘Abdel Malik Ibn Marwan prit la succession de Yazid et devint le dixième calife omeyyade alors qu’il était âgé de quarante-trois ans. Sa mère était une Qourayshite makhzoumiyah, ‘Ayshah Bint Hisham Ibn Isma’il Ibn Hisham Ibn Walid Ibn al-Moughirah.

Lorsque Hisham Ibn ‘Abdel Malik devint calife, il désista ‘Omar Ibn Houbayrah al-Fazari de l’Iraq et du Khorasan et nomma à sa place Khalid Ibn ‘Abdillah al-Qasri.

Puis l’année suivante, en l’an 106 de l’Hégire (724), il désista ‘Abdel Wahid Ibn ‘Abdillah an-Nadri et nomma à sa place Ibrahim Ibn Hisham Ibn Isma’il Ibn Hisham al-Makhzoumi gouverneur de Médine, de la Mecque et de Taif.

 

Cette année, Assad Ibn ‘AbdAllah partit en expédition dans le Khouttal.

 

 

L’expédition d’Assad Ibn ‘AbdAllah dans le Khouttal

 

Le Khaqan rattrapa Assad alors que ce dernier avaient déjà retraversé l’Oxus et regagné al-Qouwadiyan sans qu’il n’y ait eu aucune bataille lors de cette campagne.

 

D’autres ont dit : Plutôt, ils ont battu Assad et le rendirent honteux.

As-Sabal le combattit et ramena le Khaqan. Assad avait prétendu qu’il passerait l’hiver à Sourkh Darah. Alors Assad ordonna aux troupes de partir avec ses étendards à Sourkh Darah lors d’une nuit sombre. Ses hommes crièrent « Allah est le Plus Grand (allahou akbar) ». Assad demanda alors :

- « Quel est le problème de ces hommes ? » On lui répondit :

- « C’est leur signe quand ils retournent à la maison ». Il dit alors à ‘Ourwah le héraut :

- « Annonce que l’émir se dirige vers Ghourin ».

 

Puis il partit et quand le Khaqan arriva, ils étaient déjà parti à Ghourin, Assad retraversa l’Oxus, ne le rencontra pas et revint à Balkh.

Les Musulmans allèrent à al-Ghouriyan, ou se trouvaient des gens qu’ils avaient déjà combattus mais qui leur avaient résistés. Un homme parmi les païens avança au-devant de ses camarades et planta sa lance dans la terre où il suspendit une bannière verte comme une marque. Salm Ibn Ahwaz qui se trouvait alors avec Nasr Ibn Sayyar lui dit :

- « Je sais déjà ce qu’Assad pense mais je vais attaquer ce ruffian. Peut-être le tuerai-je et Assad sera satisfait ». Nasr répondit :

- « Fais comme tu le souhaites ».

Salm attaqua le cavalier ennemi qui n’eut même pas le temps de retirer sa lance du sol avant que Salm ne soit sur lui et le poignarde. L’ennemi s’effondra sur son cheval qui partit tandis qu’une de ses jambes raclait le sol. Alors Salm revint et dit à Nasr :

- « Je vais faire une autre attaque ».

Alors il chargea jusqu’à ce qu’il arrive près d’eux et un homme sortit s’opposer à lui. Ils combattirent jusqu’à ce que Salm tue son adversaire. Salm revint une nouvelle fois mais blessé et Nasr lui dit :

- « Attend ici jusqu’à ce que je les attaque ».

Puis, il chargea jusqu’à ce qu’il fût au milieu de l’ennemi où il tua deux hommes avant de revenir blessé à son tour.

Puis les deux armées s’affrontèrent sans marquer de victoire pour l’un de deux camps et reprirent leur combat le lendemain ou les Turcs furent battus. Les Musulmans capturèrent leur camp, conquirent la terre, prirent des prisonniers et du butin.

 

D’autres ont rapporté au contraire qu’Assad battu revint du Khouttal en l’an 108 de l’Hégire (726).

 

 

Alors que Mouslim Ibn Sa’id était dans le pays des Turcs, et qu’il avait traversé le fleuve pour revenir, il reçut les nouvelles de son désistement de l’émir de l’Iraq et du Khorasan Khalid Ibn ‘Abdillah al-Qasri qui nomma à sa place sur le Khorasan son frère Assad Ibn ‘Abdillah al-Qasri qui le resta jusqu’à son désistement en l’an 107 de l’Hégire (725) alors qu’il combattait les Turcs.

 

Assad n’était pas un combattant hors pair comme Qoutaybah Ibn Mouslim ou comme Yazid Ibn al-Mouhallab et il fut désisté à cause de sa préférence pour les Yéméni sur les Moudar mais aussi parce qu’il frappa certains de ses commandants et les envoya à son frère Khalid Ibn ‘Abdillah en Iraq et parmi eux se trouvait Nasr Ibn Sayyar al-Kinani, ‘AbderRahmane Ibn Nourayb al- ‘Amiri et Thawrah Ibn Hourr ad-Darimi at-Tamimi.   

Lorsque le calife Hisham Ibn ‘Abdel Malik fut informé de ses évènements, il écrivit à Khalid Ibn ‘Abdillah et lui demanda de désister son frère du Khorasan. Khalid fit ce que lui ordonna le calife et nomma à la place de son frère Hakam Ibn ‘Ouwana al-Kalbi jusqu’à ce que le calife envoya à sa place Ashras Ibn ‘Abdillah as-Soulami.

 

 

Les raids en terre de Byzance durant le règne de Hisham Ibn ‘Abdel Malik étaient perpétuels et en l’an 108 de l’Hégire (726), Maslamah Ibn ‘Abdel Malik, le grand conquérant omeyyade renommé, conquit Césarée[8] (qayssariyah) avant de se tourner vers les Turcs, en l’an 110 de l’Hégire (728), qu’il combattit également du fait qu’ils s’étaient rapprochés trop près des frontières de l’état islamique ou il se trouvait à Bab al-Lan[9]. Il combattit les hordes de Khaqan durant un mois sous une pluie diluvienne. Et par la grâce d’Allah sur Ses serviteurs, les Turcs s’enfuirent. Maslamah Ibn ‘Abdel Malik retourna vers son imprenable forteresse de Dzoul Qarnayn[10] qui était sa base principale d’où il développait ses attaques.   

 

De même Ibrahim Ibn Hisham conquit une des places fortes byzantines et en l’an 109 de l’Hégire (727) Mou’awiyah Ibn Hisham conquit la forteresse de Tibah toujours en terre byzantine.

 

Quant à l’Andalousie sa conquête fut parachevée au premier siècle de l’Hégire et nous reviendrons plus longuement sur le sujet. 

 

 

En l’an 110 de l’Hégire (728), Mou’awiyah Ibn Hisham conquit Samalouh[11] en terre byzantine

Comme nous le verrons dans l’histoire des Ottomans, les Turcs des contrées d’as-Soughd et de Boukhara ne sont pas ceux qui vinrent en Turquie. Les Turcs au-delà du fleuve de l’Oxus étaient des tribus et des clans innombrables occupant des infinités d’espace. Ils y en avaient qui étaient proche de l’Iraq, de la Syrie, de la Chine et du Turkestan.

 

 

Les campagnes d’Ashras Ibn ‘Abdillah as-Soulami

 

Ashras Ibn ‘Abdillah as-Soulami à la tête de l’armée de Mouslim In Sa’id se dirigèrent vers les Turcs de Boukhara et d’as-Soughd. Les causes des affrontements qui s’ensuivirent étaient dues au fait qu’Ashras voulut faire payer l’impôt de guerre aux gens devenus Musulmans de ces contrées. Bien sûr, non seulement c’était une injustice mais aussi une erreur et cela nous montre comment certains gouverneurs agissaient envers leurs sujets. Et cela est aussi une des principales raisons de la chute des Omeyyades.

De telles actions sont illicites en Islam et les batailles qui s’ensuivirent durèrent jusqu’à l’an 111 de l’Hégire (729).

 

Ashras parti en campagne et s’arrêta à Amoul pour trois mois. Il envoya en avant Qatan Ibn Qoutaybah Ibn Mouslim à la tête de l’avant-garde, qui a traversa l’Oxus, avec dix-mille hommes. Sur ce, les forces conjointes d’as-Soughd et de Boukhara, accompagnées par Khaqan et les Turcs, arrivèrent et encerclèrent Qatan dont le camp était protégé par une tranchée. Le Khaqan choisissait chaque jour un cavalier qui traverserait l’Oxus avec un groupe de Turcs pour les harceler jusqu’à que ce que l’un d’entre eux disent : « Attaquez leurs montures quand ils ne sont pas en selle ». Alors, ils traversèrent de nouveau et attaquèrent les Musulmans qui durent s’enfuir. Ashras libéra alors Thabit Qoutnah sous la garde de ‘AbdAllah Ibn Bistam Ibn Mas’oud Ibn ‘Amr, et les envoya à la tête de la cavalerie. Ils poursuivirent les Turcs et les combattirent à Amoul jusqu’à ce qu’ils récupèrent ce que les Turcs avaient pris avec eux. Alors d’autres Turcs traversèrent l’Oxus et joignirent leurs compatriotes qui revenaient pourchassés et leur permirent de fuir.

Dès lors, Ashras avec le reste de l’armée des Musulmans, traversa l’Oxus pour joindre Qatan Ibn Qoutaybah et envoya un homme du nom de Mas’oud Ibn Hayyan, mener un raid en territoire ennemi. Mais lorsqu’il rencontra l’ennemi, il fut battu et retourna vers Ashras.

 



[1] Qui était précédemment gouverneur de Médine.

[2] Une région dans le Caucase du nord proche de Bab al-Abwab (la porte des portes) habité par les Alans.

[3] Une ville et région en Transoxiane qui serait le long de la rive gauche du Sir  Darya à l’entrée à la vallée de Ferghana.

[4] Une ville à cinq farsakhs de Samarkand (30 kilomètres).

[5] Cinq derniers jours est une traduction mot à mot et typiquement utilisée dans les livres d’histoire. Il correspond en fait au dernier vendredi du mois en question.

[6] Arbad est un village en Jordanie actuelle près de Tibériade. Il est a rappelé que les Musulmans ne reconnaissent pas la fragmentions de l’empire musulman en état mais que là où l’Islam est professé est terre d’Islam pour l’ensemble des Musulmans qui sont tous frères et égaux. 

[7] Omeyyade.

[8] Césarée ou Mazaca : Capitale de l’ancienne Cappadoce et de nos jours, Kayseri en Turquie Centrale.   

[9] Près du Caucase.

[10] Passage situé dans le Caucase central entre Alania, dans l’Ossétie du nord et la Géorgie. Ce passage était protégé par une imprenable forteresse du nom de Dzoul Qarnayn ou « Celui aux deux cornes ».

[11] Ville fortifiée en Cecilia près de Tarsus et al-Massissah.